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	<title>Quatrième de couv &#187; fiction</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>L&#8217;art de réinventer sa vie&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Sep 2023 09:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2023 La rentrée littéraire 2023 est la moins prolifique du siècle, avec “seulement” 466 romans, contre 490 l’an passé, et 521 en 2021. Ce qui nous laisse quand même des tas de possibilités de découvertes et de rencontres avec des auteurs aguerris ou débutants. Parmi les petites pépites de cette nouvelle édition, Trust, second roman [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="color: #800080">Rentrée littéraire été 2023</span></h4>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-6451 colorbox-6448" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TRUST.jpg" alt="TRUST" width="195" height="295" /></p>
<p>La rentrée littéraire 2023 est la moins prolifique du siècle, avec “seulement” 466 romans, contre 490 l’an passé, et 521 en 2021. Ce qui nous laisse quand même des tas de possibilités de découvertes et de rencontres avec des auteurs aguerris ou débutants.</p>
<p>Parmi les petites pépites de cette nouvelle édition, <em><strong>Trust</strong></em>, second roman de <strong>Hernan Diaz</strong> et lauréat 2023 du prix Pulitzer. L&rsquo;an dernier, lors de sa sortie dans les librairies américaines, l&rsquo;ancien président Barack Obama l&rsquo;avait mis sur sa liste des romans préférés.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est quadruple. Ce qui peut décontenancer au départ de la lecture. Quatre parties composent le roman  de cet écrivain argento-américain, aujourd&rsquo;hui directeur adjoint de l&rsquo;Institut hispanique de l&rsquo;Université Columbia. <strong><em>Au loin</em></strong> en 2017, son premier roman, a été finaliste du prix Pulitzer et du Pen/Faulkner Award et lauréat du prix Page/America. Il vit depuis vingt ans à New York.</p>
<p>On découvre d&rsquo;abord la vie de <strong>Benjamin Rask</strong> et de sa femme, <strong>Helen</strong>. Une vie romancée par l&rsquo;auteur <strong>Harold Vanner</strong>. Nous sommes dans les années 30, à New York.  La Grande Dépression frappe l&rsquo;Amérique de plein fouet., Wall Street est encore sous le choc du krach boursier de 1929.</p>
<p>Un homme, néanmoins, a su faire fortune là où tous se sont effondrés. Héritier d&rsquo;une famille d&rsquo;industriels devenu magnat de la finance, il est l&rsquo;époux aimant d&rsquo;une fille d&rsquo;aristocrates.</p>
<p><span id="more-6448"></span></p>
<h4 style="text-align: center">Le pouvoir de la fiction</h4>
<p>Mais l&rsquo;image que donne ce couple cultivé et richissime décrite par <strong>Harold Vanner </strong>ne serait pas flatteuse dans <em><strong>Obligations</strong></em>, estime<strong> </strong><strong>Andrew Bevel, </strong>dont l&rsquo;auteur a fouillé la vie et celle de sa femme <strong>Mildred</strong>. Parce qu&rsquo;il veut rétablir &laquo;&nbsp;sa&nbsp;&raquo; vérité <strong>Andrew Bevel</strong> recrute <strong>Ida Patenza</strong> pour écrire sa biographie (<strong><em>Ma vie</em></strong>) et s&rsquo;y donner le bon rôle.</p>
<p><strong>Ida</strong>, justement, fille d&rsquo;un imprimeur qui a lu Marx, raconte à son toue ce qu&rsquo;elle vit au fil de ces mois d&rsquo;écriture. Et puis il y a les carnets et les archives de <strong>Mildred</strong> que la jeune femme parcourt à titre posthume. Une nouvelle vérité se dessine. Derrière le vernis, c&rsquo;est une vie qui s&rsquo;écaille et une histoire de l&rsquo;argent et de la puissance qui se dessine au fil des pages.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un roman à la gloire de la littérature, qui peut tout réinventer&nbsp;&raquo;</em>, indiquait, en juin, <strong>Hernan Diaz</strong> lors d&rsquo;une émission sur France Culture. C&rsquo;est passionnant et très bien écrit. Une très chouette découverte et un exemple, s&rsquo;il en fallait encore un, du pouvoir d&rsquo;un roman !</p>
<div class="ExpressionSummary">
<p><strong>Ecoutez-le sur France Culture : </strong></p>
<div class="Expression-guests svelte-ovxtmj">
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj"><a href="https://youtu.be/JUDLVTe6J30">https://youtu.be/JUDLVTe6J30</a></p>
<div class="ExpressionSummary"></div>
<div class="ExpressionSummary" style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></div>
<div class="ExpressionSummary" style="text-align: left"></div>
</div>
<blockquote>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><strong> Page 24 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Si on lui avait posé la question, Benjamin aurait sans doute eu du mal à expliquer ce qui l&rsquo;attirait dans le monde de la finance. Sa complexité, oui, mais aussi le fait qu&rsquo;il voyait le capital comme un être antiseptiquement vivant. Il bouge, mange, croît, se reproduit, tombe malade et peut mourir. Mais il est propre. Avec le temps, cette idée s&rsquo;imposa à lui avec davantage de clarté. Plus l&rsquo;opération était de grande envergure, plus il se tenait à distance de ses détails concrets.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><strong>Pages 235-236 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mes amis et mes relations me disent qu&rsquo;ils sont navrés pour ce livre. Comprenez-vous à quel point c&rsquo;est irritant ? Parce que, à travers leurs témoignages de sympathie, ils reconnaissent avoir lu ce tissu de foutaises. On dirait que tout le monde a lu cette saleté. Et tout le monde comprend bien que nous en sommes le sujet. Vous verrez par vous-même. Ce ne pourrait être personne d&rsquo;autre. Les gens considèrent que c&rsquo;est une source digne de foi peut-être parce que quelques détails sont vaguement corrects. Il y a même des journalistes qui se fient aux indices et aux pistes qu&rsquo;on y trouve, essayant de corroborer certaines scènes et certains passages. Rendez-vous compte. Les événements imaginaires de cette fiction ont une présence plus forte dans la réalité que les faits avérés de ma vie.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><strong>Page 304 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Retranscrire et retravailler les mots de Bevel. Inventer une vie pour Mildred. Composer une fiction pour l&rsquo;homme sans cravate. Je me suis persuadée que c&rsquo;était le travail qui me forçait à m&rsquo;enfermer chez moi les jours suivants. Mais c&rsquo;était la peur. J&rsquo;ai déplacé le bureau dans un coin loin de la fenêtre, et là, recroquevillée sur ma machine à écrire, j&rsquo;ai bûché sur ces histoires. </em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><em>Vers la fin de cette semaine de réclusion, je me suis rendue compte qu&rsquo;écrire une version complètement inventée pour l&rsquo;extorqueur servait de source d&rsquo;inspiration majeure à l&rsquo;autre histoire que je développais pour Bevel. Ces récits se nourrissaient et se façonnaient l&rsquo;un l&rsquo;autre. Ce qui était une impasse ici apparaissait comme une piste fructueuse là.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
</blockquote>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"><em><strong>Trust, Hernan Diaz, Editions de l&rsquo;Olivier, 23,50 euros. Traduction par Nicolas Richard. </strong></em></div>
<div class="Expression-guestsTitle qg-tt5 svelte-ovxtmj" style="text-align: left"></div>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la tête d&#8217;Harvey&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/07/22/dans-la-tete-dharvey/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/07/22/dans-la-tete-dharvey/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Jul 2021 13:20:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[agressions sexuelles]]></category>
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		<category><![CDATA[fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[En mars 2020, l&#8217;ex-producteur de cinéma Harvey Weinstein était condamné à vingt ans de réclusion pour l&#8217;agression sexuelle au premier degré (sous la contrainte) de l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi, pour un cunnilingus forcé en 2006. Pour le viol au troisième degré (sans contrainte) commis sur l’apprentie actrice Jessica Mann en 2013, il a été condamné à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HARVEY.jpg" rel="lightbox[5738]"><img class="alignleft size-full wp-image-5741 colorbox-5738" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HARVEY.jpg" alt="HARVEY" width="276" height="456" /></a></p>
<p>En mars 2020, l&rsquo;ex-producteur de cinéma <strong>Harvey Weinstein</strong> était condamné à vingt ans de réclusion pour l&rsquo;agression sexuelle au premier degré (sous la contrainte) de l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi, pour un cunnilingus forcé en 2006. Pour le viol au troisième degré (sans contrainte) commis sur l’apprentie actrice Jessica Mann en 2013, il a été condamné à trois ans supplémentaires. Soit 23 ans au total pour ce premier procès. Il a fait appel.</p>
<p>L&rsquo;homme de 69 ans, qui doit rejoindre une prison de Los Angeles, y sera jugé pour de nouvelles procédures de viols et agressions sexuelles sur 5 autres femmes.</p>
<p>Emblématique de l&rsquo;impact du <strong>mouvement #Metoo</strong>, <strong>Harvey Weinstein</strong> avait, fin février été disculpé des deux charges les plus graves, un viol au premier degré de Jessica Mann, et de la circonstance aggravante de comportement « prédateur », qui était passible de la perpétuité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un sujet, contemporain, qui a inspiré <strong>Emma Cline</strong>. Un sujet casse-gueule ? Pas de quoi inquiéter plus que ça la jeune femme, déjà auteure de <strong>The girls</strong>, dont j&rsquo;avais parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/11/22/quand-les-filles-partent-en-vrille/">ici. </a></strong></p>
<p>Alors, forte de son expérience, la jeune femme a décidé d&rsquo;écrire sur cet homme, l&rsquo;imaginant la veille du verdict, dans une somptueuse villa prêtée par des amis. Là, il croit reconnaître l&rsquo;auteur <strong>Don DeLillo</strong> comme était son voisin temporaire, et imagine déjà un projet commun, sûr d&rsquo;être disculpé.</p>
<p>Pendant 24h, <strong>Emma Cline</strong> se glisse dans le corps malade et l&rsquo;esprit déviant de cet homme autrefois tout puissant. A partir de l&rsquo;histoire, elle en invente une autre. Avec des détails, des faits fictionnels qui donnent plus de poids encore à son personnage.</p>
<p>De ce qu’il a fait, de la sanction qu’il encourt, des souffrances infligées, de l’indignation suscitée : rien n’atteint son cerveau ou sa conscience. Seul le gêne ce bracelet électronique qui lui scie la cheville, l’entravant dans ses déplacements.</p>
<div id="attachment_5745" style="width: 970px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/960x614_harvey-weinstein-arrivee-tribunal-manhattan-24-fevrier-2020.jpg" rel="lightbox[5738]"><img class="wp-image-5745 size-full colorbox-5738" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/960x614_harvey-weinstein-arrivee-tribunal-manhattan-24-fevrier-2020.jpg" alt="960x614_harvey-weinstein-arrivee-tribunal-manhattan-24-fevrier-2020" width="960" height="614" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Seth Wenig/AP/SIPA</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sa fille <strong>Kristin</strong> vient dîner ce soir avec <strong>Ruby</strong>, sa petite-fille. Tout le monde semble penser qu’il joue sa vie, demain. Il ne voit pourtant pas de raison de s’inquiéter, surtout quand il lit les commentaires de soutien sur internet – il y en a –, surtout après la perfusion qui le fait dériver dans l’espace.</p>
<p>Il a tout le temps devant lui. Croit-il.</p>
<p>Un livre court, dense, fort.</p>
<div class="Book-summary" style="text-align: center"> <strong>Extraits </strong></div>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 18-19 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Découvrir les photos avait été une épreuve, plus dure qu&rsquo;il ne l&rsquo;avait imaginé. On renonçait à un tas de choses, on devait s&rsquo;habituer à la honte, mais pas facile d&rsquo;abandonner totalement la vanité. Harvey clopinant avec son déambulateur, ce costume dont les avocats avaient voulu qu&rsquo;il soit mal ajusté, un peu pas de gamme, pour qu&rsquo;il ait l&rsquo;air, devinait-il, d&rsquo;un cadre moyen. D&rsquo;après eux, plus il faisait pathétique, bien qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas employé ce mot, mieux c&rsquo;était. Ils voulaient que tout le monde ait pitié de lui. Une curieuse posture à adopter, en public du moins. C&rsquo;était une chose qu&rsquo;il faisait sans problème en privé – ma mère est décédée aujourd&rsquo;hui, disait-il en regardant l&rsquo;expression de la fille changer. Je me sens très seul, reste assise près de moi une minute, allonge-toi là, à côté de moi. E tapotant le lit d&rsquo;hôtel encore et encore. Il agrippait un poignet, en faisant une moue triste – viens, disait-il, viens. Sois une gentille fille, ne sois pas revêche. Je t&rsquo;ai fait un massage. Tu peux m&rsquo;en faire un toi aussi. Echange de bons procédés.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 71 :</strong><em> &laquo;&nbsp;L&rsquo;image floue des deux jurées lui apparut : celle qui portait au revers une broche en forme d&rsquo;araignée l&rsquo;autre un chemisier en soie boutonné jusqu&rsquo;en haut et des tresses africaines attachées en chignon serré, qui ne le quittait pas des yeux. Dans toute autre circonstance, il aurait fait attention à elles pendant une demi-seconde. Et encore. Ça l&rsquo;agaçait de devoir penser à elles. Laquelle des deux avait ri quand ils avaient montré des photos de son corps nu ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 95 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Peut-être que la décision ne serait pas aussi nette qu&rsquo;il l&rsquo;avait supposé, pas aussi rapide et totale. Il se souvenait à peine de toutes les choses qui s&rsquo;étaient produites, et par conséquent il avait écouté avec un certain intérêt les témoignages, au début, curieux d&rsquo;entendre ce qu&rsquo;il avait censé avoir fait. Mais c&rsquo;était vite devenu ennuyeux. Il supposait que tout le monde avait eu la même réaction, que tout le monde s&rsquo;ennuyait de la même manière. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong>Harvey, d&rsquo;Emma Cline, Quai Voltaire, La Table Ronde, 14€. Traduit par Jean Esch. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Terrorisme, totalitarisme et vodka&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/03/02/terrorisme-totalitarisme-et-vodka/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2021 07:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Rentrée littéraire 2021 &#160; Un roman russe doublé d&#8217;un premier roman ? Forcément, je n&#8217;ai pas résisté. Et j&#8217;ai dévoré les épreuves d&#8217; &#171;&#160;Une suite d&#8217;événements &#171;&#160;, de Mikhaïl Chevelev, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment. Grâce à son double littéraire, l&#8217;auteur nous parle de la Russie d&#8217;aujourd&#8217;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4> <strong><span style="color: #ff0000">Rentrée littéraire 2021</span></strong></h4>
<div id="productDescription" class="col-xs-12 no-padding">
<div class="productDescription col-xs-12">
<div class="productDescription-content col-xs-12">
<p class="description"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE.jpg" rel="lightbox[5572]"><img class="alignleft wp-image-5575 size-medium colorbox-5572" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RUSSE-206x300.jpg" alt="RUSSE" width="206" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman russe doublé d&rsquo;un premier roman ? Forcément, je n&rsquo;ai pas résisté. Et j&rsquo;ai dévoré les épreuves d&rsquo; <strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements &laquo;&nbsp;,</strong> de <strong>Mikhaïl Chevelev</strong>, journaliste de presse écrite. Encore un argument, évidemment.</p>
<p>Grâce à son double littéraire, l&rsquo;auteur nous parle de la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui dont il connaît toutes les affres. Lui, le journaliste d&rsquo;opposition n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de devenir écrivain quand la publication pour laquelle il travaillait a dû fermer ses portes.</p>
<p>Ce dernier nous plonge ici, via la fiction dans la Russie de <strong>Poutine</strong>, pour mieux en dénoncer le totalitarisme. Pour mieux déplorer la responsabilité des élites intellectuelles dans l&rsquo;extension des pouvoirs qu&rsquo;il s&rsquo;est arrogés, lui qui en 1995 n&rsquo;était encore que l&rsquo;adjoint docile au maire de Saint-Pétersbourg.</p>
<p>Dans ce premier roman librement inspiré de son expérience de journaliste d&rsquo;opposition, <strong>Mikhaïl Chevelev</strong> s&rsquo;imagine un double littéraire, <strong>Pavel Volodine</strong>, journaliste moscovite, spécialiste des conflits interethniques dans la Fédération de Russie, appelé comme médiateur sur la scène d&rsquo;une prise d&rsquo;otages par une lointaine connaissance, très remontée contre les exactions du pouvoir en <strong>Tchétchénie et en Ukraine</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le terroriste menace d&rsquo;exécuter les 112 innocents qu&rsquo;il retient dans l&rsquo;église d&rsquo;un village de la banlieue moscovite si le président de la Fédération de Russie ne s&rsquo;excuse pas à la télévision pour les guerres qu&rsquo;il a déclenchées. <strong>Pavel</strong> reconnaît alors <strong>Vadim</strong>, qu&rsquo;il avait fait libérer lors d&rsquo;une mission bien des années auparavant. Engagé malgré lui dans une périlleuse course contre la montre et un improbable dialogue, il tente de comprendre ce qui a pu le conduire à faire le choix du terrorisme.</p>
<p>Dans un pays corrompu, incompétent, vérolé et confit dans l&rsquo;alcool, le parcours de deux hommes. Ce journaliste donc <strong>Pavel Volodine</strong>, et <strong>Vadim</strong>.</p>
<p>De page en page, un drame psychologique se dessine. Entre dérision, suspense maîtrisé et sens de la tragédie, c&rsquo;est une page d&rsquo;histoire contemporaine qui s&rsquo;offre à nous. Un premier roman puissant, percutant. Et lucide.</p>
<p>Au fait, comment dit-on bonheur en russe ?</p>
<p>En postface,<strong> Ludmila Oulitskaïa,</strong> autrice de romans, de nouvelles et de scénario, – elle est considérée comme l&rsquo;écrivaine russe vivante la plus lue à l&rsquo;étranger. Son engagement politique contre le Kremlin et l&rsquo;homophobie lui a valu d&rsquo;être attaquée par des jeunes militants pro-Poutine en 2016 notamment – écrit  : [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Le héros du roman est prisonnier de l&rsquo;une des idées les plus séduisantes qui existent, l&rsquo;idée de justice. Mais il ne trouve pas justice. La réponse est absente. Une seule chose demeure invariable : le mal engendre le mal. D&rsquo;un moindre mal naît un mal plus grand, et cette escalade n&rsquo;a pas de fin&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p class="description" style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Evgueni installe rapidement sa caméra et improvise une mise en scène; Letchi sur fond de prisonniers reconnaissants prononce un discours inspiré de ma composition sur la fin de la guerre et ajoute de son propre chef une rafale de mitraillette tirée en l&rsquo;air en guise d&rsquo;adieu. Bougre de con, s&rsquo;exclame Evgueni, qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;as pris de tirer juste devant l&rsquo;objectif, la bande-son est fichue. Je m&rsquo;attends à être fusillé sur place avec mon collègue et les pauvres troufions pour laver l&rsquo;injure, mais pas du tout : Letchi, confus, baisse es yeux et refait docilement la prise. Le pouvoir de la télé, c&rsquo;est tout de même quelque chose, la presse, je le constate une fois de plus, ce n&rsquo;est rien à côté.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong> <em>[&#8230;] &nbsp;&raquo; Puis une autre vie a commencé. La deuxième guerre de Tchétchénie, les immeubles qui explosent, le départ de Eltsine, l&rsquo;arrivée de Poutine qui entreprend de protéger la Russie selon son bon plaisir&#8230; J&rsquo;ai appelé Evgueni pour lui proposer de repartir. Il a réagi avec enthousiasme. Je n&rsquo;y ai pas prêté attention, me disant qu&rsquo;il avait un empêchement. Puis il a quitté Vues d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et on a cessé de le voir rue Petrovka. A l&rsquo;époque, j&rsquo;avais assez de mes propres problèmes. Ensuite, Evgueni s&rsquo;est mis à travailler pour la première chaîne. Je n&rsquo;ai pas vu ses reportages, mais on m&rsquo;a dit qu&rsquo;il passait son temps à filmer des popes et des généraux, du style de la Sainte Russie se relève fièrement et sa noble armée reçoit la bénédiction de la Sainte Eglise&#8230; Evgueni ? Allons donc! Si tu ne nous crois pas, va donc vérifier toi-même.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class="description" style="text-align: left"><strong>Page 142 :</strong> <em>[&#8230;]  &nbsp;&raquo; Pendant longtemps, Vadim ne s&rsquo;explique pas lui-même pourquoi il a accepté cette proposition. N&rsquo;a-t-il pas assez vu la guerre dans sa vie ? Pour sûr que si, jusqu&rsquo;à en avoir une indigestion&#8230; Parce qu&rsquo;il n&rsquo;a nulle part où aller ? Mais non, il sait qu&rsquo;il arrivera à se débrouiller&#8230; De crainte de se voir expulsé en Russie en cas de refus ? Il a cessé d&rsquo;avoir peur. Pas parce qu&rsquo;il en a perdu l&rsquo;habitude mais parce qu&rsquo;il n&rsquo;en est plus capable, come si quelque chose en lui s&rsquo;était engourdi&#8230; &nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p class="description"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une suite d&rsquo;événements&nbsp;&raquo;, Mikhail Chevelev, Gallimard, 18€.  Traduction de Christine Zeytounian-Beloüs</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Beckett, la vie et les abeilles</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/26/beckett-la-vie-et-les-abeilles-2/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/26/beckett-la-vie-et-les-abeilles-2/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 17:55:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[apiculture]]></category>
		<category><![CDATA[archives]]></category>
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		<category><![CDATA[Martin Page]]></category>
		<category><![CDATA[postérité]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Samuel Beckett]]></category>

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		<description><![CDATA[En ces temps de vacances hivernales, quoi de mieux que de plonger dans un livre&#8230; quand on ne dévale pas les pentes ? Pour vous réchauffer et faire travailler vos zygomatiques, voici un court roman (87 pages seulement !) à dévorer en attendant le goûter. Martin Page est en effet de retour avec &#171;&#160;L&#8217;apiculture selon [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/19/beckett-la-vie-et-les-abeilles/c_lapiculture-selon-samuel-beckett_8435/" rel="attachment wp-att-1478"><img class="alignleft  wp-image-1478 colorbox-1481" style="margin: 10px" alt="C_Lapiculture-selon-Samuel-Beckett_8435" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C_Lapiculture-selon-Samuel-Beckett_8435.jpeg" width="120" height="171" /></a></p>
<p>En ces temps de vacances hivernales, quoi de mieux que de plonger dans un livre&#8230; quand on ne dévale pas les pentes ? Pour vous réchauffer et faire travailler vos zygomatiques, voici un court roman (87 pages seulement !) à dévorer en attendant le goûter.</p>
<p><strong>Martin Page</strong> est en effet de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;apiculture selon Samuel Beckett&nbsp;&raquo;</strong>.  <strong>Martin Page</strong>, c&rsquo;est cet auteur inclassable, même pas quadragénaire dont le premier roman, sorti en 2001, s&rsquo;intitulait <strong>&nbsp;&raquo; Comme je suis devenu stupide&nbsp;&raquo;</strong>. Tout un programme ! Et un univers qui posait ses bases.</p>
<p>D&rsquo;autres titres ont suivi comme <strong>&laquo;&nbsp;Une parfaite journée parfaite&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;De la pluie&nbsp;&raquo;</strong>,<strong> &laquo;&nbsp;Peut-être une histoire d&rsquo;amour&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique&nbsp;&raquo;</strong>, etc.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1481"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand il n&rsquo;écrit pas de romans, <strong>Martin Page</strong> bâtit des histoires pour le jeune public, écrit de la bande dessinée et fait aussi de la vidéo tout en alimentant son blog intitulé Pit Agarnem ( anagramme de Martin Page), que vous pouvez découvrir<a title="Découvrez le blog de l'auteur et de son double..." href="http://www.pitagarmen.com/"> ici</a>.  Il s&rsquo;agit d&rsquo;un laboratoire collaboratif. L&rsquo;été dernier, un roman a d&rsquo;ailleurs été publié sous le nom de Pit Agarnem dont on apprend qu&rsquo;il est né d&rsquo;un père américain d&rsquo;origine finlandaise et d&rsquo;une mère française !</p>
<p>Quid de <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;apiculture selon Samuel Beckett&nbsp;&raquo;</strong> ? Un été à Paris, un doctorant en anthropologie est chargé par <a title="Découvrez l'oeuvre et la vie de Beckett " href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Beckett"><strong>Samuel Beckett </strong></a>, prix Nobel de littérature en 1969 pour ceux qui auraient oublier, de classer ses archives. La rencontre lui semble si improbable qu’il en tient le journal afin de ne rien oublier. Le Beckett extravagant qu’il décrit est bien loin de l’homme austère qu’il imaginait. Et nous suivons la relation entre les deux hommes du 28 juin au 19 octobre 1985.</p>
<p>Ce récit est une réflexion sur l’image de l’écrivain, sa mémoire, l’utilisation de son oeuvre. C&rsquo;est aussi un roman fantaisiste qu&rsquo;on dévore et dans lequel on apprend que Beckett est un amateur de chocolat chaud à la garde-robe extravagante, un joueur de bowling et un apiculteur passionné.</p>
<p> Bref, une fiction rigolote qui prend à rebrousse-poil l&rsquo;image officielle d&rsquo;un Samule Beckett qui, au soir de sa vie, fuyait une vie sociale futile. Dans le livre, il invente des archives personnelles, histoire de brouiller un peu plus les pistes. Quand un metteur en scène suédois veut faire jouer &laquo;&nbsp;En attendant Godot&nbsp;&raquo; par des détenus, le voilà prêt à inventer de nouveaux personnages pour que tous puissent jouer&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 19 et 20 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“Ils veulent des archives ? Alors je vais leur en fabriquer”. Un sourire est apparu sur ces lèvres.  C&rsquo;est ainsi que Samuel Beckett m&rsquo;a enrôlé dans sa fabrication d&rsquo;archives. C&rsquo;était une farce, j&rsquo;étais payé pour y participer et je côtoyais un grand écrivain. Que demander de plus ? Mon statut d&rsquo;anthropologue me rapprochait des chercheurs qui collectaient tous les documents possibles le concernant. Mais j&rsquo;allais jouer contre mon camp et j&rsquo;en étais heureux. Je me retrouvais du côté du spécimen, un spécimen rétif et malin qui était actif face aux constructions que l&rsquo;on ferait de lui dans le futur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 61-62 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Comme nous passions devant un Monoprix, Beckett s&rsquo;est arrêté. Il est entré dans le magasin. Je l&rsquo;ai suivi. Il a pris un chariot et a dit “un supermarché c&rsquo;est plein de morts, mais c&rsquo;est plus coloré et plus beau qu&rsquo;un cimetière. Il faudrait coller de petites étiquettes sur les produits, avec le nom des morts”. Il n&rsquo;avait pas d&rsquo;étiquettes sous la main, alors il a sorti un stylo de sa poche. Il a écrit </em>Baudelaire<em> sur une conserve de raviolis, </em>Cortazar<em> sur une boîte de céréales, </em>Jean du Chas<em> sur une banane, </em>Durkheim<em> sur un mot de mouchoirs, </em>Maurice Leblanc<em> sur un flacon de shampoing, </em>Simone de Beauvoir<em> sur une bouteille de lait, </em>Saint-Saëns<em> sur un melon, </em>Man Ray<em> sur un paquet de café. Je ne sais pas ce que Beckett voulait exprimer par là. Peut-être était-ce une manière de réintégrer les morts dans notre quotidien.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 79 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Il faut abandonner l&rsquo;idée d&rsquo;être compris et bien lu. Le malentendu est la règle. Si on peut vivre en partie grâce à ce malentendu, alors tant mieux. C&rsquo;est la paradoxale félicité des artistes.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"> <strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Martin Page est capable d&rsquo;inventer des histoires insensées et de nous les raconter avec aplomb et réalisme. On le suit sans broncher. Avec une certaine délectation. J&rsquo;avais lu ses premiers romans avant de m&rsquo;éloigner de son univers. J&nbsp;&raquo;y suis revenue conquise et amusée par sa façon de dire, d&rsquo;écrire.  Une façon aussi de casser les mythes et les images policées.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;apiculture selon Samuel Beckett&nbsp;&raquo;, de Martin Page, Editions de l&rsquo;Olivier, 12€.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand Régis Jauffret raconte “le petit peuple de la cave”&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/02/19/quand-regis-jauffret-raconte-les-gens-du-sous-sol/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/02/19/quand-regis-jauffret-raconte-les-gens-du-sous-sol/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 17:43:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un auteur doit-il s&#8217;inspirer de la réalité ? Y plonger tout entier ou doit-il se contenter de la fiction ? Vaste question que pose le nouveau roman de Régis Jauffret, &#171;&#160;Claustria&#171;&#160;, un titre construit autour des mots Claustration et Austria ( Autriche, en anglais). Un roman comme on en lit que très peu. Un roman [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JAUFFRET-PHOTO.jpg" rel="lightbox[813]" title="JAUFFRET PHOTO"><img class="alignleft  wp-image-822 colorbox-813" style="margin: 10px;" title="JAUFFRET PHOTO" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JAUFFRET-PHOTO-300x256.jpg" alt="" width="180" height="154" /></a>Un auteur doit-il s&rsquo;inspirer de la réalité ? Y plonger tout entier ou doit-il se contenter de la fiction ? Vaste question que pose le nouveau roman de <a title="sa page Wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gis_Jauffret">Régis Jauffret</a>, &laquo;&nbsp;<strong>Claustria</strong>&laquo;&nbsp;, un titre construit autour des mots Claustration et Austria ( Autriche, en anglais).</p>
<p>Un roman comme on en lit que très peu. Un roman monstre, un livre événement qui a marqué la rentrée littéraire de janvier, opposant une fois encore, les pro et les anti-Jauffret.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-813"></span></p>
<p>En 2010 déjà, l&rsquo;auteur avait plongé dans l&rsquo;affaire <strong>Stern</strong> pour en  écrire une libre évocation, avec  &laquo;&nbsp;<strong>Sévère</strong>&laquo;&nbsp;. Un roman qui a nourri la polémique, l&rsquo;auteur ayant été, jusqu&rsquo;à très récemment, poursuivi en justice par la famille du banquier suisse qui a finalement retiré sa plainte. Souvenez-vous :</p>
<p>Le 28 février 2005,<strong> Edouard Stern</strong>, banquier suisse, est assassiné par sa maîtresse, Cécile Brossard, lors d&rsquo;ébats sadomasochistes. S&rsquo;ensuivit un procès retentissant qui fouilla dans les détails les plus intimes la vie deux deux protagonistes.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CLAUSTRIA.jpg" rel="lightbox[813]" title="CLAUSTRIA"><img class="alignleft  wp-image-820 colorbox-813" style="margin: 10px;" title="CLAUSTRIA" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CLAUSTRIA.jpg" alt="" width="104" height="159" /></a>Une nouvelle fois, Régis Jauffret, qui aime à plonger dans plume dans le réel dans ce qu&rsquo;il a de plus glauque, s&rsquo;est inspiré d&rsquo;un fait-divers tragique. Sordide.</p>
<p>En avril 2008 en effet, la ville autrichienne d&rsquo;<strong>Amstetten</strong> devient le centre du monde. Et pour cause. Pendant vingt-quatre ans, un homme a retenu sa fille contre son gré dans une cave aménagée sous la maison familiale. Là, il lui a fait sept enfants. L&rsquo;un d&rsquo;eux mourra. Et trois rejoindront la famille d&rsquo;en-haut. A chaque fois, l&rsquo;homme explique à sa femme qu&rsquo;il vient de retrouver l&rsquo;enfant sur le palier, laissé là par sa mère enrôlée depuis plusieurs années dans une secte. Des mensonges dont la mère s&rsquo;est toujours contentés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Elisabeth Fritzl</strong> a, des années durant, été le jouet sexuel de son père, <strong>Josef Fritzl</strong>. Au total, 8.516 jours passés dans le sous-sol, entre privations de soins, d&rsquo;eau et d&rsquo;électricité avec trois de ses enfants. A eux quatre, ils constituent <strong>&laquo;&nbsp;le petit peuple de la cave&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p>Il a fallu que l&rsquo;un d&rsquo;eux, l&rsquo;aînée, soit transporté à l&rsquo;hôpital pour que la vérité éclate enfin. Comment un homme peut-il en arriver à une telle monstruosité ?</p>
<div id="attachment_827" style="width: 87px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/220px-Fritzl.jpg" rel="lightbox[813]" title="220px-Fritzl"><img class=" wp-image-827   colorbox-813" style="margin: 10px;" title="220px-Fritzl" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/220px-Fritzl-215x300.jpg" alt="" width="77" height="108" /></a><p class="wp-caption-text">Josef Fritzl</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Josef Fritzl,</strong>  – le personnage du livre porte d&rsquo;ailleurs ce prénom et ce nom –, a été  condamné en mars 2009 par la justice autrichienne à la prison à vie et à l&rsquo;internement psychiatrique pour séquestration, viols, meurtre.</p>
<p>A l&rsquo;époque, les médias se sont emparés de cette affaire extraordinaire pour le coup. Lire ici, par exemple<a title="lire l'article" href="http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20080505.OBS2717/josef-fritzl-avait-prevu-le-cachot-des-1978.html ">, un article du Nouvel Obs</a>, daté du 23 juin 2008.</p>
<p>Reste ce roman. Puissant. Pour l&rsquo;écrire, l&rsquo;auteur s&rsquo;est rendu sur place. A puisé dans la réalité du dossier et dans celle du procès expédié en trois jours pour écrire cette terrible histoire à laquelle il a ajouté de la fiction. Car, comme il l&rsquo;explique dans cette vidéo <a href="http://www.dailymotion.com/video/xo9mx0_regis-jauffret-lecture-de-claustria_creation" target="_blank">Régis Jauffret : lecture de Claustria</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/laregledujeu" target="_blank">laregledujeu</a></em>, la fiction fait partie de son métier, de sa fonction.</p>
<p>Du fait-divers, Régis Jauffret réinvente le mythe de la caverne. Là, sous la maison, une mère et ses enfants ne découvriront la réalité du monde qu&rsquo;à travers un poste de télévision.</p>
<p>Si<strong> Fritzl</strong> a gardé son nom, c&rsquo;est le seul. Dans &laquo;&nbsp;<strong>Claustria</strong>&laquo;&nbsp;, <strong>Elisabeth</strong> se prénomme <strong>Angelika</strong>. Tous les autres prénoms ont également été modifiés.</p>
<p>Au fil du roman, des allers et retours entre l&rsquo;enfance d&rsquo;<strong>Angelika</strong>, la jeunesse de son père, les jours horribles passés dans la cave, l&rsquo;enquête menée par<strong> Jauffret</strong>, celle de la police, le relation établie entre<strong> Fritzl</strong> et son avocat <strong>Gretel</strong>, et la sortie des survivants s&rsquo;enchaînent. Tissant une trame dans laquelle on se laisse prendre. Jusqu&rsquo;à la fin.</p>
<p><strong>Josef Fritzl,</strong> ingénieur en béton<strong>,</strong> est ainsi décrit comme un violeur impénitent, un fils indigne ( il a laissé mourir sa mère) et un mari violent.  Son rôle de père, il s&rsquo;en charge à coups de gifles et d&rsquo;humiliation.</p>
<p><strong> Page 70</strong>, <strong>Régis Jauffret</strong>, qui se met en scène, vient de découvrir des photos en rapport avec l&rsquo;affaire Fritzl : <em>&laquo;&nbsp;&#8211; J&rsquo;arrive à m&rsquo;imaginer assassiné, mutile, torturé. Je n&rsquo;arrive pas à m&rsquo;imaginer vingt-quatre années dans un trou. Essayez, vous n&rsquo;y arriverez pas non plus. Vous parviendrez à une semaine, peut-être à quatre. La nuit suivante, vous aurez peur de vous endormir. Si parfois le sommeil était une trappe.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 118</strong> :<em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;etait en 1994, la veille de Noël. Elle était enceinte de cinq mois des jumeaux. Fritzl n&rsquo;était pas réapparu depuis qu&rsquo;il avait remonté Sophie, le troisième enfant de l&rsquo;inceste. La cave connaissait la famine depuis plusieurs jours. [&#8230;] Il lui restait du Théralène, elle en distribuait matin et soir une cuillerée aux enfants. Ils dormaient vingt heures par jour. Entre les sommes, ils étaient trop abrutis pour ressentir la faim.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Dès l&rsquo;âge de 11-12 ans, Angelika est violée par son père. Sa mère reste silencieuse et aveugle. <strong>&laquo;&nbsp;Le petit peuple de la cave&nbsp;&raquo;</strong> n&rsquo;aura jamais aucune réalité pour elle. Elle élève les enfants de sa fille, – le savait-elle quand même ? L&rsquo;auteur en est persuadé –, comme elle a élevé les siens. Sans amour ni tendresse. Et dans la crainte du patriarche, toujours.</p>
<p><strong>Page 228</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Angelika vivrait là en ermite. Elle ne verrait jamais que lui. Les hormones la tracassant, elle serait bien obligée d&rsquo;éprouver du désir pour lui. Un inceste naturel, remontant jusqu&rsquo;à l&rsquo;origine biblique de l&rsquo;humanité. Les enfants d&rsquo;Adam et Eve s&rsquo;accouplant à tire-larigot dans le louable but de propager l&rsquo;espèce. C&rsquo;était la première fois que l&rsquo;idée de fonder une famille avec Angelika avait germé dans son esprit. Une seconde famille plus sienne encore que la première car issue de l&rsquo;union d&rsquo;un géniteur et de la chair de sa chair. Une descendance sans une goutte de sang mêlé</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p><span style="color: #0000ff;">Au final, &laquo;&nbsp;<strong>Claustria</strong>&nbsp;&raquo; est l&rsquo;un des romans les plus puissants lus depuis longtemps ! L&rsquo;histoire, quand elle faisait la Une des journaux et des télés était déjà incroyable en soi. La transposer dans un roman donne encore plus de poids à ce qu&rsquo;elle veut nous dire d&rsquo;un pays, d&rsquo;une époque, d&rsquo;une famille et d&rsquo;un homme. </span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Régis Jauffret</strong> signe</span> <span style="color: #0000ff;">là une oeuvre majeure. Son style irradie le roman. Un livre monstre comme je le disais d&rsquo;emblée. A ne peut-être pas mettre entre toutes les mains.</span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Claustria&nbsp;&raquo;, de Régis Jauffret, Seuil, 21,90€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la peau du traître Tyrone Meehan</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/12/22/dans-la-peau-du-traitre-tyrone-meehan/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 08:57:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[cause républicaine irlandaise]]></category>
		<category><![CDATA[douleur]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[IRA]]></category>
		<category><![CDATA[Irlande du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Sorj Chalandon]]></category>
		<category><![CDATA[trahison]]></category>
		<category><![CDATA[Tyrone Meehan]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;C&#8217;est un livre qui parle des gueux, de simples gens, de pauvres gens, de douleurs, de misère&#8230; &#160;&#187; En octobre dernier c&#8217;est par ces mots notamment que l&#8217;auteur et journaliste Sorj Chalandon décrivait son dernier livre &#171;&#160;Retour à Killybegs&#160;&#187; à notre consoeur de La Nouvelle République, Mariella Esvant. Un roman qui se veut le dernier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignleft size-full wp-image-644 colorbox-638" style="margin: 10px;" title="2011_chalandon_moyen" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/2011_chalandon_moyen.jpg" alt="" width="71" height="89" />&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un livre qui parle des gueux, de simples gens, de pauvres gens, de douleurs, de misère&#8230;</em> &nbsp;&raquo; En octobre dernier c&rsquo;est par ces mots notamment que l&rsquo;auteur et journaliste <a title="Sa page sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sorj_Chalandon">Sorj Chalandon </a>décrivait son dernier livre &laquo;&nbsp;<strong>Retour à Killybegs</strong>&nbsp;&raquo; à notre consoeur de La Nouvelle République, <a title="les articles de Mariella Esvant" href="http://www.lanouvellerepublique.fr/ACTUALITE/People/Sorj-Chalandon-revient-dans-la-peau-d-un-traitre">Mariella Esvant</a>. Un roman qui se veut le dernier de l&rsquo;auteur à propos de l&rsquo;Irlande du Nord. Plus question d&rsquo;écrire sur le sujet.</p>
<p><span id="more-638"></span></p>
<p>  &laquo;&nbsp;<em>J&rsquo;ai fermé la tombe de mon ami Denis&nbsp;&raquo;,</em> explique l&rsquo;auteur dans la vidéo présente ici.</p>
<p><em><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/2011_chalandon_moyen.jpg" rel="lightbox[638]"><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/xky1r2" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe></a></em></p>
<p>  <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/26077_1484990.jpg" rel="lightbox[638]" title="26077_1484990"><img class="alignleft size-full wp-image-647 colorbox-638" style="margin: 10px;" title="26077_1484990" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/26077_1484990.jpg" alt="" width="110" height="163" /></a><strong>&laquo;&nbsp;Retour à Killybegs</strong>&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pas la suite de &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;, publié en 2008 et désormais disponible en livre de poche mais &nbsp;&raquo; <em>un écho</em>&laquo;&nbsp;. Cette fois, c&rsquo;est le traitre qui parle, celui qui, vingt ans durant, a travaillé en sous-marin pour la police britannique et les services secrets.</p>
<p>Dans &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;, Sorj Chalandon se glissait dans la peau d&rsquo;Antoine, le luthier parisien qui découvrait l&rsquo;Irlande du Nord et la lutte. Antoine, c&rsquo;était Chalandon. Le journaliste, – il a travaillé pendant plus de trente ans à <em>Libération</em> –,  et l&rsquo;homme qui, des années durant, a couvert l&rsquo;actualité irlandaise. &nbsp;&raquo; <em>C&rsquo;était un livre réel</em>&laquo;&nbsp;, explique le journaliste au Canard Enchaîné qui a finalement appris que son ami <a title="Un article concernant sa mort" href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2006/04/05/meurtre-d-un-ancien-membre-du-sinn-fein-qui-espionna-pour-londres_758119_3214.html">Denis Donaldson</a> avait trahi sa patrie, ses frères d&rsquo;armes et ses idéaux. C&rsquo;était en 2005.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_661" style="width: 139px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/denis.jpg" rel="lightbox[638]" title="denis"><img class="size-full wp-image-661 colorbox-638" style="margin: 10px;" title="denis" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/denis.jpg" alt="" width="129" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Denis Donaldson, l&#39;ancien ami de Sorj Chalandon qui a inspiré le roman</p></div>
<p>A la sortie de &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;, il se rend cependant compte qu&rsquo;il n&rsquo;est pas allé au bout de la démarche. Qu&rsquo;il manque quelque chose. &laquo;&nbsp;<em>Il me manquait la vie et la parole du traître</em>&laquo;&nbsp;, explique-t-il encore dans la vidéo. Alors, il se plonge dans l&rsquo;écriture de &laquo;&nbsp;<strong>Retour à Killybegs</strong>&laquo;&nbsp;. Pas une suite, ni un tome 2. Avec la volonté cependant de proposer au public &laquo;&nbsp;<em>de suivre</em>&nbsp;&raquo; l&rsquo;auteur dans la trahison &nbsp;&raquo; <em>et d&rsquo;en prendre sa part</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Le livre a reçu à l&rsquo;automne le <strong>Grand prix du Roman de l&rsquo;Académie française</strong>.</p>
<p>Là, nous suivons donc le personnage de Tyrone Meehan. De sa naissance à sa mort. De son mariage à la naissance de son fils. De son ascension à sa chute. A la différence du véritable &laquo;&nbsp;héros&nbsp;&raquo;, Denis Donaldson, assassiné quatre mois seulement après avoir avoué sa trahison à 55 ans, Tyrone Meehan vivra plus vieux. Mais tout aussi seul. Sorj Chalandon le dit tout net : &laquo;&nbsp;<em>Tout le socle est vérité même s&rsquo;il y a des parties romancées</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Là, dans le nord du sud de l&rsquo;Irlande, à Killybegs, vit la famille Meehan. Avec Patraig, le père révolté qui a appartenu à l&rsquo;Armée républicaine irlandaise, sa femme et ses trop nombreux enfants qu&rsquo;il faut nourrir. Patraig meurt  des &laquo;&nbsp;<em>cailloux plein les poches</em>&nbsp;&raquo; (page 22). A Tyrone et ses frères de reprendre le flambeau. Jusqu&rsquo;au bout. Rapidement, il faudra quitter Killybegs, s&rsquo;installer chez un oncle puis rejoindre Belfast. Les germes de la lutte s&rsquo;installent. Tyrone en sera. Tout comme son frère Séanna. Pour un temps seulement.</p>
<p><strong>Page 59</strong> : &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;IRA. Ce n&rsquo;était plus trois lettres noires, bavées sur notre mur à la peinture haineuse. Ce n&rsquo;était plus une condamnation entendue à la radio. [&#8230;] C&rsquo;était la chair de mon père, sa vie entière, sa mémoire et sa légende. C&rsquo;était sa douleur, sa défaite, l&rsquo;armée vaincue de notre pays. Jamais je n&rsquo;avais entendu ces trois lettres prononcées par d&rsquo;autres lèvres que les siennes. [&#8230;] L&rsquo;IRA. Soudain, je l&rsquo;ai vue partout. [&#8230;] Je l&rsquo;ai sentie en moi. En moi, Tyrone Meehan, seize ans, fils de Patraig et de la terre d&rsquo;Irlande. Chassé de mon village par la misère, banni de mon quartier par l&rsquo;ennemi. L&rsquo;IRA, moi</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Premières missions, premières arrestations aussi. Premiers séjours en prison. Chalandon plonge son lecteur dans le quotidien d&rsquo;un activiste de la nébuleuse IRA tandis que de l&rsquo;autre côté de la Manche, la Deuxième Guerre mondiale fait rage. Et puis un jour, c&rsquo;est le drame. En août 1969, Tyrone Meehan tue accidentellement son ami, son modèle, Danny Finley. Il ne dira rien mais ses ennemis de toujours ont là de quoi le faire chanter, le soumettre à la trahison. Tyrone passe pour un héros. C&rsquo;est un salaud. Magnifique.</p>
<p><strong>Page 139</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Lorsque je me suis avancé au micro, j&rsquo;ai été applaudi. Longuement, comme on remercie. J&rsquo;ai tué Danny. Je tremblais. Je n&rsquo;ai plus cessé de trembler depuis ce jour.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p>Sheila sa femme, ses amis, ses compagnons&#8230; tous s&rsquo;accrochent à la version. Tyrone Meehan aurait pu vieillir avec.</p>
<p>Au fil du roman, l&rsquo;auteur alterne entre les épisodes héroïques de Tyrone Meehan et son exil obligé, dans la maison de son père, sa trahison avouée et sa fierté écrabouillée. Un vis-à-vis chronologique qui vous oblige à suivre l&rsquo;homme jusqu&rsquo;au plus profond de son âme et à retracer l&rsquo;histoire irlandaise contemporaine.</p>
<p>En 1979, Tyrone Meehan, alors à l&rsquo;état-major de l&rsquo;IRA, est emprisonné pour quinze mois. Depuis trois ans déjà, ces hommes ne sont plus considérés comme des prisonniers politiques. De quoi mettre le feu à la prison de Long Kesh.</p>
<p><strong>Page 154</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Lorsque je suis entré au bloc H4 du camp, le jeudi 1er novembre 1979, cela faisait trois ans que trois cents camarades étaient nus dans leurs couvertures et vivaient dans leur merde</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>C&rsquo;est à sa sortie qu&rsquo;il est approché par les services de police britanniques. Et contraint à travailler pour eux, qui savent la vérité sur la mort de Danny.</p>
<p><strong>Page 218</strong> : &laquo;&nbsp;[&#8230;] <em>Je ne forçais pas. Je ne provoquais rien. je laissais venir. Je me disais qu&rsquo;accepter la trahison leur suffirait peut-être. J&rsquo;étais un agent à leurs yeux. Mais je n&rsquo;avais pas trahi. Pas encore. Je n&rsquo;avais rien dit, rien fait, dénoncé personne. Juste cette conversation parisienne qu&rsquo;ils prenaient pour un pacte. J&rsquo;ai eu une pensée folle. J&rsquo;ai espéré que tout s&rsquo;arrêterait là. Qu&rsquo;ils ne me demanderaient rien, jamais.</em> &nbsp;&raquo;</p>
<p>Peine perdue, évidemment. Tyrone Meehan finira même par se prendre au jeu. Se rassurer comme il peut.</p>
<p><strong>Page 273</strong> : &laquo;&nbsp;[&#8230;] <em>J&rsquo;avais laissé le salaud du côté de Falls Road. A Paris, je ne trahissais pas, j&rsquo;instruisais. Je faisais un travail utile, militant, fondamental, probablement historique</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et puis l&rsquo;Histoire est en marche. Le dessous des cartes change. Tyrone Meehan est lâché. Arrêté, interrogé. Obligé à l&rsquo;exil. Avant d&rsquo;être abattu quelques temps plus tard dans la maison de son père, à Killybegs.</p>
<p>Un livre fort, puissant. Formidablement écrit. Et qui m&rsquo;a donné envie de plonger dans &laquo;&nbsp;<strong>Mon traître</strong>&laquo;&nbsp;. Vite !</p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Retour à Killybegs&nbsp;&raquo;, de Sorj Chalandon, Grasset, 20€.</strong></em></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Mon traître&nbsp;&raquo;, Le livre de poche, 6€.</strong></em></p>
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