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	<title>Quatrième de couv &#187; enfant</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Ecrire pour ne pas être engloutie&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/06/25/ecrire-pour-ne-pas-etre-engloutie/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Jun 2021 11:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le quatrième roman de Sarah Chiche a fait couler beaucoup d&#8217;encre. Elle a profité d&#8217;une presse conséquente. Trop pour que je m&#8217;y intéresse au moment de sa sortie, fin 2020. Alors j&#8217;ai attendu ce printemps 2021 pour sortir Saturne de ma pile à lire. Quel bonheur ! Quel plaisir de lire ce roman&#8230; autobiographique. Tout [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SATURNE.jpg" rel="lightbox[5711]"><img class="alignleft wp-image-5717 size-medium colorbox-5711" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SATURNE-204x300.jpg" alt="SATURNE" width="204" height="300" /></a></p>
<p>Le quatrième roman de <strong>Sarah Chiche</strong> a fait couler beaucoup d&rsquo;encre. Elle a profité d&rsquo;une presse conséquente. Trop pour que je m&rsquo;y intéresse au moment de sa sortie, fin 2020. Alors j&rsquo;ai attendu ce printemps 2021 pour sortir Saturne de ma pile à lire. Quel bonheur ! Quel plaisir de lire ce roman&#8230; autobiographique.</p>
<p>Tout comme à l&rsquo;automne 1977. <strong>Harry</strong>, alors âgé de seulement 34 ans, meurt d&rsquo;une leucémie, laissant derrière lui sa jeune femme et leur fille âgée de quinze mois seulement.</p>
<p>Avril 2019, à Genève, cette enfant devenue adulte rencontre une femme qui a connu son père en Algérie. Cet homme issu d&rsquo;une grande lignée de médecins à laquelle il tentera d&rsquo;échapper. Pas si simple. Il est rêveur, joueur et aime les femmes.</p>
<p>Exilée en France, la famille ( les parents <strong>Louise</strong> et <strong>Joseph</strong> et leurs deux fils <strong>Harry</strong> et <strong>Armand</strong>)  va reconstruire son empire médical. <strong>Harry</strong>, lui, a rencontré une femme, <strong>Eve</strong>, qui ne correspond en rien au modèle familial, issu de la haute bourgeoisie. Sa belle-famille la déteste. C&rsquo;est réciproque. Eve finira par s&rsquo;éloigner, se remarier et aura d&rsquo;ailleurs une seconde fille.</p>
<p>La passion d&rsquo;<strong>Eve</strong> et<strong> Harry</strong> fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots.</p>
<p>À l’autre bout de cette légende noire, l&rsquo;auteure raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour quand, au mitan de la vingtaine, elle déclenche une dépression mélancolique, grave, alors qu&rsquo;elle apprend la mort de sa grand-mère, qu&rsquo;elle ne voyait plus.<br />
Ce qui la sauvera ? Des images en Super 8 exhumées qui lui montrent son père et elle. L&rsquo;écriture aussi.</p>
<p>Sarah Chiche est écrivain. Elle est notamment l’auteure du roman <strong><i>Les Enténébrés</i></strong>. Elle est également psychologue clinicienne et psychanalyste.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au final, <strong>Saturne</strong> – la planète de l&rsquo;automne et de la mélancolie, dit-elle – est un texte bouleversant, un récit intime qui vous cloue. Très jolie découverte !</p>
<p><strong>Sarah Chiche</strong> parle de son roman ici :</p>
<p><a href="https://youtu.be/u17bXxvYqNU">https://youtu.be/u17bXxvYqNU</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 20 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais personne ne me dit que mon père était mort. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je fus envoyée en Normandie. Le lendemain, on l&rsquo;enterra. Sa mère n&rsquo;eut pas la force de se rendre au cimetière. Elle s&rsquo;alita de longs mois. Quand on ouvrir le caveau pour y descendre le cercueil de mon père, ma mère voulut s&rsquo;y précipiter. Ils étaient brisés. Leur douleur à tous de l&rsquo;avoir perdu fut tout ce qu&rsquo;il restait de lui. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais pour moi, rien n&rsquo;avait changé. Il était toujours là, il avait disparu.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 71 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Naturellement, on ne parle jamais d&rsquo;argent. En parler, c&rsquo;est vulgaire, et, plus encore, commencer à le compter. S&rsquo;il venait à manquer, il faudrait dire non à quelque chose, se priver, agiter à nouveau le spectre de l&rsquo;exil. Ainsi flottent-ils dans l&rsquo;illusion que si tout est si brillant, si magnifique, si grandiose et remarquable, dans la reconstitution méticuleuse de ce qu&rsquo;ils ont connu à Alger, et plus encore, alors, rien ne mourra jamais.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 137-138 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais je ne me souviens pas de cela. Je ne me souviens de rien. Je me souviens juste qu&rsquo;enfant , déjà, je ne me souvenais de rien – ni de la chaleur de ses bras, ni du contact de ses doigts, ni de son rire, ni de sa façon de marcher, de fredonner, de me prendre dans les bras pour me montrer les étoiles, de fumer, de se fâcher, d&rsquo;embrasser ma mère, de me parler. Je ne le rencontrerais jamais de mon vivant. Je lui en voulais, atrocement. Colère froide, mutique,  butée – à la hauteur de ce qu&rsquo;aurait été un amour dont j&rsquo;aurais tout oublié.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ce que je voulais, c&rsquo;est rester seule. Rien ne me plaisait davantage. Je voulais que les adultes se taisent. Je voulais grandir, le plu vite possible, m&rsquo;enfuir au plus loin, vivre un grand amour, écrire. Ou mourir, d&rsquo;un coup d&rsquo;un seul, sans souffrir.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Saturne, Sarah Chiche, Seuil, 18 €</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le Printemps arabe à travers la chair&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/09/15/le-printemps-arabe-a-travers-la-chair/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 07:15:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Rachid Benzine, je l&#8217;ai découvert pendant le confinement, au hasard d&#8217;un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J&#8217;avais alors dévoré &#171;&#160;Ainsi parlait ma mère&#160;&#187;, dont je vous ai parlé ici.  Rachid Benzine est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce « Lettres à Nour » a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. Rachid Benzine est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/143327_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5426]"><img class="alignleft wp-image-5428 size-medium colorbox-5426" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/143327_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="143327_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a></p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong>, je l&rsquo;ai découvert pendant le confinement, au hasard d&rsquo;un classement des titres les plus commandés dans une librairie. J&rsquo;avais alors dévoré <strong>&laquo;&nbsp;Ainsi parlait ma mère&nbsp;&raquo;</strong>, dont je vous ai parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/06/07/a-cette-femme-quil-aimera-toujours/">ici</a>. </strong></p>
<p><strong>Rachid Benzine</strong> est un auteur déjà prolixe, auteur d’essais notamment. Sa pièce <strong>« Lettres à Nour »</strong> a été mise en scène avec succès dans plusieurs pays. <strong>Rachid Benzine</strong> est islamologue, politologue, enseignant.</p>
<p>Né en 1971, il est arrivé en France à l’âge de 7 ans avec sa famille marocaine.</p>
<p>Codirecteur de la collection Islam des lumières aux éditions Albin Michel, il s’attache à penser un islam en phase avec notre temps et s’investit également dans le dialogue islamo-chrétien.</p>
<p>Dans ce nouveau roman, <strong>&laquo;&nbsp;Dans les yeux du ciel&nbsp;&raquo;</strong>, il nous entraîne dans le sillage de <strong>Nour</strong>, une prostituée quadragénaire, arabe, musulmane. Dont la vie va basculer pendant les &laquo;&nbsp;Printemps arabes&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est la voix de <strong>Nour</strong> qui nous guide. Une intermédiaire improbable car elle incarne, par la vie qu&rsquo;elle mène, tous les mensonges. Mais elle parle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5426"></span></p>
<p>Là, alors que la rue gronde, jour et nuit désormais, elle raconte les passes avec ses clients, parfois violents, souvent hypocrites avec le pouvoir et la religion. <strong>Nour</strong> parle aussi à son Dieu. Elle parle de sa mère, de sa fille qu&rsquo;elle veut protéger. Elle parle de <strong>Slimane</strong>, aussi. Son jeune ami homosexuel est poète et va devenir fer de lance du mouvement. Jusqu&rsquo;au drame. Elle évoque ses espoirs, sans trop se méprendre cependant sur l&rsquo;avenir qu&rsquo;elle juge incertain.</p>
<p>Le texte a été adapté au théâtre.</p>
<p>Un texte fort. Poignant.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 10 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;appelle Nour. Chez moi, on est prostituée de mère en fille. Enfin, depuis deux générations. Pas de quoi se vanter d&rsquo;un savoir-faire ancestral. Mais ça laisse des marques. Sur le corps. Sur la peau. En dedans, quelque part. Quelque chose que certains nomment l&rsquo; &laquo;&nbsp;âme&nbsp;&raquo;. Peut-être que c&rsquo;est ça. Je ne sais pas trop. En tout cas, une amertume, quand tu y penses, qui te donne envie de gerber. D&rsquo;en finir. Comme ça, d&rsquo;un claquement de doigts. Disparaître. Un dernier vol plané du haut d&rsquo;un minaret. Sous les roues d&rsquo;un char. N&rsquo;être plus que de la bouillie. Une flaque de chair, de sang, de merde. S&rsquo;imaginer comme ça. Une image toujours plus dégueulasse que celle que renvoient ceux qui vous croisent.[&#8230;] &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 53 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Les hommes me seront toujours une énigme. Je suis sûre qu&rsquo;ils valent mieux que ce qu&rsquo;ils me donner à entrevoir. Même comme amants. Ont-ils jamais pensé à offrir du plaisir à une femme ? Gratuitement ? Juste pour faire plaisir ? Je peux être à genoux devant eux, bouche ouverte, j&rsquo;en sais plus sur eux-mêmes qu&rsquo;ils n&rsquo;en sauront jamais. Ils ne se voient pas expirer, suinter, grimacer, grogner&#8230; Pleurer, parfois. Surtout, ils ne s&rsquo;entendent pas parler, éructer. Me traiter de &laquo;&nbsp;sale pute&nbsp;&raquo;, de s&nbsp;&raquo;salope&nbsp;&raquo; ou crier des prénoms qui me sont inconnus mais qui représentent ceux qu&rsquo;ils veulent tant foutre. En me fessant. Quel besoin ont donc les hommes de salir ainsi la femme qui leur offre son corps ? Comme si le plaisir des hommes était une punition. La leur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 94 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Parfois, il faut enjamber un cadavre. A demi calciné ou aux membres désarticulés. Celui-ci n&rsquo;a plus de tête, mais il se cramponne encore à une banderole qui a bu son sang. Je prie pour lui et sa famille. Dans la rue, on attaque vite et on se replie tout aussi vite. On se cache dans des commerces, dans des cages d&rsquo;escalier. On se réfugie chez un ami qui a une console de jeux, de l&rsquo;alcool, du shit. L&rsquo;instinct rend alerte, précis, rapide. Les morts et les blessés s&rsquo;accumulent. L&rsquo;agonie à chaque coin de rue.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Dans les yeux du ciel&nbsp;&raquo;, Rachid Benzine, Seuil, 17€. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un mec&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/10/02/cest-lhistoire-dun-mec/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/10/02/cest-lhistoire-dun-mec/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Oct 2018 07:28:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman, ça vous dit ? Celui-ci est assez particulier, je vous préviens. Il part d&#8217;une bonne idée à laquelle on a cependant (un peu)  du mal à adhérer jusqu&#8217;au bout. Enfin, je vous laisse juger&#8230; L&#8217;histoire ? Elle est étonnante. Déstabilisante aussi. Tout commence en 1946, dans le New-Jersey. A Trenton, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/made-in-trenton.jpg" rel="lightbox[4398]"><img class="alignleft size-full wp-image-4400 colorbox-4398" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/made-in-trenton.jpg" alt="made in trenton" width="195" height="282" /></a></p>
<p>Un premier roman, ça vous dit ? Celui-ci est assez particulier, je vous préviens. Il part d&rsquo;une bonne idée à laquelle on a cependant (un peu)  du mal à adhérer jusqu&rsquo;au bout. Enfin, je vous laisse juger&#8230;</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est étonnante. Déstabilisante aussi. Tout commence en 1946, dans le New-Jersey. A Trenton, on travaille l&rsquo;acier. Un outil d&rsquo;émancipation pour les classes laborieuses  après les horreurs de la guerre. <strong>Abe Kunstler</strong> est de ces ouvriers pauvres qui travaillent dur pour assurer le quotidien.</p>
<p>Il est travailleur, obstiné, bon camarade, buveur invétéré ( pour donner le change et brouiller les pistes)&#8230; et différent. Et pour cause. Il se présente comme &laquo;&nbsp;mutilé&nbsp;&raquo; pendant la guerre et laisse souvent une drôle d&rsquo;impression ici et là. Personne n&rsquo;imagine cependant qui y est en réalité.</p>
<p>Si je vous le dis d&rsquo;emblée, la lecture de ce roman va sérieusement perdre de sa saveur, non ? Disons que le héros de ce premier roman n&rsquo;a pas dit la vérité sur son identité. Il s&rsquo;est inventé un nom, une vie. Un passé.</p>
<p>Des décennies qu&rsquo;il la cache au regard de tous. Lui, le moins baraqué de ses collègues, est aussi celui qui prend le plus soin des autres&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4398"></span></p>
<p><strong>Abe Kunstler</strong>, le visage fin et l&rsquo;esprit aiguisé, a l&rsquo;idée de construire une famille. Pour cela, il lui faut une femme, ce sera <strong>Inez</strong>. Une jeune femme perdue, fragile&#8230; et pas regardante. Au quotidien, son mari cache, dissimule, ferme les portes&#8230;</p>
<p>Pour faire un enfant, il faudra imaginer un stratagème, un plan sordide et délirant&#8230; qui aboutira. Mais à quel prix ?</p>
<p>D&rsquo;année en année, <strong>Abe</strong> s&rsquo;enfonce dans son mensonge, dans l&rsquo;alcoolisme et la violence aussi. Sans solution de retour.</p>
<p>Devenu adulte, son fils <strong>Art</strong>, né handicapé, découvre quelque chose qui le choque et complique encore la relation qu&rsquo;il entretient avec son père. Abe a peur pour son secret. Jusqu&rsquo;où est-il prêt à aller pour cela ? &#8230; Art, lui, ne veut pas aller faire la guerre au Vietnam.</p>
<p>Deux mondes s&rsquo;opposent. Et le rêve américain a pris un sérieux coup dans l&rsquo;aile&#8230;</p>
<p>Un premier roman à la langue âpre et parfois au style alambiqué dans lequel on finit par ne plus y croire du tout.</p>
<p>L&rsquo;auteur<strong> Tadzio Koelb</strong> est journaliste et traducteur. Il enseigne par ailleurs à l&rsquo;Université de Rutgers dans le New Jersey et vit à New York.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 26 :</strong> <em>[&#8230;] La cohérence et les détails : voilà ce qui le maintenant en sécurité. Un homme qui vient de se raser laisse toujours les mêmes indices – un blaireau plein de mousse, un rasoir humide ; il laisse une serviette mouillée sur la patère, aussi sûr qu&rsquo;une voiture laisse des traces dans la neige en roulant. Kunstler laissa la porte claquer derrière lui et descendit les marches quatre à quatre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;La danse, mais aussi l&rsquo;alcool, et pour que son plan fonctionne il les entraîna tous deux plus loin encore dans ce monde brumeux et oublieux, endroit déroutant où il ressentait un curieux mélange de sérénité et d&rsquo;angoisse. C&rsquo;était d&rsquo;ailleurs cette sérénité même qui déclenchait sa peur : il paniquait à l&rsquo;idée de se retrouver en public, avec aux manettes de son self-control sa seule main mal assurée d&rsquo;ivrogne, et parfois il était furieux de voir le nombre d&rsquo;occasions où il se surprenait à baisser la garde. Même avec les autres gars de l&rsquo;usine, qui le connaissaient et acceptaient donc son attitude circonspecte ou qui, tout du moins, s&rsquo;y étaient habitués, il savait que le risque que tout s&rsquo;effondre était toujours présent.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 153 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Mais mentir à la mère voulait dire empêcher le garçon de s&rsquo;approcher d&rsquo;elle, et cela ramenait Kunstler à son point de départ, au point où il en était déjà : chercher le garçon, errer dans la ville avec Jimmy accroché à ses basques, devoir chercher Dieu sait où. et après, quoi ? Lui donner de l&rsquo;argent pour partir, le chasser. Kunstler se demanda avec désespoir depuis combien de temps le garçon avait prévu de balancer ses sales petites accusations. Depuis des heures, ou des années ? Bien sûr, cela importait peu tant qu&rsquo;il les avait gardées pour lui. </em>Evidemment qu&rsquo;il les a gardées pour lui,<em> pensa Kunstler. Tout le monde saurait que c&rsquo;étaient des mensonges, après tout. C&rsquo;était invraisemblable de raconter une histoire pareille sur quelqu&rsquo;un qui était un père, un ouvrier d&rsquo;usine, un homme marié, un soldat mutilé de guerre. Personne n&rsquo;y croirait.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Made in Trenton&nbsp;&raquo;, Tadzio Koelb ( traduction de Marguerite Capelle), Buchet-Chastel, 19 euros.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Un silence qui tue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/09/21/un-silence-qui-tue/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2018 05:55:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; &#160; Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin. Inès Bayard a 26 ans seulement et signe avec &#171;&#160;Le malheur du bas&#160;&#187; un premier opus suffocant. Dérangeant. L&#8217;histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. Marie et Laurent forment [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MALHEUR-DU-BAS.jpg" rel="lightbox[4389]"><img class="alignleft wp-image-4391 size-medium colorbox-4389" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MALHEUR-DU-BAS-204x300.jpg" alt="MALHEUR DU BAS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin.</p>
<p><strong> Inès Bayard</strong> a 26 ans seulement et signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Le malheur du bas&nbsp;&raquo;</strong> un premier opus suffocant. Dérangeant.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. <strong>Marie</strong> et <strong>Laurent</strong> forment un couple jeune, moderne, riche. Elle est cadre dans une banque, il est un avocat pénaliste dont le succès ne fait que grandir. Ils vivent à Paris. Débordés mais heureux.</p>
<p>Et puis, un soir, dans un parking, <strong>Marie</strong> est violée par son supérieur, dans la voiture de ce dernier. Elle n&rsquo;en parlera pas. Et quand elle tombe enceinte, elle est persuadée qu&rsquo;il ne peut s&rsquo;agir que du fruit de cette relation non consentie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4389"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors que l&rsquo;époque est à #balancetonporc et #metoo, Marie, elle, garde le silence. Mais son corps parle, crie. C&rsquo;est lui que la jeune auteure décrit de page en page. Tandis que le couple de <strong>Marie</strong> et <strong>Laurent</strong> prend l&rsquo;eau, le petit <strong>Thomas</strong> subit la violence, verbalisée ou non, de sa propre mère. Une négligence qui préoccupe Laurent sans que jamais il ne puisse comprendre&#8230; et pour cause. Le roman s&rsquo;ouvre sur un chapitre court. Terrible. Il relate, par le menu, les atroces souffrances dans lesquelles Laurent est décédé, dans sa cuisine. Attaché à sa chaise. Son petit garçon, lui, s&rsquo;est empoisonné en goûtant à sa compote&#8230; Au fil des mois, Marie va se perdre. Et perdre pied.</p>
<p>Au final, un roman dans lequel j&rsquo;ai eu un peu de mal à entrer ( à cause du style, je pense, plutôt moyen, il faut être honnête), mais que j&rsquo;ai finalement apprécié. Pour la manière dont <strong>Inès Bayard</strong> aborde le corps et la résistance qu&rsquo;il peut (ou pas) déployer face aux agressions extérieures. Pour la façon aussi dont elle évoque la sexualité au sein du couple. Difficile cependant pour moi de comprendre le silence assourdissant de <strong>Marie</strong>&#8230; A l&rsquo;exception d&rsquo;une lettre découverte heureusement par sa soeur. Mais trop tard.</p>
<p>Prometteur.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 57 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Laurent revient, balançant le bac à poissons à moitié rempli entre ses mains. Il est content. Marie le trouve de plus en plus laid. Avec sa canne à pêche, son air béat de bonheur permanent, sa petite vie toute parfaite, elle a envie de lui cracher dessus, de lui enfoncer quelque chose au fond de la gorge. Dans ce tableau sans défauts visibles, il faut s&rsquo;arrêter sur les détails. Personne n&rsquo;a l&rsquo;idée de le faire. Ils préfèrent la douce et rassurante surface des sentiments, lisse et souple, ne surtout pas discerner les taches noires, les dysfonctionnements, les tourments.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 143-144 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Son désir pour lui la dégoûte. Elle lutte pour maintenir la sécheresse entre ses cuisses. Elle se démène de toutes ses forces pour conserver le tragique de ces secondes où elle a envie de tuer son fils, pour refréner ses pulsions sexuelles malsaines qui envahissent vicieusement le bas de son ventre. Elle se tourne et l&rsquo;embrasse. Laurent est surpris. Du meurtre à l&rsquo;amour, du sperme au sang, du désir à la mort, c&rsquo;est bien la chair qui l&rsquo;emporte. Epuisée, pénétrée, le corps souffrant, courbaturé par les mouvements physiques du corps de Laurent sur le sien, Marie halète comme une gentille petite chienne. A quoi bon la paix quand celle-ci n&rsquo;alimente que la haine.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 241 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Marie se dit qu&rsquo;elle a pris la bonne décision en choisissant le silence après son viol. Sa soeur ne lui a même pas demandé l&rsquo;identité de son violeur. Pas une seule seconde, la question de l&rsquo;agression sexuelle n&rsquo;a été directement évoquée avec Roxane. Sa mère n&rsquo;aurait elle non plus posé aucune question. En découvrant sa propre fille nageant dans sa crasse, elle n&rsquo;a même pas été capable de lui demander une explication. Les faits étaient suffisants. Les conséquences visibles et irréparables. Tout le monde se meut dans le silence par précaution. Le viol disparaît dans l&rsquo;actualité. La violence sourde, altérée, remise en cause d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, s&rsquo;efface tout simplement à la surface du calvaire et de la mélancolie. Et chacun repart.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le malheur du bas&nbsp;&raquo;, Inès Bayard, Albin Michel, 18,50 €</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Quand la guerre force le destin&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/05/23/quand-la-guerre-force-le-destin/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/05/23/quand-la-guerre-force-le-destin/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 May 2016 07:35:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Allemands]]></category>
		<category><![CDATA[Amércains]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
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		<category><![CDATA[Deuxième Guerre mondiale]]></category>
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		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
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		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2016]]></category>
		<category><![CDATA[soldat allemand]]></category>

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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2016 On poursuit notre promenade parmi les premiers romans sélectionnés cette année pour le prix Roblès. En attendant la proclamation du nom du lauréat 2016, le 3 juin, voici une nouvelle découverte avec &#171;&#160;Today we live&#160;&#187; écrit par Emmanuelle Pirotte, scénariste de métier. Avec  ce roman ramassé, elle nous entraine en Belgique, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Sélection prix Roblès 2016</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TODAY.jpg" rel="lightbox[3569]"><img class="alignleft size-full wp-image-3577 colorbox-3569" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TODAY.jpg" alt="TODAY" width="195" height="307" /></a>On poursuit notre promenade parmi les premiers romans sélectionnés cette année pour<strong> le prix Roblès.</strong> En attendant la proclamation du nom du lauréat 2016, le 3 juin, voici une nouvelle découverte avec <strong>&laquo;&nbsp;Today we live&nbsp;&raquo;</strong> écrit par <strong>Emmanuelle Pirotte</strong>, scénariste de métier.</p>
<p>Avec  ce roman ramassé, elle nous entraine en Belgique, au coeur de la Deuxième Guerre mondiale. Nous sommes en décembre 1944, en pleine contre-offensive allemande dans les Ardennes belges.</p>
<p>Une petite fille juive, que tous appellent <strong>Renée</strong> est confiée à deux soldats qui se disent américains. Il n&rsquo;en est rien. Les deux hommes sont Allemands, infiltrés. <strong>Mathias</strong> abat son camarade et s&rsquo;enfuit avec la fillette de sept ans. Pour faire quoi ? Pour aller où ? La guerre les rattrape et la forêt, un temps un abri, ne l&rsquo;est plus.</p>
<p>De cette rencontre improbable, de cette cavale épique et de cette amitié étrange, <strong>Mathias</strong> et <strong>Renée</strong> font faire le socle de leur histoire. Un roman bien mené. Qui tient en haleine. Personne n&rsquo;y est tout à fait bon ou méchant. Les circonstances sont exceptionnelles, les hommes et les femmes s&rsquo;adaptent. Et s&rsquo;arrangent pour survivre.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Today we live<em>&laquo;&nbsp;</em> </strong>a reçu le Prix Edmée de La Rochefoucauld 2016.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 24 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Mathias était un maillon de cette machine de destruction. Il était un des membres de l&rsquo;ogre affamé. Mais cela ne l&rsquo;empêchait pas de dormir. Il avait pris ce que le système avait de meilleur à lui offrir, en sachant exactement dans quelle merde il mettait les pieds. Et personne ne l&rsquo;avait obligé à participer à la danse, il s&rsquo;était invité tout seul.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Depuis quelques mois, la grande fête macabre virait au pathétique. La guerre était perdue et on faisait semblant que c&rsquo;était tout le contraire. Cette opération Greif était du plus parfait ridicule : quelques pauvres types à peine sortis du ventre de leur mère, braillant l&rsquo;anglais comme une fermière de Souabe, aussi convaincants en fils de l&rsquo;Oncle Sam que Goebbels en danseur de claquettes. Même les déguisements étaient lamentables  : pleins d&rsquo;à-peu-près et d&rsquo;inexactitudes, comme des costumes de fête d&rsquo;école pour pauvres. Mais enfin, Mathias avait accepté, ainsi que trois ou quatre des meilleurs de la bande au Balafré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Trappeur dans les forêts du nord de la baie James au milieu des années 1930, Mathias avait vécu seul, côtoyant les Indiens de loin, pour les besoins de la traite. Et puis un jour, son canoë s&rsquo;était retourné dans les rapides d&rsquo;Avoine de la rivière Rupert. Chihchuchimâsh l&rsquo;avait trouvé, agonisant sur une plaque de pierre en bordure de la rivière. C&rsquo;était le chien de Mathias qui avait attiré la vieille femme jusqu&rsquo;à lui. Mathias avait le crâne fracassé, mais il s&rsquo;en était remis, après une forte fièvre qui avait duré une semaine. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mathias marcha ainsi longtemps, visité par de brèves et puissantes fulgurances, venues du Canada. Malgré son état de confusion, de profonde incertitude, il savait une chose : la forêt lui avait terriblement manqué. Une vraie forêt. C&rsquo;était la première fois depuis cinq ans qu&rsquo;il y vivait plus de quelques heures d&rsquo;affilée. Ses entraînements chez les Brandebourgeois comportaient des parcours dans les bois, et ses missions d&rsquo;infiltration parmi les résistants du Vercors l&rsquo;avaient amené à vivre dans la nature, mais il s&rsquo;apercevait à présent à quel point ces moments avaient été trop rares.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 180-181 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“La plupart de tes copains préfèrent se faire buter plutôt que donner des infos. Qu&rsquo;est-ce que tu veux ? ”</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mathias se figea à la question de Pike. Que voulait-il ? Il se sentait épuisé comme jamais il ne l&rsquo;avait été. Il en avait par-dessus le képi. Cette guerre avait cessé de l&rsquo;amuser depuis sa dernière infiltration dans la Résistance française, quand il avait dû abattre trois adolescents, deux garçons de dis-sept ans et une fille de dix-huit, sur la place d&rsquo;un village. Il leur avait tiré dans le dos alors qu&rsquo;ils s&rsquo;enfuyaient, sous les yeux de la mère des garçons, une femme d&rsquo;un courage exceptionnel qui l&rsquo;avait hébergé, nourri pendant des semaines. Ce jour-là, il s&rsquo;était dit qu&rsquo;il lui était à peu près égal de vivre ou de mourir. Seulement on ne meurt pas si facilement quand on est une bête de guerre surentrainée. C&rsquo;est plus fort que soi. Renée était venue tout chambouler. De nouveau, il avait en envie de vivre, pour elle, et pour lui. Pour lui avec elle. Il voulait vivre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il dit à Pike. Celui-ci eut un sourire désolé, parce que ce n&rsquo;était pas ce qui était prévu. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Today we live&nbsp;&raquo;, Emmanuelle Pirotte, au Cherche Midi, 16,50€. </strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;impossible deuil d&#8217;un enfant&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/12/limpossible-deuil-dun-enfant/</link>
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		<pubDate>Sat, 12 Jan 2013 14:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[absence]]></category>
		<category><![CDATA[chagrin]]></category>
		<category><![CDATA[David Grossman]]></category>
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		<category><![CDATA[Tombé hors du temps]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;La poésie est le langage de ma douleur&#160;&#187;. L&#8217;un des personnages du récit pour voix intitulé &#171;&#160;Tombé hors du temps&#160;&#187; écrit par David Grossman résume à lui seul la démarche de l&#8217;auteur israélien. &#160; Alors qu&#8217;il écrivait &#160;&#187; Une femme fuyant l&#8217;annonce&#160;&#187;, roman prophétique dans lequel une femme entreprend une randonnée en Israël après avoir [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-caption-dd"><strong><em>&laquo;&nbsp;La poésie est le langage de ma douleur&nbsp;&raquo;.</em> </strong>L&rsquo;un des personnages du récit pour voix intitulé <strong>&laquo;&nbsp;Tombé hors du temps&nbsp;&raquo;</strong> écrit par <a title="découvrir la page Wikipédia de l'auteur" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Grossman_%28%C3%A9crivain%29"><strong>David G</strong><strong>rossman</strong></a> résume à lui seul la démarche de l&rsquo;auteur israélien.</p>
<dl class="wp-caption alignleft" id="attachment_1403" style="width: 125px">
<dt class="wp-caption-dt"></dt>
</dl>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/12/limpossible-deuil-dun-enfant/david-grossman-1-sized-2/" rel="attachment wp-att-1406"><img class="alignleft  wp-image-1406 colorbox-1400" style="margin: 10px" alt="david-grossman-1-sized" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/david-grossman-1-sized1.jpg" width="131" height="145" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors qu&rsquo;il écrivait <strong>&nbsp;&raquo; Une femme fuyant l&rsquo;annonce&nbsp;&raquo;</strong>, roman prophétique dans lequel une femme entreprend une randonnée en Israël après avoir appris la mort de son fils, l&rsquo;auteur lui-même perdait son fils âgé de 20 ans, lors de la deuxième guerre du Liban, tué par une roquette.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1400"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/12/limpossible-deuil-dun-enfant/grossman-couv/" rel="attachment wp-att-1410"><img class="alignleft  wp-image-1410 colorbox-1400" style="margin: 10px;border: 0px none" alt="GROSSMAN COUV" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GROSSMAN-COUV.jpg" width="265" height="133" /></a></p>
<p>Avec<strong> </strong> <strong>&laquo;&nbsp;Tombé hors du temps&nbsp;&raquo;</strong>, David Grossman, homme de gauche et fondateur avec d&rsquo;autres intellectuels engagés du mouvement La Paix pour rapprocher Israéliens et Palestiniens, revient sur cette expérience du deuil. <strong>Elle le nourrit. Lui en a fait, en poésie et en prose, un récit pour voix, écrit de 2009 à 2011.</strong></p>
<p>A noter que la traduction a été faite par <strong>Emmanuel Moses,</strong> lui-même poète et romancier.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Au fil des pages, des personnages qui marchent, qui crient, qui écrivent, qui racontent, qui pleurent, qui avancent vers &laquo;&nbsp;là-bas&nbsp;&raquo;</strong>. Autant d&rsquo;hommes et de femmes qui ont tous perdu un fils, une fille. A la guerre, par accident, après un suicide&#8230; Les histoires se mélangent sous différentes formes d&rsquo;écriture. Certains lecteurs y trouveront les codes du théâtre, voire de l&rsquo;opéra.</p>
<p>Il y a là, l&rsquo;homme qui marche, le centaure, le cordonnier, la sage-femme, le vieux professeur de mathématiques, la femme dans le filet, le chroniqueur de la ville et sa femme, le Duc&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits (retranscrits dans la même mise en page que dans le livre)</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 19 :</strong></p>
<p><strong>L&rsquo;homme :</strong></p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">Et ensemble</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">Nous sommes nés</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">De l&rsquo;autre côté,</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">Sans</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">Mots, sans</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">Couleurs, et nous avons appris</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">A vivre</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify">Le négatif</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify"><span class="alignleft">De la vie.</span></p>
</blockquote>
<p class="colorbox-link" style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<blockquote>
<p class="colorbox-link"><strong> Page 70 :</strong></p>
<p class="colorbox-link"><strong> le centaure :</strong></p>
<p class="colorbox-link"><em>[&#8230;] Cela fait bien une semaine que tu te retrouves ici, par hasard, que tu passes devant ma fenêtre, trois ou quatre fois par jour, et hier cinq, mais bon, on ne va pas mégoter, pressé de régler une affaire, absorbé dans tes pensées, et soudain : Stop ! Pilons net ! Jetons un petit coup d&rsquo;oeil surprises ! Qu&rsquo;avons-nous là ? Un centaure ? Et qui a perdu son enfant, par-dessus le marché ? Bingo ! Revêtons vite fait une expression de tendre mélancolie et de compassion au chagrin d&rsquo;autrui et trempons en deux temps trois mouvements la pointe de notre porte-plume en argent dans son encre noire puis posons fissa quelques questions sur le fils, le fils, le fils ! [&#8230;]</em></p>
<p class="colorbox-link">Page 133  :</p>
<p class="colorbox-link"><strong> l&rsquo;homme qui marche  :</strong></p>
<p class="colorbox-link">[&#8230;] Et pardonne-moi, je te prie, pour cette question</p>
<p class="colorbox-link">Qui te paraîtra peut-être stupide et un peu banale, mais</p>
<p class="colorbox-link">Je dois te la poser</p>
<p class="colorbox-link">Parce que cela fait cinq ans qu&rsquo;elle</p>
<p class="colorbox-link">Dévore mon âme</p>
<p class="colorbox-link">Comme une maladie  :</p>
<p class="colorbox-link">Qu&rsquo;est-ce que la mort, mon fils ?</p>
<p class="colorbox-link">Qu&rsquo;est-ce</p>
<p class="colorbox-link">Que</p>
<p class="colorbox-link">La mort ?</p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Un corps à corps avec la douleur. Voilà à quoi nous invite David Grossman dans <strong>&laquo;&nbsp;Tombé hors du temps&nbsp;&raquo;</strong>. On y plonge, on se débat pour remonter à la surface chercher un peu d&rsquo;air et de réconfort avant, finalement, d&rsquo;y replonger la tête la première. Sa langue délicate, ses mots et la polyphonie qu&rsquo;il invente  parlent de l&rsquo;incrédulité de l&rsquo;absence définitive, du chagrin de la la perte, des questions qui restent sans réponse. Pour moi, une vraie découverte à lire à haute voix ou en son for intérieur. Et un voyage inoubliable en poésie. A découvrir. Vraiment.<br />
</span></p>
<p class="colorbox-link" style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Tombé hors du temps&nbsp;&raquo;, David Grossman, Seuil, 17,50€.</strong> </em></p>
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