Sur les traces de la Manu : révolution industrielle

Marie-Claude Albert, Pierre Bugnet, David Hamelin et Patrick Mortal ont publié en septembre dernier (chez Geste Editions) un ouvrage imposant sur l’histoire des hommes qui ont fait la Manu.

La rédaction châtelleraudaise de La Nouvelle République/Centre Presse a décidé de consacrer à cette bible, jusqu’au mois de juin prochain, une série d’articles signés des deux auteurs châtelleraudais Marie-Claude Albert et Pierre Bugnet.

Ces chroniques hebdomadaires sont également relayées ici, sur Zoom Arrière.

La révolution industrielle passe par la Manu

Le dernier tiers du XIXe siècle est caractérisé par un développement spectaculaire des industries d’armement. Les armes à feu portatives du XXe siècle naissent à cette époque.

En France, après le fusil Gras à cartouche métallique, apparaissent les armes à répétition. Le fusil modèle 1886 dit « Lebel » est entièrement mis au point à Châtellerault, en particulier par le contrôleur d’armes Albert Close.

5.500 machines en 1890

Les progrès de la fabrication vont de pair avec ceux des armes. Le travail artisanal disparaît, remplacé par des machines-outils de divers types, dont le nombre atteint 5.500 en 1890.

La forge est dotée de marteaux-pilons, une fonderie de fonte est créée. Deux puissantes usines thermiques animent l’ensemble des ateliers, leurs cheminées géantes sont toujours debout. Et désormais la manufacture est chauffée à la vapeur et éclairée à l’électricité.

L’organisation rationnelle du travail se met en place. L’atelier central en est le cœur.

Les ouvriers de précision qu’il regroupe, mettent au point les machines, affûtent les outils, fabriquent les vérificateurs qui assurent l’interchangeabilité des pièces.

Les cadences de fabrication atteignent 1.000 fusils par jour, de sorte que la totalité de l’armement national est renouvelée en quelques années. Dès lors se pose le problème de l’emploi d’une telle usine et du sort de ses ouvriers.

Mais on se rend compte que machines et ouvriers sont maintenant universels et peuvent participer à toutes fabrications du domaine mécanique.

La Direction de l’Artillerie fait alors appel à la Manu pour des productions très diversifiées : glissières de canons, munitions, voiturettes. C’est l’ensemble des usines d’armement qui concourt à l’équipement des armées françaises.

Naissance d’une école d’apprentissage

La transformation des métiers entraîne celle de la formation. Il est assez facile de recruter dans la campagne des usineurs pour le travail en série, par contre les ouvriers de précision sont peu nombreux dans la région.

Pour remplacer l’apprentissage auprès des maîtres-ouvriers de jadis, une École d’apprentissage est créée en 1888.

Les manuchards du XXe siècle vont bientôt entrer en scène.

Pierre Bugnet

Prochain article : des avancées sociales à la Manu.

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