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	<title>Quatrième de couv &#187; génération</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Faber ou le portrait d&#8217;une génération sans utopie&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Sep 2013 15:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Voilà assurément l&#8217;un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Avec &#171;&#160;Faber, le destructeur&#160;&#187;, Tristan Garcia signe un roman puissant, contemporain et terriblement bien mené, à la manière d&#8217;un roman noir. Tristan Garcia est un jeune homme de 32 ans, philosophe, essayiste et écrivain. En 2008, il publie son premier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline"><strong><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Rentrée littéraire</span></strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER.jpg" rel="lightbox[1999]"><img class="alignleft  wp-image-2042 colorbox-1999" style="margin: 10px" alt="FABER" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER.jpg" width="240" height="351" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà assurément l&rsquo;un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Avec <strong>&laquo;&nbsp;Faber, le destructeur&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Tristan Garcia</strong> signe un roman puissant, contemporain et terriblement bien mené, à la manière d&rsquo;un roman noir.</p>
<p><strong>Tristan Garcia</strong> est un jeune homme de 32 ans, philosophe, essayiste et écrivain. En 2008, il publie son premier roman,<strong> &laquo;&nbsp;La meilleure part des hommes&nbsp;&raquo;</strong> et se voit décerner le Prix de Flore. Il est également passionné de séries, télévisées, américaines notamment.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Medhi</strong>, que tous finiront par nommer par son patronyme,<strong> Faber</strong>.<strong> Faber</strong>, un gamin adopté dont les parents meurent tragiquement. <strong>Faber</strong>, un enfant à l&rsquo;intelligence vive et grande (<em>&laquo;&nbsp;elle n&rsquo;a ni sol ni plafond&nbsp;&raquo;</em>, comme l&rsquo;écrit <strong>Tristan Garcia</strong>) qui, à l&rsquo;école, au collège puis au lycée va vivre une amitié très forte avec <strong>Madeleine</strong> et<strong> Basile</strong>, dans cette petite ville de province fictive qu&rsquo;est <strong>Mornay. Les trois amis ont eu 20 ans dans les années 2000. Pas de quoi pavoiser semble-t-il&#8230;</strong></p>
<p><strong>Tristan Garcia </strong>écrit ainsi, en incipit puis à partir de la page 453 :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Nous étions des enfants de la classe moyenne d&rsquo;un pays moyen d&rsquo;Occident, deux générations après une guerre gagnée, une génération après une révolution ratée. Nous n&rsquo;étions ni pauvres, ni riches, nous ne regrettions pas l&rsquo;aristocratie, nous ne rêvions d&rsquo;aucune utopie et la démocratie nous était devenue égale. Nos parents avaient travaillé, mais jamais ailleurs que dans des bureaux, des écoles, des postes, des hôpitaux, des administrations. Nos pères ne portaient ni blouse ni cravate, nos mères ni tablier ni tailleur. Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chanson – par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d&rsquo;attendre une vie différente. Nous avons fait des études – un peu, suffisamment, trop –, nous avons appris à respecter l&rsquo;art et les artistes, à aimer entreprendre pour créer du neuf, mais aussi à rêver, à nous promener, à apprécier le temps libre, à croire que nous pourrions tous devenir des génies, méprisant la bêtise, détestant comme il se doit la dictature et l&rsquo;ordre établi. Mais pour gagner de quoi vivre comme tout le monde, une fois adultes, nous avons compris qu&rsquo;il ne serait jamais question que de prendre la file et de travailler. A ce moment-là, c&rsquo;était la crise économique et on ne trouvait plus d&rsquo;emploi., ou bien c&rsquo;était du travail au rabais. Nous avons souffert la société comme une promesse deux fois déçue.  Certains s&rsquo;y sont faits, d&rsquo;autres ne sont jamais parvenus à le supporter. Il y a eu en eux une guerre contre tout l&rsquo;univers qui leur avait laissé entr&rsquo;apercevoir la vraie vie, la possibilité d&rsquo;être quelqu&rsquo;un et qui avait sonné, après l&rsquo;adolescence, la fin de la récréation des classes moyennes. On demandait aux fils et aux filles de la génération des Trente Glorieuses et de Mai-68 de renoncer à l&rsquo;idée illusoire qu&rsquo;ils se faisaient de la liberté et de la réalisation de soi, pour endosser l&rsquo;uniforme invisible des</em> personnes<em> [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><span id="more-1999"></span></p>
<p>Des années durant, <strong>Madeleine</strong> et <strong>Basile</strong> vont vivre dans l&rsquo;ombre et l&rsquo;aura de <strong>Faber.</strong> Il fait le bien autour de lui. Mais au fil des années et des idéaux déçus, il se radicalise. Met la ville de sa jeunesse sans dessus-dessous. Va jusqu&rsquo;à tuer. Passe de l&rsquo;autre côté. S&rsquo;enferme dans ses idées, se désocialise jusqu&rsquo;à ce que <strong>Madeleine et Basile, dix ans après leur dernière rencontre, décident d&rsquo;aller le récupérer dans une ferme insalubre de l&rsquo;Ariège.</strong></p>
<p><strong>Faber n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-même. Les deux anciens amis le ramènent à la vie et en ville. A quel prix ? Celui de leurs désillusions ? L&rsquo;occasion de mettre des mots aussi sur le mystère de leur fascination et d&rsquo;échafauder un plan pour faire disparaître cet ami si particulier.<br />
</strong></p>
<p><strong>Madeleine</strong> est devenue pharmacienne comme sa mère qu&rsquo;elle détestait pourtant quand elle était adolescente. <strong>Basile</strong>, lui, enseigne la littérature et a écrit un roman sur <strong>Faber</strong>, un manuscrit qu&rsquo;il cache, comme pour mieux faire disparaître celui qu&rsquo;il a idolâtré.</p>
<p>Au fil des 462 pages, chacun des trois amis raconte par des flashbacks ces années d&rsquo;amitié, de lutte, de désordre et de dépit. Avant qu&rsquo;un certain<strong> Tristan</strong> (tiens, tiens, comme l&rsquo;auteur&#8230;) prenne à son tour la parole.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER-PHOTO.jpg" rel="lightbox[1999]"><img class="alignleft  wp-image-2051 colorbox-1999" style="margin: 10px" alt="FABER PHOTO" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER-PHOTO.jpg" width="117" height="158" /></a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Découvrez l&rsquo;auteur sur France Inter, dans l&rsquo;émission de Pascale Clark</strong></p>
<iframe src="http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=716396" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Voilà : des lunettes, cheveux blonds cendrés, courts, il est plutôt bien ce qu&rsquo;il est. Le visage de l&rsquo;angoisse, donc  ; il a la tête de son salon. Bordel, mais c&rsquo;est quoi cette maison ? Soudain, je réalise : l&rsquo;intérieur est le même que celui des Oslen rue de Logres, après le pont du Cochon, aux Basses-Filles-de-Dieu, quand on avait douze ans. Madeleine est devenue comme ses parents. Je ne peux pas le lui reprocher. Mais une table basse, tout de même. Des bibliothèques. Rideaux japonais. Il n&rsquo;y a pas la télé. Deux ordinateurs, des Mac.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192</strong> :<em> &laquo;&nbsp;En le faisant revenir à Mornay, Madeleine et moi savions quels étaient les risques encourus. Madeleine m&rsquo;avait dit : “Tu vas être attendri.” Je l&rsquo;étais déjà. Repenser au passé ne faisait que me rendre plus réceptif à l&rsquo;idée selon laquelle “il aurait pu redevenir comme avant”. Mais je ne voulais surtout pas qu&rsquo;il fouille dans mon casier et découvre le manuscrit. Toute l&rsquo;âme de Faber était là-dedans.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 405-406</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Je peux me rappeler ce qui est arrivé, mais pas pourquoi ni comment. Ni ce que j&rsquo;ai pensé ni ce que j&rsquo;ai senti. J&rsquo;en voulais évidemment au monde entier, Madeleine et Basile compris. J&rsquo;aurais bien aimé me débarrasser de ce qu&rsquo;il y avait de mauvais en moi. Mais si j&rsquo;en faisais abstraction, il ne me restait plus rien. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pour ne pas perdre Basile et Maddie, il fallait que s&rsquo;accomplisse quelque chose et j&rsquo;étais condamné à un acte de plus en plus grand, de plus en plus grave. Je tenais le cutter à la main et je n&rsquo;avais pas peur. Depuis toujours, j&rsquo;aimais saigner du dos ou du flanc dès que je devais me concentrer. Faute de quoi mon attention se perdait dans les détails. Je m&rsquo;étais légèrement entaillé l&rsquo;épiderme et la douleur me tenait éveillé, enfermé en moi et à l&rsquo;affût. Je crois que je me suis convaincu que si je ne battais pas quelqu&rsquo;un dans l&rsquo;heure qui venait, il faudrait m&rsquo;avouer battu. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>M&rsquo;habitait une irrépressible envie de tout détruire. Dans un état second, je sautillais au milieu du jardin de l&rsquo;Evêché. Au cours de telles crises, de démence ou de lucidité, je savais qui j&rsquo;étais. Je me connaissais. J&rsquo;avais vu Dieu, J&rsquo;avais été son fils préféré avant la naissance de son fils unique. J&rsquo;ai déclaré aux autres que je m&rsquo;apprêtais à faire du mal au maire de cette ville. Non pas seulement parce qu&rsquo;il était la cause de ma chute, de mon renvoi et du divorce des parents de Madeleine, mais parce qu&rsquo;il </em>était<em> la ville. Je ne sais plus vraiment si j&rsquo;avais l&rsquo;intention de le tuer, dans mon délire. Mais quelle autres solution ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Faut-il détruire Faber ou le sauver ? Cette double question tient le livre de bout en bout. Un roman ambitieux et fort que celui de Tristan Garcia que je découvre par la même occasion. Une jolie trouvaille. Et assurément l&rsquo;une des très bonnes surprises de cette rentrée. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Faber le destructeur&nbsp;&raquo;, de Tristan Garcia, Gallimard, 21,50€.</strong></em></p>
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		<title>Linda Lê ou l&#8217;art d&#8217;une fable troublante</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Sep 2012 10:34:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici assurément l&#8217;un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire ! Avec &#171;&#160;Lame de fond&#160;&#187;, Linda Lê signe un roman dérangeant, troublant et formidablement écrit. Vietnamienne, Linda Lê a quitté son pays pour la France en 1977. C&#8217;est au Havre, avec sa mère et ses soeurs qu&#8217;elle commence une nouvelle vie. Elle est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Voici assurément l&rsquo;un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire ! Avec <strong>&laquo;&nbsp;Lame de fond&nbsp;&raquo;</strong>, <strong><a title="Découvrez l'auteure" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Linda_L%C3%AA">Linda Lê</a> </strong>signe un roman dérangeant, troublant et formidablement écrit.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LAME-DE-FOND.jpg" rel="lightbox[1199]" title="LAME DE FOND"><img class="alignleft  wp-image-1202 colorbox-1199" style="margin: 10px;" title="LAME DE FOND" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LAME-DE-FOND.jpg" alt="" width="53" height="89" /></a> Vietnamienne, <strong>Linda Lê</strong> a quitté son pays pour la France en 1977. C&rsquo;est au Havre, avec sa mère et ses soeurs qu&rsquo;elle commence une nouvelle vie. Elle est auteure de nombreux romans. Et a reçu de nombreux prix. En 2011, elle a reçu un le prix Renaudot poche pour<strong> &laquo;&nbsp;A l&rsquo;enfant que je n&rsquo;aurai pas&nbsp;&raquo;</strong>, chroniqué sur ce blog<a title="La collection les Affranchis" href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/11/21/les-affranchis-ces-lettres-qui-ne-seront-jamais-ecrites/"> ici. </a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1199"></span></p>
<div id="attachment_1206" style="width: 190px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/lindale604-604x403.jpg" rel="lightbox[1199]" title="lindale604-604x403"><img class=" wp-image-1206  colorbox-1199" style="margin: 10px;" title="lindale604-604x403" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/lindale604-604x403-300x200.jpg" alt="" width="180" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">photo lesinrocks.com</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Linda Lê</strong> avoue volontiers qu&rsquo;elle n&rsquo;a plus une connaissance intime de sa langue natale. Le français, appris dès l&rsquo;enfance, à Saigon, est devenu, sa langue. Qu&rsquo;elle maîtrise d&rsquo;ailleurs à la perfection.</p>
<p>La preuve avec son nouveau roman,<strong> &nbsp;&raquo; Lame de fond &laquo;&nbsp;. </strong>L&rsquo;histoire ? Elle est tragique. Dès la première page en effet, on apprend que Van, Vietnamien installé en France depuis plusieurs décennies, correcteur de profession, vient de mourir sous les roues de la voiture&#8230; de son épouse, Lou. Le décor est planté. Reste à comprendre ce qui a pu conduire ces deux personnages à une telle extrémité.</p>
<p>Au fil des 277 pages, les quatre personnages principaux vont s&rsquo;exprimer, se raconter. il y a donc <strong>Van,</strong> qui nous parle de l&rsquo;au-delà, <strong>Lou</strong> mais aussi leur fille, <strong>Laure</strong>. Adolescente rebelle et trop gâtée. Elle fait le choix de coucher sur le papier ce qui la traverse depuis la mort de son père adoré.</p>
<p>Et enfin <strong>Ulma</strong>. Celle par qui le scandale arrive, à cause de qui l&rsquo;édifice matrimonial et familial, déjà fragilisé, s&rsquo;écroule&#8230; Elle s&rsquo;est inventé un psychiatre pour raconter ce qui la hante. Ce qui l&rsquo;a taraudé. <strong> </strong></p>
<p>Une histoire d&rsquo;adultère qui tourne mal ? Ce serait trop simple. Chez <strong>Linda Lê</strong>, la quête d&rsquo;identité, des origines sont toujours des éléments de l&rsquo;histoire. On plonge alors dans celle de <strong>Van</strong>, qui a quitté son Vietnam natal en guerre. Puis dans celle de <strong>Lou</strong>, fille d&rsquo;une Bretonne raciste et bête. Sans oublier <strong>Ulma</strong>, la demi-soeur de Van, l&rsquo;amour interdit, l&rsquo;ultime rempart.</p>
<p>Entre ces quatre personnages, trop de silences, trop de malentendus. Générations, milieux, origines&#8230; autant d&rsquo;arguments qui opposent les personnages. Seuls<strong> Van</strong> et <strong>Ulma</strong> se ressemblent.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 11 (Van) :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je n&rsquo;ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j&rsquo;ai toute latitude de soliloquer. Depuis que le couvercle s&rsquo;est refermé sur moi, je n&rsquo;ai qu&rsquo;une envie : me justifier, définir mon rôle dans les événements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;un fait divers. Je n&rsquo;ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu&rsquo;il soit désormais.  Le souvenir que je laisse est celui d&rsquo;un partisan des solutions hybrides, habitué à ajourner, soucieux de n&rsquo;exaspérer personne, de ne pas empirer les choses en manquant de diplomatie. Je ne suis pas un de ces vieux hiboux formalistes, ni un de ces faiseurs d&rsquo;embarras toujours persuadés d&rsquo;être supérieurs à tout le monde. Non, j&rsquo;ai veillé à ne pas incommoder mes proches, pas seulement, par horreur des dissensions domestiques, mais parce que je ne suis pas un homme à problèmes. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 66-67 (Lou) :</strong><em> &laquo;&nbsp;Mon mariage avec lui avait quand même atteint sa vitesse de croisière, le bateau tanguait parfois, mais ne s&rsquo;échouait pas. Sans Ulma, et le cortège de perturbations qu&rsquo;elle charriait derrière elle, nous aurions calfaté les voies d&rsquo;eau et nous aurions tracé notre route malgré les aléas. Elle apparue, Van se détachait de moi. Je ne pouvais rien contre cette vague venue des profondeurs, non contre l&rsquo;usure des sentiments de Van pour moi. Je n&rsquo;avais pas une armure indestructible. Je me croyais inaccessible à la jalousie, la mortelle jalousie qui rend marteau et conduit aux excès d&rsquo;emportement. Je n&rsquo;étais pas femme à créer des histoires, j&rsquo;avais fermé les yeux sur son manège donjuanesque, tant que cela ne tirait pas à conséquence, mais avec Ulma, c&rsquo;était autre chose. Il était mordu.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 164-165 (Laure)</strong><em><strong> : </strong>&laquo;&nbsp;Tout me ramène à Van. Il est le pivot autour duquel tout gravite. Quand quelqu&rsquo;un meurt, les survivants ont tendance à lui tresser des couronnes, je n&rsquo;ai pas donné là-dedans, je n&rsquo;ai pas fait de Van un portrait flatteur. Il avait ses petits côtés, et il ne s&rsquo;était pas arrangé au fil du temps. Il se fichait en boule à la plus légère contradiction, il partait du principe qu&rsquo;il avait toujours raison, que j&rsquo;étais une sale gosse, que Lou n&rsquo;était pas assez sévère avec moi. En plus, j&rsquo;ai comme copain un dealer mutirécidiviste.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></em></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Un très beau roman, magistral. Dans l&rsquo;univers de Linda Lê, la mort rôde souvent, mais elle a ce pouvoir de faire parler, de délier les langues et d&rsquo;obliger les personnages à se rapprocher au plus près de leur vérité. Linda Lê a l&rsquo;art d&rsquo;emberlificoter les vies. Avec talent.</span></p>
</blockquote>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong> </strong><em><strong><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;Lame de fond&nbsp;&raquo;, de Linda Lê, Christian Bourgois éditeur, 277  pages, 17€.</span><br />
</strong></em></span></p>
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