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	<title>Quatrième de couv &#187; fantasque</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Sur les traces d&#8217;un père peu conventionnel&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/05/31/sur-les-traces-dun-pere-peu-conventionnel/</link>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2015 16:11:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On part à nouveau en voyage ! Cette fois, c&#8217;est Catherine Mavrikakis qui nous guide dans les méandres des relations père-filles. Déjà présente sur ce blog pour &#171;&#160;Les derniers jours de Smokey Nelson&#160;&#187;, Catherine Mavrikakis nous revient avec &#171;&#160;La ballade d&#8217;Ali Baba&#160;&#187;, toujours chez Sabine Wespieser éditeur. L&#8217;auteure est née à Chicago en 1961 d&#8217;une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Ali-baba.jpg" rel="lightbox[3050]"><img class="alignleft size-full wp-image-3054 colorbox-3050" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Ali-baba.jpg" alt="Ali baba" width="123" height="160" /></a>On part à nouveau en voyage ! Cette fois, c&rsquo;est<strong> Catherine Mavrikakis</strong> qui nous guide dans les méandres des relations père-filles. Déjà présente sur ce blog pour <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/03/les-derniers-jours-de-smokey-nelson-ou-le-cauchemar-americain/">&laquo;&nbsp;Les derniers jours de Smokey Nelson&nbsp;&raquo;</a>,</strong> <strong>Catherine Mavrikakis</strong> nous revient avec<strong> &laquo;&nbsp;La ballade d&rsquo;Ali Baba&nbsp;&raquo;</strong>, toujours chez Sabine Wespieser éditeur.</p>
<p>L&rsquo;auteure est née à Chicago en 1961 d&rsquo;une mère française et d&rsquo;un père grec qui a grandi en Algérie. Son enfance se déroulera entre le Québec, les Etats-Unis et la France. Elle enseigne aujourd&rsquo;hui à l&rsquo;université de Montréal. Elle a écrit une pièce de théâtre et déjà six romans, dont trois publiés en France chez Sabine Wespieser.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un homme qui oublie, qui ment, qui charme&#8230; et qui s&rsquo;en sort. Ou pas. <strong>Erina</strong>, la narratrice, est sa fille aînée de <strong>Vassili Papadopoulos</strong>. Elle a neuf ans. Ses soeurs, jumelles, ont six ans.</p>
<p>L&rsquo;homme a quitté Rhodes en 1937 pour rejoindre l&rsquo;Algérie. Il s&rsquo;en ira ensuite aux Etats-Unis puis au Canada. Il se marie, divorce. Oublie de venir chercher ses filles ou les entraîne dans un road-movie le temps d&rsquo;un week-end, du côté de Key West. Quand il n&rsquo;emmène pas Erina comme porte-bonheur près des tables de jeu à Las Vegas. Elle a dix ans&#8230;</p>
<p>Parcours chaotique d&rsquo;un homme qui n&rsquo;aura de cesse d&rsquo;épater la galerie et ce, même après sa mort. En effet, neuf mois après celle-ci, en 2013, durant l&rsquo;hiver, il réapparait à sa fille, devenue spécialiste de la Shakespeare. Et continue à lui faire la leçon.</p>
<p><strong>Au fil des pages, Erina se souvient, Erina raconte et tente de comprendre ce père dont elle n&rsquo;aura jamais été dupe. Un hommage et le portrait d&rsquo;un homme finalement attachant.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 13-14 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Mon père tenait enfin sa promesse. Il amenait ses gamines en voiture dans le Sud découvrir l&rsquo;océan durant les vacances d&rsquo;hiver. Et rien ne pouvait le faire changer d&rsquo;avis. Ni les injures aigres de son ex-femme qui n&rsquo;avait pas manqué de lui reprocher de vouloir exténuer les petites, ni la fatigue hébétée et réelle de ses enfants, ni encore son propre épuisement ne l&rsquo;arrêtaient&#8230; Il avait fait le trajet de New York à Montréal pour venir nous chercher et il retournerait dans la grande cité américaine où il vivait depuis quelques mois déjà, dès qu&rsquo;il nous aurait déposées, sans même prendre le temps de descendre de voiture, devant l&rsquo;entrée de garage du bungalow de ma mère à Repentigny.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 48-49 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Il n&rsquo;était pas tout à fait exact que je ne fréquentais plus du tout mon père. Je le croisais souvent chez ma mère. Je lui parlais de la pluie et du beau temps. Mais nous n&rsquo;avions plus la complicité qui avait été la nôtre durant mon enfance. Cette complicité qui faisait de moi sa fille préférée, son héritière, quoi qu&rsquo;il puisse arriver. A partir de l&rsquo;âge de onze ans, je n&rsquo;eus pendant des années presque plus aucun signe de vie de mon père. Il m&rsquo;accorda bien un entretien d&rsquo;une heure à Toronto, alors que je participais à un colloque étudiant&#8230; Il était lui aussi à Toronto et avait appris, je ne sais comment, que je faisais une présentation sur Hamlet de Shakespeare. J&rsquo;avais vingt-cinq ans. Depuis, je ne l&rsquo;avais pas revu. Sa famille montréalaise ne savait pas ce qu&rsquo;il devenait. Le vieux Papou, le père de mon père, était mort, et son fils aîné n&rsquo;était apparemment même pas venu à l&rsquo;enterrement. Pendant une trentaine d&rsquo;années, mon père disparut presque totalement de ma vie. Il m&rsquo;appela peut-être dix fois. Chaque fois, sa voix au téléphone, enjouée, retentissait dans l&rsquo;écouteur. Nous échangions quelques paroles rapides. “Tu vas bien ? Et ta mère ? et tes soeurs ? ” Rien de plus&#8230; Et puis, sans prévenir, il était “revenu”&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 81 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Alors que l&rsquo;ascenseur me propulsait vers le vingt-neuvième étage de l&rsquo;immeuble et qu&rsquo;il me semblait que les vents du nord continuaient à gémir dans la cage étroite, mon père, tout mouillé par la neige, secouait ses cheveux trempés et tentait, coquet, de se recoiffer. Il faisait des mimiques grotesques à son reflet, que la glace de la petite cabine où nous nous trouvions lui permettait de contempler. La tempête avait été mauvaise. Elle le faisait encore grelotter et son pardessus gris ressemblait à une vaste guenille imbibée d&rsquo;eau. Mais Vassili n&rsquo;avait rien perdu de son panache et de son désir de plaire. Même mort, il continuait à minauder. Il tenait à retrouver au plus vite son visage séducteur. Moi, je découvris mon air ahuri, presque irréel. Mon rimmel avait coulé sur mon visage tout boursouflé par le froid et la morve s&rsquo;écoulait de la tumeur rouge que semblait être devenu mon nez congestionné.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;ai acheté ce roman du fait du nom de l&rsquo;auteure, dont j&rsquo;avais beaucoup aimé le précédent roman. Et croyez-le ou non, j&rsquo;ai aussi beaucoup aimé celui-ci ! Voilà un très bel hommage de la narratrice à son père. Malgré les mensonges et les manquements. Au fil des pages et des événements de la biographie de Vassili, on suit l&rsquo;histoire de la famille. Et on suit la quête d&rsquo;Erina. Qui veut comprendre. Et pardonner. Un très joli roman.</span></p>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;La ballade d&rsquo;Ali Baba&nbsp;&raquo;, Catherine Mavrikakis, Sabine Wespieser editeur, 18€.</em> </strong></p>
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		<title>Englebert, misérable Tutsi&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/14/englebert-miserable-tutsi/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Apr 2014 07:33:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans. Le Rwanda est, depuis plusieurs semaines, plongé dans une commémoration douloureuse mais indispensable : celle du génocide qui d&rsquo;avril à juillet 1994, a fait quelque 800.000 victimes, des Tutsis. Tout commence par une guerre civile opposant le gouvernement majoritairement Hutu au Front patriotique rwandais, tenu par les Tutsis. Outre l&rsquo;anniversaire du terrible épisode, l&rsquo;année 2014 marque aussi le temps du premier procès en France visant ce génocide ( lire l&rsquo;article du <em>Monde</em><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/04/10/genocide-rwandais-les-quatre-enseignements-d-un-proces-historique_4398955_3232.html"> ici</a>).</p>
<p>Un conflit ethnique et politique que le journaliste et désormais écrivain<strong> Jean Hatzfeld</strong> n&rsquo;a cessé de décrire, d&rsquo;essayer de comprendre. D&rsquo;un côté comme de l&rsquo;autre. Après trois ouvrages <strong>&laquo;&nbsp;Dans le nu de la vie&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Une saison de machettes&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;La stratégie des antilopes&nbsp;&raquo;</strong>, cet auteur que vous pouvez retrouver à de nombreuses reprises sur ce blog,  est de retour avec un nouveau récit court d&rsquo;une centaine de pages, <strong>&laquo;&nbsp;Englebert des collines&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p><span id="more-2423"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C_Englebert-des-collines_606.jpeg" rel="lightbox[2423]"><img class="alignleft size-full wp-image-2428 colorbox-2423" style="margin: 10px" alt="C_Englebert-des-collines_606" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C_Englebert-des-collines_606.jpeg" width="200" height="297" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nouvel opus donc donc pour <strong>Jean Hatzfeld</strong> en suivant cette fois<strong> un rescapé Tutsi</strong>. Un homme qui n&rsquo;a pas envie de tourner la page. Qui ne veut pas reprendre sa vie d&rsquo;avant. <strong>Englebert</strong> est un homme de 66 ans que Jean Hatzfled a rencontré il y a 15 ans à Nyamata, là où les massacres ont été les plus nombreux. <strong>L&rsquo;homme, alcoolisé et en haillons, interpelle le journaliste français en évoquant l&rsquo;Olympique de Marseille&#8230; puis les mots de Baudelaire. Assez pour éveiller la curiosité et faire naître une relation d&rsquo;amitié entre les deux hommes aux destins si différents.</strong></p>
<p>Au départ, Englebert ne voudra pas évoquer le génocide, il n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas participé aux autres ouvrages de l&rsquo;auteur à ce sujet. Il faudra qu&rsquo;il plonge dans ses souvenirs d&rsquo;enfance un an après leur rencontre pour, au fil des mots, expliquer à Jean Hatzfeld ses souvenirs, ses cinq semaines passées dans les marais à se cacher, à tenter de survivre et la difficulté à vivre ensuite. La vie d&rsquo;Englebert est cassée&#8230; et il l&rsquo;assume. Il ne veut pas redevenir celui qu&rsquo;il était avant. Tant pis pour sa vie de haut fonctionnaire instruit et éclairé.<strong> Désormais Englebert noie sa vie dans l&rsquo;alcool et marche des heures durant. Dès le matin. Toujours à Nyamata où bourreaux et victimes cohabitent.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 40-41 :</strong> <em> &laquo;&nbsp;Au boulot, je devais évoluer en chef de service. Mais le ministre, un dénommé Juvénal Uwilingiyimana, comptait parmi ces condisciples qui m&rsquo;avaient poursuivi de leurs machettes, à l&rsquo;Institut de Ruhengeri. Dès qu&rsquo;il a appris mon embauche, il m&rsquo;a envoyé une lettre de renvoi. La raison ? Aucune raison, ça a été la surprise. La lettre expliquait que je devais désormais patienter cinq années de chômage avant de postuler à nouveau. J&rsquo;ai été très déçu, mais je ne pouvais pas protester. Bien que mon grand frère fût directeur général au ministère des Postes, après avoir été directeur de la Jeunesse, puis du Plan, il ne pouvait rien pour moi. Les Tutsis devaient se montrer timides dans les ministères. J&rsquo;ai vidé le tiroir, j&rsquo;ai acheté le ticket-bus. Mon père m&rsquo;a tendu la houe sur la parcelle familiale.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 47 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai creusé la terre pour manger des maniocs, j&rsquo;ai passé na nuit sous la pluie. Avant la clarté, je suis reparti dans les brousses chercher une cachette. On s&rsquo;est tenus cois. Les tueurs sont arrivés en colonne chantante, ils ont soulevé les taillis toute la journée. Quand ils surprenaient des malchanceux, ils hurlaient : &nbsp;&raquo; Des cafards, par ici, vite !&nbsp;&raquo; et les collègues accouraient. Ils ont manié la machette à s&rsquo;en casser les bras, ils ont coupé tous ceux qu&rsquo;ils attrapaient. Le marigot en a rougi. Ca a été un grand nombre parce que les gens n&rsquo;étaient pas encore accoutumés à cette nouvelle existence, si je puis dire. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est un fait qu&rsquo;à Nyamata les tueries ont duré du 11 avril à onze heures jusqu&rsquo;au 14 mai à quatorze heures. Elles se sont répétées tous les jours, même le dimanche, de huit heures à quinze heures, sans un seul jour de répit. Les tueurs se montraient satisfaits de ces horaires. Ils repartaient sans éprouver l&rsquo;envie de chanter, ils ne s&rsquo;attardaient pas dans l&rsquo;après-midi car ils se méfiaient des guets-apens de la nuit.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 77 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Ma mémoire se maintient fidèle. Je n&rsquo;oublie presque rien. Est-ce que je pourrais citer les noms de mes professeurs depuis le cycle primaire et oublier les cris des femmes qu&rsquo;ils éventraient à la lame dans les buissons pour leur arracher les bébés ? Je ne sais pas si les années gomment les souvenirs de certains rescapés, mais moi, je peux te raconter les tueries à Nyiramatuntu, étape par étape. Est-ce que ma mémoire trie les souvenirs ? Comment trier ? Ma mémoire ne trie rien sans que je ne le lui demande et je ne lui demande rien. Ca ne signifie pas qu&rsquo;elle me rappelle le génocide tout le temps. Je fais aussi d&rsquo;autres rêves pendant la nuit ; dans la journée je me préoccupe d&rsquo;autre chose. Mais je cède au temps aucun détail, en tout cas pas tellement.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Voilà un récit évidemment poignant et éclairant sur le quotidien d&rsquo;après-génocide. Jean Hatzfeld, explique dans une interview sur France 24 que si Hutus et Tutsis cohabitent, ils n&rsquo;évoquent le génocide qu&rsquo;au sein de leur propre groupe ethnique. Comment avancer dès lors ? Les tueurs racontent une histoire forcément différente de celle des victimes. Englebert, lui, a fait le choix de ne rien oublier, quitter à en oublier de vivre. Un témoignage précieux.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Englebert des collines&nbsp;&raquo;, Jean Hatzfeld, Gallimard, 11,90€</strong></em></p>
</blockquote>
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