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	<title>Quatrième de couv &#187; justice</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Selon que vous soyez puissant ou misérable&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 01 May 2023 06:47:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un uppercut, ou un coup de poing américain. Constance Debré a l&#8217;art de ne pas laisser indifférent. Son style est affuté, son discours, radical. C&#8217;est à la sortie de son deuxième roman, lu pendant le confinement que je suis tombée dedans. Depuis, j&#8217;ai lu chacun de ses romans (ici et encore là). Happée par le texte, par le style [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OFFENSES.jpg" rel="lightbox[6287]"><img class="alignleft size-full wp-image-6289 colorbox-6287" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OFFENSES.jpg" alt="OFFENSES" width="195" height="304" /></a></p>
<p>Un uppercut, ou un coup de poing américain. <strong>Constance Debré</strong> a l&rsquo;art de ne pas laisser indifférent. Son style est affuté, son discours, radical.</p>
<p>C&rsquo;est à la sortie de son deuxième roman, lu pendant le confinement que je suis tombée dedans. Depuis, j&rsquo;ai lu chacun de ses romans (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/05/18/lamour-et-lecriture-au-plus-pres-des-choses/">ici</a> </strong>et encore<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/05/24/dire-non-a-une-vie-lamentable/"> là</a></strong>). Happée par le texte, par le style et par la radicalité de son propos. <strong>Constance Debré</strong> porte un nom qui parle : elle est la fille de <strong>François Debré</strong>, la nièce de <strong>Jean-Louis</strong> et de <strong>Bernard</strong>. Elle a grandi avec les codes de la grande bourgeoisie, au milieu des démons de ses parents toxicomanes. Un patronyme lourd à porter, à assumer. Un nom, le sien, qu&rsquo;elle a gardé après s&rsquo;être séparée de tout le reste : son couple, son fils, son métier, sa sexualité, son héritage.</p>
<p>Après <strong><em>Play Boy</em></strong>, <strong><em>Love Me Tender</em></strong> et <em><strong>Nom</strong></em> que l&rsquo;on peut assimiler à une trilogie autobiographique, elle revient avec un quatrième roman et sa première fiction, <em><strong>Offenses.</strong></em></p>
<p>Au fil des pages, nous plongeons dans le glauque d&rsquo;un meurtre de proximité : celui d&rsquo;une vieille femme par son jeune voisin qui lui faisait pourtant régulièrement des courses. Mais une dette de stupéfiants de 450 euros le transforme en assassin. Pas de prénom, pas d&rsquo;adjectif superflu. Une écriture à l&rsquo;os.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6287"></span></p>
<p>Ancienne avocate pénaliste, <strong>Constance Debré</strong> en a gardé l&rsquo;implacable logique et la terrible fatalité. Pour elle, son ancien métier résonne de manière particulière avec l&rsquo;écriture.</p>
<p><strong>Une vidéo avec l&rsquo;autrice, ici : </strong></p>
<p><a href="https://youtu.be/FVdsf4oZb2I">https://youtu.be/FVdsf4oZb2I</a></p>
<p>Dans l&rsquo;émission <strong>Totémic,</strong> sur France Inter, l&rsquo;autrice a expliqué :  <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un métier que j&rsquo;ai aimé parce que c&rsquo;est un peu la même chose qu&rsquo;écrire. C&rsquo;est que ce n&rsquo;est pas un métier, c&rsquo;est une fonction qui commande qu&rsquo;on parle avec tout ce qu&rsquo;on sait à d&rsquo;autres hommes. On essaye de parler, en l&rsquo;occurrence quand on est avocat, pour qui on défend à ceux qui le jugent, mais il ne s&rsquo;agit que de parler de l&rsquo;existence avec cette chose qu&rsquo;on a tous en commun, qui s&rsquo;appelle le langage. Et pour moi, c&rsquo;est absolument la même chose.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Dans <em><strong>Offenses</strong></em>, elle interroge la façon dont la justice est rendue. Selon que vous serez puissant ou misérable ? Elle interroge notre morale, notre rapport au mal et ce que la société en dit en s&rsquo;accrochant à un certain déterminisme social. Pour se rassurer.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 21 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Dix-neuf ans est-ce que l&rsquo;enfance encore. Il vit chez son père avec sa petite amie et leur fille. Elle a trois ans bientôt ils avaient seize ans quand elle est née. Ils se sont connus à quinze ils ont tout de suite vécu ensemble. Ce n&rsquo;est pas grand chez son père mais c&rsquo;est mieux que chez sa mère à cause des disputes qu&rsquo;il y avait. Il ne travaille pas elle non plus (ils ne font pas d&rsquo;études bien sûr que non) alors ils vivent chez son père, un trois-pièces ici on dit F3. Le même que celui de la vieille, la voisine du dessous, celle qu&rsquo;il a tuée ce matin. Il lui a mis dix coups de couteau il a laissé du sang partout.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 60-61 :</strong><em> &laquo;&nbsp;La prison est quelque chose qui ne vous arrivera pas. C&rsquo;est un monde trop loin du vôtre. C&rsquo;est le cercle juste sous le nôtre. Le village d&rsquo;à côté. Ce n&rsquo;est pas un autre monde. C&rsquo;est le monde où sont punis ceux du dessous pour tous les péchés du monde. Les péchés que vous nous avez délégués, ceux que nous commettons pour vous. Les péchés que nous commettons pour l&rsquo;humanité qui contient tout le mal mais qui le délègue à des gens comme moi, comme nous, comme nous tous qui allons en prison, puisqu&rsquo;on est nés pour ça, puisqu&rsquo;on est nés pour vous servir de toutes les façons possibles, y compris celle-là. Les péchés dont vous vous nourrissez, que nous commettons et que vous punissez. Des péchés que ne sont pas plus les nôtres que les vôtres, les péchés dont la racine, la raison des effets, n&rsquo;est pas celui qui le commet mais dans l&rsquo;humanité tout entière.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 99 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Nous tous, sages comme des images, à bien tenir notre rôle, à travailler quand on peut, à ramasser vos poubelles, à nettoyer vos bureaux ou à remplir vos hyper, à acheter vos produits, à remplir vos prisons, à justifier vos lois, bien courbés dessous qu&rsquo;on est, la loi du marché ou la loi du code c&rsquo;est la même. Quand est-ce que vous nous applaudirez.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em> <strong>Offenses, Constance Debré, Flammarion, 17,50€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Entre deux langues, trouver sa voix</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2022 08:02:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 Une histoire. Insolite et sensible. Une histoire de prénom et d&#8217;identité. Une histoire d&#8217;histoires. Celle  de Polina Panassenko que l&#8217;on devine en filigrane. Née à Moscou, la jeune femme est auteure, traductrice et comédienne. Il y a 7 ans, elle avait publié une enquête. Elle signe avec Tenir sa langue son premier roman. Que nous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TENIR-SA-LANGUE.jpg" rel="lightbox[6079]"><img class="alignleft wp-image-6078 size-medium colorbox-6079" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TENIR-SA-LANGUE-215x300.jpg" alt="TENIR SA LANGUE" width="215" height="300" /></a>Une histoire. Insolite et sensible. Une histoire de prénom et d&rsquo;identité. Une histoire d&rsquo;histoires. Celle  de <strong>Polina Panassenko</strong> que l&rsquo;on devine en filigrane.</p>
<p>Née à Moscou, la jeune femme est auteure, traductrice et comédienne. Il y a 7 ans, elle avait publié une enquête. Elle signe avec <strong><em>Tenir sa langue</em></strong> son premier roman.</p>
<p>Que nous dit la quatrième de couverture ?</p>
<p>&nbsp;&raquo; Ce que je veux moi, c&rsquo;est porter le prénom que j&rsquo;ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. &nbsp;&raquo;</p>
<p>Un peu plus d&rsquo;un an après la disparition de l&rsquo;URSS, <strong>Polina</strong>, sa soeur et ses parents ont rejoint la France. Et Saint-Etienne. Elle devient <strong>Pauline</strong>. Pour mieux s&rsquo;intégrer. Deux prénoms pour deux vies qui se chevauchent, qui se répondent. Jusqu&rsquo;au jour où la jeune femme décide de récupérer son prénom de naissance, au tribunal alors qu&rsquo;elle doit renouveler son passeport. Pas si simple. Elle doit justifier du bien-fondé de sa démarche. Adolescente, elle avait mis au point un &laquo;&nbsp;Code personnel d&rsquo;honneur patriotique&nbsp;&raquo;, pour ne rien perdre de ses racines russes puisque sa mère y tenait tant. En classe de 4e, <strong>Polina</strong> est naturalisée de fait, puisque son père l&rsquo;est au préalable.</p>
<p>Ce premier roman est construit autour d&rsquo;une vie entre deux langues et deux pays. D&rsquo;un côté, la Russie de l&rsquo;enfance, celle de la datcha, de l&rsquo;appartement communautaire où les générations se mélangent, celle des grands-parents inoubliables et de<strong> Tiotia Nina</strong>. De l&rsquo;autre, la France, celle de la <i>materneltchik</i>, des mots qu&rsquo;il faut conquérir et des Minikeums. La maladie de sa mère aussi, les questions restées sans réponse.</p>
<p>Un premier roman drôle et tendre à la fois.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 69 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Dans la salle éblouissante, les choses empirent de jour en jour. A l&rsquo;instant où la sirène retentit, je ferme la bouche jusqu&rsquo;à ce que ma mère arrive. Deux de mes voisins de table ont fini par comprendre qu&rsquo;ils avaient carte blanche. Quoi qu&rsquo;ils fassent, quoi qu&rsquo;ils me fassent, je ne pourrai jamais faire usage de sons à leur encontre. L&rsquo;immense femme-adulte ne me sera d&rsquo;aucun secours. Impunité totale. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;immense femme-adulte informe ma mère de mon mutisme. On me parle encore et encore de la langue qu&rsquo;il me manque. La langue du français. C&rsquo;est pour elle que je dois y aller. Je dois retourner à la </em>materneltchik<em> pour qu&rsquo;elle me pousse. Tu la chanteras comme un oiseau, tu verras. Tchik-tchirik, fait le moineau.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 107-108 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Ma mère aussi veille sur mon russe comme sur le dernier oeuf du coucou migrateur. Ma langue est son nid. Ma bouche, la cavité qui l&rsquo;abrite. Plusieurs fois par semaine, ma mère m&rsquo;amène de nouveaux mots, vérifié l&rsquo;état de ceux qui sont déjà là, s&rsquo;assure qu&rsquo;on n&rsquo;en perd pas en route. Elle surveille l&rsquo;équilibre de la population globale. Le flux migratoire : les entrées et sorties des mots russes et français. Gardienne d&rsquo;un vaste territoire dont le frontières sont en pourparlers Russe. Français. Russe. Français Sentinelle de la langue, elle veille au poste-frontière. Pas de mélange. Elle traque les fugitifs français hébergés dans mon russe.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 122 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je suis la seule de ma famille à avoir perdu l&rsquo;accent russe. La paroi entre le français et le russe est devenue étanche. Plus rien ne filtre au travers. On m&rsquo;a dit C&rsquo;est dingue ça, on n&rsquo;entend rien du tout, non mais c&rsquo;est vrai, c&rsquo;est vrai, pas un pète de quelque chose. L&rsquo;accent c&rsquo;est quelque chose. Rien du tout c&rsquo;est ce qu&rsquo;il m&rsquo;en reste. Ce sont les oreilles des autres qui actent la rupture, s&rsquo;étonnent qu&rsquo;il ne soit plus là. </em>Tu as un français impeccable.<em> Impeccable. Une cuisine bien lavée. Pas de pelures coincées dans le trou de l&rsquo;évier. Pas de taches sur la nappe. Même pas une miette accrochée à l&rsquo;éponge. Mais si mon français est impeccable, le français de ma mère, il est quoi ? Et celui de mon père ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L&rsquo;accent c&rsquo;est ma langue maternelle.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Tenir sa langue, Polina Panassenko, Editions de l&rsquo;Olivier, 18€</em></strong></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Entre les zones grises, prendre la bonne décision&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2022/02/07/entre-les-zones-grises-prendre-la-bonne-decision/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 08:03:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 Karine Tuil s&#8217;empare au plus près de l&#8217;actualité dans son douzième roman, La décision. L&#8217;auteure de Les choses humaines, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&#8217;une société après un viol, elle nous emmène dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" rel="lightbox[5887]"><img class="alignleft size-full wp-image-5889 colorbox-5887" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" alt="CVT_La-decision_5727" width="185" height="272" /></a></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire hiver 2022</span></strong></p>
<p><strong>Karine Tuil</strong> s&rsquo;empare au plus près de l&rsquo;actualité dans son douzième roman, <strong><em>La décision</em></strong>. L&rsquo;auteure de <em><strong>Les choses humaines</strong></em>, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&rsquo;une société après un viol, elle nous emmène dans le bureau de la coordinatrice du pôle d&rsquo;instruction antiterroriste. C&rsquo;est là qu&rsquo;<strong>Alma Revel</strong>, quinquagénaire empêtrée dans une vie conjugale qui ne la satisfait plus, traite des dossiers tout simplement inflammables.</p>
<p>Dans son bureau se succèdent des hommes et quelques femmes qui ont fait des choix. Radicaux. A elle et son équipe de se dépatouiller avec l&rsquo;horreur, d&rsquo;évaluer les responsabilités et les implications, de déjouer les stratégies autour de la <strong>taqiya</strong>, ce concept de la religion musulmane recommandant la prudence au fidèle en l&rsquo;invitant à dissimuler sa croyance en cas de danger. Rien n&rsquo;est épargné Alma, pas même les menaces de mort.</p>
<p>Tout compte pour étayer la prise de décision. Jusqu&rsquo;à l&rsquo;intuition.  Et si elle s&rsquo;avère finalement mauvaise ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5887"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Nous sommes en mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du palais de justice, la juge <strong>Alma Revel</strong> doit se prononcer sur le sort d&rsquo;<strong>Abdeljalil</strong>, un jeune homme suspecté d’avoir rejoint l’État islamique en Syrie. Est-il réellement repenti et risque-t-il de se radicaliser en prison si la justice décide de l&rsquo;y laisser ou cache-t-il son jihadisme ? Tandis que sa haine de la France transpire de tous ses mots ?</p>
<p>Au fil des pages, des extraits des interrogatoires donnent des pistes. Ou pas.</p>
<p>À ce dilemme professionnel s’en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, <strong>Alma</strong> entretient une liaison avec l’avocat <strong>Emmanuel Forest</strong> qui représente le mis en examen. Comment conjuguer le tout ? Auprès de ses collègues ? De sa famille ? De son conscience professionnelle tandis que tout se délite ?</p>
<p>Au fil des page, un roman intense, dense et très bien documenté. Pour l&rsquo;écrire au plus près de la réalité, <strong>Karine Tuil</strong> a rencontré des juges d&rsquo;instruction, des enquêteurs, un président de cour d&rsquo;assises et un avocat de jihadistes.</p>
<p>Dans <em><strong>La décision</strong> </em>aussi, tandis que se mélange le professionnel et le privé pour le pire et le meilleur, la notion d&rsquo;origine transparaît. Aucun des protagonistes n&rsquo;échappe à ses origines en regard de sa foi. Son mari s&rsquo;enfonce dans un judaïsme radical alors que leur fille aînée envisage d&rsquo;épouser un musulman. Dans le bureau du juge <strong>Revel</strong>, d&rsquo;autres sont prêts à tout au nom d&rsquo;Allah&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 74 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant tout le voyage, je conservais mon téléphone dans la main. Je regardais le paysage se déployer à travers la vitre, les champs de tournesol qui se dressaient, tantôt pleins et ouverts, tantôt repliés sur eux-mêmes, brûlés, éteints – juste métaphore d&rsquo;une vie qui alternait les cycles avec une régularité tragique. Je rêvais de fuite et de grands espaces. Je me sentais asphyxiée par un quotidien sur lequel je n&rsquo;avais plus la moindre maîtrise. Mon couple me paraissait factice, je pensais de plus en plus à la séparation, mais divorcer, pour une femme qui n&rsquo;avait pu affronter la férocité de son univers professionnel qu&rsquo;on conservant une stabilité affective, c&rsquo;était une décision qui ébranlait tout un mécanisme de confiance interne. J&rsquo;avais peur de prendre la mauvaise décision.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192 : &laquo;&nbsp;</strong><em>– Tu prends des risques insensés, a-t-elle continué. Nous sommes proches je me permets de te le dire, on a tous compris que tu avais une liaison avec Emmanuel Forest, c&rsquo;est ta vie privée, tu fais ce que tu veux, Alma, mais il passe trop de temps dans ton bureau, ça fait deux fois cette semaine que tu nous l&rsquo;imposes à déjeuner, ce n&rsquo;est pas sain, ce n&rsquo;est pas assez étanche, on ne doit pas avoir de liens trop étroits avec les avocats qui travaillent sur nos dossiers, fais attention, les gens commencent à parler, je ne veux pas que tu aies de problèmes et je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;en avoir non plus. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je l&rsquo;écoutais tout en sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait aucune influence sur moi, que rien ne me ferait plus renoncer à ma relation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 204 :</strong><em> &laquo;&nbsp;La suite, en dépit des craintes, c&rsquo;est une logique de libération. La famille d&rsquo;Abdeljalil a été interrogée, elle est rassurante. La mère affirme qu&rsquo;elle peut accueillir son fils. Elle a une Freebox qui permet l&rsquo;installation du système de surveillance. Il y a donc des garanties éducatives, un socle. Le cadre familial est structurant. Abdeljalil a exprimé ses regrets à plusieurs reprises. L&rsquo;enquête de personnalité révèle des difficultés rencontrées au cours de l&rsquo;adolescence, des idées suicidaires, mais elle le décrit peu influençable et soucieux d&rsquo;engager des démarches de réinsertion. Un psychiatre et un psychologue l&rsquo;ont aussi examiné récemment : il est calme, cohérent, déterminé à mener une vie sans histoires.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La décision, Karine Tuil, Gallimard, 20€.</strong></em></p>
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		<title>Au pied de la colline, l&#8217;enfance nue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/14/au-pied-de-la-colline-lenfance-nue/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 13:06:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sélection Roblès 2021 Le démon de la colline aux loups. Un titre qui laisse penser à un conte. On en est loin. Très loin. Voilà un premier roman percutant, dérangeant. L&#8217;histoire vous colle aux doigts, vous laisse des images. Pas jolies. L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Duke. Il est en prison. Pour très longtemps. Là, derrière les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="page">
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282.jpg" rel="lightbox[5630]"><img class="alignleft size-full wp-image-5632 colorbox-5630" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282.jpg" alt="CVT_Le-demon-de-la-colline-aux-loups_4282" width="250" height="325" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #0000ff">Sélection Roblès 2021</span></strong></p>
<p><strong><em>Le démon de la colline aux loups</em>.</strong> Un titre qui laisse penser à un conte. On en est loin. Très loin. Voilà un premier roman percutant, dérangeant. L&rsquo;histoire vous colle aux doigts, vous laisse des images. Pas jolies. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Duke</strong>.</p>
<p>Il est en prison. Pour très longtemps. Là, derrière les murs, il écrit. Tout. Sur la vieille machine à écrire prêtée par le directeur. Pour ne pas oublier, pour essayer de comprendre. &laquo;&nbsp;Pour &laquo;&nbsp;assurer sa rédemption &nbsp;&raquo; aussi. Pour savoir si tout cela a été causé par le Démon de la Colline aux loups. Cet endroit, il y a vécu. Survécu plutôt. C&rsquo;est là qu&rsquo;il grandit au sein d&rsquo;une famille défaillante, totalement dysfonctionnelle. C&rsquo;est là qu&rsquo;il sera violé à plusieurs reprises par son père. Oui, son père.</p>
<p>L&rsquo;enfant, qui n&rsquo;entendra son prénom pour la première fois qu&rsquo;à l&rsquo;école, où il atterrit sans comprendre, sans savoir. Les services sociaux sont intervenus. La gendarmerie, la justice suivront. <strong>Duke</strong> sera éloigné de cette famille maltraitante, mal-aimante.</p>
<p>Placé dans une famille, puis dans une autre, éloigné de sa fratrie (ils sont six enfants en tout, les deux aînés, <strong>Michael et Jonas</strong>, se sont enfuis depuis longtemps) et de sa soeur adorée. Mais <strong>Duke</strong> craint tellement de réveiller le Démon de la colline aux loups qu&rsquo;il s&rsquo;enfuit de chez Pete et Maria qu&rsquo;il aime pourtant. Il a 16 ans. Une enfance fracassée et une adolescence qu&rsquo;il va carboniser. Dans un squat, il connaîtra la violence, la débrouille, la prostitution&#8230; Mais aussi l&rsquo;amour. Celui de Billy. Une jeune héroïnomane dont il s&rsquo;éprend. Elle finira par se jeter dans le vide sous ses yeux&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La violence reviendra. Terrible. Mortifère. <strong>Duke</strong>, qui est retourné à la colline aux loups, sera arrêté. Jugé. Condamné à perpétuité malgré son discernement altéré. Puis placé en détention. Là, seul après le suicide de son codétenu, il écrit. Fait une introspection et tente de comprendre, accompagné par un prêtre qui ne fera que frôler l&rsquo;horreur des souvenirs, des images, des mots de <strong>Duke</strong>.</p>
<p>Les phrases sont longues, sans virgule. Comme s&rsquo;il fallait impérativement prendre son souffle avant de se lancer dans ce texte étourdissant, un flot d&rsquo;images et de sensations qui mêle les époques, les périodes.</p>
<p>A la lecture de ce premier roman, qui concourt pour le<strong> 31e prix Roblès</strong>, on plonge dans l&rsquo;horreur. Mais aussi dans la littérature. L&rsquo;auteur, <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong>, âgé de 44 ans, côtoie l&rsquo;horreur de près dans son métier. Journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers, ( il travaille pour Le Télégramme, à Saint-Brieuc), il est l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de chroniques judiciaires qui a d&rsquo;ailleurs servi de trame au roman Ritournelle, publié par Le Tripode, en mai.</p>
<p>Ce premier roman<b> </b>a déjà remporté le prix Première de la RTBF et avait été retenu parmi les quatre finalistes du prix <strong>Goncourt</strong> du premier roman. Qu&rsquo;il n&rsquo;a finalement pas eu.</p>
<p>En mai, j&rsquo;ai interviewé <strong>Dimitri Rouchon-Borie</strong> pour <strong>La Nouvelle République </strong>dans le cadre du prix Roblès. L&rsquo;article paru sur le site internet est <strong><a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/prix-robles-4-6-dimitri-rouchon-borie-ou-le-demon-et-les-mots-de-l-horreur">ici.</a></strong></p>
<h3 style="text-align: center"><strong>Extraits </strong></h3>
<blockquote><p><strong>Page 15 :</strong><em><strong> </strong>&laquo;&nbsp;[&#8230;]Par moments des ombres grandissaient dans la pièce et elles faisaient des bruits sourds et des fois ça hurlait des choses en rapport avec la pisse ou presque toujours en lien avec les conséquences de nos entrailles. Il m’a fallu du temps pour dessiner ces ombres et préciser leurs traits et encore plus de temps pour comprendre que c’étaient des personnes et pas n’importe lesquelles mes parents. J’ai rencontré après des gens qui avaient eu d’emblée un père et une mère avec de l’affection et des histoires comme ça je l’ai lu dans des magazines alors j’ai pu essayer de comparer. Mais moi je vous dis ceci au départ je ne me souviens pas d’avoir vu des personnes. Et je ne sais pas comment ces formes qui s’invitaient dans notre nid nous filaient à bouffer j’ai bien dû croûter sinon je serais mort mais je sais que là non plus je n’aurais pas su identifier ou nommer un repas tout était confondu dans tout. Il y a un moment dans l’enfance où chacun de nous ouvre mieux les yeux et petit à petit mon regard a séparé chaque être du nid pour lui donner un corps à lui.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Je suis resté chez Pete et Maria des années et tout allait bien car leur façon de fabriquer des habitudes me protégeait du Démon. J’ai compris cette chose-là c’est qu’ils s’occupaient de moi et tant qu’ils le faisaient je pouvais compter sur eux c’était comme museler un fauve en lui faisant des caresses. Je sentais bien que j’avais à l’intérieur une trace qui ne partait pas c’était la déchirure de l’enfance c’est pas parce qu’on a mis un pont au-dessus du ravin qu’on a bouché le vide. J’avais le manque des frères et sœurs et je n’osais pas demander parfois on voyait des juges ou des éducateurs et pas un ne me parlait de Clara ou de la Boule est-ce qu’ils pensaient à moi? Petit à petit j’avais commencé à m’intéresser à la solitude qui était une sorte de permanence au-dedans et à la fin on revient toujours à ce qui est constant mais je ne savais pas encore si c’était une porte fermée ou une porte à ouvrir je le tournais comme ça dans ma tête. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 152 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Je ne peux pas expliquer pourquoi j’avais cette intuition que je devais rester lucide c’est comme une sorte de survie et être étourdi c’était tomber à la merci de la menace et ceux qui savent pas ce que c’est d’avoir souffert de ses parents ivres morts n’ont pas l’idée. Moi je pensais que toutes ces choses ça me perdrait plus vite et que le Démon n’avait pas besoin de ça un point c’est tout. Mais la contrepartie c’est que dans ce milieu où j’étais arrivé c’était compliqué de ne pas prendre de dope car ça me gardait une clairvoyance quand tous les autres étaient défoncés et ivres et qu’ils faisaient n’importe quoi en braillant avec des postillons et de la sueur et le visage jaune. Quand ils étaient comme ça fous et dénaturés je me mettais en discrétion pour qu’ils ne m’invectivent pas et qu’ils m’oublient. Parfois je prenais soin de Billy elle devenait presque comme du verre elle restait là à me regarder avec un sourire qui n’en finissait pas et elle tenait mon visage comme le faisait ma sœur c’est comme ça qu’on s’est embrassés la première fois elle a dit t’es mignon on voit bien que tu es pas là juste pour me baiser je haïssais ce mot.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Le démon de la colline aux loups, Dimitri Rouchon-Borie, Le Tripode, 17€</strong></em></p>
</div>
<p><span id="more-5630"></span></p>
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		<title>Introspection montagnarde et libertaire</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/11/30/introspection-montagnarde-et-libertaire/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2020 09:31:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Erri De Luca je l&#8217;ai découvert l&#8217;an dernier, à travers un très joli livre, pudique, joyeux et si intime à la fois : &#171;&#160;Le tour de l&#8217;oie&#160;&#187;. Alors, touchée au coeur par son écriture, je n&#8217;ai pas hésité longtemps avant d&#8217;ouvrir &#171;&#160;Impossible&#160;&#187;, nouveauté de cette rentrée littéraire de l&#8217;automne. &#171;&#160;On part en montagne pour éprouver la solitude, pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072860829_195x320.jpg" rel="lightbox[5460]"><img class="alignleft size-full wp-image-5464 colorbox-5460" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072860829_195x320.jpg" alt="product_9782072860829_195x320" width="195" height="306" /></a></p>
<p><strong>Erri De Luca</strong> je l&rsquo;ai découvert l&rsquo;an dernier, à travers un très joli livre, pudique, joyeux et si intime à la fois : <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/21/a-ce-fils-qui-aurait-pu-etre-la/"><strong>&laquo;&nbsp;Le tour de l&rsquo;oie&nbsp;&raquo;</strong></a>.</p>
<p>Alors, touchée au coeur par son écriture, je n&rsquo;ai pas hésité longtemps avant d&rsquo;ouvrir <strong>&laquo;&nbsp;Impossible&nbsp;&raquo;</strong>, nouveauté de cette rentrée littéraire de l&rsquo;automne.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule face à l’immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent se présenter, d’une rencontre avec un cerf au franchissement d’une forêt déracinée par le vent.<br />
Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l’alerte. Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable, impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l’affaire, qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité.<br />
Dans un roman d’une grande tension, <strong>Erri De Luca</strong> reconstitue l’échange entre un jeune juge et un accusé, vieil homme « de la génération la plus poursuivie en justice de l’histoire d’Italie ». Mais l’interrogatoire se mue lentement en un dialogue et se dessine alors une riche réflexion sur l’engagement, la justice, l’amitié et la trahison.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5460"></span></p>
<p>Voilà pour la quatrième de couverture.  Au fil des pages, au fil du dialogue entre le magistrat et l&rsquo;ancien activiste, un affrontement apparaît. Sous forme de questions et de réponses. Un interrogatoire qui se transforme, qui évolue en dialogue, en discussion. Mais deux générations s&rsquo;opposent. Deux conceptions philosophiques aussi. Entre deux hommes. L&rsquo;un d&rsquo;eux n&rsquo;a rien à perdre, aguerri, même à l&rsquo;enfermement.</p>
<p>Pour adoucir le texte, <strong>Erri De Luca</strong> nous offre les lettres que le héros écrit, sans les envoyer, à celle qu&rsquo;il aime depuis des années. Malgré l&rsquo;engagement et ce qu&rsquo;il implique.</p>
<p><strong>Erri De Luca</strong>, aujourd&rsquo;hui septuagénaire, a des obsessions que sont la justice, la liberté, le combat politique, la trahison, l&rsquo;amour et la montagne. Elles transpirent de ses pages. C&rsquo;est beau, c&rsquo;est intense. C&rsquo;est violent et puissant. Et divinement  bien écrit. Une introspection sur l&rsquo;engagement et la culpabilité, qui éclaire.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il me soupçonne d&rsquo;avoir jeté cet homme du haut de la vire. Pour toi, peu importe que je sois coupable ou non. Tu m&rsquo;as voulu tel que j&rsquo;étais, tu ne t&rsquo;es pas souciée de mon passé. Tu ne m&rsquo;as rien demandé sur cette époque d&rsquo;affrontements et de colères publiques. Je te suis reconnaissant de ta volonté : de faire que le passé commence avec nous deux. Celui que j&rsquo;étais avant t&rsquo;importe peu. Tu ne me quitterais pas si j&rsquo;étais déclaré coupable. Nous en avons parlé un jour, de façon abstraite. Si je devais aller en prison tu ne viendrais pas me voir et tu m&rsquo;écrirais pas, mais tu m&rsquo;attendrais. Nous nous sommes même serré la main pour sceller notre pacte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 97 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ammoremio, une autre lettre s&rsquo;ajoute à celles non expédiées. Je reste en isolement, ainsi il n&rsquo;y a aucune possibilité de recevoir des visites. Je n&rsquo;en souhaite pas, pas plus que des lettres. C&rsquo;est un lieu pour hommes seuls, un couloir de cellules individuelles, de monastère, sans prières. Les moines d&rsquo;ici s&rsquo;en remettent aux avocats, ce sont eux qui s&rsquo;occupent des prières. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mon affaire est expérimentale. Pousser un homme à avouer un crime politique, le dernier ajouté à une époque expirée. On veut me persuader qu&rsquo;ainsi se termine un registre d&rsquo;actes judiciaires. L&rsquo;aveu d&rsquo;une vengeance politique servirait à fermer une parenthèse reste ouverte jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Car aucun de ceux qui ont trahi leurs propres camarades n&rsquo;a été atteint par une vengeance. Le plateau de la balance reste incliné.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 119 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Q. Je vais vous le dire. Cet homme sur la vire de Bandiarac vous à précédé intentionnellement, en sachant que vous iriez à cet endroit. Et, une fois arrivé, il s&rsquo;est retourné et il est venu au-devant de vous. Vous vous êtes trouvé en face de lui et vous n&rsquo;avez pas compris ce qui se passait jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il vous dise son nom. Il était là pour mettre à l&rsquo;épreuve votre réaction dans un endroit inévitable. Il vous avait traqué. A quelle réaction s&rsquo;attendre ? Tout était possible, de la lutte à la réconciliation. Vous avez réagi en sachant que se jouait la vie d&rsquo;un seul ou celle de tous les deux. Que s&rsquo;est-il passé, dites-le-moi ?</em></p>
<p style="text-align: left"><em>R. Etant sûr, pour ma part, que ça n&rsquo;est pas arrivé, je continue à ne pas savoir comment j&rsquo;aurais réagi.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Q. J&rsquo;insiste. C&rsquo;est arrivé. Vous ne le suiviez pas, mais lui vous précédait. Vous me l&rsquo;avez dit dans le premier interrogatoire que je suis allé relire. Vous me disiez déjà comment ça s&rsquo;était passé : c&rsquo;était cet homme qui vous précédait.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Impossible&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Erri De Luca, Gallimard, 16,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand les convictions basculent&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/11/17/quand-les-convictions-basculent/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2020 07:50:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman ? Comme c&#8217;est bizarre Je dois bien avouer qu&#8217;à chaque rentrée littéraire, je les dévore, après une petite sélection quand même. Celui-ci s&#8217;inscrit dans l&#8217;une des thématiques de cette rentrée post-confinement, celle des &#171;&#160;pères singuliers&#160;&#187;. L&#8217;histoire ? Celle d&#8217;un père qui, après la mort de sa femme, assure l&#8217;éducation de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CE-QUIL-FAUT-DE-NUIT-OK.jpg" rel="lightbox[5358]"><img class="alignleft size-full wp-image-5360 colorbox-5358" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CE-QUIL-FAUT-DE-NUIT-OK.jpg" alt="CE QU'IL FAUT DE NUIT OK" width="195" height="326" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p>Un premier roman ? Comme c&rsquo;est bizarre <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5358" /> Je dois bien avouer qu&rsquo;à chaque rentrée littéraire, je les dévore, après une petite sélection quand même. Celui-ci s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;une des thématiques de cette rentrée post-confinement, celle des &laquo;&nbsp;pères singuliers&nbsp;&raquo;.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Celle d&rsquo;un père qui, après la mort de sa femme, assure l&rsquo;éducation de ses deux fils. Tant bien que mal. Il y a <strong>Frédéric</strong> que tout le monde appelle <strong>Fus</strong> depuis des années et son benjamin, surnommé<strong> Gillou</strong>. L&rsquo;un joue au foot quand l&rsquo;autre se plonge dans les livres.  Le père, lui, travaille à la SNCF et s&rsquo;occupe de la section locale du Parti socialiste.</p>
<p>C&rsquo;est lui qui raconte. Les trois années de maladie de la &laquo;&nbsp;moman&nbsp;&raquo;, les études des enfants, le quotidien d&rsquo;un milieu populaire entre un père un peu perdu et deux ados qui grandissent, qui s&rsquo;affranchissent des choix paternels. Et puis la bascule.  Celle qui fait que, progressivement, <strong>Fus</strong> fasse la connaissance de jeunes proches de l&rsquo;extrême droite. Jusqu&rsquo;au drame. Une attaque, une vengeance, un mort, la prison et deux procès.</p>
<p><span id="more-5358"></span></p>
<p>Le père manque parfois de mots, de réactions. Il ne comprend pas. N&rsquo;accepte pas. Entre pudeur et retenue, il voit ses convictions ébranlées et son quotidien s&rsquo;effilocher.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Ce qu&rsquo;il faut de nuit&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Laurent Petitmangin</strong> avait envie de parler &laquo;&nbsp;du sentiment de déception, de son côté parfois irrémédiable. Puis sont venus d&rsquo;autres thèmes  : j&rsquo;ai voulu raconter la relation entre un père et son fils, mettre en évidence la difficulté, la pudeur infinie de cette relation, interroger l&rsquo;incapacité d&rsquo;un père à trouver les mots. Je voulais aussi raconter un certain monde. Ce roman n&rsquo;est pas autobiographique, mais il se nourrit de ma vie, bien sûr .&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Laurent Petitmangin</strong>, quinquagénaire, grand lecteur, travaille à Air France et écrit depuis une dizaine d&rsquo;années. Il entasse les manuscrits dans ses tiroirs, apprend-on.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 30-31 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il y avait déjà trois mois que la moman était partie, j&rsquo;avais évacué la peur de ne pas y arriver, de ne pas faire face à tout ce qu&rsquo;il y avait à organiser, à gérer. Tout ce que j&rsquo;avais déjà entrevu depuis trois ans. C&rsquo;était terrible à dire, mais c&rsquo;était presque plus facile maintenant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus l&rsquo;hôpital, les soirées et les dimanches passés à attendre. Presque plus facile. Si elle m&rsquo;avait entendu. C&rsquo;était pourtant vrai, et les vacances n&rsquo;avaient jamais autant mérité leur nom. Plusieurs fois, je les avais emmenés casser la croûte à Luxembourg-ville. On s&rsquo;était fait la promenade des remparts, puis on était allés dans un petit restaurant où on attendait des heures, il y avait du monde, les enfants s&rsquo;étaient impatientés tellement ils avaient faim, mais les énormes steaks et les grosses frites, presque un quart de patate chacune, n&rsquo;en étaient que meilleures.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 113 :</strong><em> &nbsp;&raquo; [&#8230;] Ils voulaient savoir qui l&rsquo;avaient amoché de la sorte, et le fait que je l&rsquo;aie retrouvé comme ça ne validait rien de mon innocence à leurs yeux. Ils m&rsquo;avaient demandé ce que j&rsquo;avais fait le matin, avant d&rsquo;aller à Metz. Ce qui ne leur plaisait pas, c&rsquo;était que j&rsquo;ai emmené moi-même Fus à l&rsquo;hôpital. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 157 :</strong><em> [&#8230;] Tout m&rsquo;était insurmontable. Je portais sur le visage la détention de mon fils. L&rsquo;avocat n&rsquo;avait cessé de m&rsquo;appeler immédiatement après le procès. Il s&rsquo;était d&rsquo;abord contenté de messages courts, &laquo;&nbsp;Rappelez-moi s&rsquo;il vous plaît &nbsp;&raquo; puis, comme je ne répondais à aucun de ses appels, il s&rsquo;était épanché. Une longue supplique où il me disait que ce n&rsquo;était pas son intérêt financier de faire le forcing et de repasser du temps sur ce dossier &#8211; il m&rsquo;avait rappelé dans son message haletant, énervé, que ses émoluments rentraient strictement dans le cadre de l&rsquo;aide que nous avions touchée et que ce n&rsquo;était donc pas avec ça qu&rsquo;il allait gagner le moindre argent -, mais que ce n&rsquo;était pas la question, qu&rsquo;il fallait y aller. Il l&rsquo;avait redit plusieurs fois. Sur tous les tons possibles : &laquo;&nbsp;Une simple question de justice.&nbsp;&raquo; Il avait rajouté qu&rsquo;il me revenait de convaincre mon fils et qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas l&rsquo;éternité pour le faire. Je n&rsquo;en avais pas envie. Pas plus que je n&rsquo;avais envie de le visiter en prison.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Ce qu&rsquo;il doit à la nuit&nbsp;&raquo;, Laurent Petitmangin, La Manufacture de livres, 16,90€. </strong></em></p>
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		<title>Martial Kermeur, meurtrier désabusé&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/02/28/martial-kermeur-meurtrier-desabuse/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/02/28/martial-kermeur-meurtrier-desabuse/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2017 08:24:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Article 353 du code pénal"]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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		<category><![CDATA[Tanguy Viel]]></category>

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		<description><![CDATA[  Rentrée littéraire Pas le titre le plus glamour ni le plus incitatif du monde, je vous l&#8217;accorde ! Et pourtant. Avec &#160;&#187; Article 353 du code pénal&#160;&#187;, Tanguy Viel nous revient en pleine forme. Après &#171;&#160;La disparition de Jim Sullivan&#160;&#187;, dont vous pouvez trouver le post ici l&#8217;auteur nous livre cette fois un polar [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff0000">  Rentr<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ARTICLE-TANGUY.jpg" rel="lightbox[3882]"><img class="alignleft size-full wp-image-3886 colorbox-3882" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ARTICLE-TANGUY.jpg" alt="ARTICLE TANGUY" width="178" height="245" /></a>ée littéraire</span></strong></p>
<p>Pas le titre le plus glamour ni le plus incitatif du monde, je vous l&rsquo;accorde ! Et pourtant. Avec <strong>&nbsp;&raquo; Article 353 du code pénal&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Tanguy Viel</strong> nous revient en pleine forme.</p>
<p>Après<strong> &laquo;&nbsp;La disparition de Jim Sullivan&nbsp;&raquo;</strong>, dont vous pouvez trouver le post <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/05/22/le-roman-americain-bidouille-par-tanguy-viel/">ici </a></strong>l&rsquo;auteur nous livre cette fois un polar social avec vent de force 10 !</p>
<p>Retour à Brest, dans ce bout de Finistère venteux, pour le quadragénaire installé désormais dans le Loiret après l&rsquo;avoir été en Bretagne donc mais aussi à Bourges, Nantes et Tours ( où il passait du temps avec un autre écrivain de l&rsquo;honorable maison des <strong>Editions de Minuit</strong>, un certain <strong>Laurent Mauvignier</strong> qui en parle d&rsquo;ailleurs <strong><a href="http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/01/28/Les-gens-n-aiment-pas-que-la-cible-bouge-tout-le-temps-2982724">ici</a></strong>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3882"></span></p>
<p>A Brest donc, ou plutôt en face de la rade. C&rsquo;est là, sur un bout de terre désormais sinistré ( l&rsquo;activité de l&rsquo;arsenal est moribonde) que se trame l&rsquo;histoire. Dès les premières pages, on a le nom du cadavre, de l&rsquo;assassin aussi, d&rsquo;ailleurs. Une affaire rondement menée !</p>
<p>Reste à comprendre comment <strong>Martial Kermeur</strong>, licencié de l&rsquo;arsenal, divorcé et père d&rsquo;un enfant âgé alors de 10 ans  (<strong>Erwan</strong>), va finir par jeter par-dessus bord un certain <strong>Antoine Lazenec</strong> promoteur immobilier véreux de son état. Six ans plus tard, c&rsquo;est dans le cabinet du juge d&rsquo;instruction que <strong>Martial Kermeur</strong> s&rsquo;explique. Longuement. Précisément. Un huis clos pour comprendre comment un type banal a pu en arriver là.</p>
<p>Et tout y passe. Le licenciement, évidemment ( avec, à la clé, la prime de 500.000 francs, nous sommes à la toute fin des années 90, qui servira à investir dans un appartement dans la résidence qui n&rsquo;existera jamais que sur le papier) ; la séparation d&rsquo;avec <strong>France</strong>, la mère de son fils ; la garde de ce dernier, qui va grandir en comprenant que son père s&rsquo;est fait avoir dans les grandes largeurs et le vengera à sa manière ;  le sentiment de <strong>Kermeur</strong> d&rsquo;avoir été floué, trompé par ce <strong>Lazenec</strong> qui portait beau et faisait miroiter fortune et développement économique à tous, et même au maire <strong>Martial Le Goff</strong> ( qui finira par se suicider, il avait englouti les économies de la commune dans le projet).</p>
<p><strong>Kermeur</strong> et <strong>Le Goff</strong>, aux convictions socialistes bien ancrées, ont cédé au chant des sirènes&#8230; Mal leur en a pris.</p>
<p><strong>Martial Kermeur</strong> a d&rsquo;ailleurs l&rsquo;impression d&rsquo;avoir produit <strong>&laquo;&nbsp;un enchainement de mauvaises réponses à un grand questionnaire&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p>De la petite maison de gardien qu&rsquo;il occupait à l&rsquo;ombre du &nbsp;&raquo; château &laquo;&nbsp;, qui sera finalement démoli pour rien, <strong>Martial Kermeur</strong> a finalement compris (au bout de six ans !) qu&rsquo;il ne pourrait jamais s&rsquo;offrir le bateau de ses rêves pour s&rsquo;en aller à la pêche. Une tempête intérieure s&rsquo;est formée en lui. Jusqu&rsquo;au meurtre.</p>
<p>Face à ce quinquagénaire floué, un juge attentif et pour le moins&#8230; compréhensif. Je vous laisse découvrir.</p>
<p>Entres responsabilité individuelle et choix moral, <strong>Tanguy Viel</strong> nous livre un roman bien mené. Une fois de plus.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 21 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Puisque donc il avait cela, des projets. Et voyez déjà le genre de type que c&rsquo;était, j&rsquo;ai dit au juge, un type qui avait des projets. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ici, je peux vous dire, ce n&rsquo;est pas un mot qu&rsquo;on entendait très souvent ces dernières années, vue peut-être l&rsquo;état des forces en présence, vu les cinq mille habitants un peu las de la presqu&rsquo;île, ici, je ne sais pas si on peut dire plus qu&rsquo;ailleurs, mais on sentait cela depuis longtemps, l&rsquo;humeur du ciel abattue sur la rade, là, sur les sentiers côtiers, dans les allées du bourg et jusque dans les réunions du conseil municipal, on sentait cela, une fatigue.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 65 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Oui, c&rsquo;est vrai, il y a eu un début pour moi, je devrais dire : une faille. Il y a eu une faille en moi et il y est entré comme le vent, parce qu&rsquo;il soufflait autant que le vent, toujours prêt à se jeter dans toute brèche ou fissure du faux mur que j&rsquo;avais pourtant essayé de faire passer pour de la brique, mais enfin je ne suis pas en granit. Sinon, comment expliquer qu&rsquo;un jour je me sois retrouvé à côté de lui sur le siège passager de sa Porsche, à longer la mer sur la quatre-voies pour aller boire une bière sur le port, sous le seul prétexte de parler de pêche et de bateau, oui, surtout ça, de bateau, du genre même de celui que je pensais m&rsquo;acheter avec l&rsquo;argent de l&rsquo;arsenal – oui, quelle coïncidence, j&rsquo;ai dit un jour à Lazenec, parce que je pensais m&rsquo;acheter le même modèle. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 102-103 :</strong><em> &nbsp;&raquo; En un sens, ça aurait été plus facile s&rsquo;il avait disparu, quitté la région et changé de nom, qu&rsquo;alors on aurait couru de cabinet d&rsquo;avocat en cabinet d&rsquo;avocat, intentant tels procès perdus d&rsquo;avance contre les banquiers, les assureurs ou les notaires liés à l&rsquo;affaire, au moins ça nous aurait occupés. On aurait perdu mais ça nous aurait occupés. Mais je dis et répète que c&rsquo;est son tour de force à lui d&rsquo;être resté là comme une fleur au milieu de nous tous, un tournesol qui s&rsquo;oriente selon les heures du jour, et c&rsquo;est comme un concours floral qu&rsquo;il a remporté haut la main, celui de tenir parmi nous toutes ces années, été comme hiver, et vous savez pourquoi ? Parce que plus il tenait, plus on se disait : ce n&rsquo;est pas possible, s&rsquo;il reste là, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas malhonnête. S&rsquo;il reste là, c&rsquo;est qu&rsquo;il y croit lui-même. Alors que c&rsquo;était justement le contraire : il restait pour qu&rsquo;on y croie nous, je veux dire, comme pour réactiver chaque jour le petit feu intérieur de chacun, comme s&rsquo;il avait pu se promener à l&rsquo;intérieur de chaque âme pour en alimenter les fours à coups de pelles débordantes de quel combustible inépuisable. Et ça marchait.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><strong><em> &laquo;&nbsp;Article 353 du code pénal&nbsp;&raquo;, Tanguy Viel, Les Editions de Minuit, 14,50€.</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Entre vides et manques, la petite barbare&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/15/entre-vides-et-manques-la-petite-barbare/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/15/entre-vides-et-manques-la-petite-barbare/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2015 08:52:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Semaine après semaine, Quatrième de couv vous fait découvrir les nouveautés de la rentrée littéraire et surtout des coups de coeur. Parmi eux, impossible de passer à côté de &#171;&#160;La petite barbare&#160;&#187;, véritable pépite d&#8217;Astrid Manfredi, qui signe là un premier roman uppercut. Créatrice du blog de chroniques littéraires Laisse parler les filles, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BARBARE-OK.jpg" rel="lightbox[3284]"><img class="alignleft size-full wp-image-3286 colorbox-3284" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BARBARE-OK.jpg" alt="BARBARE OK" width="368" height="499" /></a><span style="color: #ff6600"> Rentrée littéraire</span></strong></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #ff6600"> <span style="color: #000000">Semaine après semaine, Quatrième de couv vous fait découvrir les nouveautés de la rentrée littéraire et surtout des coups de coeur. Parmi eux, impossible de passer à côté de <strong>&laquo;&nbsp;La petite barbare&nbsp;&raquo;</strong>, véritable pépite d&rsquo;<strong>Astrid Manfredi</strong>, qui signe là un premier roman uppercut. </span></span></p>
<p style="text-align: left">Créatrice du blog de chroniques littéraires <em>Laisse parler les filles, </em><strong>Astrid Manfredi </strong> intervient ponctuellement pour le <em>Huffington Post,</em> toujours autour de la littérature.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une jeune femme de 23 ans  à la beauté incendiaire. Elle achève sa peine de prison. Elle a passé plusieurs années derrière les barreaux pour ne pas avoir dénoncer des actes de torture et un meurtre, pour avoir cautionné des actes barbares.</p>
<p style="text-align: left">Au fil des pages, c&rsquo;est elle-même qui nous raconte son histoire. Faite de riens et de manques. Alors elle compense. Mise sur son corps pour s&rsquo;offrir toujours mieux que le quotidien minable et tellement étriqué de ses parents. Quitte à aller trop loin. Quitte à ne plus rien respecter. Même pas elle.</p>
<p style="text-align: left">Avec <strong>Esba</strong>, elle monte des coups, dévalise de jeunes et moins jeunes bourgeois qui s&rsquo;encanaillent. Jusqu&rsquo;au drame. On y devine, en filigrane, l&rsquo;<strong>affaire Ilan Halimi</strong>. Et celle de l&rsquo;allumeuse. Jusqu&rsquo;en prison, la jeune femme usera de ses charmes vénéneux pour gagner un peu de liberté. Tragique.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-3284"></span></p>
<p style="text-align: left">Seule les livres l&rsquo;apaise. Seuls les mots de <strong>Marguerite Duras</strong> et plus précisément ceux de <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amant&nbsp;&raquo;</strong> lui font envisager autre chose. Loin de la noirceur de sa réalité.</p>
<p>Sur le site <a href="http://www.babelio.com/auteur/Astrid-Manfredi/354019"><strong>Babelio</strong>,</a> <strong>Astrid Manfredi </strong> explique quelles étaient ses inspirations.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il y a eu plusieurs points d’orgue. D’une part cette jeune fille, Emma, qui a servi d’appât dans le gang des barbares puis séduit le directeur de prison lors de son incarcération. D’autre part l’affaire Valérie Subra, dans les années 80, qui répondaient au même processus : obtenir ce qu’elle voulait coûte que coûte, et sous emprise. J’ai aussi pensé au cinéma de Larry Clark et à la crudité poétique de sa caméra lorsqu’il filme une jeunesse qui a perdu le cap, et qui pourtant n’est pas toujours issue de milieux défavorisés. Mais oui, le fait divers reste une excellente chair à fiction.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse "><strong>&laquo;&nbsp;La petite barbare&nbsp;&raquo;</strong>, c&rsquo;est le récit cru et cash d&rsquo;un chaos social et intérieur. De la banlieue aux Champs-Elysées, il n&rsquo;y a que trois stations de RER. Le rêve est à portée de main. Il va cependant virer au cauchemar.</p>
<p class=" itw_reponse "><strong>Ici, Astrid Manfredi explique la génèse de son premier roman</strong></p>
<p class=" itw_reponse "><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x339jni" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><strong>Page 67 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je suis sortie de l&rsquo;isolement. Comprenez : ils vont me libérer sous peu, je suis trop jeune pour racornir en prison, il semblerait. Ce n&rsquo;est pas mon dirlo – celui de la prison –  qui me dira le contraire. En attendant, c&rsquo;est lui qui paye l&rsquo;addition. Bien fait. Il faut toujours payer pour ses faiblesses. La vie c&rsquo;est du bluff, mieux vaut garder les lunettes noires et ne rien laisser voir.</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em> Je suis revenue en cellule avec les filles pour les six derniers mois de taule qui me restent à faire. J&rsquo;ai appris ça l&rsquo;autre jour : la fin de mon incarcération, de mon lavage de cerveau pour mauvaise conduite. La famille de la victime est scandalisée. Pas moi. J&rsquo;ai juste vu. Et encore, vu, c&rsquo;est vite dit. Je m&rsquo;en allais faire du shopping, j&rsquo;achetais des valises entières de trucs vaporeux à faire triquer David Beckham puis je rentrais et je voyais l&rsquo;autre supplicié qui implorait la clémence sur sa chaise. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il pouvait chlinguer. Après son regard de poney fou j&rsquo;allais gerber. Peur de la peur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><strong>Page 82</strong> : <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai menti à la rue, à la vie, aux arbres et aux tours qui nous encerclaient. J&rsquo;ai laissé un mec crever tout seul dans l&rsquo;abattoir de béton au nom de rien. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>Esba, mon Esba à la peau de toujours, jamais je ne t&rsquo;en voudrai, je connais les sédiments de ta douleur et les belles couleurs qui s&rsquo;y sont déposées avant que tu te transformes en super-héros du néant. Je connais tes chansons, ta voix chaude et embrumée venue d&rsquo;ailleurs. Ta voix oubliée de tous. Je connais ta main dans la mienne et ta révérence de marabout devant ma beauté. Je t&rsquo;absous à tout jamais. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>Puis le bourge est mort. Plus rien, plus un souffle n&rsquo;est sorti de lui. Pantin désarticulé aux membres fracassés et soumis, un sourire de joker pour la récompense. Le festin était terminé. Il gisait là, devant nous, incroyablement humain, incroyablement seul. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai pleuré sur mes escarpins et les sirènes ont retenti. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>Il faut toujours payer.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><strong>Page 113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;J moins quatre. Je l&rsquo;écris à la craie sur le mur en vrac de la cellule. Les filles applaudissent et me déboitent l&rsquo;épaule à force de paluches d&rsquo;encouragement. Encore un J moins qui viendra rejoindre une cohorte de J moins maladroits et fiévreux que d&rsquo;autres évadées avant moi ont espérés dans une tension qui te tord les boyaux. Ca chamboule grave, j&rsquo;ai presque peur. Peur de ne plus savoir marcher sur les trottoirs, de ne plus savoir lire l&rsquo;heure, de me tromper de direction dans le métro, d&rsquo;être gauche et ringarde parmi les minettes à la mode si minces. J&rsquo;ai eu mon heure de gloire, elle est passée et je ne la regrette pas. Je l&rsquo;ai dépensée jusqu&rsquo;à la lie, plus une seconde de disponible.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left">Un premier roman réussi. Une histoire forte dont on dévore chaque page.</p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La petite barbare&nbsp;&raquo;, Astrid Manfredi, Belfond, 15€.</strong></em></p>
</blockquote>
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		<item>
		<title>&#171;&#160;Sauf les fleurs&#160;&#187;, roman d&#8217;une vengeance</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/29/sauf-les-fleurs-roman-dune-vengeance/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/29/sauf-les-fleurs-roman-dune-vengeance/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Apr 2014 07:45:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2014 Dernière minute : le prix Roblès 2014 a été attribué à Nicolas Clément ce vendredi 13 juin pour son premier roman &#171;&#160;Sauf les fleurs&#160;&#187;. Bravo ! Soixante-quinze pages. Pas une de plus. Nicolas Clément signe avec &#171;&#160;Sauf les fleurs&#160;&#187; un roman percutant et terriblement bien construit, dans lequel la langue, poétique, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #008000">Sélection prix Roblès 2014</span></strong></p>
<p><span style="color: #ff0000">Dernière minute : le prix Roblès 2014 a été attribué à Nicolas Clément ce vendredi 13 juin pour son premier roman &laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;. Bravo !</span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SAUF-LES-FLEURS.jpg" rel="lightbox[2453]"><img class="alignleft size-full wp-image-2454 colorbox-2453" style="margin: 10px" alt="SAUF LES FLEURS" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SAUF-LES-FLEURS.jpg" width="250" height="323" /></a>Soixante-quinze pages. Pas une de plus. <strong>Nicolas Clément</strong> signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;</strong> un roman percutant et terriblement bien construit, dans lequel la langue, poétique, met des mots sur des horreurs. Chaque mot compte. Et tous pèsent  lourd.</p>
<p>Ce roman fait partie de la sélection pour le<strong> prix Roblès 2104</strong>, qui sera décerné en juin, à Blois. Retrouvez la sélection<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/21/arden-ou-la-guerre-sur-un-air-doperette/">ici</a></strong>.</p>
<p>Un premier roman prometteur, écrit par cet agrégé de philosophie de 44 ans. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Marthe</strong>, la narratrice. On suit la jeune fille puis la jeune femme de l&rsquo;âge de 12 ans à celui de 20 ans.</p>
<p>Dans une ferme isolée, il y a plusieurs décennies, elle vit avec son petit frère <strong>Léonce</strong>, sa mère <strong>Andrée</strong> et son père, violent et taiseux,<strong> Paul.</strong> <strong>Chez les Reynaud, on chérit les bêtes, mais on ne câline pas les êtres.</strong> Andrée meurt sous les coups de son mari bourreau. Marthe tente de s&rsquo;en sortir, fait des études, tombe amoureuse, s&rsquo;en va pour Baltimore, plonge dans les mots d&rsquo;Eschyle ( le plus ancien des trois tragiques grecs, auteur de 90 tragédies et de 20 drames satyriques) qu&rsquo;elle traduit&#8230; jusqu&rsquo;à la reconstitution. Jusqu&rsquo;à la violence qui remonte, l&rsquo;impossible pardon qui étouffe et la vengeance qui éclate. <strong>Alors Marthe raconte pour que Léonce puisse comprendre. Et avancer. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2453"></span></p>
<p><strong>Dans cette vidéo, Nicolas Clément raconte la construction de son roman</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/nHbqnaBqQVw?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aide Maman à brosser les bêtes. Au village, ils croient que nous travaillons tristement, que l&rsquo;odeur nous punit ou que les sabots nous cabossent. Ils se trompent ; les bêtes nous sauvent. Notre famille a fondu depuis longtemps, mais elle existe encore en lettres, sur l&rsquo;étiquette du journal, le relevé des compteurs. Depuis des lustres, Papa ne prononce plus nos prénoms, se jette sur le verbe, phrases courtes sans adjectif, sans complément, seulement des ordres et des martinets. Dans mon dictionnaire, je cherche la langue de Papa, comment la déminer, où trouver la sonnette pour appeler. Mais la langue de Papa n&rsquo;existe qu&rsquo;à la ferme, hélas. Il nous conjugue et nous accorde comme il veut. Il est notre langue étrangère, un mot, un poing, puis retour à la ligne jusqu&rsquo;à la prochaine claque.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Pour me rendre à Baltimore, partir d&rsquo;ici me coûtera un baccalauréat, un coeur, une vie dans l&rsquo;herbe sous des bêtes en collier dont le lait fut la chaleur de mes os et le souffle, l&rsquo;heure de mes siestes. Je ne redoute ni d&rsquo;être heureuse loin de la ferme, ni de bâtir sur une ville étrangère le sort sacré que le temps me doit. Ne plus scruter le visage de Maman pour voir passer la pilule ne me fait pas peur non plus, car ces pétales en miettes portent, à leur façon, le grand monde déçu que je chercher. Mais laisser mon frère seul avec notre histoire me terrifie et je m&rsquo;en veux de ne songer qu&rsquo;aux larmes claires venues des choses. Je voudrais tant me tromper d&rsquo;épaules. Le gris serait comme avant : la craie pour espérer, la terre pour recouvrir la craie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m&rsquo;interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j&rsquo;étais. Je voulais un professeur pour me surprendre. Je voulais des livres pour construire une cabane à la cime des arbres. Je voulais être un homme pour sentir ce que ça fait d&rsquo;être une histoire. Je n&rsquo;ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d&rsquo;avant. Je tombe rond ; mon compte est bon.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;ai beaucoup aimé (vraiment beaucoup !) le style de Nicolas Clément. Cette langue simple mais qui fait mouche. Les images de Marthe, ses rêves aussi. Je reste admirative devant la concision et la force de ce roman court mais si puissant. Marthe avait les études, l&rsquo;amour et Eschyle pour s&rsquo;en sortir. Tous ses efforts sont anéantis en quelques minutes. Le destin de Marthe croise celui de la justice. Et les fleurs n&rsquo;y pourront rien. A lire absolument ! </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;, de Nicolas Clément, collection Qui vive chez Buchet-Chastel, 9€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		<title>Le meilleur des jours</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/</link>
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		<pubDate>Sat, 23 Mar 2013 16:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[autofiction]]></category>
		<category><![CDATA[Behrouz]]></category>
		<category><![CDATA[cocasserie]]></category>
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		<category><![CDATA[Téhéran]]></category>
		<category><![CDATA[Yassaman Montazami]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un premier roman ? Et pourquoi pas. Les derniers exemples étaient plutôt intéressants. Continuons ! Cette fois, nous suivons Yassaman Montazami,auteure de &#171;&#160;Le meilleur des jours&#160;&#187;, publié chez Sabine Wespieser éditeur, cette maison d&#8217;édition indépendante qui, depuis, dix ans, s&#8217;est construit un intéressant catalogue. Yassaman Montazami,  qui vit en France depuis 1974, est née [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un premier roman ? Et pourquoi pas. Les derniers exemples étaient plutôt intéressants. Continuons ! Cette fois, nous suivons <strong>Yassaman Montazami</strong>,auteure de <strong>&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;</strong>, publié chez <a title="Découvrez le site de la maison d'édition" href="http://www.swediteur.com/"><strong>Sabine Wespieser éditeur</strong></a>, cette maison d&rsquo;édition indépendante qui, depuis, dix ans, s&rsquo;est construit un intéressant catalogue.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/c_le-meilleur-des-jours_1346/" rel="attachment wp-att-1540"><img class="alignleft  wp-image-1540 colorbox-1533" style="margin: 10px" alt="C_Le-Meilleur-des-jours_1346" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C_Le-Meilleur-des-jours_1346.jpeg" width="120" height="157" /></a>Yassaman Montazami, </strong> qui vit en France depuis 1974, est née à Téhéran en 1971. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;</strong>, elle raconte la vie d&rsquo;un personnage de fiction fortement inspiré par son propre père, <strong>Behrouz,</strong> ce qui signifie &laquo;&nbsp;le meilleur des jours&nbsp;&raquo;, en persan. D&rsquo;où le titre de ce court roman.</p>
<p><strong>Behrouz</strong>, c&rsquo;est un enfant né prématurément dans une famille d&rsquo;Iran cossue. Behrouz, cet éternel étudiant, adulé par sa mère. Un intellectuel fantasque mais fragile assez éloigné des contingences du quotidien.</p>
<p>La preuve ? Il n&rsquo;a jamais travaillé, entretenu jusqu&rsquo;à la fin par l&rsquo;argent de sa mère. Un point commun qu&rsquo;il partageait avec le personnage de sa thèse jamais achevée, Karl Marx. <strong>&nbsp;&raquo; Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas&nbsp;&raquo;, affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait pas oeuvrer à l&rsquo;abolition du salariat et être salarié – c&rsquo;était incompatible&nbsp;&raquo;,</strong> écrit l&rsquo;auteure.</p>
<p><span id="more-1533"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autre caractéristique de ce personnage atypique : il avait déjà quitté son pays avant la révolution de 1979. C&rsquo;est de Paris qu&rsquo;il a vécu le changement de régime et ses dommages collatéraux. Et il en a honte. Pour se racheter, il accueille des réfugiés qu&rsquo;ils soient militants communistes ou épouse de colonel&#8230;</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque le personnage inspiré par son père</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/tSVzi8vWrtQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17</strong> :<em> &laquo;&nbsp;A compter de ce jour, convaincue que sa survie dépendrait uniquement des soins qu&rsquo;elle et elle seule pourrait lui prodiguer, Rosa exerça sur l&rsquo;enfant une attention de chaque instant, qui ne tarda pas à tourner à la persécution. Elle était littéralement obsédée par les repas du petit, leur confection, leur présentation et, en dernier, lieu, leur ingestion. [&#8230;] Faire manger son fils était devenu son unique préoccupation&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;A force d&rsquo;entendre toutes ces histoires, il m&rsquo;était apparu qu&rsquo;un vrai Iranien était nécessairement un fugitif. Aussi m&rsquo;arrivait-il quelquefois de regretter que nous nous soyons installés en France avant la révolution : nous n&rsquo;avions pas pu mettre à l&rsquo;épreuve notre endurance et notre courage – nous connaissions l&rsquo;exil, mais nous n&rsquo;avions pas connu l&rsquo;exode.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le relatif assouplissement politique du régime islamique par suite de l&rsquo;élection du président réformateur Mohammad Khatami en 1997 fut le première raison pour laquelle, quand il se sépara de ma mère, mon père choisit de retourner en Iran, où il n&rsquo;avait plus posé les pieds depuis près de vingt ans, plutôt que de rester à Paris, ville qui était en outre irrémédiablement associée à l&rsquo;échec de son mariage et à celui de sa thèse. Après plusieurs semaines d&rsquo;insouciance en compagnie de Bibi, dont les élans passionnés l&rsquo;enivrèrent commun un jeune homme vivant son premier grand amour, il partit à la recherche de ses vieux amis communistes, dont il n&rsquo;avait cessé, deux décennies durant, de recevoir de tragiques nouvelles : comme il l&rsquo;aurait été s&rsquo;il n&rsquo;avait pas quitté Téhéran six mois avant la Révolution, la plupart avait été arrêtés, emprisonnés et torturés sous l&rsquo;accusation de faits de subversion, de complot contre l&rsquo;Etat ou de collusion avec l&rsquo;étranger.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pour tout vous dire, c&rsquo;est la quatrième de couverture ( on ne se refait pas !) qui m&rsquo;a donné envie de lire ce premier roman. Un court livre de 138 pages qui ne pas cependant pas laissé de souvenir impérissable. On a du mal à s&rsquo;attacher aux personnages. Ils manquent peut-être un peu de profondeur. Dommage ! Avec Persepolis, Marjane Satrapi nous avait plongés dans l&rsquo;Iran en révolution. Là, on l&rsquo;observe de loin. De Paris. Un bel hommage cependant à celui que l&rsquo;auteure a chéri tout au long de sa vie. Malgré des faiblesses et ses contradictions.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;, de Yassaman Montazami, Sabine Wespieser éditeur, 15€.</span></strong></em></p>
</blockquote>
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