Mobilisation générale à la Manu

La mobilisation a été préparée avant la guerre et en 1939-1940, la Manu monte rapidement en puissance et atteint ses objectifs de production.

Durant les années 1930, la Manu contribue au renouvellement de l’armement portatif, elle équipe en mitrailleuses la ligne Maginot puis les chars et les avions qui sont fabriqués en nombre après 1935.

Les travaux de construction de l'usine électrique vers 1920. (Source : collection particulière)

Les travaux de construction de l’usine électrique vers 1920.
(Source : collection particulière)

En même temps elle se prépare pour une éventuelle mobilisation. Des bâtiments sont construits ou agrandis sur le site principal comme sur celui de la Brelandière, l’atelier central est refondu, la forge augmentée, les ateliers de fabrications mécaniques étendus.

Le parc de machines est développé, l’alimentation en énergie électrique renforcée, Les outils et vérificateurs sont préparés d’avance pour une fabrication intensive.

A partir de 1936 les plans de réarmement entraînent un accroissement de l’activité et une augmentation de l’effectif qui progresse de 1.200 à 1.500 environ au moment de la mobilisation générale, le 1er septembre 1939.

Le programme de guerre est alors mis en application. La journée de travail est portée à 10 h, le travail de nuit est remis en place et comme en 1914 un recrutement massif débute, mais cette fois il a été préparé.

Ce sont d’abord des militaires, affectés spéciaux, que le ministère attribue à la Manu, au nombre prévu de 2.200. Ils constituent des « compagnies de renforcement » qui sont rebaptisées « compagnies de travailleurs militaires » en février 1940.

Ils sont logés, difficilement, à la caserne de Châteauneuf, dans divers locaux privés réquisitionnés puis au printemps 1940 dans des baraquements construits aux Renardières.

En cinq mois les femmes passent de 80  à plus de 800

Les femmes retrouvent le chemin de la Manu. En cinq mois leur nombre passe de 80 à plus de 800.

Près de 50 % d’entre elles sont des épouses de mobilisés. Enfin des civils non mobilisables sont recrutés, volontaires ou réquisitionnés car les ouvriers professionnels sont en nombre insuffisant.

Parmi eux, des réfugiés alsaciens-lorrains.
Contrairement à la Première Guerre, il n’est pas fait appel aux travailleurs coloniaux ni aux étrangers, sauf un petit nombre sur réquisition. Et l’effectif total grimpe, il dépasse 5.000 en février 1940, les prévisions sont de 7.500 en juin.

En mai 1940, la cadence de production dépasse 10.000 armes automatiques par mois. La Manu a bien rempli son contrat, mais le 19 juin elle ferme ses portes car l’armée allemande se rapproche.

Quelques jours plus tard, s’ouvre une autre page de son histoire, celle de l’Occupation.

Pierre Bugnet

Prochain épisode : la Manu sous l’Occupation.

Marie-Claude Albert, Pierre Bugnet, David Hamelin et Patrick Mortal ont publié en septembre dernier (chez Geste Editions) un ouvrage imposant sur l’histoire des hommes qui ont fait la Manu.

La rédaction châtelleraudaise de La Nouvelle République/Centre Presse a décidé de consacrer à cette bible, jusqu’au mois de juin prochain, une série d’articles signés des deux auteurs châtelleraudais Marie-Claude Albert et Pierre Bugnet.

Ces chroniques hebdomadaires sont également relayées ici, sur Zoom Arrière.

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2 réponses à Mobilisation générale à la Manu

  1. Royan dit :

    Toujours interessé par ce blog….bientot la suite ? (de nombreuses archives meritent surement d’etres evoquées)

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