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	<title>Quatrième de couv &#187; rythme</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Sous la dalle, la colère gronde&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Aug 2022 08:15:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire été 2022 Cette rentrée littéraire serait-elle celle de la sobriété ? Toute relative, cependant. En effet, le rendez-vous des auteurs et des maisons d&#8217;édition (en quête des prix de l&#8217;automne) est, pour la première fois depuis 20 ans, sous la barre des 500 romans publiés, 490 plus exactement (345 titres français et 145 étrangers). Une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff">Rentrée littéraire été 2022</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DEUX-SECONDES.jpg" rel="lightbox[6067]"><img class="alignleft size-full wp-image-6072 colorbox-6067" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DEUX-SECONDES.jpg" alt="DEUX SECONDES" width="195" height="285" /></a>Cette rentrée littéraire serait-elle celle de la sobriété ? Toute relative, cependant. En effet, le rendez-vous des auteurs et des maisons d&rsquo;édition (en quête des prix de l&rsquo;automne) est, <strong>pour la première fois depuis 20 ans, sous la barre des 500 romans publiés, 490 plus exactement (345 titres français et 145 étrangers). Une baisse de 6% par rapport à l&rsquo;année dernière.</strong> Deux raisons sont avancées : la hausse du prix du papier et les incertitudes liées au rapprochement entre Editis et Hachette.</p>
<p><strong>Le nombre de premiers romans, lu, est en hausse</strong>. Vous savez, depuis plus de 10 ans que ce blog existe, à quel point je les aime ceux-là, premiers jets d&rsquo;auteurs (es) en devenir qui nous parlent d&rsquo;eux, de nous, des autres.</p>
<p><em><strong>Deux secondes d&rsquo;air qui brûle</strong></em> ne fait pas exception. <strong>Diaty Diallo</strong>, l&rsquo;auteure, a grandi entre les Yvelines et la Seine-Saint-Denis, où elle vit toujours. Depuis l&rsquo;adolescence, elle pratique différentes formes d&rsquo;écriture (blog, fanzines, chansons, et désormais son premier roman).</p>
<p>Un roman court, dense, incandescent. L&rsquo;histoire, c&rsquo;est celle d&rsquo;une bande de potes. Il y a<strong> Astor</strong> (le narrateur, jeune adulte féru de botanique), mais aussi <strong>Chérif</strong>, <strong>Issa</strong>, <strong>Demba</strong>, <strong>Nil</strong> et les autres. Leur terrain de jeu ? La dalle en bas de chez eux. Mais aussi le parking, la friche, les toits et le quartier tout entier qu&rsquo;ils habitent, dans la banlieue de Paname. Au milieu du décor, une pyramide qui, sans &laquo;&nbsp;divulgâcher&nbsp;&raquo; la fin, fait partie des personnages.</p>
<p>Un quartier où chacun est dans son rôle. Et où le quotidien n&rsquo;est plus rose ni plus noir qu&rsquo;ailleurs. Entre les béton et les odeurs du parking, la vie s&rsquo;organise.</p>
<p>Un soir d&rsquo;été cependant, le 16 juillet, en marge d&rsquo;une énième interpellation, l&rsquo;un des amis d&rsquo;<strong>Astor</strong>, l&rsquo;un des frères de <strong>Chérif</strong>, se fait tuer par des policiers. Alors les jeunes s&rsquo;organisent, ensemble. Un soulèvement se prépare. Méthodique. Inattendu.</p>
<p>Un roman où la langue et le rythme claquent. Les rêves, eux, n&rsquo;ont plus assez de place. Reste la réalité. Froide. Et un peu d&rsquo;amour dans les yeux d&rsquo;<strong>Aïssa</strong>.</p>
<p><span id="more-6067"></span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left">Pour découvrir les premières pages :</p>
<p style="text-align: left"><a href="https://fr.calameo.com/read/005979625fcc1f517f4d1?authid=orLmn213UMp4">https://fr.calameo.com/read/005979625fcc1f517f4d1?authid=orLmn213UMp4</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] C&rsquo;est l&rsquo;odeur de la part qu&rsquo;on nous laisse. Des mètres de trottoir, quelques bancs, des triangles d&rsquo;herbe, des bouts de bois morts qu&rsquo;on transforme en braise pour cuire la viande. Le moindre coffre de voiture est possible sound system. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>On est débrouillards. On est joyeux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mais nos réjouissances n&rsquo;en sont pas pour tout le monde. Il y en a qui ne nous voient que comme les rejetons braillards d&rsquo;ascendants qui avaient au moins la délicatesse de la fermer. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on fait ça, parler fort, mais on est quand même loin de passer toutes nos nuits à beugler sous des fenêtres. On a juste besoin d&rsquo;agitation, un peu. Attiser des feux, se raconter des trucs pour passer les jours qui rallongent et même ceux qui raccourcissent en fait et puis danser parfois.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pas grand-chose en somme. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 32 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Chérif et Issa répondent aux premières questions, pacifiques. J&rsquo;ai réussi mes partiels, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on fête, dit Chérif, on fait juste barbecue tranquille, on sait que c&rsquo;est pas autorisé mais on a essayé de pas être dangereux, de déranger personne, vous voyez bien  même on éteint le son si vous voulez. Il pourrait dire ce qu&rsquo;il veut, ce soir-là ce n&rsquo;est pas tout à fait pareil. Plus encore que d&rsquo;ordinaire, le processus semble avoir été écrit  à l&rsquo;avance, à l&rsquo;image d&rsquo;un scénario. Ses rôles assignés, d&rsquo;adjuvants, d&rsquo;antogonistes ; son élément perturbateur aussi et probablement quelques péripéties ; mais avec une fin en queue de poisson. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 122 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Sans aucune annonce, les réverbères et la pyramide s&rsquo;éteignent et plongent la place dans la pénombre. Seules les guirlandes continuent de clignoter. Les conversations se sont évanouies. L&rsquo;espace d&rsquo;un instant, en fermant les yeux, la place semble avoir été désertée par la foule. Mais, plongées dans une semi-obscurité, les mines sont simplement concentrées, dirigées vers l&rsquo;enfièvrement qui se profile. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il y a quelque chose à calmer ce soir. Ensemble. Quelque chose de dure qu&rsquo;il faut soulager à défaut de guérir. Ensemble.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Deux secondes d&rsquo;air qui brûle, Diaty Diallo, Seuil., 17,50€.</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans la ligne d&#8217;eau, le temps de la &#171;&#160;l&#8217;autorévolution&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/02/08/dans-la-ligne-deau-le-temps-de-la-lautorevolution/</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Feb 2019 08:03:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Piano ostinato"]]></category>
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		<category><![CDATA[Ségolène Dargnies]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Une très (très) jolie découverte ! A chaque rentrée littéraire, je vise les premiers romans. Des années que je plonge allègrement dans leurs pages pour aller à la rencontre d&#8217;hommes et de femmes qui ont franchi le pas de l&#8217;écriture et de l&#8217;édition. Une aventure. &#160; Ce premier roman, &#171;&#160;Piano ostinato&#160;&#187;, est un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #339966">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>Une très (très) jolie découverte ! A chaque rentrée littéraire, je vise les premiers romans. Des années que je plonge allègrement dans leurs pages pour aller à la rencontre d&rsquo;hommes et de femmes qui ont franchi le pas de l&rsquo;écriture et de l&rsquo;édition. Une aventure.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PIANO.jpg" rel="lightbox[4542]"><img class="alignleft size-full wp-image-4544 colorbox-4542" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PIANO.jpg" alt="PIANO" width="195" height="285" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Piano ostinato&nbsp;&raquo;</strong>, est un bijou.  Vraiment. Sorti le 3 janvier, alors que l&rsquo;on se remettait à peine des agapes du réveillon, j&rsquo;espère qu&rsquo;il ne restera pas dans l&rsquo;ombre des livres &laquo;&nbsp;poids lourds&nbsp;&raquo; de cette rentrée littéraire d&rsquo;hiver.</p>
<p>Arrivé sur les tables des libraires sans tambour ni trompettes, voici un roman dont la petite musique devrait vous enchanter.</p>
<p>Son auteure, <strong>Ségolène Dargnies</strong>, est enseignante, professeure de lettres agrégée après avoir été journaliste.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4542"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Gilles Sauvac</strong>, pianiste soliste. Celle d&rsquo;un artiste dont la vie, si bien orchestrée, va pourtant basculer. A cause d&rsquo;une douleur qui l&rsquo;assaille au majeur, alors qu&rsquo;il interprète le concerto en la mineur de <strong>Robert Schumann, </strong>un compositeur qu&rsquo;il chérit depuis toujours. Une douleur dont il ne sait comment se débarrasser. Qui lui interdit de vivre de son art, d&rsquo;exister en somme.</p>
<p>Mourir ? Il n&rsquo;y parviendra pas. Nager des longueurs ? Pourquoi pas ? <strong>Gilles Sauvac</strong> va apprendre à nager, à regarder autrement sa vie et celles des gens qui l&rsquo;entourent.</p>
<p>Là, dans cette piscine municipale, c&rsquo;est un autre homme qui se dévoile. Qui entame une renaissance, à longueurs de bassin.</p>
<p>Au fil de ce roman, court, rythmé et divinement bien écrit, <strong>Ségolène Dargnies </strong>nous offre le portrait sensible d&rsquo;un homme désemparé puis en quête, toujours habité.</p>
<p>Et l<strong>&lsquo;ostinato,</strong> vous savez ce que c&rsquo;est ?  Il s&rsquo;agit d&rsquo;un procédé de composition musicale consistant à répéter obstinément une formule rythmique, mélodique ou harmonique accompagnant de manière immuable les différents éléments thématiques durant tout le morceau.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 15 :</strong><em>&laquo;&nbsp;On se serait étonné, quelques mois auparavant, d&rsquo;apercevoir la petite tête de Gilles Sauvac déborder de la surface de l&rsquo;eau au milieu de la population des bassins parisiens. Pas qu&rsquo;il fût archi célèbre, non, mas tout de même, il eut ses petites heures de gloire, était réputé chez les spécialistes, il n&rsquo;avait pas l&rsquo;habitude de traîner dans ces lieux où barbotent de discrets anonymes. C&rsquo;est vrai, moi-même je m&rsquo;étonne de ma métamorphose, je suis devenu un quidam, je me démocratise, je m&rsquo;autorévolutionne, pense-t-il en reprenant sa respiration à la troisième oscillation des bras. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 51-52 :</strong><em>&laquo;&nbsp;On reprend. Il est un peu moins de vingt-deux heures dans la salle. On entend encore deux, trois éternuements, puis silence complet et l&rsquo;orchestre entame le deuxième mouvement du Concerto. La lenteur, c&rsquo;est épineux, on n&rsquo;y trompe jamais son monde, il faut se soucier d&rsquo;articuler parfaitement, on ne souffrira aucun bégaiement. Ça joue. A un moment qui survient assez vite après le début du deuxième mouvement, on doit être une trentaine de mesures après le début, Gilles ressent une sorte de morsure, ou brûlure, au niveau du majeur droit, douleur discrète d&rsquo;abord, mais qui s&rsquo;installe confortablement, se plante là sans qu&rsquo;on puisse en apparence la déloger et croît en intensité. Il faut être digne, les musiciens ont signé un contrat depuis la nuit des temps, leur serment d&rsquo;Hippocrate à eux, on ne s&rsquo;arrête pas au milieu d&rsquo;une oeuvre, on tient coûte que coûte, on ne montre ni crainte, ni terreur, ni chagrin – pensez que vous êtes de jeunes duchesses, poudrées, perruquées, lui disait un de ses maîtres, en toute circonstance vous afficherez maintien de soi, buste tenu, mine radieuse, regard haut, avec un poil d&rsquo;arrogance.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 72 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Au milieu de la pile de courrier qu&rsquo;il n&rsquo;ouvrait plus, il tomba un jour sur une enveloppe tamponnée d&rsquo;un joli dessin bleuté à l&rsquo;effigie de la Salpêtrière. Sur le rapport médical qu&rsquo;il trouva à l&rsquo;intérieur, il lut ces termes barbares, rédigés semble-t-il par le docteur S. : soupçon de dystonie focale du musicien. Et j&rsquo;ai pensé à toi Bobby. Je n&rsquo;ai pas pu m&rsquo;empêcher de penser, malgré mon peu d&rsquo;attirance naturelle pour les spectres, que tu m&rsquo;avais peut-être envoyé un sortilège, ta baguette de chef d&rsquo;orchestre transformée en bâton de sorcier. Histoire de me faire sentir de quel bois tu te chauffes ? On ne joue pas ton Concerto impunément peut-être ? Quoi qu&rsquo;il en soit, je ne fais aucun reproche, et tout est pardonné.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Piano ostinato&nbsp;&raquo;, Ségolène Dargnies, Mercure de France, 9,80€</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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