<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Quatrième de couv &#187; Adam</title>
	<atom:link href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/tag/adam/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv</link>
	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
	<lastBuildDate>Sat, 13 Jan 2024 19:30:44 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=4.0.1</generator>
	<item>
		<title>Une nounou&#8230; d&#8217;enfer</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/29/une-nounou-denfer/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/29/une-nounou-denfer/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Dec 2016 08:44:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Chanson douce"]]></category>
		<category><![CDATA[Adam]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[déclassement]]></category>
		<category><![CDATA[domination]]></category>
		<category><![CDATA[emprise]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[Leïla Slimani]]></category>
		<category><![CDATA[Louise]]></category>
		<category><![CDATA[maladie mentale]]></category>
		<category><![CDATA[meurtres]]></category>
		<category><![CDATA[Myriam]]></category>
		<category><![CDATA[nounou]]></category>
		<category><![CDATA[Paul; Mila]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=3770</guid>
		<description><![CDATA[  Il était temps que je parle de ce roman ! L&#8217;année se termine, je reçois chaque jour des romans qui sortiront en janvier et février et je n&#8217;ai toujours pas évoqué le prix Goncourt 2016, lu depuis des mois pourtant. Que dire de &#171;&#160;Chanson douce&#160;&#187; ? Que c&#8217;est un roman efficace, très rondement mené [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff"> </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Chanson-douce_782.jpg" rel="lightbox[3770]"><img class="alignleft size-full wp-image-3771 colorbox-3770" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Chanson-douce_782.jpg" alt="CVT_Chanson-douce_782" width="195" height="286" /></a> Il était temps que je parle de ce roman ! L&rsquo;année se termine, je reçois chaque jour des romans qui sortiront en janvier et février et je n&rsquo;ai toujours pas évoqué le prix Goncourt 2016, lu depuis des mois pourtant.</p>
<p>Que dire de <strong>&laquo;&nbsp;Chanson douce&nbsp;&raquo;</strong> ? Que c&rsquo;est un roman efficace, très rondement mené ? C&rsquo;est le cas.</p>
<p>Que ses premiers phrases sont terribles et vont &laquo;&nbsp;accrocher&nbsp;&raquo; le lecteur jusqu&rsquo;à la fin ? Effectivement.</p>
<p>Que <strong>Leïla Slimani</strong> dont le premier roman <strong>&laquo;&nbsp;Dans le jardin de l&rsquo;ogre&nbsp;&raquo;</strong>, sorti en 2014 avait déjà eu très bonne presse ? Sans nul doute. J&rsquo;en avais parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/11/18/netre-quune-geisha/">ici. </a></strong></p>
<p>L&rsquo;histoire de <strong>&laquo;&nbsp;Chanson douce&nbsp;&raquo;</strong> ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un couple d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, à Paris. <strong>Paul</strong> travaille dans la musique, <strong>Myriam</strong> était avocate avant de vouloir élever ses deux enfants, <strong>Mila</strong> et <strong>Paul.</strong> Après la naissance de son petit garçon, elle décide de reprendre son métier, qu&rsquo;elle adore. Le couple se met alors en quête d&rsquo;une nounou. Ils trouveront <strong>Louise</strong>, une perle.</p>
<p>Au fil des mois, celle-ci, que la vie a blessée, solitaire et dure, va s&rsquo;avérer indispensable. Au point de faire peser une emprise certaine sur le couple et notamment <strong>Myriam</strong>, si facile à faire culpabiliser. Un travail insidieux jusqu&rsquo;au drame ( elle tue les deux enfants et tente de se suicider), sur lequel s&rsquo;ouvre ce roman qui, comme le premier, ne fait aucun cas d&rsquo;une quelconque sentimentalité. Le roman, ramassé, fonctionne comme un polar.</p>
<p>Sur fond de déclassement social et de folie, <strong>Leïla Slimani</strong> signe là un roman fort, couronné par le prix Goncourt. C&rsquo;est la 12e fois seulement, en 113 ans d&rsquo;existence, qu&rsquo;il récompense un roman écrit par une femme. <strong>Leïla Slimani</strong> n&rsquo;a que trente-cinq ans&#8230; de quoi nous attendre à d&rsquo;autres jolies surprises dans les années à venir de la part de cette auteure franco-marocaine.</p>
<p><strong>Découvrez ici la genèse de ce roman :</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/zzzl4XXG960?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 38-39 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Lentement, Louise apprivoise l&rsquo;enfant. Jour après jour, elle lui raconte des histoires où reviennent toujours les mêmes personnages. Des orphelins, des petites filles perdues, des princesses prisonnières et des châteaux que des ogres terribles laissent à l&rsquo;abandon. Une faune étrange, faite d&rsquo;oiseaux au nez tordu, d&rsquo;ours à une jambe et de licornes mélancoliques, peuple les paysages de Louise. La fillette se tait. Elle reste près d&rsquo;elle, attentive, impatiente. Elle réclame le retour des personnages. D&rsquo;où viennent ces histoires ? Elles émanent d&rsquo;elle, en flot continu, sans qu&rsquo;elle y pense, sans qu&rsquo;elle fasse le moindre effort de mémoire ou d&rsquo;imagination. Mais dans quel lac noir, quelle forêt profonde est-elle allée pêcher ces contes cruels où les gentils meurent à la fin, non sans avoir sauvé le monde ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 135 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Paul n&rsquo;ose pas le dire à sa femme, mais, cette nuit-là, il se sent soulagé. Depuis qu&rsquo;il est arrivé ici, un poids semble avoir disparu de sa poitrine. Dans un demi-sommeil,  engourdi par le froid, il pense au retour à Paris. Il imagine son appartement comme un aquarium envahi d&rsquo;algues pourrissantes, une fosse où l&rsquo;air ne circulerait plus, où les animaux à la fourrure pelée tourneraient en rond en râlant.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Au retour, ces idées noires sont vite oubliées. Dans le salon, Louise a disposé une bouquet de dahlias. Le diner est prêt, les draps sentent la lessive. Après une semaine dans des lits glacés, à manger sur la table de la cuisine des repas désordonnés, ils retrouvent avec bonheur leur confort familial. Impossible, pensent-ils, de se passer d&rsquo;elle. Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 203 :</strong><em> &laquo;&nbsp;L&rsquo;obsession de l&rsquo;enfant tourne à vide dans sa tête. Elle ne pense qu&rsquo;à ça. Ce bébé, qu&rsquo;elle aimera follement, est la solution à tous ses problèmes. Une fois mis en route, il fera taire les mégères du square, il fera reculer son affreux propriétaire. Il protégera la place de Louise en son royaume. Elle se persuade que Paul et Myriam n&rsquo;ont pas assez de temps pour eux. Que Mila et Adam sont un obstacle à son arrivée. C&rsquo;est leur faute si le couple ne parvient pas à se retrouver. Leurs caprices les épuisent, le sommeil très léger d&rsquo;Adam coupe court à leurs étreintes. S&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas sans cesse dans leurs pattes, à geindre, à réclamer de la tendresse, Paul et Myriam pourraient aller de l&rsquo;avant et faire à Louise un enfant. Ce bébé, elle le désire avec une violence de fanatique, un aveuglement de possédée. Elle le veut comme elle a rarement voulu, au point d&rsquo;avoir mal, au point d&rsquo;être capable d&rsquo;étouffer, de brûler, d&rsquo;anéantir tout ce qui se tient entre elle et la satisfaction de son désir&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Chanson douce&nbsp;&raquo;, de Leïla Slimani, Gallimard.</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/29/une-nounou-denfer/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/29/une-nounou-denfer/" data-text="Une nounou&#8230; d&rsquo;enfer - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/12/29/une-nounou-denfer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Femme libre, toujours tu chériras la mer&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2016 09:07:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["John"]]></category>
		<category><![CDATA[Adam]]></category>
		<category><![CDATA[Alaska]]></category>
		<category><![CDATA[alcoolisme]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Poulain]]></category>
		<category><![CDATA[Dave]]></category>
		<category><![CDATA[fuite]]></category>
		<category><![CDATA[Ian]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Jason]]></category>
		<category><![CDATA[Jude]]></category>
		<category><![CDATA[Kodiak]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Lili]]></category>
		<category><![CDATA[maladie]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[pêche]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[quête]]></category>
		<category><![CDATA[Simon]]></category>
		<category><![CDATA[souffrance]]></category>
		<category><![CDATA[suicide]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/?p=3523</guid>
		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Nous ne sommes qu&#8217;au printemps et je vous annonce déjà le roman de l&#8217;année. Je m&#8217;emballe ? Pas si sûr. En refermant &#171;&#160;Le grand marin&#160;&#187;, premier roman de Catherine Poulain,  j&#8217;ai pris une claque. Comme en l&#8217;ouvrant d&#8217;ailleurs. Tout cela à cause de la première phrase. Je vous raconte ? &#171;&#160;Il faudrait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ff6600"><strong>Rentrée littéraire</strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="alignleft size-full wp-image-3524 colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN.jpg" alt="GRAND MARIN" width="409" height="599" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous ne sommes qu&rsquo;au printemps et je vous annonce déjà le roman de l&rsquo;année. Je m&rsquo;emballe ? Pas si sûr. En refermant <strong>&laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;,</strong> premier roman de <strong>Catherine Poulain</strong>,  j&rsquo;ai pris une claque. Comme en l&rsquo;ouvrant d&rsquo;ailleurs. Tout cela à cause de la première phrase. Je vous raconte ?</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Il faudrait toujours être en route pour l&rsquo;Alaska. Mais y arriver à quoi bon.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Des mots qui invitent à embarquer. <strong>Catherine Poulai</strong>n l&rsquo;a fait, elle. Dix ans de sa vie sur les bateaux de pêche en Alaska. Seule femme à bord. Pour la beauté du geste, et une putain de liberté chérie depuis ses vingt ans et son départ de Manosque.</p>
<p>D&rsquo;Europe en Asie en passant par l&rsquo;Amérique,<strong> Catherine Poulain</strong>, &laquo;&nbsp;runaway&nbsp;&raquo; jamais lassée, aura été barmaid à Hong-Kong, ouvrière agricole au Canada, employée d&rsquo;une conserverie de poisson en Islande&#8230; et donc pêcheuse en Alaska, là-bas, du côté de Kodiak.</p>
<p>Elle y passera dix ans, de 1993 à 2003. A cette date, les services de l&rsquo;Immigration lui intiment l&rsquo;ordre de quitter le pays. Elle n&rsquo;est pas en règle. Elle regagne la France. Aujourd&rsquo;hui, cette quinquagénaire au visage buriné et aux mains qui intimident, se partage son temps entre deux activités : bergère dans les Alpes-de-Haute-Provence et employée dans les vignobles du Bordelais.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3523"></span></p>
<div id="attachment_3539" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG-0783-moonset-harbor-alaska.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="wp-image-3539 size-medium colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG-0783-moonset-harbor-alaska-300x200.jpg" alt="IMG-0783-moonset-harbor-alaska" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Kodiak, Alaska (Photo Marion Owen)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ses carnets noircis pendant ses heures de quart, elle les a gardés jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une rencontre avec un écrivain également journaliste lui fasse comprendre qu&rsquo;elle tenait là un matériau fantastique pour un roman. Le premier. <strong>Catherine Poulain</strong> a, au fil d&rsquo;entrevues, expliqué avoir toujours voulu écrire.</p>
<p>A 56 ans, elle signe un roman magistral. Parce qu&rsquo;il lui ressemble ? En partie. Nul doute que <strong>Lili,</strong> le brin de femme qui monte à bord du <em>Rebel</em> pour y enchainer les saisons de pêche (morue noire, du flétan et du saumon), s&rsquo;inspire de la propre vie de l&rsquo;auteure.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3535" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN-PHOTO.jpg" rel="lightbox[3523]"><img class="wp-image-3535 size-medium colorbox-3523" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GRAND-MARIN-PHOTO-300x192.jpg" alt="GRAND MARIN PHOTO" width="300" height="192" /></a><p class="wp-caption-text">Catherine Poulain (photo Geoffroy Mathieu)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Lili</strong>, &laquo;&nbsp;la petite Française&nbsp;&raquo; embarque donc. Illégale. Et inexpérimentée. Qu&rsquo;importe. Elle apprendra. Quitte à risquer de perdre la vie, à cause de blessures gravissimes. Elle reste. S&rsquo;accroche dans une obsession du mouvement. Boit des bières avec les autres et ne compte pas ses heures. Oublie sa fatigue et son corps qui crie &laquo;&nbsp;Stop&nbsp;&raquo;. Elle reste pour <strong>Jude</strong>. &laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est lui. Comme elle, il a une trentaine d&rsquo;années. Un taiseux travailleur et alcoolique. <strong>Lili</strong> l&rsquo;apprivoise. Et ils s&rsquo;aimeront.</p>
<p><strong>Mais ces deux-là peuvent-ils se contenter d&rsquo;une vie comme les autres, avec son possible confort et ses règles sociales ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un livre puissant. Romanesque. Et divinement bien écrit. Chapeau bas !</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 33-34 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me lève aux aurores. Je saute au bas de ma couchette. Ça m&rsquo;appelle. Le dehors, l&rsquo;air d&rsquo;algues et de coquillages, les corbeaux sur le pont, les aigles dans le mât; le cri des mouettes sur les eaux lisses du port. Je prépare le café pour les deux hommes. Je sors. Je cours sur les docks. Les rues sont désertes. Je rencontre le jour nouveau. Je retrouve le monde d&rsquo;hier. La nuit l&rsquo;a caché puis rendu. Je rentre au bateau hors d&rsquo;haleine, Jesse et Ian se lèvent à peine. Les gars qui seront de l&rsquo;équipage ne vont pas tarder à arriver. Je bois le café avec eux. Mais qu&rsquo;ils sont lents. Mon pied remue sous la table. Je pourrais pleurer d&rsquo;impatience. Attendre est une douleur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Est-ce que mourir va durer longtemps ? Je renifle et me mouche entre deux doigts. C&rsquo;est triste, je pense en regardant le ciel, la mer, c&rsquo;est tellement dommage de mourir. Mais sans doute que c&rsquo;est normal aussi, s&rsquo;en être allée si loin et seule, si loin vers le si Grand Nord, là où on l&rsquo;appelle “the Last Frontier”, la dernière frontière et l&rsquo;avoir franchie, la frontière, avoir trouvé son bateau et se retrouver transportée de joie sur l&rsquo;océan, à y penser le jour et la nuit, à n&rsquo;en dormir presque plus sur son coin de plancher sale. Connaître des jours, des nuits, des aubes belles à en renier son passé, à y vendre son âme. Oui, avoir osé la franchir, la frontière, ça ne pouvait être que pour y trouver la mort, y pêcher sa fin très rouge et très belle, un poisson ruisselant de mer et de sang, venu se ficher dans ma main comme une flèche flamboyante. Je revois mon départ, la traversée des déserts dans le car au lévrier bleu, le ciel de l&rsquo;anorak et ses nuages de duvet autour de moi&#8230; C&rsquo;était donc pour cela que je partais, cette force qui me donnait  toutes les audaces, gagner ma mort. Je revois Manosque-les-Couteaux où je ne mourrai pas, enfin, traquée dans une chambre obscure. Je ne pleure plus. Je redescends dans le carré. Ma main est devenue inerte. Une fois de plus je me sens fautive en voyant les hommes s&rsquo;affairer sur le pont. Je me recroqueville dans la coursive. Il y  fait sombre et chaud. Je serre ma main contre mon ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 224 :</strong><em> &laquo;&nbsp;C&rsquo;est moi qui vais pleurer si ça continue – s&rsquo;il me regarde encore avec ces yeux de chien blessé –, c&rsquo;est moi qui pleure. Je le repousse. Je sens ses côtes sous mes mains. Une dernière fois je vois son visage écorché, grand enfant éperdu, avant qu&rsquo;il ressorte. Ce soir ce sera bien ma faute s&rsquo;il boit des gins tonics jusqu&rsquo;à rouler par terre. Je m&rsquo;enfonce dans l&rsquo;antre de ma couchette. Je m&rsquo;enfouis tout entière dans mon duvet. J&rsquo;ai déchargé dix tonnes de poisson, je me suis battue au pic avec la glace de la cale, je me suis rebellée et j&rsquo;ai fait le tour des bars, rencontré un trappeur triste. Mon skipper veut m&rsquo;emmener pêcher à Hawaï et Jude au motel. Manosque-les-Couteaux m&rsquo;attend toujours. C&rsquo;est beaucoup pour une même journée. Les hommes sont repartis au bar. J&rsquo;entends l&rsquo;eau glisser sur le flanc du bateau.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le grand marin&nbsp;&raquo;, De Catherine Poulain, Editions de l&rsquo;Olivier, 19€.</strong></em></p>
<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
<div class="fb-like" data-href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/" data-share="false" data-layout="button_count" data-show-faces="0" data-action="like" data-colorscheme="light"></div>
<!-- End WP Socializer Plugin - Facebook Button -->
</td><td align="left" style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;">
<!-- Start WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
<a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-count="horizontal"  data-lang="en"  data-url="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/" data-text="Femme libre, toujours tu chériras la mer&#8230; - "></a>
<!-- End WP Socializer Plugin - Retweet Button -->
</td></tr></table>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/19/femme-libre-toujours-tu-cheriras-la-mer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
