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	<title>Quatrième de couv &#187; guerres</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Terrorisme, totalitarisme et vodka&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2021 07:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[ Rentrée littéraire 2021 &#160; Un roman russe doublé d&#8217;un premier roman ? Forcément, je n&#8217;ai pas résisté. Et j&#8217;ai dévoré les épreuves d&#8217; &#171;&#160;Une suite d&#8217;événements &#171;&#160;, de Mikhaïl Chevelev, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment. Grâce à son double littéraire, l&#8217;auteur nous parle de la Russie d&#8217;aujourd&#8217;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4> <strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2021</span></strong></h4>
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<p class="description"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE.jpg" rel="lightbox[5572]"><img class="alignleft wp-image-5575 size-medium colorbox-5572" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE-206x300.jpg" alt="RUSSE" width="206" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman russe doublé d&rsquo;un premier roman ? Forcément, je n&rsquo;ai pas résisté. Et j&rsquo;ai dévoré les épreuves d&rsquo; <strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements &laquo;&nbsp;,</strong> de <strong>Mikhaïl Chevelev</strong>, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment.</p>
<p>Grâce à son double littéraire, l&rsquo;auteur nous parle de la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le journaliste d&rsquo;opposition n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de devenir écrivain quand la publication pour laquelle il travaillait a dû fermer ses portes.</p>
<p>Ce dernier nous plonge ici, via la fiction dans la Russie de <strong>Poutine</strong>, pour mieux en dénoncer le totalitarisme. Pour mieux déplorer la responsabilité des élites intellectuelles dans l&rsquo;extension des pouvoirs qu&rsquo;il s&rsquo;est arrogés, lui qui en 1995 n&rsquo;était encore que l&rsquo;adjoint docile au maire de Saint-Pétersbourg.</p>
<p>Dans ce premier roman librement inspiré de son expérience de journaliste d&rsquo;opposition, <strong>Mikhaïl Chevelev</strong> s&rsquo;imagine un double littéraire, <strong>Pavel Volodine</strong>, journaliste moscovite, spécialiste des conflits interethniques dans la Fédération de Russie, appelé comme médiateur sur la scène d&rsquo;une prise d&rsquo;otages par une lointaine connaissance, très remontée contre les exactions du pouvoir en <strong>Tchétchénie et en Ukraine</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le terroriste menace d&rsquo;exécuter les 112 innocents qu&rsquo;il retient dans l&rsquo;église d&rsquo;un village de la banlieue moscovite si le président de la Fédération de Russie ne s&rsquo;excuse pas à la télévision pour les guerres qu&rsquo;il a déclenchées. <strong>Pavel</strong> reconnaît alors <strong>Vadim</strong>, qu&rsquo;il avait fait libérer lors d&rsquo;une mission bien des années auparavant. Engagé malgré lui dans une périlleuse course contre la montre et un improbable dialogue, il tente de comprendre ce qui a pu le conduire à faire le choix du terrorisme.</p>
<p>Dans un pays corrompu, incompétent, vérolé et confit dans l&rsquo;alcool, le parcours de deux hommes. Ce journaliste donc <strong>Pavel Volodine</strong>, et <strong>Vadim</strong>.</p>
<p>De page en page, un drame psychologique se dessine. Entre dérision, suspense maîtrisé et sens de la tragédie, c&rsquo;est une page d&rsquo;histoire contemporaine qui s&rsquo;offre à nous. Un premier roman puissant, percutant. Et lucide.</p>
<p>Au fait, comment dit-on bonheur en russe ?</p>
<p>En postface,<strong> Ludmila Oulitskaïa,</strong> autrice de romans, de nouvelles et de scénario, – elle est considérée comme l&rsquo;écrivaine russe vivante la plus lue à l&rsquo;étranger. Son engagement politique contre le Kremlin et l&rsquo;homophobie lui a valu d&rsquo;être attaquée par des jeunes militants pro-Poutine en 2016 notamment – écrit  : [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Le héros du roman est prisonnier de l&rsquo;une des idées les plus séduisantes qui existent, l&rsquo;idée de justice. Mais il ne trouve pas justice. La réponse est absente. Une seule chose demeure invariable : le mal engendre le mal. D&rsquo;un moindre mal naît un mal plus grand, et cette escalade n&rsquo;a pas de fin&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p class="description" style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Evgueni installe rapidement sa caméra et improvise une mise en scène; Letchi sur fond de prisonniers reconnaissants prononce un discours inspiré de ma composition sur la fin de la guerre et ajoute de son propre chef une rafale de mitraillette tirée en l&rsquo;air en guise d&rsquo;adieu. Bougre de con, s&rsquo;exclame Evgueni, qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;as pris de tirer juste devant l&rsquo;objectif, la bande-son est fichue. Je m&rsquo;attends à être fusillé sur place avec mon collègue et les pauvres troufions pour laver l&rsquo;injure, mais pas du tout : Letchi, confus, baisse es yeux et refait docilement la prise. Le pouvoir de la télé, c&rsquo;est tout de même quelque chose, la presse, je le constate une fois de plus, ce n&rsquo;est rien à côté.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong> <em>[&#8230;] &nbsp;&raquo; Puis une autre vie a commencé. La deuxième guerre de Tchétchénie, les immeubles qui explosent, le départ de Eltsine, l&rsquo;arrivée de Poutine qui entreprend de protéger la Russie selon son bon plaisir&#8230; J&rsquo;ai appelé Evgueni pour lui proposer de repartir. Il a réagi avec enthousiasme. Je n&rsquo;y ai pas prêté attention, me disant qu&rsquo;il avait un empêchement. Puis il a quitté Vues d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et on a cessé de le voir rue Petrovka. A l&rsquo;époque, j&rsquo;avais assez de mes propres problèmes. Ensuite, Evgueni s&rsquo;est mis à travailler pour la première chaîne. Je n&rsquo;ai pas vu ses reportages, mais on m&rsquo;a dit qu&rsquo;il passait son temps à filmer des popes et des généraux, du style de la Sainte Russie se relève fièrement et sa noble armée reçoit la bénédiction de la Sainte Eglise&#8230; Evgueni ? Allons donc! Si tu ne nous crois pas, va donc vérifier toi-même.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 142 :</strong> <em>[&#8230;]  &nbsp;&raquo; Pendant longtemps, Vadim ne s&rsquo;explique pas lui-même pourquoi il a accepté cette proposition. N&rsquo;a-t-il pas assez vu la guerre dans sa vie ? Pour sûr que si, jusqu&rsquo;à en avoir une indigestion&#8230; Parce qu&rsquo;il n&rsquo;a nulle part où aller ? Mais non, il sait qu&rsquo;il arrivera à se débrouiller&#8230; De crainte de se voir expulsé en Russie en cas de refus ? Il a cessé d&rsquo;avoir peur. Pas parce qu&rsquo;il en a perdu l&rsquo;habitude mais parce qu&rsquo;il n&rsquo;en est plus capable, come si quelque chose en lui s&rsquo;était engourdi&#8230; &nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p class="description"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements&nbsp;&raquo;, Mikhail Chevelev, Gallimard, 18€.  Traduction de Christine Zeytounian-Beloüs</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Rescapés d&#8217;un monde qui se délite&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/01/11/rescapes-dun-monde-qui-se-delite/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/01/11/rescapes-dun-monde-qui-se-delite/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Jan 2018 08:45:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Trio pour un monde égaré"]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire La rentrée littéraire d&#8217;hiver vient de s&#8217;ouvrir. La petite rentrée ? Les esprits chagrins le pensent. Pas moi. Il y a parmi les 499 romans publiés en janvier et février quelques pépites. Forcément. Parmi ces livres nouveaux, 145 romans français dont 64 premiers. Une aubaine. Pour ouvrir la saison, j&#8217;ai cependant décidé de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff00ff"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p>La rentrée littéraire d&rsquo;hiver vient de s&rsquo;ouvrir. La petite rentrée ? Les esprits chagrins le pensent. Pas moi. <strong>Il y a parmi les 499 romans publiés en janvier et février quelques pépites. Forcément. Parmi ces livres nouveaux, 145 romans français dont 64 premiers.</strong> Une aubaine. Pour ouvrir la saison, j&rsquo;ai cependant décidé de choisir l&rsquo;auteure <strong>Marie Redonnet.</strong> Pas une nouvelle venue. Mais une &laquo;&nbsp;revenante&nbsp;&raquo; si j&rsquo;ose dire. Après des années de silence, elle est de retour !</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRIO.jpg" rel="lightbox[4159]"><img class="alignleft size-full wp-image-4151 colorbox-4159" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRIO.jpg" alt="TRIO" width="225" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Je l&rsquo;avais découverte en 2016, grâce au conseil avisé d&rsquo;une libraire tourangelle avisée ( ne jamais négliger les conseils de ces professionnels !). <strong>Marie Redonnet, </strong>sexagénaire,<strong> </strong>publiait alors <strong>&laquo;&nbsp;La femme au colt 45&Prime;</strong>. Un roman court, percutant. Détonant. A redécouvrir<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/06/28/une-femme-une-arme-un-destin/">ici</a>.</strong></p>
<p>Alors j&rsquo;ai poursuivi la découverte un peu plus loin. L&rsquo;an dernier,  Le Tripode décidait de publier en un seul volume –<strong> &laquo;&nbsp;Héritières&nbsp;&raquo;</strong>–, trois romans publiés il y  a trente ans aux Editions de Minuit. Nouvelle claque. Et c&rsquo;est par<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2017/08/24/des-heritieres-soumises-au-poids-du-passe/"><strong> là</strong></a>.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Trio pour un monde égaré&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Marie Redonnet</strong> confirme qu&rsquo;elle appartient à un groupe à part. Celui des auteurs qui, de livre en livre, inspecte le moindre recoin de leur univers, autour d&rsquo;une même thématique. Sans se perdre. Sans nous lasser non plus. Ici, pas de lieu, ni de dates.</p>
<p>Un décor flou pour aller mieux au coeur de la matrice et des personnages. Et la guerre. Toujours. La violence aussi. Et cette quête des personnages, trois rescapés, à sauver leur liberté. De penser et d&rsquo;agir. Coûte que coûte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4159"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans la postface, une autobiographie inédite de l&rsquo;auteure, celle-ci explique notamment que ces trois récits sont <strong><em>&laquo;&nbsp;souterrainement reliés et inspirés par [sa] vie entre la France et le Maroc&nbsp;&raquo;. </em></strong>Trois voix qui émergent<strong><em> &laquo;&nbsp;d&rsquo;un monde déréglé par la guerre et les massacres&nbsp;&raquo;. </em></strong></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Il y en a trois.  Qui s&rsquo;intercalent. Qui se répondent. D&rsquo;abord <strong>Willy Chow</strong>. C&rsquo;est un ancien rebelle qui vit dans une bergerie entre la mer et les collines. Il tente d’oublier un passé trouble, mais la guerre fait à nouveau rage à la frontière et menace la paix de son domaine&#8230;</p>
<p>Il y a aussi le scientifique <strong>Douglas Marenko. </strong>Qui n’est pas <strong>Douglas Marenko</strong>. Emprisonné dans une cellule d’un nouveau genre après avoir tenté de fuir son pays, on voudrait pour des raisons qu’il ignore lui faire endosser une nouvelle identité. Il résiste jusqu’à ce que ses geôliers lui présentent une femme censée être son épouse, et qu’il sait avoir connue&#8230; Etrange.<br />
Et il y a une femme. <strong>Tate Combo</strong>. Elle aussi a quitté son pays, après une prophétie de son père qui prédisait la destruction de son village. Elle vit désormais dans la mégapole Low Fow, où un photographe en vogue a décidé d’en faire, à force d’opérations chirurgicales, l’incarnation d’une déesse qu’il vénère. Le jour où elle décide de rompre cette métamorphose imposée, des avions s’écrasent sur les tours de la ville&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 30-31 : (Tate Combo) </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;En dépit des analgésiques et des calmants, je souffrais terriblement. J&rsquo;assistais malgré moi à cette douloureuse métamorphose que Bram Rift photographiait avec ravissement. Je me prêtais à toutes ses demandes comme c&rsquo;était écrit sur mon contrat. Il me sortait dans les lieux à la mode, il me présentait à ses amis, il se servait de moi à sa guise. J&rsquo;en éprouvais de la jouissance et je ne pouvais lui résister. C&rsquo;était plus fort que moi. Mais en secret je le haïssais et rêvais de le tuer Ses photographies me fascinaient. J&rsquo;étais une jeune africaine à la peau noire et au visage négroïde en train de devenir par la magie de la science médicale une jeune déesse à la blancheur éclatante et aux traits d&rsquo;une finesse extrême. Mais devenue blanche, ma couleur noire continuait de rayonner. Sur les photos de Bram Rift, elle triomphait alors même qu&rsquo;elle avait disparu. C&rsquo;était là ma victoire secrète ! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97  : (Willy Chow)</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Moi aussi comme Jimmy Fango j&rsquo;aime le désert. Je pars seul plusieurs jours. Je marche jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement. Je m&rsquo;endors enveloppé dans mon sac de couchage en contemplant les étoiles. Parfois le bruit furtif d&rsquo;une bête qui rôde me réveille et me garde en alerte. Je vais saluer les nomades. Ils me connaissent et m&rsquo;accueillent comme leur hôte. On échange les nouvelles. Le désert connaît de grands changements et ils n&rsquo;en sont plus les maîtres. Cette fois, je sens une tension inhabituelle, une inquiétude qu&rsquo;il n&rsquo;arrivent pas à dissimuler. Ils n&rsquo;ont pas envie de prolonger notre rencontre. Ils ne me disent rien de leurs projets. Je ne leur pose pas de questions. Avant de les quitter je leur donne l&rsquo;accolade de l&rsquo;amitié comme si je ne devais pas les revoir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 127-128 : (Douglas Marenko) </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Une nuit, réveillé par un cauchemar au cours duquel les yeux bandés je tombais au fond d&rsquo;un ravin, je la surprends installé à mon bureau en train d&rsquo;effacer rageusement la mémoire de mon ordinateur et toutes les sauvegardes que j&rsquo;ai faites de mes plus récents travaux. Comment peut-elle en connaître les codes secrets que je prends soin de changer chaque jour ? Elle me regarde avec mépris. “Tu n&rsquo;es qu&rsquo;un imposteur! Je voulais te donner une chance. Quand j&rsquo;ai appris que tu étais détenu à la prison d&rsquo;Akuba, j&rsquo;ai eu pitié de toi. Je suis devenue ta femme pour te sauver. Mais tu n&rsquo;as rien compris à ce qui arrivait. Rokto Sark a déjoué ta ruse. Sans lui qui me protégeait, j&rsquo;étais perdue.”&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Trio pour un monde égaré&nbsp;&raquo;, Marie Redonnet, Le Tripode. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Perdre pour mieux gagner&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/06/perdre-pour-mieux-gagner/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2016 16:36:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Laurent Gaudé n&#8217;a pas besoin de moi pour vendre des romans, c&#8217;est un fait. Des années pourtant que je suis cet auteur, découvert, comme beaucoup par le prisme de &#171;&#160;Le soleil des Scorta&#160;&#187;, prix Goncourt 2004. J&#8217;avais alors plongé dans ses romans précédents &#171;&#160;La mort du roi Tsongor&#160;&#187; et &#171;&#160;Cris&#160;&#187; avant d&#8217;attendre chaque [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GAUDE-OK.jpg" rel="lightbox[3737]"><img class="alignleft size-full wp-image-3744 colorbox-3737" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GAUDE-OK.jpg" alt="GAUDE OK" width="250" height="476" /></a></p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> n&rsquo;a pas besoin de moi pour vendre des romans, c&rsquo;est un fait.</p>
<p>Des années pourtant que je suis cet auteur, découvert, comme beaucoup par le prisme de <strong>&laquo;&nbsp;Le soleil des Scorta&nbsp;&raquo;</strong>, prix Goncourt 2004.</p>
<p>J&rsquo;avais alors plongé dans ses romans précédents <strong>&laquo;&nbsp;La mort du roi Tsongor&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Cris&nbsp;&raquo;</strong> avant d&rsquo;attendre chaque rentrée littéraire impatiemment.</p>
<p>Vous pouvez retrouvez <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/12/quand-la-terre-devient-bouche-qui-mange/">ici</a> </strong>le post concernant<strong> &laquo;&nbsp;Dansent les ombres&nbsp;&raquo;, </strong>paru l&rsquo;an dernier et qui m&rsquo;avait donné envie d&rsquo;aller découvrir Haïti.</p>
<p>Le voici de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;Ecoutez nos défaites&nbsp;&raquo;</strong>, toujours chez Actes Sud.</p>
<p>Un roman dense qui mêle quatre époques, quatre histoires. Quatre manières d&rsquo;appréhender le destin, qu&rsquo;il soit victorieux ou voué à la défaite.</p>
<p>Les siècles et les guerres se mélangent. Et au fil des pages, la défaite se veut militaire et/ou intime.</p>
<p>Chacun y va de sa stratégie pour gagner la victoire. Mais s&rsquo;agit-il de battre son ennemi ou de lui survivre, s&rsquo;interroge l&rsquo;auteur. Le prix à payer n&rsquo;est-il pas bien trop lourd ?</p>
<p><strong>Et si seul le beau et ce qui fait notre humanité valaient la peine qu&rsquo;on se batte pour eux ? </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3737"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Un agent des services de renseignements français, <strong>Assem Graïeb</strong>, gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d&rsquo;élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin de <strong>Mariam</strong>, une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – <strong>le général Grant</strong> écrasant les Confédérés, <strong>Hannibal</strong> marchant sur Rome, <strong>Hailé Sélassié</strong> se dressant contre l’envahisseur fasciste&#8230;</p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> dit de son roman (sur le site de son éditeur Actes Sud) qu&rsquo;il <strong>&laquo;&nbsp;est un livre sur le temps&nbsp;&raquo;.</strong> <strong>[&#8230;] </strong><span class="coul1"><strong>Mais c’est aussi un livre qui essaie de saisir ce continuum qui nous traverse, nous lie aux époques précédentes, dans une sorte de mystérieuse verticalité. Un peu comme le font ces objets archéologiques qui traversent les siècles, surgissent parfois à nos yeux, au gré d’une fouille, nous regardent avec le silence profond des âges et disparaissent à nouveau, vendus, détruits ou engloutis pour quelques siècles encore.</strong></span></p>
<p>Et l&rsquo;auteur de poursuivre : <strong>&laquo;&nbsp;Et si, dès lors, la défaite n’avait rien à voir avec l’échec ? Et s’il ne s’agissait pas de réussir ou de rater sa vie mais d’apprendre à perdre, d’accepter cette fatalité ? Nous tomberons tous. Le pari n’est pas d’échapper à cette chute mais plutôt de la vivre pleinement, librement.</strong><br />
<strong> Les deux personnages principaux d’<em>Écoutez nos défaites</em>, Assem, l’agent des services français, et Mariam, l’archéologue irakienne, sont dans cette quête. Ils sont aux endroits où le monde se convulse. Et si la défaite ne peut être évitée, du moins son approche est-elle l’occasion pour eux de s’affranchir. Quitter l’obéissance et remettre des mots sur le monde. Assumer la liberté de vivre dans la sensualité et le combat. C’est cet affranchissement commun qui rend leur rencontre possible et va les unir dans cette traversée d’un monde en feu, où ils seront peut-être défaits mais sans jamais cesser d’être souverains.”</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 30-31 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La défaite, elle est là. Est-ce que les autres ne la voient pas ? La défaitr bestiale, gourmande, sans appel. Ils ne pourront pas lui échapper. Est-ce qu&rsquo;il est le seul à la sentir ? Les généraux se passent et se repassent une petite paire de jumelles, comptent et recomptent les troupes italiennes et les régiments d&rsquo;Erythréens. On lui tend parfois la paire pour qu&rsquo;il apprécie à son tour la situation, mais il ne le fait pas. Lui, leur empereur à tous, roi des rois, lui, Hailé Sélassié, il est sûr de la défaite mais à quoi bon le leur dire ? Il garde son calme légendaire, n&rsquo;exprime rien, ni peur, ni hâte. Il est le temps qui ne s&rsquo;émeut pas, l&rsquo;oeil qui voit ce qui sera. Ses hommes le contemplent, petit, dans cet uniforme impeccable qu&rsquo;il est le seul à porter. Les autres, tous les autres, sont hirsutes, avec des couvertures sur les épaules, des bijoux autour du cou, aux oreilles, aux poignets, des couteaux à la ceinture. Il ne dit rien. Il était contre cette bataille. A quoi lui servirait de compter et recompter les effectifs ennemis ? Ils vont mourir aujourd&rsquo;hui. Il le sait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 78 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“Chargez!” C&rsquo;est Grant qui crie cette fois. Et Buell avec lui. Sherman, Wallace et tous les officiers yankees. C&rsquo;est à leur tour d&rsquo;avancer. La guerre n&rsquo;est faite que de cela : de ce va-et-vient : manger du terrain ou le perdre. Tenir ou reculer. Avoir la force de se relever, même après sept heures de combat, même après une nuit aux aguets, et charger sur ceux qui vous ont mis en pièce la veille. Beauregard, qui a pris la place de Johnston, voit les troupes nordistes contre-attaquer. Il comprend que tout est fini. Des hommes mourront encore, mais la bataille de Shiloh est perdue et il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;à reculer&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 238 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Un nouveau coup d&rsquo;Etat vient d&rsquo;éclater. Est-ce que ce sont les mêmes ? Menghistu et Germame sont-ils revenus d&rsquo;entre les morts pour le harceler à nouveau ? Non&#8230; On lui parle d&rsquo;autre chose aujourd&rsquo;hui. Il ne s&rsquo;agirait pas d&rsquo;un homme mais d&rsquo;une sorte de société sécrète : le Derg. Il se sent las. Des années ont passé&#8230; Dans son esprit, les époques se chevauchent. Toutes les attaques à son trône se superposent. Il y a eu tant de complots. Tous les deux ou quatre ans. Et celui-ci maintenant. On tire sur le palais et le peuple ne descend pas dans la rue pour le protéger ? Quelque chose a changé. Est-ce qu&rsquo;il est en train de perdre ? Il sent une fatigue qui vient de loin prendre possession de lui. Elle l&rsquo;empêche de bondir, de crier des ordres, de réagir avec vigueur. Il sent que dorénavant le pays le regarde avec haine, lui et ses vingt-sept Rolls Royce, lui et sa cour d&rsquo;hommes inutiles, lui et ses richesses dans un pays qui meut la bouche ouverte.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Écoutez nos défaites&nbsp;&raquo;, laurent Gaudé, Actes Sud, 288p, 20 €.</strong></em></p>
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