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	<title>Quatrième de couv &#187; traditions</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Fatima ou le choix de ne pas choisir&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 06:39:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire De quoi mettre un grand coup de pied (salutaire ?) dans les piles de livres de cette rentrée littéraire ? Le premier roman de Fatima Daas est un concentré d&#8217;énergie, une petite bombe de quelque chose de différent. Les éditions Noir sur Blanc signe là un texte inédit dans sa forme, son ton et son message. Une autofiction [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PETITE-DERNIERE.jpg" rel="lightbox[5392]"><img class="alignleft size-full wp-image-5394 colorbox-5392" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PETITE-DERNIERE.jpg" alt="PETITE DERNIERE" width="250" height="391" /></a></p>
<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>De quoi mettre un grand coup de pied (salutaire ?) dans les piles de livres de cette rentrée littéraire ? Le premier roman de <strong>Fatima Daas</strong> est un concentré d&rsquo;énergie, une petite bombe de quelque chose de différent.</p>
<p><strong>Les éditions Noir sur Blanc</strong> signe là un texte inédit dans sa forme, son ton et son message. Une autofiction qui pulse comme un rap.</p>
<p><strong>Fatima Daas</strong> a 29 ans. Elle a grandi à Clichy-sous-Bois, entourée d&rsquo;une famille nombreuse. Au collège, elle se rebelle, revendique le droit d’exprimer ses idées et écrit ses premiers textes. Elle se définit comme une féministe intersectionnelle.</p>
<p>La quatrième de couverture de <strong>&laquo;&nbsp;La petite dernière &laquo;&nbsp;</strong> vous donne une idée. Percutante.</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; Je m’appelle <strong>Fatima Daas</strong>. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. </em><em>Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><span id="more-5392"></span></p>
<p>Un monologue qui nous parle de famille, de religion, de société et de la place qu&rsquo;on est censé y trouver. Ou pas.  Pas simple en effet quand on est une jeune femme homosexuelle issue d&rsquo;une famille algérienne dans laquelle le poids de la religion et des traditions est réel.</p>
<p>Dans la vraie vie, l&rsquo;autrice de ce roman qui sonne comme dans du slam ( pour rappeler que son héroïne souffre d&rsquo;asthme depuis l&rsquo;enfance), dont les chapitres constituent une mélopée, a 25 ans. Et s&rsquo;appelle autrement. Une mise à distance qu&rsquo;elle estime salutaire.<strong><em> &laquo;&nbsp;Je n&rsquo;avais pas envie de raconter une histoire vraie, même si c&rsquo;est une histoire qui m&rsquo;est proche, mais qui serait aussi universelle. L&rsquo;amour, la famille, le genre, la sexualité, la religion, les quartiers populaires, on est tou.tes traversé.es par ces sujets-là&nbsp;&raquo;</em></strong>, expliquait-elle dans <strong>Les Inrocks</strong> du 19 août.</p>
<p><strong>Défendue par Virginie Despentes, celle-ci dit de la jeune autrice  à travers un blurb (*) élogieux: </strong></p>
<p><em>« Le monologue de Fatima Daas se construit par fragments, comme si elle updatait Barthes et Mauriac pour Clichy-sous-Bois. Elle creuse un portrait, tel un sculpteur patient et attentif… ou tel un démineur, conscient que chaque mot pourrait tout faire exploser, et qu’on doit les choisir avec un soin infini. Ici l’écriture cherche à inventer l’impossible : comment tout concilier, comment respirer dans la honte, comment danser dans une impasse jusqu’à ouvrir une porte là où se dressait un mur. Ici, l’écriture triomphe en faisant profil bas, sans chercher à faire trop de bruit, dans un élan de tendresse inouïe pour les siens, et c’est par la délicatesse de son style que Fatima Daas ouvre sa brèche. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>(*) Terme rendu célèbre en 1907 par l&rsquo;humoriste et artiste américain Gelett Burgess. A l&rsquo;origine le mot raillait les éloges emphatiques figurant sur la couverture des livres. Aujourd&rsquo;hui, on parle d&rsquo;une courte description d’un livre, film, oeuvre musicale, etc. écrite et utilisée à desfins promotionnelles. Bref, un synonyme de Quatrième de couv !</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 26 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;appelle Fatima Daas, mais je suis née dans les Yvelines. </em></p>
<p><em>Quand j&rsquo;ai huit ans, nous quittons le 78 pour le 93. Nous quittons Saint-Germain-en-Laye pour emménager dans une ville de musulmans : Clichy-sous-Bois. </em></p>
<p><em>En dehors de ma famille, à Clichy-sous-Bois, les personnes avec qui je grandis, le voisinage, les amies, les camarades de classe sont presque tous des musulmans. Alors, je n&rsquo;ai pas de mal à être une &laquo;&nbsp;musulmane&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p><em>A huit ans je pense que :</em></p>
<p><em>Tout Maghrébin est musulman. </em></p>
<p><em>Les musulmans sont  ceux qui ne mangent pas de porc et font le ramadan. </em></p>
<p><em>Jeûner, c&rsquo;est se mettre à la place des personnes qui n&rsquo;ont pas de quoi manger. </em></p>
<p><em>Les musulmans ne boivent pas. </em></p>
<p><em>Les Maghrébins se marient, ils ont des enfants, puis des petits-enfants. </em></p>
<p><em>Je suis à l&rsquo;école élémentaire lorsque je fais le ramadan pour la première fois. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;appelle Fatima Daas. </em></p>
<p><em>Mes parents sont musulmans, mais je ne me souviens pas d&rsquo;avoir reçu des enseignements religieux particuliers durant mon enfance. </em></p>
<p><em>Je n&rsquo;ai fréquenté aucune mosquée, mes parents ne nous ont pas fait de cours à domicile, seulement quelques prêches occasionnels à l&rsquo;âge adulte. </em></p>
<p><em>Ces prêches, quand ils avaient lieu, étaient gouvernés par mon père. </em></p>
<p><em>Ahmed. </em></p>
<p><em>Nous sommes dans le salon, mes soeurs et moi, assises en rond autour d&rsquo;une table avec une nappe à fleurs. </em></p>
<p><em>Là, mon père s&rsquo;installe en face de nous, il pose son café sur la table et s&rsquo;enfonce dans son fauteuil préféré. Il choisit un sujet, il dit</em> Bissmillah<em>. </em></p>
<p><em>Après ça, il fait entendre à chacune d&rsquo;entre nous ce qu&rsquo;il lui manque pour être une meilleure musulmane. </em></p>
<p><em>Ces moments ne sont pas destinés à accroître notre savoir en islam. </em></p>
<p><em>Ce que mon père dit, nous le savons déjà. </em></p>
<p><em>Je crois que rien n&rsquo;a été dit dans ma famille. </em></p>
<p><em>Le silence est le moyen de communication le moins codé.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 145 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je m&rsquo;appelle Fatima. </em></p>
<p><em>Je regrette qu&rsquo;on ne m&rsquo;ait pas appris à aimer. </em></p>
<p><em>Un jeudi après-midi, j&rsquo;insulte ma professeure de mathématiques, madame Relca. </em></p>
<p><em>Je sens une chaleur sur ma nuque. </em></p>
<p><em>Mes mains sont moites. </em></p>
<p><em>Elle ne dit rien.</em></p>
<p><em>Elle est là, devant moi, debout, comme un panneau stop. </em></p>
<p><em>Elle range ses affaires. </em></p>
<p><em>Une main sur son sac, prête à partir. </em></p>
<p><em>Et moi, je suis là, face à elle. </em></p>
<p><em>Impuissante. </em></p>
<p><em>J&rsquo;ai l&rsquo;impression de me faire ridiculiser. </em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;ignorance est le pire des mépris. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><em>En deux minutes, cette phrase avait pris tout son sens.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;La petite dernière&nbsp;&raquo;, Fatima Daas, les Editions Noir sur Blanc, 16 euros.</strong></em></p>
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		<title>Entre deux identités, la sortie de l&#8217;enfance</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Jul 2019 08:32:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Le titre. C&#8217;est lui qui m&#8217;a fait prendre et ouvrir ce livre. L&#8217;auteur, je ne le connaissais pas. Il signe avec &#171;&#160;Après la mer&#160;&#187;, son troisième livre (son premier roman est sorti en 2014)&#8230; et le premier d&#8217;inspiration autobiographique. Alexandre Feraga a 40 ans et signe là un écrit qui nous plonge dans le lien, parfois [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/APRES-LA-MER.jpg" rel="lightbox[4702]"><img class="alignleft size-full wp-image-4704 colorbox-4702" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/APRES-LA-MER.jpg" alt="APRES LA MER" width="293" height="456" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le titre. C&rsquo;est lui qui m&rsquo;a fait prendre et ouvrir ce livre. L&rsquo;auteur, je ne le connaissais pas. Il signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Après la mer&nbsp;&raquo;</strong>, son troisième livre (son premier roman est sorti en 2014)&#8230; et le premier d&rsquo;inspiration autobiographique.</p>
<p><strong>Alexandre Feraga</strong> a 40 ans et signe là un écrit qui nous plonge dans le lien, parfois étrange, qui peut lier un père à son fils, écartelé entre deux identités.</p>
<p>Et pour cause. Un été, alors qu&rsquo;<strong>Alexandre</strong> a dix ans, son père qui se fait appeler <strong>Maurice</strong>, l&rsquo;emmène, seul, de l&rsquo;autre côté de la mer, en Algérie. Là où toute la famille de <strong>Maurice-Mohamed</strong> vit.</p>
<p>Le jeune garçon espère alors pouvoir enfin se rapprocher de son père, taiseux et sans tendresse. Loin de la violence de l&rsquo;un de ses demi-frères, <strong>Salim</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4702"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Là-bas, <strong>Alexandre</strong> ne se fera appeler que par son autre prénom, inscrit sur ses papiers d&rsquo;identité : <strong>Habib</strong>. Il découvre tout un pan de sa famille (grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines, etc.), celle de son père qui, en France, est à la tête d&rsquo;une famille recomposée pleine de silences et de violences. Ici, pas question d&rsquo;évoquer sa mère, <strong>Jocelyne</strong>, femme soumise que Maurice n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas épousé.</p>
<p>Là, sans que jamais personne ne lui explique jamais rien, <strong>Alexandre-Habib</strong> va tirer sur les fils pour reconstituer le puzzle de son histoire, de celle de son père. Il va engranger des informations, avaler aussi des quantités astronomiques de douceurs et de nourriture&#8230; Se remplir de cette histoire qu&rsquo;il découvre au fil des heures.</p>
<p>Pourquoi ses demi-frères et soeurs n&rsquo;ont, eux, jamais fait ce voyage ?</p>
<p>Au fil des pages, on finit par comprendre que quelque chose se trame autour du jeune garçon.</p>
<p>Entre ses deux identités, ses deux familles, <strong>Alexandre-Habib</strong> n&rsquo;a pas trop le choix. Il doit faire avec les deux. Quitte à ne jamais vraiment savoir qui il est. Une chose est sûre : il n&rsquo;est plus un enfant.</p>
<p>Un récit initiatique très touchant, très pudique aussi sur cette difficulté, parfois, à vivre une double culture. Un beau texte aussi sur la violence qu&rsquo;on ne voit pas. Qui ne fait pas de bleus mais qui blesse par le silence qu&rsquo;elle fabrique.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 63 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Pourquoi décidait-il tout à coup de m&rsquo;apprendre sa langue ? Pourquoi ici ? Dans cet appartement petit et sale qui ne nous appartenait pas. Il avait eu toutes les occasions de monde depuis ma naissance pour le faire. Avait-il besoin d&rsquo;un terrain neutre pour me transmettre son savoir ? Je n&rsquo;avais jamais entendu mes demis évoquer un tel voyage, personne ne parlait arabe à la maison, et malgré cela, je n&rsquo;arrivais pas à me sentir tout à fait privilégié. Pourquoi un tel traitement de faveur ? Pourquoi moi, et surtout, pourquoi maintenant ? C&rsquo;était un mystère. Tout dans ce voyage relevait du fantastique.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pages 187-188 :</strong><em>&nbsp;&raquo; Nous passions très peu de temps ensemble, essentiellement à table, comme chez nous. Je découvrais ce père menteur, s&rsquo;abstenant de fumer, de boire, transformant son irascibilité en une incroyable docilité, faisant montre d&rsquo;un intérêt aussi soudain qu&rsquo;inédit pour la cellule familiale. Je le vis ainsi échanger quelques passes avec Fahd, taquiner Bouzid sur la proéminence de son ventre et féliciter Anouar pour le travail accompli aux côtés de Moncef et Zahir, précisant au passage que ses enfants rechignaient, eux, à débarrasser la table. Il faut dire qu&rsquo;il nous avait si bien montré l&rsquo;exemple à la maison, en ne levant jamais le petit doigt.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 284 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;était donc ça que mon père attendait de moi, que je sacrifie une autre partie de mon enfance. </em>Pour faire plaisir<em>. Un petit bout de peau de rien du tout qui rendrait Zahir fier d&rsquo;avoir circoncis un petit </em>gaouri<em>, qui apaiserait les angoisses de Zeïna, qui protégerait la tribu des représailles célestes. Les visages de mes demis et de ma mère me sont apparus, car tout était parti de là. Il aurait suffi qu&rsquo;un seul d&rsquo;entre eux se lève pour prendre ma défense, qu&rsquo;un seul mot soit dit pour enrayer la tragédie, qu&rsquo;un seul d&rsquo;entre eux ait le courage de me dire la vérité pour que mon coeur d&rsquo;enfant ne se nécrose pas prématurément. Au lieu de cela, ils étaient restés assis, bien calés dans les canapés, les pieds dans leurs chaussons, et avaient simplement arboré leur plus belle tête de faux-cul.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Après la mer &laquo;&nbsp;, Alexandre Feraga, Flammarion, 19€.</strong></em></p>
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