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	<title>Quatrième de couv &#187; arrangements</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Aux marches du palais&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 14:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire hiver 2019 C&#8217;est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l&#8217;hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure. Au fil [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #008080">Rentrée littéraire hiver 2019</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENTREE-BLOG.jpg" rel="lightbox[4532]"><img class="aligncenter wp-image-4535 size-medium colorbox-4532" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/RENTREE-BLOG-300x169.jpg" alt="RENTREE BLOG" width="300" height="169" /></a></p>
<p>C&rsquo;est reparti ! Les livres font leur rentrée. Celle de l&rsquo;hiver. Pas celle des prix littéraires, donc. Une course de fond quand même pour des hommes et des femmes qui, pour la première fois et pas, sont présents sur les tables des librairies. Une course et une aventure.</p>
<p>Au fil des mois de janvier et février, <strong>493 nouveaux romans vont sortir.</strong> Parmi eux, <strong>336 romans français.</strong> Parmi eux également, <strong>77 premiers romans</strong> ( soit une hausse de 20% par rapport à la rentrée littéraire de l&rsquo;hiver 2018).</p>
<p>Alors, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que <strong>Michel Houellebecq</strong> dans la vie ( son nouveau roman est édité à 320.000 exemplaires !), je vais essayer de vous donner envie de plonger dans les (autres) romans de ce rendez-vous littéraire. Une sélection, forcément subjective. C&rsquo;est parti !</p>
<p><span id="more-4532"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PREMIERE-DAME.jpg" rel="lightbox[4532]"><img class="alignleft size-full wp-image-4533 colorbox-4532" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PREMIERE-DAME.jpg" alt="PREMIERE DAME" width="120" height="227" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On commence notre collection avec <strong>&laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Caroline Lunoir</strong>. Un roman que l&rsquo;on put, pour les amateurs de cases, ranger dans celle dédiée à la politique !</p>
<p><strong>Caroline Lunoir</strong>, avocate pénaliste installée à Paris, je l&rsquo;ai découverte avec son premier roman <strong>&laquo;&nbsp;La faute de goût&nbsp;&raquo;</strong>, en 2011. Un joli souvenir.  Je vous en parlais <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/03/06/lutte-des-classes-au-bord-de-la-piscine/">ici</a></strong>.</p>
<p>Après <strong>&laquo;&nbsp;Au temps pour nous&nbsp;&raquo;</strong>, la voici de retour avec<strong> &laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;</strong>, donc. L&rsquo;idée ? Suivre <strong>Marie</strong>, épouse d&rsquo;un candidat à l&rsquo;élection présidentielle, jusqu&rsquo;aux marches du palais&#8230; de l&rsquo;Elysée.  Ancienne journaliste, mère des quatre enfants de <strong>Paul</strong>, <strong>Marie</strong> nous livre par le menu et sous la forme d&rsquo;un journal de bord, le long décompte d&rsquo;une victoire annoncée.</p>
<p>Rien ne nous sera épargné ! A elle non plus d&rsquo;ailleurs. Au fil des pages, des mois et des saisons, l&rsquo;image de sa famille, de son mari et aussi la sienne vont s&rsquo;écorner. Quoi ? La famille de <strong>Marie</strong> et <strong>Paul</strong> n&rsquo;est donc pas si parfaite, pas si lisse, pas si respectable. Il y aura les comptes bancaires ouverts à l&rsquo;étranger, la maîtresse de <strong>Paul</strong>, la dépression de <strong>Marie</strong>, etc.</p>
<p>Toute ressemblance avec des candidats à l&rsquo;Elysée ou d&rsquo;anciens présidents de la République n&rsquo;est évidemment absolument pas fortuite ! On devine ici François Hollande et la volcanique Valérie Trierweiler, François et Pénélope Fillon, Nicolas et Cécilia Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn aussi&#8230;</p>
<p>Si le journal de <strong>Marie</strong> commence dans l&rsquo;euphorie de l&rsquo;annonce de la candidature de son mari aux primaires du parti, l&rsquo;horizon va finir par s&rsquo;obscurcir. La chronique attendrie, admirative va virer à la récrimination. Au règlement de comptes. Puis à l&rsquo;abnégation. <strong>Marie</strong> se rend compte qu&rsquo;elle a donné sa vie pour son mari et ses enfants. Amer constat d&rsquo;une femme qui se croyait libre et affranchie.</p>
<p>Personne n&rsquo;a anticipé ni pris la mesure des conséquences sur la vie de la famille, issue de la grande bourgeoisie. Les mauvais coups viendront de partout, même des amis. Alors les communicants gambergent, trouvent des parades, etc.</p>
<p>Entre compromissions et petits arrangements, un portrait peu reluisant d&rsquo;une &laquo;&nbsp;caste&nbsp;&raquo; définitivement coupée de la réalité de ceux qu&rsquo;elle voudrait gouverner. Cynique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 55-56 : </strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;J-147 (Dimanche 25 novembre) </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Un choc de bonheur. Une claque d&rsquo;euphorie. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il y a cette tension joyeuse qui monte, au milieu des rires, des plaisanteries et d&rsquo;une bonne humeur tenace avec les retours des bureaux de vote. Le téléphone qui sonne en continu. Le portable de Paul qui clignote de messages. Les fouilles des poubelles où le bulletin de Paul serait rare, les journalistes qui arrivent de plus en plus nombreux, jusqu&rsquo;aux non-alignés qui choisissent comme par hasard, sans s&rsquo;être annoncés, sur le coup de dix-huit heures, dix-neuf heures, de &laquo;&nbsp;vivre cette soirée avec nous&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai encore le baiser de Paul sur mes lèvres. D&rsquo;une gourmandise ! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;J-31</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J+59 ( jeudi 21 mars)</em></p>
<p style="text-align: left"><em>[&#8230;] Paul tranche, encourage, plaisante, avec ténacité. Il a dénoué sa cravate et abandonné sa veste sur une chaise. Il se tient debout, en bras de chemise, devant le tableau, un sandwich de rillettes dans une main, un marqueur pour exposer son plan de bataille dans l&rsquo;autre. Ceux qui viennent d&rsquo;intégrer l&rsquo;état-major découvrent son sens du commandement et son énergie. A l&rsquo;écouter, j&rsquo;entends presque se lever la clameur de nos villages, de nos provinces, d&rsquo;un pays tout entier prêt à porter nos convictions et notre souffle. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pourtant, je surprends des regards qui s&rsquo;attardent sur moi et plongent ailleurs quand je relève la tête. Pourtant, derrière l&rsquo;espoir, derrière les mots d&rsquo;ordre et les promesses que l&rsquo;on se fait, derrière la fougue de Paul et l&rsquo;implication nouvelle de Victor qui anime l&rsquo;équipe dédiée aux réseaux sociaux, il y a des noms que l&rsquo;on ne prononce plus et, souvent, la colère qui affleure. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En réalité, je nous sens assiégés.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 182-183 :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Dimanche 5 mai</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les salles sont combles. Je croise des visages amis, des familiers, des connaissances, certains que j&rsquo;exècre, d&rsquo;autres qui ne me disent rien. Ils reviennent au siège du parti comme la marée. Ils font ma vie, lui donnent son sens et l&rsquo;aliènent. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Nous nous reconnaissons, nous, acteurs des coulisses du feuilleton du pouvoir. Tous, un jour, premier rôle, espoir, doublure, figurant, vieille gloire. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai mon sourire de Joconde. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Parce que dans les fidélités comme dans les haines, dans les sacres comme dans les chutes, il est un principe qui surnage et écorne le mépris : le respect de celui qui sait encaisser. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Parce que celui qui, tombé à genoux, ne baisse pas la tête, se relèvera, et attestera, sous le regard de ses pairs, qu&rsquo;un retour est toujours possible. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les salles sont combles mais je suis vide.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Première dame&nbsp;&raquo;, Caroline Lunoir, Actes Sud, 18€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Françoise Frenkel ou la mémoire sauvegardée</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/07/19/francoise-frenkel-ou-la-memoire-sauvegardee/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 07:22:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une claque. Et une découverte marquante. C&#8217;est en écoutant la radio, France Inter pour ne pas la nommer,  que j&#8217;ai entendu parler de ce récit, &#171;&#160;Rien où poser sa tête&#160;&#187;, réédité à l&#8217;occasion de la rentrée littéraire de janvier dernier. Une histoire forte. Terrible. Un témoignage qui nous plonge dans la France de la Deuxième [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FRENKEL.jpg" rel="lightbox[3639]"><img class="alignleft size-full wp-image-3644 colorbox-3639" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FRENKEL.jpg" alt="FRENKEL" width="195" height="267" /></a></p>
<p>Une claque. Et une découverte marquante. C&rsquo;est en écoutant la radio, France Inter pour ne pas la nommer,  que j&rsquo;ai entendu parler de ce récit, <strong>&laquo;&nbsp;Rien où poser sa tête&nbsp;&raquo;</strong>, réédité à l&rsquo;occasion de la rentrée littéraire de janvier dernier.</p>
<p>Une histoire forte. Terrible. Un témoignage qui nous plonge dans la France de la Deuxième Guerre mondiale, dans le quotidien de la France occupée, celle qui ne veut pas des Juifs&#8230;</p>
<p><strong>Françoise Frenkel</strong>, née <strong>Frymeta Idesa Frenkel,</strong> voit le jour en Pologne, en 1889, dans la région de Lodz.</p>
<p>Elle bénéficiera d&rsquo;une éducation bourgeoise, poursuivra des études en Pologne puis en France et en Allemagne. En 1921, avec son mari <strong>Simon Raichenstein</strong> (dont il n&rsquo;est fait aucune mention dans ce récit. Il a quitté l&rsquo;Allemagne dès 1933. Arrêté lors d&rsquo;une rafle en 1942, il mourra un mois plus tard à Auschwitz), elle créé une librairie française au coeur de Berlin.  Un endroit couru par les auteurs, des intellectuels. De Colette à Gide, de Maurois à Barbusse.  Un lieu, unique alors, qui vaudra à <strong>Françoise Frenkel</strong> une lettre de Daladier, alors président du Conseil pour &laquo;&nbsp;services réels &nbsp;&raquo; rendus &nbsp;&raquo; pour la diffusion du livre français à l&rsquo;étranger&nbsp;&raquo;.</p>
<p><span id="more-3639"></span></p>
<p><strong>Françoise Frenkel</strong>, elle, ne quittera le Reich qu&rsquo;en 1939, car il ne lui est absolument plus possible d&rsquo;y vivre compte tenu des conditions de vie imposées aux Juifs. De plus, la France vient de déclarer la guerre à l&rsquo;Allemagne. Elle transite alors par Paris, puis passera des mois et des années à fuir à travers le sud-est de la France ( Vichy, Avignon, Nice, puis Annecy&#8230; ) notamment avant de pouvoir, en juin 1943, enfin, passer en Suisse. C&rsquo;est là qu&rsquo;elle commencera à écrire ses souvenirs.</p>
<p>Au fil des pages, sans jamais verser de larme ni tomber dans l&rsquo;atermoiement, sans céder à la haine ni à la colère, <strong>Françoise Frenkel</strong> raconte. Explique. Met en avant la formidable solidarité dont elle a bénéficié (le soutien indéfectible du couple Marius par exemple), sans omettre les petites lâchetés et autres trahisons dont cette intellectuelle a été victime dans une France divisée. Un livre rempli de gratitude.</p>
<p>Ce récit, publié en 1945, à Genève. Il y a cinq ans, il resurgit dans un pile de livres à Emmaüs, à Nice, où <strong>Françoise Frenkel</strong> a vécu jusqu&rsquo;à sa mort, en 1975. Le livre est alors réédité, agrémenté aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une préface de <strong>Patrick Modiano</strong>.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 43 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;étais toujours là. Je sentais que, s&rsquo;il l&rsquo;eût fallu, j&rsquo;aurais défendu chaque volume de toutes mes forces, de ma vie même, non seulement par attachement à ma librairie, mais surtout par un immense dégoût de l&rsquo;existence et de l&rsquo;humanité, par une nostalgie infinie de la mort. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Assise sur les marches de mon magasin, j&rsquo;attendais&#8230; </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les incendies grésillaient et les pompiers travaillaient toujours. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les trottoirs et la chaussée étaient recouverts d&rsquo;objets les plus disparates. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je profitai du répit que l&rsquo;occupation italienne offrait à tous pour mettre mes affaires en ordre. J&rsquo;allai, comme tout le monde, faire renouveler mon permis de séjour ainsi que mes cartes d&rsquo;identité et de ravitaillement. Au commissariat de police et à la préfecture, j&rsquo;eus la prudence de ne pas donner ma véritable adresse : j&rsquo;indiquai celle de l&rsquo;hôtel qui m&rsquo;avait hébergée précédemment. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pouvant de nouveau circuler, je faisais en hâte mes préparatifs de départ. Rien ne m&rsquo;obligeait plus à vivre chez les deux tricoteuses de Cimiez. Aussi allai-je m&rsquo;installer dans une villa, tout au fond d&rsquo;un jardin abandonné, chez une Parisienne septuagénaire que je connaissais déjà depuis deux ans. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En prévision des persécutions futures, que je considérais comme inévitables, j&rsquo;entourais de mille précautions mes allées et venues, cherchant à ne pas être vue, à n&rsquo;éveiller aucune attention. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 200 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je restai un moment près de l&rsquo;entrée, adossée au mur. Ma tête était lourde et vide à la fois. J&rsquo;examinai la salle. Deux fenêtres grillées éclairaient des murs blancs. Des bancs et trois grandes tables meublaient la pièce. En face de la porte, une autre, moins grande, portait l&rsquo;inscription faite au crayon : Cabinets. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Dès que la geôlière eut disparu, les prisonnières se levèrent de partout, nous entourèrent et nous assaillirent de questions. Quelles étaient les nouvelles de la guerre ? Les persécutions avaient-elles augmenté ou diminué d&rsquo;intensité ? D&rsquo;où venions-nous ? Comment s&rsquo;était opérée notre arrestations ? Dans quelle localité avait-elle eu lieu ? Et ainsi de suite&#8230; &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Rien où poser sa tête&nbsp;&raquo;, Françoise Frenkel, L&rsquo;arbalète Gallimard, 16,90€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Système D et petits arrangements dans l&#8217;URSS des années 80&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/06/06/systeme-d-et-petits-arrangements-dans-lurss-des-annees-80/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/06/06/systeme-d-et-petits-arrangements-dans-lurss-des-annees-80/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 Jun 2012 08:47:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alina Bronsky]]></category>
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		<description><![CDATA[Une histoire de famille, encore une ! Ou plutôt une histoire de femme qui fait tout ce qu&#8217;elle croit bon et bien pour sa famille. Tel est le sujet du deuxième roman écrit par Alina Bronsky. La jeune femme de 34 ans, née en Russie, vit depuis l&#8217;âge de 13 ans en Allemagne. Lauréate de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une histoire de famille, encore une</strong> ! Ou plutôt une histoire de femme qui fait tout ce qu&rsquo;elle croit bon et bien pour sa famille. Tel est le sujet du deuxième roman écrit par <strong>Alina Bronsky</strong>.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BRONSKI.jpg" rel="lightbox[1059]" title="BRONSKI"><img class="alignleft  wp-image-1061 colorbox-1059" style="margin: 10px;" title="BRONSKI" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BRONSKI.jpg" alt="" width="119" height="151" /></a>La jeune femme de 34 ans, née en Russie, vit depuis l&rsquo;âge de 13 ans en Allemagne. Lauréate de plusieurs prix littéraires, <strong>Alina Bronsky</strong> a publié &laquo;&nbsp;<strong>Cuisine Tatare et descendance</strong>&nbsp;&raquo; chez Actes Sud. Comme son premier roman, celui-ci a été traduit en une dizaine de langues. <strong>Alina Bronsky</strong> est journaliste et vit à Francfort.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Rosalinda</strong>. Une belle femme, qui travaille dans une école d&rsquo;éducatrices dans la Russie des années 80. Une femme, mariée à <strong>Kalganov</strong>, qui a des fonctions dans le Parti. Une mère, celle de <strong>Sulfia</strong>, tombée enceinte par inadvertance. <strong>Rosalinda</strong> fait tout pour se débarrasser de l&rsquo;enfant. Une bouche de plus à nourrir, ce n&rsquo;est pas possible. Elle échoue cependant.</p>
<p>Elle va alors tout faire  pour éduquer au mieux, et à sa façon, la petite <strong>Aminat</strong>, prénom que portait l&rsquo;aïeule tatare de <strong>Rosalinda</strong>. Rappelons que<strong> les Tatars constituent un ancien peuple turc</strong> qui, au XIe siècle nomadisait entre la partie orientale et l&rsquo;actuel Kazakhstan.</p>
<p><span id="more-1059"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUISINE-TATARE.jpg" rel="lightbox[1059]" title="CUISINE TATARE"><img class="alignleft  wp-image-1064 colorbox-1059" style="margin: 10px;" title="CUISINE TATARE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUISINE-TATARE.jpg" alt="" width="50" height="95" /></a>Au fil des 331 pages, on suite donc<strong> Rosalinda, –</strong> c&rsquo;est elle la narratrice<strong> –,</strong> dans ses petits arrangements avec le système pour permettre à sa petite famille de s&rsquo;en sortir au mieux. L&rsquo;URSS des années 80, c&rsquo;est celle des privations, des pénuries, de l&rsquo;absence de soins adéquats et de la corruption. Partout. C&rsquo;est aussi le temps des appartements communs et des petits arrangements.</p>
<p>Alors <strong>Rosalinda</strong> use de ses charmes, de son intelligence et de la foi absolue qu&rsquo;elle a en elle pour faire face au quotidien. Quitte à phagocyter la vie privée de sa fille, à prendre les décisions à sa place en lui arrangeant des mariages qui se révèleront calamiteux, quitte à toujours croire faire au mieux pour sa petite-fille &#8230; et à, au final, faire partir tout son monde en Allemagne !</p>
<p>Mais<strong> Aminat</strong>, – le livre vit sur plusieurs décennies –,  finit par grandir et comprendre.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 25</strong> : <em>&nbsp;&raquo; Ma petite-fille était une chanceuse. Elle n&rsquo;avait rien hérité de la mollesse et de la laideur de sa mère. Elle avait mes yeux en amande d&rsquo;un noir profond, de belles boucles brunes, un nez délicat et l&rsquo;air très intelligent. L&rsquo;intelligence, c&rsquo;est une chose qu&rsquo;on voit tout de suite, dès la naissance. Pour Sulfia, j&rsquo;avais aussi fait un pronostic sur-le-champ et je ne m&rsquo;étais pas trompée. Peut-être était-ce parce que Sulfia avait été conçue dans le lit conjugal, alors qu&rsquo;Aminat était le fruit d&rsquo;un rêve avec un inconnu. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong> Page 75</strong> : <em>&nbsp;&raquo; Cinq jours plus tard, en rentrant à la maison, j&rsquo;ai trouvé sur le rebord de la fenêtre une lettre de mon mari. La lettre disait qu&rsquo;il aimait une autre femme et qu&rsquo;il partait vivre avec elle. Il me remerciait pour les années passées ensemble et de demandait de lui ficher la paix. </em></p>
<p><em>Rien d&rsquo;autre. </em></p>
<p><em>Il paraîtrait que certaines femmes, en apprenant ce genre de nouvelles, éclatent en sanglots. Leurs jambes se dérobent sous elles et elles s&rsquo;effondrent sur les carreaux noirs et blancs de la cuisine, obligeant les autres membres de la famille à les enjamber quand ils veulent accéder au réfrigérateur. Je n&rsquo;étais pas de celles-là&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Page 157</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Plus d&rsquo;une fois, j&rsquo;avais constaté que ce que je désirais ardemment se réalisait, signe que Dieu était à mes côtés. Il lui arrivait parfois même d&rsquo;aller un peu trop loin, sans soute parce que je n&rsquo;avais pas été assez précise dans la formulation de mes souhaits.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Au premier abord, ce livre peut agacer. Cette Rosalinda est en effet insupportable à décider de tout pour son mari, sa fille et sa petite-fille. Elle ne doute de rien. Est imbue de sa personne et saccage tout. Au fil des pages cependant, on finit par l&rsquo;adopter. Obligée de trouver des stratagèmes pour survivre, elle finit par devenir attachante malgré son amoralité. Elle veut le bien des siens. A sa manière. On rit même des petits arrangements qu&rsquo;elle met au point, des idées saugrenues qu&rsquo;elle peut avoir et des comportements abjectes qu&rsquo;elle a.</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Imaginé en courts chapitres, ce roman est dynamique, drôle et grave à la fois, et nous donne une vision assez noire de la vie en URSS à cette époque-là. Rosalinda, elle, fait le choix de partir. Au final, était-ce vraiment le bon ? </span></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Cuisine tatare et descendance&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Alina Bronsky, Actes Sud, 23€.<br />
</strong></em></p>
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