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	<title>Quatrième de couv &#187; aventures</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Maram ou la quête d&#8217;une femme et d&#8217;une légende&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 06:46:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Nous poursuivons notre virée à travers les romans de la rentrée. Et cette fois, nous partons pour l&#8217;Afrique et plus précisément encore le Sénégal et l&#8217;île de Gorée&#8230; que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;arpenter en tous sens, en 2013. Avec La porte du voyage sans retour,  nous nous mettons dans les pas de Michel Adanson, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><img class="alignleft size-full wp-image-5775 colorbox-5771" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782021487855_1_m.jpg" alt="9782021487855_1_m" width="150" height="215" /></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Nous poursuivons notre virée à travers les romans de la rentrée. Et cette fois, nous partons pour l&rsquo;Afrique et plus précisément encore le Sénégal et l&rsquo;île de Gorée&#8230; que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;arpenter en tous sens, en 2013. Avec <em><strong>La porte du voyage sans retour</strong></em>,  nous nous mettons dans les pas de <strong>Michel Adanson</strong>, un naturaliste du XVIIIe siècle, parti explorer ce pays pendant cinq ans, de 1749 à 1754. Il n&rsquo;avait alors que 23 ans. Il sera le premier à rédiger une histoire naturelle du Sénégal. Le premier aussi à en rapporter des contes et des légendes. Un personnage original qui a fasciné l&rsquo;écrivain <strong>David Diop</strong>.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Ce dernier, à partir du récit de voyage publié par ce scientifique atypique qui avait appris le wolof pour mieux comprendre son environnement et les gens qu&rsquo;il rencontrait, a décidé d&rsquo;imaginer un récit de voyage secret. Une histoire qu<strong>&lsquo;Aglaé</strong>, fille unique de <strong>Michel Adanson</strong> découvrira après son décès de son père, qui avait tout savamment préparé. Une histoire de tiroirs. De quoi renforcer encore cette relation père-fille entretenue de manière atypique par les deux personnages jusqu&rsquo;après la mort. L&rsquo;héritage est ainsi transmis.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">C&rsquo;est dans cette Porte du voyage sans retour, surnom que l&rsquo;on donne à l&rsquo;île de Gorée d&rsquo;où sont partis des millions d&rsquo;Africains pendant la traite de Noirs débarque <strong>Michel Adanson</strong>. Nous sommes en 1750, dans une concession française pour étudier la flore locale.</p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><span id="more-5771"></span></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Botaniste, il caresse le rêve d&rsquo;établir une encyclopédie universelle du vivant (il aspirait à intégrer l&rsquo;Académie royale des sciences de Paris), en un siècle où l&rsquo;heure est aux Lumières. Lorsqu&rsquo;il a vent de l&rsquo;histoire de <strong>Maram</strong>, une jeune Africaine promise à l&rsquo;esclavage et qui serait parvenue à s&rsquo;évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant <span id="js-showResume" class="showResume">de légendes. L&rsquo;amour naît entre les deux jeunes gens, empêché cependant. Le botaniste finira par oublier les traits de <strong>Maram</strong> et ses convictions contre l&rsquo;esclavage, d&rsquo;ailleurs. </span></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">Outre la jeune femme, vendu par son oncle contre un simple fusil, il y a le personnage de <strong>Ndiak</strong>, qui accompagne <strong>Michel Adanson</strong>. Il a réellement existé.  Une jeune homme, fils d&rsquo;un dignitaire, qui lui ouvre des portes et n&rsquo;a de cesse de s&rsquo;exprimer avec une grande sagesse.</p>
<div id="productDescription" class="col-xs-12 no-padding">
<div class="productDescription col-xs-12">
<div class="productDescription-content col-xs-12">
<p>Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce nouveau roman de <strong>David Diop</strong>, lauréat du <strong>Goncourt des Lycéens 2018</strong> et de <strong>l&rsquo;International Booker Prize 2021</strong> pour son roman <em><strong>Frère d&rsquo;âme</strong>, </em>un régal de lecture.</p>
<p>Né à Paris en 1966, <strong>David Diop</strong> a grandi au Sénégal et est maître de conférences à l&rsquo;Université de Pau.</p>
<p>Au final, un formidable roman d&rsquo;aventure et d&rsquo;amour. Captivant. Entre fiction et réalité.  J&rsquo;ai adoré !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Pour lire ces feuillets, il aura fallu que tu aies accepté de garder mes pauvres meubles en héritage pour la seule raison qu&rsquo;ils m&rsquo;ont appartenu. Si tu me lis, c&rsquo;est que tu auras recherché ma vie cachée et que tu l&rsquo;auras trouvée, parce que tu tenais un peu à moi. S&rsquo;aimer, c&rsquo;est aussi partager le souvenir d&rsquo;une histoire commune. Je n&rsquo;ai que trop peu cherché à trouver les moments de la faire éclore alors que tu étais enfant puis jeune fille. Je te l&rsquo;offre maintenant que tu es devenue une femme et que la mort m&rsquo;aura dérobé à ton regard et à ton jugement. J&rsquo;étais trop occupé à me fuir moi-même pour te consacrer du temps et désormais je le regrette. Mais peut-être que la rareté de nos souvenirs communs en fait le prix&#8230; Piètre consolation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 143 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Pendant que je réfléchissais, Maram avait repris son souffle. La nuit avait soudain envahi sa grande case. Au Sénégal, le crépuscule que nous connaissons en Europe n&rsquo;existe pas :  le passage du jour à la nuit n&rsquo;est pas lent comme sous nos latitudes, mais brutal. Maram ne fit rien pour nous donner de la lumière et je jugeai qu&rsquo;elle avait raison. Ce qu&rsquo;elle avait à me révéler, comme l&rsquo;annonçait le début de son histoire, ne pouvait être raconté que dans une obscurité protectrice et non sous une lumière trop crue qui aurait rendue plus insoutenable encore l&rsquo;affreux spectacle des plaies de son existence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 237 </strong> :<em> &laquo;&nbsp;Je ne suis pas fier aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;avouer, mais le temps effaçant peu à peu le beau visage de Maram de ma mémoire, j&rsquo;ai fini par assimiler ma passion pour elle à une exaltation amoureuse inavouable, une folie de jeunesse sans conséquence. Mon ambition de savant était devenue si dévorante que je lui ai sacrifia Maram sans remords. Et, prisonnier de ma quête de reconnaissance et de gloire, institué par mes pais spécialiste de tout ce qui avait trait au Sénégal, j&rsquo;ai publié une notice, destinée au Bureau des Colonies, sur les avantages du commerce des esclaves pour la Concession du Sénégal à Gorée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai subodoré, j&rsquo;ai argumenté, j&rsquo;ai aligné des chiffres favorables à ce trafic infâme contre mes convictions désormais profondément cachées, enfouies dans mon âme. Abîmé dans l&rsquo;étude des plantes, entraîné par une succession de petites compromissions alimentées par l&rsquo;espoir de publier un jour mon Orbe universel dont j&rsquo;attendais la gloire j&rsquo;ai perdu de vue Maram, c&rsquo;est-à-dire la réalité tangible de l&rsquo;esclavage.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
</div>
</div>
</div>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding"><em><strong> La porte du voyage sans retour, David Diop , Seuil, 19€</strong></em></p>
<p class="titreDescription col-xs-12 no-padding">
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la brume asphyxiante, le rêve d&#8217;autres vies&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2021 07:32:31 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sélection Roblès 2021 Quelle histoire ! Pourtant sur le papier, rien qui ne m&#8217;attire au premier abord : l&#8217;histoire n&#8217;est pas contemporaine, en plus, elle est lointaine. Bref. Il suffisait pourtant de se lancer embarquer sur le vraquier au coeur de cette histoire. A partir de là, les intrigues se découvrent, se mêlent, le tout [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782743650148.jpg" rel="lightbox[5646]"><img class="alignleft size-full wp-image-5649 colorbox-5646" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/9782743650148.jpg" alt="9782743650148" width="220" height="322" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #0000ff">Sélection Roblès 2021</span></strong></p>
<p>Quelle histoire ! Pourtant sur le papier, rien qui ne m&rsquo;attire au premier abord : l&rsquo;histoire n&rsquo;est pas contemporaine, en plus, elle est lointaine. Bref. Il suffisait pourtant de se lancer embarquer sur le vraquier au coeur de cette histoire. A partir de là, les intrigues se découvrent, se mêlent, le tout sur fond de brouillard et d&rsquo;odeur de fiente&#8230; Oui, le guano est un des personnages de ce roman à l&rsquo;atmosphère sombre. Et pour cause, à cette époque, pour une raison qui reste mystérieuse, sur le littoral chilien, le soleil ne brille de mille feux qu&rsquo;à peine deux heures par jour&#8230; Tout est humide et sent le renfermé.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Oui, venons-y. <strong>Edouard Jousselin</strong>, jeune auteur trentenaire, né à Montargis, nous présente d&rsquo;emblée à <strong>Joseph</strong> et <strong>Vald</strong>. Le premier n&rsquo;a vraiment pas le pied marin, vomit tandis que son ami d&rsquo;enfance tente de trouver une solution. Ils viennent de fuir. Sans savoir, sans s&rsquo;être dit la vérité non plus.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On devrait sans doute moins penser comme des naufragés, nous sommes des marins, des aventuriers&nbsp;&raquo;, dit <strong>Vald</strong>. Et pourtant. Un premier chapitre qui s&rsquo;ouvre la fin de l&rsquo;histoire. Alors rembobinons.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5646"></span></p>
<p>Il y a le <strong>capitaine Moustache</strong>. Lui, ancien acteur de la lutte pour la l&rsquo;indépendance, est aujourd&rsquo;hui un homme redouté, craint. Il est seul à pouvoir rallier les îles du Pacifique du sud de l&rsquo;Amérique latine dans le brouillard permanent pour transporter l&rsquo;or local, le guano. Un homme qui voulait être riche, qui s&rsquo;est accoquiné avec <strong>Riffi</strong> pour profiter du monopole et mettre les trois familles régnantes à ses pieds. Là, <strong>Riffi</strong> le double. Fomente des attentats pour détourner l&rsquo;attention. De quoi alimenter cette fable épique sur fond de révolution ratée.</p>
<p class="article__paragraph ">Entre les villes de <strong>Libertad</strong> et <strong>Agouto,</strong> la jalousie est grande. Les deux maires respectifs, personnages atypiques et ennemis ont trouvé en Moustache un ami, un allié. Au fil des pages, chacun rêve d&rsquo;écrire son histoire dans cette brume asphyxiante. Qui a révéler le monstre qui sommeille en lui. Un livre d&rsquo;hommes dans lequel les femmes sont sacrifiées par la vanité de ces derniers.</p>
<p class="article__paragraph ">Un roman captivant. Une fable épique et romanesque.</p>
<h3 style="text-align: center"> Extraits</h3>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 48 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La jeunesse à laquelle il appartenait avait grandi avec des ombres, des silhouettes floues, des formes altérées et des tons flétris. Elle faisait preuve d&rsquo;une moindre imagination, s&rsquo;abêtissait à perforer des carapaces de crustacés, cheminait à rebours le sentier de l&rsquo;intelligence humaine. A terme, il n&rsquo;était pas difficile de s&rsquo;en convaincre, les hommes de cette région deviendraient des cafards, terrés dans leurs trous froids et humides, le ventre couvert de boue, la tête rentrée dans une coquille brune, diffusant l&rsquo;odeur tenace du guano.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 84 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Quand l&rsquo;air se chargea d&rsquo;eau, au début des années 1880? Jojo, José, toutes les personnes que Moustache avait fréquentées et appréciées jadis, commencèrent de lui faire de longues leçons à propos de sa situation, du fait qu&rsquo;il s&rsquo;en tirait très bien malgré la brume, qu&rsquo;il enrichissait aux dépens de tous, à cause d&rsquo;un fléau. Au début, Ernesto culpabilisa, jura ne désirer rien de plus que l&rsquo;évanouissement du voile, proposa de rendre des services, ce qu&rsquo;il fit, d&rsquo;ailleurs. Mais les aigreurs s&rsquo;accentuèrent. On l&rsquo;affubla de sobriquets </em>L&rsquo;ami du brouillard, le fils de la brume, le disciple de la nuit opaque<em>. Blessé, il devint plus solitaire, de moins en moins enjoué à l&rsquo;idée d&rsquo;accoster, de retrouver ses détracteurs impatients de charger son guano et de décharger leurs reproches.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 286 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il fallait oublier, comment faire ? Faire le vide. Se remplir le ventre de grillades. Regarder la brume s&rsquo;assombrir peu à peu et le port s&rsquo;éteindre progressivement telle la lumière dans les yeux d&rsquo;un vieillard qui se meurt. Faire le vide. Ne plus penser. Les réserves de guano ? Elles sont nécessaires. Faire le vide. Juan José en prison par sa faute. S&rsquo;allonger. Jojo et José qui préparent déjà leurs armées pour se détruire l&rsquo;un l&rsquo;autre. Fermer les yeux. Le jour qui décline, calme et serein comme un lac gelé, sans vent, sans pluie. Lady Sue, éclatée. Faire le vide. Lady Sue qui m&rsquo;aimait. Lady Sue, l&rsquo;innocente.  Inspirer. Juan José. Expirer. S&rsquo;endormir.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Les cormorans&nbsp;&raquo;, Edouard Jousselin, Rivages. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La vie comme elle va derrière le tableau noir&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/01/04/la-vie-comme-elle-va-derriere-le-tableau-noir/</link>
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		<pubDate>Sat, 04 Jan 2020 08:00:24 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Plonger dans les années 70, et plus précisément l&#8217;année 1975 ( celle de ma naissance, eh oui !) , ça vous dit ? Jean-Philippe Blondel revient avec un quinzième roman et des thématiques jamais explorées jusque là. Je vous raconte ? Nous sommes en 1975 donc. En province. Et dans un groupe scolaire. L&#8217;école ds [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COUV.jpg" rel="lightbox[4987]"><img class="alignleft size-full wp-image-4989 colorbox-4987" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/COUV.jpg" alt="COUV" width="105" height="149" /></a>Plonger dans les années 70, et plus précisément l&rsquo;année 1975 ( celle de ma naissance, eh oui !) , ça vous dit ? <strong>Jean-Philippe Blondel</strong> revient avec un quinzième roman et des thématiques jamais explorées jusque là.</p>
<p class="western">Je vous raconte ? Nous sommes en 1975 donc. En province. Et dans un groupe scolaire. L&rsquo;école ds garçons côtoie celle des filles et celle des petits. Les instituteurs, que l&rsquo;on appellera plus tard professeurs des écoles, occupent des logements de fonction. Et partagent le temps et l&rsquo;espace avec leurs collègues, tout au long de l&rsquo;année scolaire. Pas si simple.</p>
<p class="western">Alors <strong>Jean-Philippe Blondel</strong> nous raconte la vie des <strong>Brunet</strong>, <strong>Goubert</strong>, <strong>Lorrain</strong>, <strong>Coudrier</strong>, <strong>Ferrant</strong>. Tient une chronique joyeuse et triste à la fois qui mélange les histoires des enfants et celles de leurs parents.</p>
<p class="western"><strong>Charles Florimont</strong> arrive avec de nouvelles méthodes pédagogiques en vogue, quand<strong> Reine Esposito</strong>, elle, fait tout basculer en poursuivant le rigide <strong>Lorrain</strong> de ses assiduités&#8230;.</p>
<p class="western">C&rsquo;est drôle, malicieux, émouvant. Et l&rsquo;écriture, très fluide, nous donne envie de suivre tous les personnages de cette galerie rigolote.</p>
<p class="western"><strong>L&rsquo;auteur parle de son livre ici :</strong></p>
<p><iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/rLdAvzPTWrE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p class="western" style="text-align: center"> <strong><b>Extraits</b></strong></p>
<blockquote class="western"><p><strong><b>Page 89 :</b></strong> <em>&laquo;&nbsp;Florimont a eu les coudées franches, dès le mois de septembre. Il a suffi d&rsquo;un coup de fil de l&rsquo;inspecteur. Celui-ci, plus finaud qu&rsquo;il n&rsquo;en a l&rsquo;air, n&rsquo;a pas menacé Lorrain des foudres de Jupiter s&rsquo;il mettait des bâtons dans les roues de Florimont. Il sait que Lorrain s&rsquo;épanouit dans l&rsquo;agressivité et le combat &#8211; des années de lutte contre les éléments et les espaces naturels l&rsquo;ont aguerri. L&rsquo;inspecteur a repéré le talon d&rsquo;Achille du directeur de Denis-Diderot : la vanité. Un orgueil qu&rsquo;il tente de dissimuler mais qui revient au galop dès qu&rsquo;on empiète sur ses plates-bandes. C&rsquo;est en souriant que l&rsquo;inspecteur a alors téléphoné à Lorrain, l&rsquo;avant-veille de la rentrée, chez lui et non à l&rsquo;école.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<blockquote class="western"><p><strong><b>Page 137 :</b></strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Passe encore qu&rsquo;on se morfonde devant un amour inassouvi en se rendant compte qu&rsquo;on a raté sa vie, mais qu&rsquo;on fasse en sorte de rattraper le temps perdu, et puis quoi encore ? On est responsable de ses choix. On les assume. Sinon; c&rsquo;est la chienlit. Toutes ces femmes qui plaçaient leur recherche du plaisir avant leur moralité, c&rsquo;en était trop. Quelqu&rsquo;un devait leur rappeler leur rôle et leur devoir, et le destin l&rsquo;avait choisie elle, Geneviève Coudrier, comme fer de lance de ce nouvel ordre moral. Alors qu&rsquo;ils s&rsquo;embrassaient à pleine bouche et en plein Paris, elle se posterait à côté d&rsquo;eux et se raclerait la gorge. Elle pouvait anticiper le frisson de bonheur qui la parcourrait lorsqu&rsquo;elle verrait la tête des deux amants confondus.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<blockquote class="western"><p><strong><b>Page 242 :</b></strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] On s&rsquo;était dit que ce n&rsquo;était pas si grave, tout semblait avoir repris sa place, mais très vite il avait fallu se rendre à l&rsquo;évidence, les lignes avaient bougé, révélant des failles, des gouffres, des abîmes, de nouvelles aspirations se faisaient jour, des revendications, des décisions. Reine Esposito se mettait à courir le long des murs de briques en hurlant qu&rsquo;elle voulait être prise, là, maintenant. Geneviève Coudrier se détachait de l&rsquo;encoignure dans laquelle on pensait qu&rsquo;elle resterait jusqu&rsquo;à la fin de sa vie et se mettait à exister pleinement. Janick, guidée par un patron soudain devenu mentor, tirait des plans sur la comète et transformait le quotidien en piste en étoiles. Aucune de ces femmes ne lui demandait rien &#8211; elles s&rsquo;imposaient, dans la démence ou dans l&rsquo;assurance tranquille, et elles souriaient en ajoutant que le monde ne serait plus jamais le même. Les écoles étaient mixtes. Des inspectrices remplaceraient bientôt les inspecteurs et viendraient s&rsquo;installer au fond des salles de classe pour juger du travail effectué. Gérard Lorrain et ses amis randonneurs deviendraient en quelques années une survivance, un morceau de cet univers où jadis les hommes pensaient qu&rsquo;ils menaient la danse.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p class="western"><strong> </strong><strong><b>&laquo;&nbsp;La grande escapade&nbsp;&raquo;, Jean-Philippe Blondel, Buchet-Chastel, 18€</b></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Des services très très spéciaux&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/28/des-services-tres-tres-speciaux/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/03/28/des-services-tres-tres-speciaux/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2016 07:56:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA["Envoyée spéciale"]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire A chaque rentrée littéraire, c&#8217;est la même histoire : trop de livres et pas assez de temps ! Alors je me concentre sur les premiers romans et sur les auteurs qui me sont chers. Sans oublier quelques découvertes grâce à d&#8217;autres lecteurs, la chronique d&#8217;un journaliste, etc. Avec Jean Echenoz, c&#8217;est autre chose. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span> </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/v_9782707329226.jpg" rel="lightbox[3483]"><img class="alignleft size-full wp-image-3484 colorbox-3483" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/v_9782707329226.jpg" alt="v_9782707329226" width="180" height="246" /></a> A chaque rentrée littéraire, c&rsquo;est la même histoire : trop de livres et pas assez de temps ! Alors je me concentre sur les premiers romans et sur les auteurs qui me sont chers. Sans oublier quelques découvertes grâce à d&rsquo;autres lecteurs, la chronique d&rsquo;un journaliste, etc.</p>
<p>Avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Echenoz"><strong>Jean Echenoz</strong></a>, c&rsquo;est autre chose. Des années, et même des décennies que je suis cet auteur. Pas de manière aveugle et inconditionnelle non, mais avec une attention tout particulière.</p>
<p>Sur <strong>Quatrième de couv</strong>, c&rsquo;est un écrivain dont je parle régulièrement et que j&rsquo;ai lu beaucoup (douze romans lus sur dix-sept écrits, c&rsquo;est plus que de l&rsquo;admiration, non ? )  Vous trouverez la critique de <strong>&laquo;&nbsp;14&nbsp;&raquo;</strong>, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/10/22/la-grande-guerre-en-accelere-par-jean-echenoz/">ici</a>.</p>
<p>Cette fois, l&rsquo;auteur, lauréat du <strong>prix Médicis</strong> pour <strong>&laquo;&nbsp;Cherokee&nbsp;&raquo;</strong> en 1983 et du <strong>prix Goncourt</strong> pour <strong>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;en vais&nbsp;&raquo;</strong>, en 1999 revient avec un quinzième roman foutraque.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3483"></span></p>
<div id="attachment_3494" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jean_echenoz.jpg" rel="lightbox[3483]"><img class="wp-image-3494 size-medium colorbox-3483" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jean_echenoz-300x150.jpg" alt="jean_echenoz" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Roland Allard</p></div>
<p>L&rsquo;histoire de ce nouveau roman ? Elle est assez spéciale&#8230; Imaginez <strong>Constance</strong>, une jolie trentenaire qui n&rsquo;a pas besoin de travailler. Ancienne chanteuse d&rsquo;un tube international, elle décide de vendre son appartement&#8230; quand elle est enlevée après avoir visité un cimetière.</p>
<p>Une cible des services secrets français (incarnés par le<strong> général Bourgeaud</strong> et le beau <strong>Victor</strong>) qui, après des mois passés loin de son environnement ( dans la Creuse, elle est surveillée par <strong>Jean-Pierre</strong> et <strong>Christian</strong>) va avoir pour mission de se rapprocher (de très près) d&rsquo;un dignitaire du pouvoir nord-coréen, admirateur absolu de son fameux tube <strong>&laquo;&nbsp;Excessif&nbsp;&raquo;</strong>. Derrière cette machine à cash, <strong>Lou Tausk</strong>, auteur compositeur et mari de <strong>Constance.</strong> Mais un mari volage, totalement détaché et en perte d&rsquo;inspiration.Tout comme son parolier <strong>Pélestor</strong>, dépressif et coincé en hiver.</p>
<p>Il y a aussi <strong>Hubert</strong>, le frère de <strong>Lou Tausk</strong> (qui est un pseudo, vous l&rsquo;aurez deviné !), avocat trop riche pour être tout à fait honnête.  Et aussi <strong>Hyacinthe</strong>, conducteur de métro mais aussi réparateur en tout genre chez <strong>Tausk</strong> avant de devenir chauffeur de taxi et qui a aussi un rôle à jouer dans toute cette affaire.</p>
<p>Reste q<strong>ue Lou Tausk</strong> a d&rsquo;autres soucis en tête que la disparition de sa femme. <strong>Clément Pognel</strong> vient de réapparaître dans sa vie&#8230; et compte tenu du contentieux qui existe entre les deux hommes, cela ne pas va très bien se passer. C&rsquo;est dit !</p>
<p>Ajoutez à cela une histoire de petit doigt coupé, celle d&rsquo;une coiffeuse trop bavarde et d&rsquo;une Corée du Nord définitivement pas drôle et vous obtenez un roman de genre, loufoque, truffé de personnages secondaires et de petites histoires qui, en réalité, expliquent tout le reste. Ou pas.</p>
<p>Un roman dans lequel les kilomètres défilent. On parcourt Paris en tout sens, puis on sillonne la Creuse afin de se retrouver dans la jungle nord-coréenne. Si, si.</p>
<p>Un roman drôle et rocambolesque qui apostrophe régulièrement le lecteur. Pour vérifier s&rsquo;il suit toujours, allez savoir ?</p>
<p>Chez <strong>Jean Echenoz</strong>, la littérature est toujours une mécanique bien huilée, de haute précision. La preuve encore avec cette <strong>&laquo;&nbsp;Envoyée spéciale&nbsp;&raquo; </strong>dont l&rsquo;univers pourrait nous rappeler celui des opus de OSS 117. Décalé. On y trouve aussi, un peu l&rsquo;esprit de la nouvelle série présentée l&rsquo;automne dernier sur Arte <strong><a href="http://television.telerama.fr/television/au-service-de-la-france-dezingue-les-annees-de-gaulle,132895.php">&laquo;&nbsp;Au service de la France&nbsp;&raquo;</a></strong>.</p>
<p>Bref, la géopolitique prend une tout autre dimension&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Chemisier bleu tendu, pantalon skinny anthracite, souliers plats, coupe à la Louise Brooks et courbes à la Michèle Mercier – ce qui n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;aller très bien ensemble mais si, ça colle tout à fait. Trente quatre-ans, peu active et peu diplômée – à peine capacitaire en droit –, épouse d&rsquo;un homme dont les affaires marchent ou du moins ont marché, mais c&rsquo;est la vie avec cet homme qui ne marche qu&rsquo;à moitié : vie matérielle facile, vie matrimoniale pas. Velléités de divorce, perspectives d&rsquo;arrangements, brouilles suivies de compromis, tout dépend des jours. C&rsquo;est à ce fil qu&rsquo;elle partage son existence entre le domicile conjugal, quoique de moins en moins souvent, et l&rsquo;appartement qu&rsquo;elle vient d&rsquo;envisager de vendre, en attendant de voir. Cette brève fiche signalétique établie, Constance a tourné le dos à son reflet, s&rsquo;est éloignée de l&rsquo;agence et depuis la rue Greuze, à pied, en direction de son bien rare et calme, c&rsquo;est un trajet de six à huit minutes en longeant le cimetière de Passy.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 146 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Souvent, de leur vivant, les gens nous exaspèrent et l&rsquo;on voit, à leur mort, l&rsquo;étendue des dégâts  : c&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé pour Tausk après le suicide de son parolier. Pélestor n&rsquo;était pas sans défauts mais, s&rsquo;il forgeait d&rsquo;imparables formules moulées en peau de serpent sur une ligne de basse, aussitôt gravées dans la mémoire commune, il pouvait aussi suggérer sur cette mélodie même des nuances orchestrales ou rythmiques que son compositeur n&rsquo;aurait pas imaginées. Il n&rsquo;était pas le premier venu.&nbsp;&raquo;<strong><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 297 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Plusieurs mois vont à nouveau s&rsquo;écouler. Ignorant encore l&rsquo;échec de la défection programmée de Gang Un-ok, c&rsquo;est le coeur léger que le général Bourgeaud se sera mis à la tâche. Il disposera d&rsquo;un peu de temps pour mettre au point l&rsquo;opération au Zimbabwe, ses contacts sur place ayant besoin d&rsquo;un délai avant de baliser le terrain.<strong><br />
</strong></em></p>
<p style="text-align: left"><em>Sur plusieurs points de logistique, cependant, la présence de Paul Objat va lui manquer : toujours aucune nouvelle. Il n&rsquo;en sait pas plus que nous sur lui à ceci près que nous autres, un peu mieux informés, avons vu Objat disparaître avec Constance.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Envoyée spéciale&nbsp;&raquo;, Jean Echenoz, Editions de Minuit, 18,50€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Dans les pas de l&#8217;étonnant Octavio&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/05/09/dans-les-pas-de-letonnant-octavio/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/05/09/dans-les-pas-de-letonnant-octavio/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 May 2015 07:22:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2015 &#160; Aux antipodes de l&#8217;univers de &#171;&#160;Karpathia&#160;&#187;, nous voilà au Venezuela, là, au pays d&#8217;Octavio. Poursuivons ainsi notre découverte des six premiers romans sélectionnés pour le prix Roblès 2015 dont nous connaitrons le lauréat au mois de juin. Avec &#171;&#160;Le voyage d&#8217;Octavio&#160;&#187;, Miguel Bonnefoy livre une fresque picaresque et une fable [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center"><span style="color: #008000">Sélection prix Roblès 2015</span></h4>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VOYAGE-OCTAVIO.jpg" rel="lightbox[3031]"><img class="alignleft size-full wp-image-3032 colorbox-3031" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VOYAGE-OCTAVIO.jpg" alt="VOYAGE OCTAVIO" width="230" height="342" /></a> Aux antipodes de l&rsquo;univers de<strong> &laquo;&nbsp;Karpathia&nbsp;&raquo;</strong>, nous voilà au Venezuela, là, au pays d&rsquo;<strong>Octavio</strong>. Poursuivons ainsi notre découverte des six premiers romans sélectionnés pour le <strong>prix Roblès 2015</strong> dont nous connaitrons le lauréat au mois de juin.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Le voyage d&rsquo;Octavio&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Miguel Bonnefoy</strong> livre une fresque picaresque et une fable baroque.</p>
<p>Dans ce premier roman – <strong>Miguel Bonnefoy</strong> est cependant déjà l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de nouvelles <strong>&laquo;&nbsp;Icare et autres nouvelles&nbsp;&raquo;</strong>, salué en 2013 par le prix du Jeune écrivain de langue française – l&rsquo;auteur franco-vénézuelien plonge ses lecteurs dans l&rsquo;univers d&rsquo;un jeune paysan analphabète qui, d&rsquo;aventures en rencontres, découvrira l&rsquo;amour et l&rsquo;écriture.</p>
<p>Tous les codes du roman picaresque sont là. L&rsquo;histoire d&rsquo;un héros miséreux qui vit des aventures extravagantes et pittoresques alors, en toile de fond un pays aux accents magiques et aux allégories joyeuses.</p>
<p>Si le livre s&rsquo;ouvre sur l&rsquo;épidémie de peste qui s&rsquo;abat sur le village de <strong>Saint-Paul-de-Limon</strong>, il nous fait suivre, des décennies plus tard, le jeune <strong>Octavio</strong>. Il prête ses bras et sa force à tous ceux qui le lui demandent. Même les voleurs, commandés par le cultivé mais terrible<strong> Guerra</strong>.  Il rencontrera la belle <strong>Venezuela</strong> qui lui apprendra les mots et l&rsquo;écriture avant de fuir, une fois encore.</p>
<p>On le suit de page en page, arpentant son pays, entre légendes, poids de la religion et celui, plus cruel encore, de la société. On découvre ainsi le Venezuela, pays de l&rsquo;auteur qui a d&rsquo;ailleurs écrit <strong>&laquo;&nbsp;Le voyage d&rsquo;Octavio&nbsp;&raquo;</strong> directement en français. Né d&rsquo;une mère vénézuelienne et d&rsquo;un père chilien, <strong>Miguel Bonnefoy</strong> a grandi entre la France, Caracas et le Portugal.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 43 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ici, on parlait du banditisme avec respect, comme d&rsquo;un art, ou bien d&rsquo;un métier délicat. Guerra était entouré d&rsquo;une confrérie de vieux cambrioleurs qui ressemblaient à des alchimistes, tous décidés à revenir à une époque où la crasse et la rusticité n&rsquo;étaient pas encore entrées dans les moeurs. L&rsquo;argent du butin se rassemblait dans une cagnotte commune et se distribuait à parts égales. La majortié suivait l&rsquo;Evangile, d&rsquo;autres priaient confusément la Vierge, les saints et tous les morts du cimétière. Ces hommes n&rsquo;étaient ni des Lacenaire, ni des Villon, ni des Caravage. C&rsquo;étaient seulement des êtres de nulle part, exerçant un métier cruel avec rigueur et passion.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 70 :</strong>&laquo;&nbsp;La faim les traîna jusqu&rsquo;aux cimétières. Ils fourragèrent au fond des tombes, pillant dans l&rsquo;obscurité des caveaux, trouvant de petites croix en bronze épinglées à des haillons, des rosaires en nacre, des ceintures brodées en perle de verre. Ils découvrirent une fois une petite statue yanomami transformée en lutrin où les pages d&rsquo;une bible avaient été dévorées par la vermine. Ils devinrent si miséreux que, du côté du péché, la moral penchait pour eux.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 85 :</strong><em> &laquo;&nbsp;A partir de ce jour, le voyage d&rsquo;Octavio ne fut plus celui du mendiant. Son errance prit une purelé telle qu&rsquo;elle semblait inviter tout homme à la suivre aveuglément. La disparition de l&rsquo;hôte lui laissa un émoi brutal qu&rsquo;il transforma aussitôt en élan de curiosité. Il ne sortir pas de la forêt de San Esteban. Il préféra parcourir les hameux en bordure de l&rsquo;autoroute vers Moron. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il s&rsquo;engagea dans les lisières, entre Las Trincheras et El Cambur, où il trouva des villages si isolés qu&rsquo;on n&rsquo;y recevait pas de courrier. Là où il passait, il apportait toujours la richesse des moissons, la bonne récolte, les nouvelles d&rsquo;un hameau voisin. Il marchait dans les rues entre les chats et les chèvres, la boue jusqu&rsquo;aux chevilles, vêtu d&rsquo;une étoffe légère, ceinte d&rsquo;une courroie, où il avait accroché un sac rempli d&rsquo;akènes et de fruits secs. Il portait en bandoulière les pattes d&rsquo;un coq dont il avait mangé la moitié et salé le reste pour une autre bouche que la sienne.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Voilà un hymne au Venezuela ! Et un premier roman tout en poésie et en allégories. Quelques moments savoureux dans ce roman, mais je n&rsquo;ai pas été sensible à l&rsquo;atmosphère qui s&rsquo;en dégage.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le voyage d&rsquo;Octavia&nbsp;&raquo;, de Miguel Bonnefoy, Rivages.</strong> </em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>N&#8217;être qu&#8217;une geisha&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/11/18/netre-quune-geisha/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/11/18/netre-quune-geisha/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2014 17:55:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un premier roman a ceci d&#8217;excitant qu&#8217;on suppose avant de l&#8217;ouvrir que son auteur a tout donné pour le voir enfin exister. C&#8217;est donc souvent avec gourmandise et toujours avec curiosité que je file vers la pile de ces primo-romans. &#171;&#160;Dans le jardin de l&#8217;ogre&#160;&#187; de Leïla Slimani faisait partie, à la rentrée littéraire de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jardin.jpg" rel="lightbox[2763]"><img class="alignleft size-full wp-image-2765 colorbox-2763" style="margin: 10px" alt="jardin" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/jardin.jpg" width="195" height="287" /></a>Un premier roman a ceci d&rsquo;excitant qu&rsquo;on suppose avant de l&rsquo;ouvrir que son auteur a tout donné pour le voir enfin exister. C&rsquo;est donc souvent avec gourmandise et toujours avec curiosité que je file vers la pile de ces primo-romans.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Dans le jardin de l&rsquo;ogre&nbsp;&raquo;</strong> de<strong> Leïla Slimani</strong> faisait partie, à la rentrée littéraire de septembre de ces premiers romans qui ont su s&rsquo;attirer une bonne presse. Encore une bonne raison d&rsquo;y plonger, me direz-vous.</p>
<p>Et puis il y avait son sujet : celui d&rsquo;une trentenaire à la vie plus que satisfaisante (un mari, un enfant, un travail, de l&rsquo;argent et une confortable) qui se perd cependant dans des aventures sexuelles,  une double vie dont elle ne retire cependant aucun plaisir.</p>
<p>Un rôle généralement occupé par un homme dans la littérature. Le voir à travers les yeux d&rsquo;une femme pouvait être attrayant.</p>
<p><span id="more-2763"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est donc celle d&rsquo;<strong>Adèle, </strong>issue d&rsquo;un milieu populaire et qui évolue, grâce à son mariage, dans la bourgeoisie parisienne. Elle n&rsquo;aime pas son poste de journaliste (obtenu par piston) et l&rsquo;idée même d&rsquo;avoir à travailler ; elle ne partage que peu de choses avec<strong> Richard, </strong>son mari médecin même si elle dit l&rsquo;aimer et a encore bien du mal à se comporter comme une maman avec son fils, <strong>Lucien</strong>.</p>
<p>Pour mettre de la distance entre elle et son quotidien qui semble la scléroser, elle partage des lits qui ne sont pas les siens, couche avec des hommes qu&rsquo;elle ne reverra pas, s&rsquo;avilit parfois. Pour le plaisir ? Même pas. Pour ne pas mourir peut-être.</p>
<p><strong>Deux vies étanches l&rsquo;une à l&rsquo;autre qui finiront pourtant par se télescoper alors que son mari est victime d&rsquo;un accident de deux-roues. Le simulacre d&rsquo;équilibre qui existait jusque-là entre les vies d&rsquo;Adèle s&rsquo;effondre.</strong></p>
<p>De Paris, la famille s&rsquo;installe à la campagne. Adèle doit guérir. Pas sûr qu&rsquo;elle en ait vraiment envie&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17-18 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Adèle n&rsquo;aime pas son métier. Elle hait l&rsquo;idée de devoir travailler pour vivre. Elle n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;autre ambition que d&rsquo;être regardée. Elle a bien essayé d&rsquo;être actrice. En arrivant à Paris, elle s&rsquo;est inscrite à des cours où elle s&rsquo;est révélée une élève médiocre. Les professeurs disaient qu&rsquo;elle avait de beaux yeux et un certain mystère. “Mais être comédien, c&rsquo;est savoir lâcher prise, mademoiselle.” Elle a attendu longtemps chez elle que le destin se réalise. Rien ne s&rsquo;est passé comme elle l&rsquo;avait prévu. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elle aurait adoré être l&rsquo;épouse d&rsquo;un homme riche et absent. Au grand dam des hordes enragées de femmes actives qui l&rsquo;entourent, Adèle aurait voulu traîner dans une grande maison, sans autre souci que d&rsquo;être belle au retour de son mari. Elle trouverait merveilleux d&rsquo;être payée pour son talent à distraire les hommes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 96 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle a acheté le téléphone à clapets, qu&rsquo;elle ne sort jamais de son sac et dont Richard ignore l&rsquo;existence. Elle s&rsquo;est procuré un second ordinateur, qu&rsquo;elle cache sous le lit, de son côté, près de la fenêtre. Elle ne garde aucune trace, aucune facture, aucune preuve. Elle se méfie des hommes mariés, des sentimentaux, des hystériques, des vieux célibataires, des jeunes romantiques, des amants sur le Net, des amis d&rsquo;amis.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Auprès d&rsquo;Adèle, il a le sentiment d&rsquo;avoir vécu avec une malade sans symptômes, d&rsquo;avoir côtoyé un cancer dormant, qui ronge et ne dit pas son nom. Quand ils ont emménagé dans la maison, il a attendu qu&rsquo;elle tombe. Qu&rsquo;elle s&rsquo;agite. Comme n&rsquo;importe quelle toxicomane privée de sa drogue, il était convaincu qu&rsquo;elle perdrait la raison et il s&rsquo;y était préparé. Il s&rsquo;était dit qu&rsquo;il saurait quoi faire si elle devenait violente, si elle le rouait de coups, si elle se mettait à hurler dans la nuit. Si elle se scarifiait, qu&rsquo;elle s&rsquo;enfonçait un couteau sous les ongles. Il réagirait en scientifique, lui prescrirait des médicaments. Il la sauverait.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Je devais attendre trop de ce roman&#8230; Alors, forcément, j&rsquo;ai été un peu déçue. Au fil des pages, j&rsquo;ai trouvé que cette histoire avait, ici et là, des côtés finalement trop caricaturaux et que la trame n&rsquo;offrait pas assez de nuances pour que j&rsquo;arrive à entrer en empathie avec l&rsquo;héroïne. Reste le style, vif, sans ambages, ni faux-fuyant qui vous pousse à avaler les chapitres pour savoir ce qui va lui arriver à Adèle. Et à ceux qui l&rsquo;aiment. A découvrir.</span></p>
<p style="text-align: left"><strong>&laquo;&nbsp;Dans le jardin de l&rsquo;ogre&nbsp;&raquo;, Leïla Slimani, Gallimard, 17,50€.</strong></p>
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		<title>A l&#8217;Ouest, toujours du nouveau</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/08/16/a-louest-toujours-du-nouveau/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/08/16/a-louest-toujours-du-nouveau/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2014 06:29:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Faillir être flingué"]]></category>
		<category><![CDATA[Arcadia]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà un livre à côté duquel je suis totalement passée à la rentrée dernière. En même temps, avec les quelques centaines de romans qui débarquent sur les tables des libraires concomitamment, l&#8217;erreur , l&#8217;impasse est possible. Et elle permet, un prix du Livre Inter plus tard, par exemple, de redonner une deuxième vie à un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Faillir-etre-flingue_3956.jpeg" rel="lightbox[2587]"><img class="alignleft  wp-image-2591 colorbox-2587" style="margin: 10px" alt="cvt_Faillir-etre-flingue_3956" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/cvt_Faillir-etre-flingue_3956.jpeg" width="174" height="256" /></a>Voilà un livre à côté duquel je suis totalement passée à la rentrée dernière. En même temps, avec les quelques centaines de romans qui débarquent sur les tables des libraires concomitamment, l&rsquo;erreur , l&rsquo;impasse est possible. Et elle permet, un prix du Livre Inter plus tard, par exemple, de redonner une deuxième vie à un roman et de le faire savoir. C&rsquo;est le cas de <strong>&laquo;&nbsp;Faillir être flingué&nbsp;&raquo;</strong>, de<strong> Céline Minard</strong>.</p>
<p>Voilà un roman assez atypique qui devrait vous ravir sur la plage, dans le hamac&#8230; ou à la pause-déjeuner&#8230; en attendant les nouveautés de la rentrée, dont j&rsquo;ai pu lire quelques opus déjà ( à suivre très vite sur le blog).</p>
<p><strong>Céline Minard</strong> est l&rsquo;auteur de plusieurs romans (7 au total, dont <strong>&laquo;&nbsp;Le Dernier Monde&nbsp;&raquo;</strong> (2007), <strong>&laquo;&nbsp;Bastard Battle&nbsp;&raquo;</strong> (2008), et <strong>&laquo;&nbsp;So long, Luise&nbsp;&raquo;</strong> (2011). Autant d&rsquo;univers différents qui permettent à l&rsquo;auteure d&rsquo;explorer l&rsquo;art de l&rsquo;écriture et sa propre imagination. <strong>Céline Minard</strong> est considérée aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;une des voix les plus originales de la littérature contemporaine. Elle travaille, en parallèle, avec la plasticienne Scomparo et a été pensionnaire de la Villa Medicis en 2007 et 2008.</p>
<p>En juin, <strong>Céline Minard</strong> était lauréate du 40e  Prix du livre Inter. Et poursuit sa route, pleine de bifurcations et d&rsquo;inflexions.</p>
<p><span id="more-2587"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est chorale. De nombreux personnages ponctuent ce récit. Aucun d&rsquo;entre eux ne prend le dessus. On les suit individuellement avant que la deuxième partie du livre ne les réunisse dans une ville qui se construit et dont on ne saura jamais le nom.</p>
<p>Nous sommes en Amérique. Plongés dans une ambiance western avec des pionniers, une indienne aux pouvoirs chamaniques, des aventuriers, des voleurs de chevaux, des danseuses de saloon, des marchands, des Indiens guerriers, etc. Le tout se déroule dans un décor fait de grandes plaines, de rivières et de caillasses. A l&rsquo;Ouest. Un personnage à part entière.</p>
<p>Au final, tout cela donne un western drôle et tragique à la fois qui, une fois qu&rsquo;on a identifié tous les personnages, devient vite jouissif. On suit ainsi <strong>Jeff</strong> et son frère <strong>Brad</strong> qui voyagent avec leur mère mourante, et le fils de l&rsquo;un d&rsquo;eux, <strong>Josh</strong>. Sans oublier cette petite Chinoise qui comprend le chant du coyote. On y côtoie <strong>Zébulon</strong>, jamais à court d&rsquo;idées pour se faire de l&rsquo;argent et mettre de la distance entre lui et son père. <strong>Bird Boisverd</strong> n&rsquo;est pas loin, lui qui poursuit <strong>Elie</strong> pour une histoire de bottes. S&rsquo;y ajoutent <strong>Arcadia</strong> la contrebassiste,<strong> Sally</strong> la patronne du saloon, <strong>Eau-qui-court-sur-la-plaine</strong>, une Indienne aux pouvoirs magiques, l&rsquo;affreux <strong>Quibble</strong>&#8230; et la mort qui, sous différentes formes, n&rsquo;est jamais loin.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 44 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Eau-qui-court-sur-la-plaine n&rsquo;avait pas de peuple, elle en avait plusieurs. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Son savoir était demandé et recommandé par tous ceux qui portaient des os d&rsquo;aigle creux, des plumes magiques ou des concentrés de médecine dans des bourses de peau. Son état de femme sans peuple la faisait à la fois craindre et désirer. Son pouvoir, depuis la mort violente des siens, avait décuplé. Elle voyait plus loin, elle soignait mieux, elle pouvait tuer sur trois points. De la destruction de son village et de ses fuyards les plus habilement cachés, il y avait plusieurs versions. Dans certaines, son rôle ne comptait pas pour rien. Le feu, l&rsquo;eau, la poudre et la foudre avaient participé à la disparition totale de son clan. Et on disait que maintenant, elle maîtrisait ces éléments mieux que personne. Il est vrai qu&rsquo;elle tirait précisément et sans hésitation et qu&rsquo;elle savait recharger toutes sorte d&rsquo;armes, y compris par la gueule, à une vitesse incroyable.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 79 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Lorsque Elie eut juré, sacré, craché par terre et grogné tout son saoul, il se résigna à son sort qui n&rsquo;était que justice puisqu&rsquo;il avait oublié le seul principe valable en ce monde, acquis dans les bars les plus fameux : on peut tout perdre au jeu sauf son cheval. Parce qu&rsquo;il faut tout de même une monture pour détaler d&rsquo;un saloon à la vitesse généralement requise à ce stade de la partie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Comme il avait compris qu&rsquo;il devait abandonner sa monture dans les montagnes s&rsquo;il voulait sauver sa peau et se tirer des pattes de Quibble, il aurait dû se souvenir de ce premier principe quand il était près du feu avec ce type taciturne assis sur ses sacoches, qu&rsquo;il soupçonnait d&rsquo;avoir un tour de main un peu particulier avec ses dés ou des dés un peu particuliers, il n&rsquo;arrivait pas à se décider. Qu&rsquo;il soupçonnait en tout cas, le plus sérieusement du monde.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 155  :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Baguette-de-crin-noir ne voulait pas de chien bouilli. Il n&rsquo;avait plus faim. Il pleuvait depuis trois jours et tout le monde mangeait depuis qu&rsquo;il pleuvait. Il n&rsquo;en pouvait plus. Les Pawnees s&rsquo;étaient vite remis du raid lancé contre eux par leurs ennemis. Ils avaient fait une bonne chasse depuis. Beaucoup de bisons femelles avaient été tués, les femmes avaient pu confectionner de nouvelles tentes et faire sécher une quantité de viande qui leur permettrait de passer plusieurs lunes. Baguette-de-crin-noir avait joué un rôle important, il avait donc été invité dans toutes les tentes. Il avait mangé dans chacune pour ne blesser personne. Son ventre était tendu comme un tambour et les Indiens continuaient de lui apporter des petits bols remplis à ras bord, pour le plaisir de le voir secouer la tête en tapant sur sa ceinture où pendait le scalp de Piquet-de-tente et l&rsquo;archet d&rsquo;Arcadia auquel il devait son nom.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pas banal pour un auteur française de plonger ses lecteurs dans une ambiance western ! Au final, on y croit et on suit les personnages jusqu&rsquo;au bout. A dévorer cet été ! </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Faillir être flingué&nbsp;&raquo;, de Céline Minard, Rivages, 20€.</strong></em></p>
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