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	<title>Quatrième de couv &#187; enlèvement</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Autour d&#8217;un petit Jésus volé et d&#8217;un privé loufoque&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2016 08:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Joël Egloff, que je suis depuis son premier roman publié en 1999 ( &#171;&#160;Edmond Ganglion &#38; fils&#160;&#187;), a su construire un univers bien à lui, fait de personnages un peu inadaptés, pas toujours à l&#8217;aise, et un peu foutraques. La preuve encore cette fois avec &#171;&#160;J&#8217;enquête&#160;&#187;, sorti au printemps&#8230; et totalement adapté pour une après-midi [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JENQUETE.jpg" rel="lightbox[3656]"><img class="alignleft size-full wp-image-3659 colorbox-3656" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JENQUETE.jpg" alt="J'ENQUETE" width="250" height="414" /></a><strong>Joël Egloff</strong>, que je suis depuis son premier roman publié en 1999 ( <strong>&laquo;&nbsp;Edmond Ganglion &amp; fils&nbsp;&raquo;</strong>), a su construire un univers bien à lui, fait de personnages un peu inadaptés, pas toujours à l&rsquo;aise, et un peu foutraques. La preuve encore cette fois avec <strong>&laquo;&nbsp;J&rsquo;enquête&nbsp;&raquo;</strong>, sorti au printemps&#8230; et totalement adapté pour une après-midi à la plage ou dans un hamac.  Ou dans tout autre endroit, d&rsquo;ailleurs&#8230;</p>
<p>Avec ce sixième roman, le quadragénaire Joël Egloff poursuit son travail d&rsquo;écriture. Loin des grosses machines éditoriales. Rappelons cependant qu&rsquo;il a remporté le prix du Livre Inter en 2005 pour <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;étourdissement&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Avec ce nouveau roman qui, avec son titre, annonce tout de suite la couleur, on se laisse embarquer dans une histoire totalement abracadabrantesque. Ou presque.</p>
<p>Nous voilà dans une petite ville, après Noël. Dans la crèche installée par le prêtre, le <strong>père Steiger</strong> et son sacristain, <strong>M.Beck</strong>, l&rsquo;enfant Jésus a disparu. Il faut trouver qui a fait ça et pourquoi. Rien de tel qu&rsquo;un privé pour mener l&rsquo;enquête. Sauf que ce dernier, qui vient visiblement de se lancer dans la profession, est assez approximatif et trop obstiné pour réussir cette affaire pourtant dérisoire. Il s&rsquo;accroche à des détails qui ne veulent rien dire, à des supputations indigentes&#8230; Pas grand-chose à faire pour le sauver et le tirer de ce mauvais pas ! Il s&rsquo;enfonce.</p>
<p>Ajoutez à cela la pression économique (pour lui, cette affaire est une aubaine !) que maintient sur lui sa femme ( qui va finir par s&rsquo;agacer de devoir attendre son retour) et vous obtenez un roman plaisant à lire et pour lequel l&rsquo;enquête ne sera, in fine, qu&rsquo;un prétexte à évoluer dans une société de personnages saugrenus.</p>
<p><span id="more-3656"></span></p>
<p><strong>Découvrez ici l&rsquo;univers de Joël Egloff pour ce nouveau roman</strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 84-85 :</strong><em>[&#8230;] &laquo;&nbsp;Et puis j&rsquo;ai repensé à mon indice. Je me suis tourné sur le côté, j&rsquo;ai ouvert le tiroir de la table de chevet et y ai plongé la main pour ressortir, avec précaution, le petit papier dans lequel je l&rsquo;avais placé. Je l&rsquo;ai déplié et m&rsquo;en suis saisi entre le pouce et l&rsquo;index. J&rsquo;ai allongé le bras en direction de la lumière et j&rsquo;ai fermé un oeil pour mieux l&rsquo;observer.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>De deux choses l&rsquo;une, me suis-je dit, cette bouloche provient soit du vêtement du coupable, soit du vêtement de l&rsquo;un de ceux qui ont installé la crèche, ce qui serait nettement moins profitable à l&rsquo;enquête.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Troisième hypothèse, plus décevante encore, c&rsquo;est le vent qui l&rsquo;a apportée là par hasard, et elle ne concerne en rien notre affaire. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 110 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Comment ça va ? J&rsquo;ai demandé. Elle m&rsquo;a dit que le petit toussait un peu moins. Tant mieux, j&rsquo;ai fait. Mais le grand a vomi, a-t-elle ajouté. Nom de Dieu, j&rsquo;ai dit, quand c&rsquo;est pas l&rsquo;un, c&rsquo;est autre. On dirait parfois qu&rsquo;ils le font exprès. J&rsquo;ai dû appeler le type du chauffage, aussi, a-t-elle enchainé, qui ne pourra venir que demain. J&rsquo;ai dit qu&rsquo;elle lui demande bien, surtout, de n&rsquo;encaisser le chèque qu&rsquo;à la fin du mois. On est à la fin du mois, m&rsquo;a-t-elle rappelé. J&rsquo;ai dit que c&rsquo;était pas grave, que ça irait bien, de toute façon, vu que j&rsquo;allais toucher mon avance demain matin. Et à part ça ? m&rsquo;a-t-elle demandé. Ça avance plutôt bien, j&rsquo;ai fait. Je commence à y voir beaucoup plus clair. Elle s&rsquo;en est réjouie, et puis m&rsquo;a tout de même avoué qu&rsquo;elle s&rsquo;inquiétait pour moi, que c&rsquo;était pour ça, aussi, qu&rsquo;elle avait mal dormi. Elle a ajouté que c&rsquo;était tout de même moins dangereux quand j&rsquo;étais gardien de square et que, tout compte fait, ça gagnait mieux. Je n&rsquo;ai pas relevé. Je lui ai dit de ne pas s&rsquo;en faire, lui ai promis d&rsquo;être bien prudent et de lui téléphoner demain.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 210 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Cependant, je ne m&rsquo;inquiétais pas outre mesure. Il y a toujours, quelle que soit l&rsquo;affaire, un moment où l&rsquo;enquête piétine. Le tout c&rsquo;est d&rsquo;en être conscient et de ne pas s&rsquo;en faire. C&rsquo;est un passage obligé. Un temps qui permet de réfléchir et de prendre son élan. Il faut, en quelque sorte, savoir piétiner pour mieux sauter.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;J&rsquo;enquête&nbsp;&raquo;, Joël Egloff, Buchet-Chastel, 16€.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Des services très très spéciaux&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/28/des-services-tres-tres-speciaux/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/28/des-services-tres-tres-speciaux/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2016 07:56:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire A chaque rentrée littéraire, c&#8217;est la même histoire : trop de livres et pas assez de temps ! Alors je me concentre sur les premiers romans et sur les auteurs qui me sont chers. Sans oublier quelques découvertes grâce à d&#8217;autres lecteurs, la chronique d&#8217;un journaliste, etc. Avec Jean Echenoz, c&#8217;est autre chose. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span> </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/v_9782707329226.jpg" rel="lightbox[3483]"><img class="alignleft size-full wp-image-3484 colorbox-3483" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/v_9782707329226.jpg" alt="v_9782707329226" width="180" height="246" /></a> A chaque rentrée littéraire, c&rsquo;est la même histoire : trop de livres et pas assez de temps ! Alors je me concentre sur les premiers romans et sur les auteurs qui me sont chers. Sans oublier quelques découvertes grâce à d&rsquo;autres lecteurs, la chronique d&rsquo;un journaliste, etc.</p>
<p>Avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Echenoz"><strong>Jean Echenoz</strong></a>, c&rsquo;est autre chose. Des années, et même des décennies que je suis cet auteur. Pas de manière aveugle et inconditionnelle non, mais avec une attention tout particulière.</p>
<p>Sur <strong>Quatrième de couv</strong>, c&rsquo;est un écrivain dont je parle régulièrement et que j&rsquo;ai lu beaucoup (douze romans lus sur dix-sept écrits, c&rsquo;est plus que de l&rsquo;admiration, non ? )  Vous trouverez la critique de <strong>&laquo;&nbsp;14&nbsp;&raquo;</strong>, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/10/22/la-grande-guerre-en-accelere-par-jean-echenoz/">ici</a>.</p>
<p>Cette fois, l&rsquo;auteur, lauréat du <strong>prix Médicis</strong> pour <strong>&laquo;&nbsp;Cherokee&nbsp;&raquo;</strong> en 1983 et du <strong>prix Goncourt</strong> pour <strong>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;en vais&nbsp;&raquo;</strong>, en 1999 revient avec un quinzième roman foutraque.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3483"></span></p>
<div id="attachment_3494" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jean_echenoz.jpg" rel="lightbox[3483]"><img class="wp-image-3494 size-medium colorbox-3483" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jean_echenoz-300x150.jpg" alt="jean_echenoz" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Roland Allard</p></div>
<p>L&rsquo;histoire de ce nouveau roman ? Elle est assez spéciale&#8230; Imaginez <strong>Constance</strong>, une jolie trentenaire qui n&rsquo;a pas besoin de travailler. Ancienne chanteuse d&rsquo;un tube international, elle décide de vendre son appartement&#8230; quand elle est enlevée après avoir visité un cimetière.</p>
<p>Une cible des services secrets français (incarnés par le<strong> général Bourgeaud</strong> et le beau <strong>Victor</strong>) qui, après des mois passés loin de son environnement ( dans la Creuse, elle est surveillée par <strong>Jean-Pierre</strong> et <strong>Christian</strong>) va avoir pour mission de se rapprocher (de très près) d&rsquo;un dignitaire du pouvoir nord-coréen, admirateur absolu de son fameux tube <strong>&laquo;&nbsp;Excessif&nbsp;&raquo;</strong>. Derrière cette machine à cash, <strong>Lou Tausk</strong>, auteur compositeur et mari de <strong>Constance.</strong> Mais un mari volage, totalement détaché et en perte d&rsquo;inspiration.Tout comme son parolier <strong>Pélestor</strong>, dépressif et coincé en hiver.</p>
<p>Il y a aussi <strong>Hubert</strong>, le frère de <strong>Lou Tausk</strong> (qui est un pseudo, vous l&rsquo;aurez deviné !), avocat trop riche pour être tout à fait honnête.  Et aussi <strong>Hyacinthe</strong>, conducteur de métro mais aussi réparateur en tout genre chez <strong>Tausk</strong> avant de devenir chauffeur de taxi et qui a aussi un rôle à jouer dans toute cette affaire.</p>
<p>Reste q<strong>ue Lou Tausk</strong> a d&rsquo;autres soucis en tête que la disparition de sa femme. <strong>Clément Pognel</strong> vient de réapparaître dans sa vie&#8230; et compte tenu du contentieux qui existe entre les deux hommes, cela ne pas va très bien se passer. C&rsquo;est dit !</p>
<p>Ajoutez à cela une histoire de petit doigt coupé, celle d&rsquo;une coiffeuse trop bavarde et d&rsquo;une Corée du Nord définitivement pas drôle et vous obtenez un roman de genre, loufoque, truffé de personnages secondaires et de petites histoires qui, en réalité, expliquent tout le reste. Ou pas.</p>
<p>Un roman dans lequel les kilomètres défilent. On parcourt Paris en tout sens, puis on sillonne la Creuse afin de se retrouver dans la jungle nord-coréenne. Si, si.</p>
<p>Un roman drôle et rocambolesque qui apostrophe régulièrement le lecteur. Pour vérifier s&rsquo;il suit toujours, allez savoir ?</p>
<p>Chez <strong>Jean Echenoz</strong>, la littérature est toujours une mécanique bien huilée, de haute précision. La preuve encore avec cette <strong>&laquo;&nbsp;Envoyée spéciale&nbsp;&raquo; </strong>dont l&rsquo;univers pourrait nous rappeler celui des opus de OSS 117. Décalé. On y trouve aussi, un peu l&rsquo;esprit de la nouvelle série présentée l&rsquo;automne dernier sur Arte <strong><a href="http://television.telerama.fr/television/au-service-de-la-france-dezingue-les-annees-de-gaulle,132895.php">&laquo;&nbsp;Au service de la France&nbsp;&raquo;</a></strong>.</p>
<p>Bref, la géopolitique prend une tout autre dimension&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Chemisier bleu tendu, pantalon skinny anthracite, souliers plats, coupe à la Louise Brooks et courbes à la Michèle Mercier – ce qui n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;aller très bien ensemble mais si, ça colle tout à fait. Trente quatre-ans, peu active et peu diplômée – à peine capacitaire en droit –, épouse d&rsquo;un homme dont les affaires marchent ou du moins ont marché, mais c&rsquo;est la vie avec cet homme qui ne marche qu&rsquo;à moitié : vie matérielle facile, vie matrimoniale pas. Velléités de divorce, perspectives d&rsquo;arrangements, brouilles suivies de compromis, tout dépend des jours. C&rsquo;est à ce fil qu&rsquo;elle partage son existence entre le domicile conjugal, quoique de moins en moins souvent, et l&rsquo;appartement qu&rsquo;elle vient d&rsquo;envisager de vendre, en attendant de voir. Cette brève fiche signalétique établie, Constance a tourné le dos à son reflet, s&rsquo;est éloignée de l&rsquo;agence et depuis la rue Greuze, à pied, en direction de son bien rare et calme, c&rsquo;est un trajet de six à huit minutes en longeant le cimetière de Passy.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 146 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Souvent, de leur vivant, les gens nous exaspèrent et l&rsquo;on voit, à leur mort, l&rsquo;étendue des dégâts  : c&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé pour Tausk après le suicide de son parolier. Pélestor n&rsquo;était pas sans défauts mais, s&rsquo;il forgeait d&rsquo;imparables formules moulées en peau de serpent sur une ligne de basse, aussitôt gravées dans la mémoire commune, il pouvait aussi suggérer sur cette mélodie même des nuances orchestrales ou rythmiques que son compositeur n&rsquo;aurait pas imaginées. Il n&rsquo;était pas le premier venu.&nbsp;&raquo;<strong><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 297 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Plusieurs mois vont à nouveau s&rsquo;écouler. Ignorant encore l&rsquo;échec de la défection programmée de Gang Un-ok, c&rsquo;est le coeur léger que le général Bourgeaud se sera mis à la tâche. Il disposera d&rsquo;un peu de temps pour mettre au point l&rsquo;opération au Zimbabwe, ses contacts sur place ayant besoin d&rsquo;un délai avant de baliser le terrain.<strong><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: left"><em>Sur plusieurs points de logistique, cependant, la présence de Paul Objat va lui manquer : toujours aucune nouvelle. Il n&rsquo;en sait pas plus que nous sur lui à ceci près que nous autres, un peu mieux informés, avons vu Objat disparaître avec Constance.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Envoyée spéciale&nbsp;&raquo;, Jean Echenoz, Editions de Minuit, 18,50€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Diabolique rançon de la gloire pour Kandiotis</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/02/19/diabolique-rancon-de-la-gloire-pour-kandiotis/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/02/19/diabolique-rancon-de-la-gloire-pour-kandiotis/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2015 13:23:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Peut-on tout pardonner à celui qui a réussi et qui partage avec autrui le fruit de ses richesses ? Le succès absout-il de tout ? Et n&#8217;est-il pas, de toute manière, suspect ? Voilà l&#8217;une des thématiques développées par Metin Arditi dans son nouveau roman,&#171;&#160;Juliette dans son bain&#160;&#187;, paru chez Grasset. Un auteur [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/juliette.jpg" rel="lightbox[2916]"><img class="alignleft wp-image-2920 size-full colorbox-2916" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/juliette.jpg" alt="juliette" width="280" height="412" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Peut-on tout pardonner à celui qui a réussi et qui partage avec autrui le fruit de ses richesses ? Le succès absout-il de tout ? Et n&rsquo;est-il pas, de toute manière, suspect ? Voilà l&rsquo;une des thématiques développées par <strong>Metin Arditi</strong> dans son nouveau roman,<strong>&laquo;&nbsp;Juliette dans son bain&nbsp;&raquo;</strong>, paru chez Grasset.</p>
<p>Un auteur dont plusieurs romans ont déjà été présentés<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/10/14/la-confrerie-des-moines-volants/"> ici</a> et <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/02/05/loin-de-tout-dans-la-presque-grande-ecole-suisse/">là</a>.</p>
<p>Né à Ankara en Turquie, <strong>Metin Arditi</strong> vit à Genève. Ingénieur en génie atomique, il a enseigné à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne où il a créé la fondation Arditi (qui attribue une quinzaine de prix annuels). Il a également crée la Fondation « Les Instruments de la Paix-Genève », qui favorise l’éducation musicale à des enfants de Palestine et d&rsquo;Israël.</p>
<div id="d_bio"><strong> Metin Arditi</strong> traite, dans plusieurs de ses romans, de la difficulté de la filiation, de la solitude et de l’exil.</div>
<div></div>
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<p><span id="more-2916"></span></p>
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<div>L&rsquo;histoire de ce nouveau roman paru à la rentrée de janvier ? C&rsquo;est celle de <strong>Ronald Kandiotis</strong>, homme d&rsquo;affaires richissime installé en France. Alors qu&rsquo;il est diminué par la maladie, il accepte cependant d&rsquo;être interviewé au JT de 20h. Il vient de faire don à la France de deux toiles de maître – Picasso et Braque, excusez du peu ! – qui ont le même nom et le même sujet : <strong>&laquo;&nbsp;Juliette dans son bain&nbsp;&raquo;</strong>. Pourquoi un tel choix ? Forcément, le personnage intrigue.  Un self-made-man qui a su développer la petite entreprise familiale, tout en se passionnant pour l&rsquo;art ne laisse pas indifférent. L&rsquo;enlèvement de sa fille unique, <strong>Lara</strong>, ne va rien arranger.</div>
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<div>Dès lors, le roman, qui se déroule sur plusieurs semaines entre mai et juin 2000,  se dote d&rsquo;une intrigue policière. Car un étrange marché se met en place : si <strong>Kandiotis</strong> ne valide par les articles écrits par <strong>l&rsquo;association des victimes de Ronald Kandiotis (Avrak)</strong> faisant état de possibles lâchetés, ou petits arrangements avec la morale dont il serait l&rsquo;auteur depuis ses jeunes années, sa fille sera mutilée.</div>
<div>Dès lors, toute son histoire est décortiquée, analysée. Plus rien ne lui est épargné. Les médias s&rsquo;en repaissent, la France s&rsquo;en gave tandis que<strong> Kandiotis</strong> et sa femme <strong>Veronica</strong> perdent leurs repères.</div>
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<div style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></div>
<blockquote>
<div style="text-align: left"><strong> Page 183 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Leur mariage fut un marché de dupes. En l&rsquo;espace de quelques mois, la jeune fille charmante et gaie devint amère. A Marseille, ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;amis. Ronny avait grandi ailleurs. Cette ville n&rsquo;était pas vraiment la sienne. Leur intimité en était restée aux ébats de la première fois. En quittant Genève, Anne-Sophie avait sacrifié un entourage qui lui offrait des repères, une affection à la mode genevoise, sans mots de trop, réservée mais réelle. Un chez-soi. Des racines. L&rsquo;admiration qu&rsquo;elle avait ressentie pour les exilés de Marseille se transforma en mépris. Elle les trouvait tapageurs, excessifs, et pour tout dire vulgaire dans ce besoin qu&rsquo;ils avaient de sans cesse s&rsquo;agiter, s&rsquo;interpeller, se retrouver&#8230; La quiétude genevoise, le sentiment d&rsquo;immuabilité de toutes choses, lui paraissaient désormais comme les marques suprêmes de la distinction. Elle s&rsquo;était piégée toute seule, avec son étude sur les exilés et leurs histoires de racines perdues.&nbsp;&raquo;</em></div>
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<div style="text-align: left"><strong>Page 189 :</strong><em>&laquo;&nbsp;26 mai 2000</em></div>
<div style="text-align: left"><em>Intitulé “Mécènes et mises en scène”, l&rsquo;éditorial du </em>Figaro<em> soulevait la question du don comme outil d&rsquo;influence :</em></div>
<div style="text-align: left"><em>Les bons comptes dont les bons amis, dit la sagesse populaire. Ne faudrait-il pas l&rsquo;écouter ? Dès lors qu&rsquo;un citoyen a le sentiment de contribuer à la société plus qu&rsquo;il n&rsquo;en a le devoir, ne restera-t-il pas dans l&rsquo;attente d&rsquo;une reconnaissance ? Ne sera-t-il pas tenté de penser, non sans raison, qu&rsquo;il a droit à un petit merci ? Et puis, l&rsquo;appétit venant, à un merci plus grand ? Et au prochain don, à un merci à sa mesure ? Si les bons comptes font les bons amis, les cadeaux pharaoniques ne mettent-ils pas en cause l&rsquo;équilibre social ? Ne faudrait-il pas les interdire ?”</em></div>
<div style="text-align: left"><em>Deux lettres de l&rsquo;AVRAK sur les dix annoncées, se dit Ronny, c&rsquo;est déjà la curée.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 348 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il aurait aimé être beau, lui aussi. Que sa mère le prenne contre elle. Pas par désoeuvrement. Avec tendresse. Avec passion, même. Qu&rsquo;elle laisse Anastasia de côté et le presse contre ses seins. Qu&rsquo;elle lui dise des choses tendres. Pas monsieur l&rsquo;épicier levantin derrière son comptoir, ou monsieur le vendeur de noisettes. Qu&rsquo;elle l&rsquo;appelle mon trésor, sel de ma vie, et d&rsquo;autres choses douces, qu&rsquo;elle le presse contre ses seins, qu&rsquo;elle le noie dans ses chairs, qu&rsquo;elle lui parle avec douceur, lui apprenne la tendresse des gestes, qu&rsquo;elle lui donne le goût des baisers dans le cou, sur les yeux, sur la bouche, aussi, plus longs que ceux qu&rsquo;elle donnait à Anastasia, plus sur la bouche. Qu&rsquo;elle lui dise voilà comment tu feras pour être aimé, et il aurait su comment aimer, lui aussi.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: center"></div>
<div style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></div>
</blockquote>
<div style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">La rançon de la gloire&#8230; il la paiera cash ! Voilà un roman qu&rsquo;on lit d&rsquo;une traite, histoire de comprendre qui a pu se cacher derrière cette machination diabolique et pourquoi il a a échafaudé un plan si machiavélique. Une histoire riche et une écriture fluide complètent ce nouveau roman de Metin Arditi. A découvrir au coin du feu. Ou pas.</span></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Juliette dans son bain&nbsp;&raquo;, Metin Arditi, Grasset, 20€.</strong> </em></div>
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