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	<title>Quatrième de couv &#187; lutte</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Quand la sororité se joue du crabe&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Oct 2019 09:32:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un sujet grave, douloureux, évoqué d&#8217;une manière peu banale. Dans son nouveau roman, Sorj Chalandon nous parle du cancer. Et de ce qu&#8217;il peut provoquer comme conséquences, parfois définitives, chez celles et ceux qu&#8217;il frappe. La preuve avec Jeanne. Jeanne ? C&#8217;est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne. Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ffcc00"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/UNE-JOIE-FEROCE.jpeg" rel="lightbox[4868]"><img class="alignleft size-full wp-image-4871 colorbox-4868" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/UNE-JOIE-FEROCE.jpeg" alt="UNE JOIE FEROCE" width="280" height="412" /></a>Un sujet grave, douloureux, évoqué d&rsquo;une manière peu banale. Dans son nouveau roman, <strong>Sorj Chalandon</strong> nous parle du cancer. Et de ce qu&rsquo;il peut provoquer comme conséquences, parfois définitives, chez celles et ceux qu&rsquo;il frappe. La preuve avec <strong>Jeanne</strong>. <strong>Jeanne</strong> ? C&rsquo;est une femme formidable. Tout le monde l’aime, <strong>Jeanne</strong>.</p>
<p>Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de <strong>Matt</strong>, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.<br />
<strong>Jeanne</strong> bien élevée, polie par l’épreuve ( son fils est mort à sept ans, malade), qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. <strong>Jeanne</strong>, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. <em>«  Il y a quelque chose  »</em>, lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant.</p>
<p><span id="more-4868"></span></p>
<p>En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. <strong>Jeanne</strong> ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.<br />
Avec<strong> Brigitte</strong> la flamboyante, <strong>Assia</strong> l’écorchée et l’étrange <strong>Mélody </strong>( qui leur raconte que sa fille Eva a été enlevée par son ex-compagnon) trois amies d’affliction, <strong>Jeanne</strong> la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.</p>
<p><strong>Sorj Chalandon</strong> explore ici ce qu&rsquo;est la sororité, la fraternité au féminin. Celle qui unit les femmes, jusqu&rsquo;au bout. Trop loin ? J&rsquo;ai eu un peu de mal à suivre l&rsquo;auteur – que je respecte énormément et dont plusieurs des romans ont été chroniqués sur ce blog – jusqu&rsquo;à la fin de son histoire. Au fil des pages, malgré la description des affres de la maladie, on assiste à une fuite en avant que je trouve assez peu crédible. Dommage.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 80 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;avais compris. J&rsquo;avais peur. Je n&rsquo;avais pas demandé son avis à mon mari. Il existait peut-être un moyen d&rsquo;empêcher cela ? Brigitte m&rsquo;a parlé d&rsquo;elle. De son premier cancer. Ses cheveux qui l&rsquo;avaient quittée l&rsquo;un après l&rsquo;autre, et puis par poignées, enfin par plaques. Elle m&rsquo;a raconté le regard des autres. La contagieuse, la galeuse, la lépreuse, tous ces mots qu&rsquo;elle entendait dire. Alors, avant de ressembler à une damnée, Brigitte avait tout coupé. C&rsquo;est elle qui avait décidé, pas le venin. Son corps n&rsquo;appartenait ni au cancer ni à ceux qui voulaient l&rsquo;en guérir. Et voilà qu&rsquo;elle me proposait de faire de même. Maintenant. Prendre mes cheveux par surprise. Elle serait là. Et Assia, et la jeune Mélody. Elles m&rsquo;accompagneraient. Ni devoir ni obligation, amitié. Un peu comme si j&rsquo;allais essayer une robe. Les copines attendraient derrière le rideau d&rsquo;essayage. Rien de plus. Je ne savais pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 87 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Nous entrions dans l&rsquo;appartement. Elle avait les clefs à la main. Je parlais, je parlais. Plus la gêne m&rsquo;étrangle et plus les mots se pressent. Non, tout n&rsquo;était pas chic. Un mélange brouillon de trois vies. Celle de Brigitte, faite de meubles montés sur un coin de parquet, de tabourets hauts, d&rsquo;objets chinés, de souvenirs marins et cette fausse commode, empruntée à un ancien amant, accessoiriste de plateau. Celle d&rsquo;Assia, entourée de voiles colorés, de cuivres, d&rsquo;arabesques et de tapis d&rsquo;Orient. Celle aussi de Mélody, qui tenait dans quelques valises au-dessus de la penderie. Pas un écrin, une bulle. Un repaire de femmes qui n&rsquo;attendent plus rien du dehors.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 224 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;avais sorti la photo d&rsquo;Eva de mon sac. La plus belle petite fille du monde me souriait. Elle était ma force et nous serions la sienne. J&rsquo;ai regardé les vêtements sombres qui m&rsquo;accusaient. La tondue, l&rsquo;infanticide, la larguée par son mec, la trahie par son corps. J&rsquo;ai rêvé pour moi de couleurs. Après l&rsquo;hiver, je devais me changer en été.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une joie féroce&nbsp;&raquo;, Sorj Chalandon, Grasset. </strong></em></p>
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		</item>
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		<title>Des héritières soumises au poids du passé</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/24/des-heritieres-soumises-au-poids-du-passe/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Aug 2017 08:18:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Si une libraire attentive aux goûts de ses clients ne m&#8217;avait pas parlé de Marie Redonnet, je n&#8217;aurais jamais su que cette auteure avait un univers épatant et un style ciselé. Qui fait mouche. De retour dans les librairies l&#8217;an dernier après &#171;&#160;une crise de création&#160;&#187; qui aura duré dix ans, Marie Redonnet partage [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HERITIERES.jpg" rel="lightbox[3973]"><img class="alignleft wp-image-3974 size-medium colorbox-3973" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HERITIERES-224x300.jpg" alt="HERITIERES" width="224" height="300" /></a>  Si une libraire attentive aux goûts de ses clients ne m&rsquo;avait pas parlé de <strong>Marie Redonnet</strong>, je n&rsquo;aurais jamais su que cette auteure avait un univers épatant et un style ciselé. Qui fait mouche.</p>
<p>De retour dans les librairies l&rsquo;an dernier après <strong>&laquo;&nbsp;une crise de création&nbsp;&raquo;</strong> qui aura duré dix ans, <strong>Marie Redonnet</strong> partage avec les lecteurs un univers unique. En marge.</p>
<p>Après <strong>&laquo;&nbsp;Une femme au colt 45&Prime;</strong> dont je vous ai parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/06/28/une-femme-une-arme-un-destin/">ici</a></strong>, j&rsquo;ai décidé de remonter dans l&rsquo;oeuvre de <strong>Marie Redonnet</strong>. Et j&rsquo;ai plongé dans <strong>&laquo;&nbsp;Héritières&nbsp;&raquo;</strong>, un recueil de trois romans précédents ( sorti cet hiver), publiés une première fois il y a trente ans. Trois portraits de femme. Trois histoires dans lesquelles le personnage principal se retrouve empêché, entravé, contraint à se battre par tous les moyens pour sauver son identité et/ou recouvrer sa liberté. Mais les démons sont parfois à l&rsquo;intérieur&#8230;</p>
<p>Son éditeur, Le Tripode, explique : <em>&nbsp;&raquo; Lorsqu’en 1986 paraît le roman &laquo;&nbsp;<strong>Splendid Hôtel&nbsp;&raquo;</strong> aux <strong>Éditions de Minuit</strong>, nul ne sait alors que ce texte ne constitue en fait que le premier volet  d’un triptyque exceptionnel de cohérence et de force. Trente ans après leur genèse, voici les trois romans enfin rassemblés pour donner la pleine mesure d’une œuvre où, au sein de sociétés qui vacillent,  nous découvrons la vie de trois femmes en quête de leur identité.  D&rsquo;un roman à l&rsquo;autre, tandis que la violence se fait latente à chaque page, se révèle la beauté de ces trois êtres qui ne renoncent jamais &laquo;&nbsp;</em></p>
<div id="attachment_3975" style="width: 748px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARIE-REDONNET.jpg" rel="lightbox[3973]"><img class="size-full wp-image-3975 colorbox-3973" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARIE-REDONNET.jpg" alt="Marie Redonnet (photo Christophe Ono-Dit-Biot)" width="738" height="984" /></a><p class="wp-caption-text">Marie Redonnet<br />(photo Christophe Ono-Dit-Biot)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Je donne des voix à des femmes venues de nulle part&nbsp;&raquo;</strong></em>, aime à dire <strong>Marie Redonnet</strong> qui, dans ce recueil, réunit trois romans écrits à six mois d&rsquo;intervalle à chaque fois et publiés dans la foulée entre 1986 et 1987, aux Editions de Minuit. Le Tripode les a réunis, histoire de faire vivre à nouveau ce triptyque, composé de <strong>&laquo;&nbsp;Splendid Hotel&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Forever Valley&nbsp;&raquo;</strong> et enfin <strong>&laquo;&nbsp;Rose Mélie Rose&nbsp;&raquo;. Trois histoires écrites au scalpel.<br />
</strong></p>
<p><span id="more-3973"></span></p>
<p>Le <strong>Splendid Hotel</strong> est construit au bord d&rsquo;un marais. L&rsquo;héroïne en a hérité à la mort de sa grand-mère. Un cadeau qui devient vite empoisonné.</p>
<p>Alors voilà <em>&nbsp;&raquo; Vingt-trois chants où le “ je ” d&rsquo;une femme sans nom, sans âge, sans visage, dit la Passion du Splendid Hôtel, son trésor, sa chose, légué par grand-mère qui l&rsquo;a fait construire au bord du marais virulent. Splendid Hôtel déjà délabré, attaqué, miné, et qui ne cessera d&rsquo;endurer tous les fléaux, de souffrir de tous les maux, dont le pire : la tendance fatale de ses sanitaires à se boucher, la narratrice toujours occupée à les déboucher. Laborieuse, infatigable narratrice, toute consacrée aux soins du Splendid Hôtel, dévouée aux malheureux clients – les anonymes, attirés par les enseignes clignotantes, et les professionnels du Chemin de fer venus imposer au marais leur grand œuvre –, harcelée qu&rsquo;elle est pendant ce temps par ses deux sœurs parasites, Ada la malade et Adel la comédienne ratée, l&rsquo;une et l&rsquo;autre semant sans cesse le trouble et la zizanie. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Forever Valley :</strong> Une jeune fille vit seule avec le père dans l&rsquo;ancien presbytère d&rsquo;un hameau de montagne. Le père, qui voit la paralysie le gagner, confie l&rsquo;adolescente à <strong>Massi</strong>, la patronne du dancing voisin. Celle-ci offre à sa protégée une robe à volants en organdi et des souliers vernis à talon, et lui apprend à se conduire comme il faut avec les clients, en particulier les douaniers, qui viennent danser ici le samedi soir. Le reste de la semaine, la jeune fille le consacre à des fouilles dans le jardin du presbytère, pour y chercher des morts.</p>
<p><strong>Rose Mélie Rose :</strong> <strong>Rose</strong> meurt le jour où <strong>Mélie</strong> a douze ans et ses premières règles. Alors <strong>Mélie</strong> quitte le magasin de souvenirs de l&rsquo;Ermitage pour aller à Oat – prononcer “ O-at ” – au bord de la mer, avec dans son sac le livre de légendes, cadeau de <strong>Rose</strong>. Il y a deux côtés à Oat : le côté de la lagune et des très vieux : <strong>Nem</strong>, <strong>Mélie</strong>, et des vieux : le brocanteur, le photographe ; et le côté du port avec <strong>Pim</strong>, <strong>Yem</strong>, <strong>Cob,</strong> <strong>mademoiselle Marthe</strong>. <strong>Mélie</strong> vit au 7 rue des Charmes, va aux goûters dansants du Continental, va une fois au Bastringue, puis découvre la plage aux Mouettes. Elle a toujours avec elle son polaroïd, pour les douze photos qu&rsquo;elle aura à faire en écrivant au dos la légende, et en les glissant l&rsquo;une après l&rsquo;autre dans son livre de légendes, pour <strong>Rose.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18</strong> (<strong>&laquo;&nbsp;Splendid Hotel&nbsp;&raquo;</strong>) :<em> &nbsp;&raquo; C&rsquo;est une chance qu&rsquo;on construise la voie ferrée. On dit qu&rsquo;elle va contourner le marais. Tous les clients viennent du chantier. Ils préfèrent loger à l&rsquo;hôtel plutôt que de dormir dans les tentes que la compagnie leur donne. Ils ont beau se plaindre du mauvais fonctionnement des sanitaires, le Splendid Hôtel est une providence pour eux. Je fais tout ce que je peux pour leur être agréable. Je m&rsquo;occupe tout particulièrement des sanitaires. Par cette chaleur surtout, il faut veiller à ce que l&rsquo;écoulement se fasse. Les hommes du chantier m&rsquo;en savent gré. J&rsquo;ai besoin d&rsquo;eux. Ce n&rsquo;est pas comme mes soeurs. Je me passerais très bien de leur présence. Je n&rsquo;ai jamais vécu avec elles, et voilà qu&rsquo;elles partagent ma vie. C&rsquo;est mère qui leur a demandé de revenir au Splendid, un peu avant de mourir. Elle ne m&rsquo;a pas demandé mon avis. Elle voulait que je m&rsquo;occupe de mes soeurs quand elle ne serait plus là pour s&rsquo;occuper d&rsquo;elles. Mais moi je préfère m&rsquo;occuper des clients du Splendid plutôt que de mes soeurs.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 : ( Forever Valley&nbsp;&raquo;) :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai été voir Massy comme le père me l&rsquo;a demandé pour qu&rsquo;elle fasse mon éducation. Je n&rsquo;ai encore jamais parlé au père de mon projet personnel. Si ça se trouve, il penserait que je n&rsquo;ai pas encore l&rsquo;âge de le réaliser, et il s&rsquo;y opposerait. Il ne me parle que de Massi. Massi ne va plus au cimetière depuis qu&rsquo;elle a ouvert le dancing. Je n&rsquo;ai encore jamais été chez Massi un samedi soir. Je n&rsquo;avais pas l&rsquo;âge, et je ne sais pas danser. Massi est très stricte sur le règlement. L&rsquo;entrée du dancing est interdite aux moins de seize ans. C&rsquo;est peut-être parce que je viens juste d&rsquo;avoir seize ans que le père veut que Massi fasse mon éducation, pour que je puisse aller au dancing le samedi soir. Massi a approuvé la décision du père. Elle est contente que le père m&rsquo;envoie parce qu&rsquo;elle a besoin de quelqu&rsquo;un pour la seconde le samedi soir. Il y a bien les filles de la laiterie de la vallée d&rsquo;en bas qui travaillent au dancing, mais Massi dit qu&rsquo;elle ne peut pas compter sur elles pour tout. Elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle me présenterait aux douaniers. Les douaniers, c&rsquo;est sa clientèle préférée. Elle dit que j&rsquo;ai droit à la meilleure clientèle parce que le père m&rsquo;a donné la meilleure éducation. C&rsquo;est la première fois que Massi m&rsquo;a fait monter à l&rsquo;étage. Il y a beaucoup de chambres. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 350- 351 (&laquo;&nbsp;Rose Mélie Rose&nbsp;&raquo;) :</strong><em> &laquo;&nbsp;Quand je suis arrivée à la plage aux Mouettes, j&rsquo;ai tout de suite été dans la Buick. Dès que je me suis couchée sur la banquette arrière, j&rsquo;ai perdu connaissance. Je ne sais pas combien de temps s&rsquo;est passé avant que je revienne à moi. La banquette de la Buick est tachée de sang. Le sang continue de couler. C&rsquo;est mauvais de perdre tout ce sang. Dans quel état est la Buick. Elle est toute rouillée et maintenant la banquette arrière est tachée de sang. Les mouettes ont fini par déchirer la capote avec leur bec. Elles ont envahi la Buick. Il y a en a partout sur les fauteuils avant, il y en a plein serrées contre moi sur la banquette arrière, il y en a sur le capot qui me regardent à travers le pare-brise, qui regardent le sang. Les mouettes me tiendraient chaud si je n&rsquo;avais pas si froid. Je tremble de froid.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Héritières&nbsp;&raquo;, de Marie Redonnet, Le Tripode, 19€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
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		<title>Une femme, une arme, un destin&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/06/28/une-femme-une-arme-un-destin/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2016 19:14:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il faut toujours faire confiance à son libraire ! La preuve avec ce roman qu&#8217;une amoureuse des livres m&#8217;a mis entre les mains, à Tours, il y a quelques semaines. Une idée de lecture pour vos vacances ? Allez savoir&#8230; Bonne pioche !  J&#8217;ai dévoré &#171;&#160;La femme au colt 45&#8243;, écrit par Marie Redonnet, et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-femme-au-colt-45.jpg" rel="lightbox[3615]"><img class="alignleft wp-image-3618 size-medium colorbox-3615" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/la-femme-au-colt-45-230x300.jpg" alt="la-femme-au-colt-45" width="230" height="300" /></a>Il faut toujours faire confiance à son libraire ! La preuve avec ce roman qu&rsquo;une amoureuse des livres m&rsquo;a mis entre les mains, à Tours, il y a quelques semaines. Une idée de lecture pour vos vacances ? Allez savoir&#8230;</p>
<p>Bonne pioche !  J&rsquo;ai dévoré <strong>&laquo;&nbsp;La femme au colt 45&Prime;</strong>, écrit par <strong>Marie Redonnet</strong>, et publié aux éditions Le Tripode.</p>
<p>Avec ce court roman, <strong>Marie Redonnet</strong>, qui avait signé son premier roman en 1986, revient après des années de silence ( son dernier roman date de 2005). Et offre le portrait, au scalpel, d&rsquo;une femme libre.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Celle de <strong>Lora Sander</strong>. Une comédienne qui doit quitter son pays et se réfugier dans un autre, compte tenu du contexte politique. Une femme qui doit vivre séparée un moment de <strong>Zuka</strong>, l&rsquo;homme qu&rsquo;elle aime, metteur en scène ( il a été arrêté), une femme qui a laissé partir son fils <strong>Giorgio</strong> de son côté. Pour se défendre, un colt 45, hérité de son père et sa soif de liberté chevillée au corps. L&rsquo;arme la protégera-t-elle vraiment ? Pas si sûr.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3615"></span></p>
<p>Un roman, court, écrit tantôt à la première personne, tantôt par une voix narratrice, dès que le décor et les personnages changent.<strong> Lora Sander</strong> en rencontre beaucoup. Bons ou mauvais. Qui l&rsquo;aident ou veulent lui nuire.</p>
<p>Mais tout est écrit autour des péripéties qui lui font traverser l&rsquo;Azirie, tombée sous le joug d&rsquo;une dictature pour arriver en Santarie, à la frontière, de l&rsquo;autre côté du fleuve. Au fil des péripéties, l&rsquo;urgence.</p>
<p>Une écriture sèche, précise. Et qui donne son rythme au roman. On veut aller au bout. Savoir si, comme elle le désire, <strong>Lora Sander</strong> va réussir, seule, à être celle qui lui ressemble.</p>
<p>La métamorphose d&rsquo;une femme&#8230; et une très chouette découverte.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 26 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je croyais ne jamais quitter le Magic Théâtre. Le ministre de la Culture a brusquement décidé de le fermer sous prétexte qu&rsquo;il était vétuste et que les règles de sécurité n&rsquo;y étaient pas respectées. En fait il juge que les pièces de Zuka sont trop critiques et qu&rsquo;elles encouragent la sédition. C&rsquo;est pour cette raison que Zuka a été arrêté. Moi aussi qui jouais dans ses pièces je suis subversive. Giorgio était contre le principe de non-violence que lui a enseigné Zuka. Il pense que ce n&rsquo;est pas seulement en faisant du théâtre qu&rsquo;on peut renverser la dictature du général Rafi [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 53 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle est nue. Elle prend son colt et vise. Elle éclate de rire. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– Les chauffeurs des camions frigorifiques du camping, ils sont tous là dans le noir à me mater. Ils restent à distance et ne font pas un geste car ils savent que mon colt est chargé et que s&rsquo;il y en avait un qui s&rsquo;avançait je n&rsquo;hésiterais pas à tirer. Pour eux je suis la femme au colt 45. J&rsquo;ai réussi à gagner leur respect. Quand je vais aux toilettes et à la douche, ils ne cherchent pas à me toucher. S&rsquo;il y en avait un qui s&rsquo;y risquait, ils le massacraient. Au camping, j&rsquo;ai réussi à m&rsquo;imposer. Grâce à moi Manou peut dormir tranquille.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle enfile un survêtement et des tennis. Elle sort du camion pizza, traverse le camping et va s&rsquo;asseoir au bord du fleuve.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 77 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Elle se tait un instant, perdue dans ses pensées. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>– “Je ressens un vide depuis que j&rsquo;ai vendu mon colt. Rien ne peut le remplacer. C&rsquo;est comme si j&rsquo;avais perdu mon père une deuxième fois. J&rsquo;avais beau le haïr, je ne pouvais pas m&rsquo;empêcher de l&rsquo;aimer. C&rsquo;était plus fort que moi même si ça me faisait du mal. Mon colt, c&rsquo;est le seul cadeau qu&rsquo;il m&rsquo;ait fait ! Juste avant sa mort comme s&rsquo;il avait voulu s&rsquo;en débarrasser. Ce n&rsquo;était pas son genre de faire un cadeau à sa fille. A quoi pensait-il en me le donnant ? Il m&rsquo;a appris à tirer quand j&rsquo;étais petite. C&rsquo;était comme un jeu qu&rsquo;il partageait avec moi, le seul qu&rsquo;il m&rsquo;autorisait. Il ne ratait jamais sa cible.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La femme au colt 45&Prime;, Marie Redonnet, Le Tripode, 15€.</strong></em></p>
</blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Pas d&#8217;été à Louveplaine&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/12/09/pas-dete-a-louveplaine/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/12/09/pas-dete-a-louveplaine/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2013 08:33:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un roman qui vous balance un direct du droit dans l&#8217;estomac. Et vous laisse K.O. Voilà ce que le nouveau roman de Cloé Korman a provoqué chez moi. Avec &#171;&#160;Les Saisons de Louveplaine&#160;&#187;, la jeune femme signe un roman, fort, hors-normes par son sujet et la manière dont elle le traite. Cloé Korman est née [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Les-saisons-de-louveplaine_7437.jpeg" rel="lightbox[2234]"><img class="alignleft size-full wp-image-2237 colorbox-2234" style="margin: 10px" alt="cvt_Les-saisons-de-louveplaine_7437" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Les-saisons-de-louveplaine_7437.jpeg" width="174" height="256" /></a></p>
<p>Un roman qui vous balance un direct du droit dans l&rsquo;estomac. Et vous laisse K.O. Voilà ce que le nouveau roman de <strong>Cloé Korman</strong> a provoqué chez moi. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Les Saisons de Louveplaine&nbsp;&raquo;</strong>, la jeune femme signe un roman, fort, hors-normes par son sujet et la manière dont elle le traite.</p>
<p><strong>Cloé Korman</strong> est née en 1983 à Paris. Elle a étudié la littérature, en particulier la littérature anglo-saxonne, ainsi que l&rsquo;histoire des arts et du cinéma. Son premier roman, &laquo;&nbsp;<strong>Les Hommes-couleurs</strong>&nbsp;&raquo; (Seuil, 2010) avait été récompensé par le prix du <strong>livre Inter</strong> et le <strong>prix Valéry Larbaud</strong>.Le thème lui avait été inspiré par ses voyages dans l&rsquo;Ouest des Etats-Unis quand elle vivait à New-York.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Les-hommes-couleurs-150x150.jpg" rel="lightbox[2234]"><img class="alignleft size-full wp-image-2241 colorbox-2234" alt="Les-hommes-couleurs-150x150" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Les-hommes-couleurs-150x150.jpg" width="150" height="150" /></a>Dans ce premier roman déjà, le thème de l&rsquo;immigration était creusé par la jeune femme. Un couple, employé d&rsquo;une multinationale, dirige les travaux d&rsquo;un tunnel destiné à livrer du pétrole mexicain vers les USA, au mépris des lois du pays.</p>
<p>Le tunnel devient la voie de passage des émigrants mexicains. Le couple se retrouve, au fil des années, complice de ces passages clandestins, car le tunnel est long à percer. Ce qui permet à l&rsquo;opération de durer c&rsquo;est que le responsable du chantier au sein de la multinationale à New-York est un amateur et un trafiquant d&rsquo;objets archéologiques que les ouvriers découvrent (et se mettent même à fabriquer).</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Les hommes-couleurs&nbsp;&raquo; </strong> est disponible en format poche.</p>
<p><span id="more-2234"></span></p>
<p>Quid des <strong>&laquo;&nbsp;Saisons de Louveplaine&nbsp;&raquo;</strong> ? Voilà une histoire unique. Celle de<strong> Nour</strong>. La jeune femme, Algérienne, n&rsquo;a plus de nouvelle de son mari et père de sa fille.<strong> Hassan</strong> vit en France, à <strong>Louveplaine</strong>, ville imaginaire que l&rsquo;auteure a installée en <strong>Seine-Saint-Denis, entre une forêt et une autoroute. Louveplaine</strong>, c&rsquo;est la banlieue sans relief ni mémoire.</p>
<p>Là,<strong> Nour </strong>débarque un jour de septembre dans un appartement vide. Elle se met en quête de son mari qui, elle l&rsquo;apprend vite, vivait grâce à l&rsquo;économie parallèle. Le menuisier parti faire fortune en France vend de la drogue et se lance dans les combats de chiens clandestins. De quoi attiser la jalousie. Il en mourra&#8230;</p>
<p><strong>Nour,</strong> dont l&rsquo;histoire est d&rsquo;abord racontée au lecteur par l&rsquo;une de ses amies d&rsquo;enfance puis par le policier<strong> Biniam</strong>, met tout en branle pour comprendre, savoir. Quitte à devenir délinquante elle-même.</p>
<p>Avec <strong>Sonny</strong>, un jeune garçon d&rsquo;origine malienne, elle arpente la cité, le béton froid. Ensemble, au fil des saisons et des mois qui ponctuent les chapitres, ils oublient leurs solitudes, leurs peurs et leurs rêves trop grands pour eux. <strong>Sonny, le si ténébreux et si humain pourtant, </strong>s&rsquo;impose à elle. Tantôt aidant, tantôt menaçant. Il sait mais distille les informations au compte-gouttes.</p>
<p>Dans un décor qui déconstruit – la tour Aragon va être rasée – entre le lycée, l&rsquo;hôpital,  l&rsquo;esplanade et les tours, c&rsquo;est toute une communauté qui essayé de vivre. Ensemble. Malgré la violence, celle des hommes, des enfants&#8230; et celle des animaux qu&rsquo;on fait se battre dans les caves&#8230;</p>
<p><strong>Quand Sonny (grièvement touché) et Nour (indemne) sont renversés par une voiture de police, les jeunes font s&rsquo;embraser la ville. L&rsquo;auteure a situé son roman en 2005. Comme un écho aux émeutes qui, à l&rsquo;époque, enflammaient Clichy-sous-Bois.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 15 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Quand elle me passe ses coups de fil étranges, que je comprends de moins en moins, j&rsquo;imagine Nour penchée dans cet appartement à deux mille kilomètres de nous, dans cette ville où elle est seule. Peut-être a-t-elle choisi de dormir et de rêver avec d&rsquo;autant d&rsquo;obstination pour réussira conserver l&rsquo;image de son mari, comprendre qui il était avant qu&rsquo;il parte tenter le coup en France. Depuis trois ans, il n&rsquo;était jamais là qu&rsquo;en été, un mois à aider Amine à la station-service et avec elle pendant les jours de congé, à faire quelques balades dans les alentours. Le reste de l&rsquo;année il envoyait un peu d&rsquo;argent. Qui était Hassan avant qu&rsquo;il ne s&rsquo;efface en perdant l&rsquo;appétit, le sommeil ? Qui, avant qu&rsquo;il ne se perde dans Louveplaine ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 201</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Quand ils gagnèrent la porte, Néfi se rua sur le tas de vêtements qu&rsquo;ils apercevaient tout à l&rsquo;heure depuis le palier. Sonny eut le plus grand mal à la faire reculer et Nour dut s&rsquo;appuyer contre le mur pour retenir un haut-le-coeur. Ce n&rsquo;étaient pas les ordures qui s&rsquo;exhalaient depuis tout à l&rsquo;heure à travers le couloir, mais ce tas de lambeaux : les chiens. Ils étaient trois, liquidés par les combats, qu&rsquo;on avait jetés là. On n&rsquo;avait pas prévu d&rsquo;autre endroit où mettre les vaincus. La pile de chair, de fourrure collée, de dents et d&rsquo;os à vif se confondait entièrement dans cette puanteur, pourtant quand elle eut dépassé cet obstacle, une image s&rsquo;imprima en elle aussi nettement qu&rsquo;une morsure – le tosa qui était au sommet de la pile, qui devait être le dernier perdant. Il avait eu la patte arrachée lors de son duel.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 296-297 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Rendre visite à ce garçon qui l&rsquo;avait presque tuée, dans un lieu qui lui soulevait le coeur, ne semblait pas propice à sa guérison. Après l&rsquo;accident, elle n&rsquo;était restée que vingt-quatre heures et au lieu de mettre ce séjour derrière elle, elle revenait. C&rsquo;était étrange : chaque jour elle se disait que sa balade matinale aurait pour but la boulangerie, le square des Cosmonautes, le centre de l&rsquo;église Saint-Marthe, mais il n&rsquo;en était rien, elle aboutissait à chaque fois dans cette chambre, où elle ne pouvait rien faire d&rsquo;autre qu&rsquo;entrer, s&rsquo;asseoir et constater son impuissance.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un portrait de femme, celui d&rsquo;une cité, d&rsquo;une communauté. Cloé Korman signe un roman puissant sur les arrivants, à la différence du précédent qui évoquait le destin de ceux qui veulent partir. Là, à Louveplaine, une cité qui ressemble à La Courneuve où l&rsquo;auteure a animé un atelier d&rsquo;écriture dans un établissement scolaire, la violence est partout. La poésie aussi. Dans certaines scènes, dans les descriptions de la ville. Mais aussi, et surtout, dans la langue, les dialogues, le style de la romancière. Loin des poncifs sur la banlieue morose, Cloé Korman réussit le tour de force de nous plonger dans un roman aux accents chevaleresques. Là, dans le décor gris, des vies se tiennent chaud. Nour en sort grandie et libre.</span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;avais beaucoup aimé <strong>&laquo;&nbsp;Les hommes-couleurs&nbsp;&raquo;</strong>, cette fois encore Cloé Korman signe un roman atypique, poétique. Bien mené. Et terriblement bien écrit.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les Saisons de Louveplaine&nbsp;&raquo;, Cloé Korman, Seuil, 21€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
</blockquote>
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		<item>
		<title>Il faut beaucoup aimer les hommes, nous dit-elle&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/08/27/il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes-nous-dit-elle/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Aug 2013 08:42:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire C&#8217;est la rentrée ! Et pas seulement celle des écoliers. Du côté des librairies aussi, on a défait les cartons pour mettre en valeur les quelques 550 nouveaux romans parmi lesquels il va falloir choisir. L&#8217;un d&#8217;entre eux, &#171;&#160;Il faut beaucoup aimer les hommes&#160;&#187;, de Marie Darrieussecq m&#8217;a beaucoup plu. Je vous raconte [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="text-decoration: underline"><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Rentrée littéraire</span></span></strong></p>
<p>C&rsquo;est la rentrée ! Et pas seulement celle des écoliers. Du côté des librairies aussi, on a défait les cartons pour mettre en valeur les quelques 550 nouveaux romans parmi lesquels il va falloir choisir. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, <strong>&laquo;&nbsp;Il faut beaucoup aimer les hommes&nbsp;&raquo;</strong>, de <strong>Marie Darrieussecq</strong> m&rsquo;a beaucoup plu. Je vous raconte ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Marie Darrieussecq,</strong> tout d&rsquo;abord. L&rsquo;auteure d&rsquo;origine basque, quadragénaire, a publié son premier roman en 1996, après de brillantes études de lettres. Il s&rsquo;agit de<strong> &laquo;&nbsp;Truismes&nbsp;&raquo;</strong> qui, à l&rsquo;époque, avait fait beaucoup parler de lui. Depuis, d&rsquo;autres ont suivi. Et <strong>Marie Darrieussecq</strong> est devenue psychanalyste.</p>
<div id="attachment_1891" style="width: 130px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/aut-darrieussecq-marie-2.jpg" rel="lightbox[1889]"><img class="size-full wp-image-1891 colorbox-1889" alt="Editions P.O.L." src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/aut-darrieussecq-marie-2.jpg" width="120" height="171" /></a><p class="wp-caption-text">Editions P.O.L.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le nom de <strong>Marie Darrieussecq</strong> est associé à celui de l&rsquo;auteure <strong>Marie NDiaye</strong> et à celui de <strong>Camille Laurens</strong> dans des péripéties littéraires en 1998 et en 2007 pour la seconde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1889"></span></p>
<p>Au fil de sa bibliographie, des thèmes sont récurrents : la disparition, l&rsquo;absence mais aussi l&rsquo;identité et l&rsquo;appartenance. L&rsquo;auteure se plait également à écrire sur les transformations traumatiques, le dépassement des limites physiques et psychologiques.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-il-faut-beaucoup-aimer.jpg" rel="lightbox[1889]"><img class="alignleft size-full wp-image-1895 colorbox-1889" style="margin: 10px" alt="livre-il-faut-beaucoup-aimer" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-il-faut-beaucoup-aimer.jpg" width="120" height="176" /></a>Dans<strong> &laquo;&nbsp;Il faut beaucoup aimer les hommes&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Solange</strong>, qui était déjà le prénom de son héroïne dans<strong> &laquo;&nbsp;Clèves&nbsp;&raquo;</strong>, son roman précédent, rencontre un homme. Il est Noir. C&rsquo;est le coup de foudre.  Tous les deux sont acteurs, vivent aux Etats-Unis. Et lui veut réaliser un film. En Afrique. Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;être Noir ? Et l&rsquo;Afrique, c&rsquo;est comment ?</p>
<p>Solange s&rsquo;interroge, tente de s&rsquo;intéresser tandis que<strong> Kouhouesso</strong> travaille d&rsquo;arrache-pied pour tourner un film adapté d<strong>’&nbsp;&raquo;Au cœur des ténèbres&nbsp;&raquo;</strong> de Conrad, sur place, au Congo. Solange va le suivre dans cette aventure, jusqu’au bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte de « je ntem moi non plus ».</p>
<p>Le couple mixte est confronté aux clichés, à une vision fausse qui se porte sur eux. Lui, se doit de jouer l&rsquo;homme noir. Elle doit se comporter comme une femme. Mais plus. Mais les histoires d&rsquo;amour finissent mal, en général, non ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 95</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Elle était née où elle était née, dans la peau qui était la sienne, entourée des mots qui l&rsquo;entouraient. Elle découvrait ça, que sur les Noirs, ce n&rsquo;est pas exactement que les Blancs n&rsquo;ont rien à dire (ils n&rsquo;arrêtent pas, ils n&rsquo;arrêtaient depuis qu&rsquo;elle était petite) ; non, c&rsquo;est que les Noirs, les Blancs, n&rsquo;ont rien à dire aux Noirs. Même répéter, ils ne peuvent pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 172 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle reprit pourtant : “Brice lui-même ne parlait jamais de sa couleur.” Il coupa : “Ce que tu réclames, c&rsquo;est un certificat. Un certificat de non-racisme. Aussi bien tu ne couches avec moi que pour l&rsquo;obtenir.”</em></p>
<p><em>Elle secoua la tête avec une énergie de cheval, de cheval blessé. Elle murmura le mot</em> paranoïa.</p>
<p><em>Il pressa ses paumes contre ses yeux, puis les ouvrit en signe d&rsquo;apaisement. “Toutes ces employées charmantes, elle me font penser à ces Américaines qui se précipitent pour me dire bonjour et au revoir et faire croire qu&rsquo;elles sont </em>color blind<em>, aveugles à la couleur. Elles tiennent à leur certificat. Ecoute. Tu n&rsquo;es pas ce genre de petit modèle. Mais si tu n&rsquo;as pas vu la couleur de Brice, ça ne prouve rien d&rsquo;autre que ton refoulement. </em></p>
<p><em>Le salaud avait fait lui aussi une psychanalyse. Jungienne, lui avait-il dit. A Palo Alto, aller et retour deux fois par semaine en coupé Mercedes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pages 223-224 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Dans la pirogue, elle avait très chaud. La pagaie plongeait dans le fleuve comme dans de l&rsquo;huile, les oiseaux mêmes se taisaient. Cette chaleur, c&rsquo;était stupide ; elle ne pouvait s&rsquo;empêcher d&rsquo;ouvrir la bouche, mais l&rsquo;air du dehors était beaucoup plus chaud que l&rsquo;intérieur du corps. Kouhouesso fermait les yeux façon persiennes et et le piroguier, torse nu, ne cessait de s&rsquo;asperger. Il pagayait la chaleur, il touillait le fleuve et le ciel, il se diluait dans les mirages. Le plat de l&rsquo;eau était parcouru d&rsquo;ondes qui portaient des voix, des chocs, d&rsquo;étranges bruits sans source. Les vibrations entraient dans le corps de Solange. Elle avait des visions de la maison de Malibu, l&rsquo;ombre méditerranéenne, la salle de bains aux carreaux blancs, la mer qui brassait la chaleur. C&rsquo;était hier, c&rsquo;était avant. Elle aurait aimé contempler la forêt, avoir la sagesse des peintres et des écologistes ; mais cette Afrique verte et orange qui tremblotait n&rsquo;était qu&rsquo;un problème de plus. Aucun de ces arbres n&rsquo;expliquait Kouhouesso. Ils ne lui opposaient qu&rsquo;une autre énigme, impénétrable, dangereuse, un règne non humain, l&rsquo;affirmation d&rsquo;une puissance ailleurs réduite à la sciure.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Une histoire d&rsquo;amour comme au cinéma&#8230; et dans le milieu du cinéma. Marie Darrieusecq veut ici tordre le coup aux clichés sur les femmes et les Noirs en les poussant à l&rsquo;outrance. Une manière de mieux dénoncer ? Peut-être. Le livre, agréable à lire, nous plonge dans le monde artificiel du cinéma et de ses ego surdimensionnés. Tout est apparence. Sauf la couleur de la peau.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Il faut beaucoup aimer les hommes&nbsp;&raquo;, de Marie Darrieussecq, P.O.L, 18€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
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