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	<title>Quatrième de couv &#187; roman d&rsquo;apprentissage</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Haïti, révolution en germe dans le &#171;&#160;tan lontan&#160;&#187;&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2015 07:39:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il vous manque encore une idée pour vous évader ? J&#8217;arrive avec dans mon sac de plage, deux propositions : un livre et un voyage. En juin, je me suis rendue en Haïti. Un voyage initiatique. Poussée à découvrir ce pays après avoir lu &#171;&#160;Danser les ombres&#160;&#187; de Laurent Gaudé, dont vous trouverez mon post [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Dans-la-maison-du-père.jpg" rel="lightbox[3164]"><img class="alignleft size-full wp-image-3166 colorbox-3164" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Dans-la-maison-du-père.jpg" alt="Dans la maison du père" width="235" height="307" /></a></p>
<p>Il vous manque encore une idée pour vous évader ? J&rsquo;arrive avec dans mon sac de plage, deux propositions : un livre et un voyage. En juin, je me suis rendue en Haïti. Un voyage initiatique.</p>
<p>Poussée à découvrir ce pays après avoir lu <strong>&laquo;&nbsp;Danser les ombres&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Laurent Gaudé</strong>, dont vous trouverez mon post<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/12/quand-la-terre-devient-bouche-qui-mange/"> ici, </a></strong>je me suis plongée, une fois sur place, dans les mots de <strong>Yanick Lahens</strong>, auteure haïtienne contemporaine qui, cette année, a remporté <strong>le prix Femina</strong> pour son troisième livre et deuxième roman, <strong>&laquo;&nbsp;Bain de lune&nbsp;&raquo;</strong>. Elle vit à Port-au-Prince et est engagée notamment dans la lutte contre l&rsquo;illettrisme.</p>
<p>Je suis entrée dans son univers avec <strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;</strong>, qui est sorti récemment en format poche chez <strong>Sabine Wespieser editeur</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3164"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman d&rsquo;apprentissage qui nous plonge dans la vie d&rsquo;<strong>Alice Bienaimé</strong>, fille unique d&rsquo;un médecin de Port-au-Prince. Une jeune fille prise en étau entre la culture inculquée par sa famille et celle, populaire et ancestrale que la vieille servante <strong>Man Bo</strong> qui donne aussi en héritage. Ajoutez à cela les idées révolutionnaires qui agitent l&rsquo;île dans les années 45-46, distillées par son jeune oncle Héraclès et vous obtenez une jeune fille qui grandit et avance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alice deviendra danseuse, pour faire vivre ses origines. Quitte à déplaire. En 1942, elle a 13 ans, et son père la gifle. Sa révolution peut commencer&#8230;</p>
<p>Un roman puissant et une formidable écriture qui mélange français et créole.</p>
<p><strong> Port-au-Prince, devant le marché en fer, juin 2015</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_1287.jpg" rel="lightbox[3164]"><img class="alignleft size-full wp-image-3169 colorbox-3164" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_1287.jpg" alt="IMG_1287" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ecoutez ici une interview de Yanick Lahens donnée à Laure Adler, sur France Culture, en avril 2015 :</strong></p>
<iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5021447" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>
<p>Dans cette émission, l&rsquo;auteure parle de son pays, du rapport qu&rsquo;elle entretient avec lui&#8230;</p>
<p><em>« A partir d’Haïti, je comprends le monde. C’est un microcosme. Il y a à la fois le quart-monde, le tiers-monde, un monde ouvert sur l’Occident. A partir d’Haïti, je peux regarder défiler les interrogations d’aujourd’hui, les enjeux, la vulnérabilité, Haïti est une matrice des rapports nord-sud. »</em></p>
<p>&#8230; et de celui qu&rsquo;Haïti a avec le mélange des langues. Son roman <strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;</strong> fait ainsi la part belle au créole.</p>
<p><em>« En Haïti, le français est une langue à laquelle nous sommes adossés depuis la fin du 18e siècle, il a donc un développement particulier. Aujourd’hui, le créole prend aussi de l’importance, avec certains jeunes qui ont un créole très pur car leurs parents ne sont pas francophones. D’un autre côté, avec notre diaspora, nous avons une littérature qui se développe en anglais et en espagnol. La langue c’est aussi l’ouverture, elle permet de comprendre le monde car toutes ces langues charrient des cultures, et je trouve cela très bien. »</em></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 111-112 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Réveillant les soifs et les faims endormies depuis toujours, des cohortes de danseurs hallucinés bravaient ainsi tous les soirs les édits des diocèses et les décrets du gouvernement, enjambant les frontières de la loi, passant de l&rsquo;autre côté du monde. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>De cette première cérémonie je garde le souvenir d&rsquo;avoir été habitée par des forces contradictoires, des appels opposés. Il y avait cette brutalité et cette beauté : la vie même, cette scansion ardente et populaire qui s&rsquo;imposait aux corps, que les âmes attendaient. Il y avait aussi toutes les histoires racontées par Man Bo à la tombée de nuit, les mises en garde de tante Félicia. Tout me revenait en même temps, et s</em>urtout je craignais le grand rire que Satan laisserait gicler de sa gorge en me voyant franchir les portes de l&rsquo;Enfer.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 145-146 :</strong><em> &laquo;&nbsp;De ces étroites rues et de ces corridors sinueux montait le remugle de flaques boueuses et des végétaux en décomposition. Cette odeur couvrait tout comme une chape. Un animal aurait peut-être reculé. En longeant la longue file de masures aux murs lambrissés, aux fenêtres comme de grands yeux béants, je fixe les visages édentés, les matelas troués exhibant leurs tripes au soleil, repaires de cafards et de punaises, posés contre les murs, avec leurs taches de pissat, de menstrues et de fornication. Et les portes de ces masures ! Fissurées, voracement rongées par la pluie et les ans. Sur-le-champ je ne comprends pas que la vie puisse s&rsquo;acharner comme ça, pour rien. Par habitude, par malice et par défi. Pour ces caresses vite faites, volées sur des grabats, à même le sol des corridors ou jambes levées debout contre un mur, gémissements avalés, hoquètements sourds, soupirs rentrés. Parce que le pain est dur et le désir des hommes avide.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 164-165 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Ce sol sur lequel était bâtie mon enfance m&rsquo;apparut soudain mouvant et poreux. Mais pas s&rsquo;y enfonçaient. Je n&rsquo;en voulus à personne. Contrairement à oncle Héraclès et à moi, mon père avant pris le monde tel qu&rsquo;il l&rsquo;avait trouvé et le comptait pas le changer. Je lui insinuai un jour qu&rsquo;Edgard ne m&rsquo;était pas indifférent. Il comprit qu&rsquo;il me fallait mesurer mes faims et mordre chaque fois à la vie comme quand on a sauté un repas. Alors il prit peur, fatigué de mes absences, de mes silences et de mes mensonges. Car il savait que je lui mentais. Je crois que c&rsquo;est ce qui le décida à me laisser partir. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La solidité rassurante de l&rsquo;enfance avant fait place à une attente d&rsquo;oiseau en cage. J&rsquo;en étais arrivée à détester les premières communions, les mariages et les baptêmes, tous ces rites opaques et de deuxième main de la petite bourgeoisie des tropiques qui fait toujours semblant sans en avoir jamais l&rsquo;air, les peurs séculaires de Man Bo, les peurs des pauvres et l&rsquo;arrogance des proches de Lise Martin Boural et des Musdorf. Je savais que mon horizon irait bien au-delà de cette ligne où le ciel s&rsquo;engouffre dans la baie de Port-au-Prince. Je voulais atteindre la rive que je n&rsquo;avais jamais vue. Je ne voulais pas seulement de ce lieu où le hasard  m&rsquo;avait jetée.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Quelle découverte ! J&rsquo;ai adoré ce roman et l&rsquo;écriture de Yanick Lahens, si sensible, si poétique. L&rsquo;occasion, outre le destin d&rsquo;Alice, de voir évoluer Haïti en filigrane. Pour le meilleur et pour le pire. A dévorer !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;, Yanick Lahens, Sabine Wespieser éditeur, 9€.</strong></em></p>
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		<title>Les Débutantes ou l&#8217;apprentissage de la vie outre-Atlantique</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Aug 2012 15:58:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vous cherchez encore un livre pour l&#8217;été ? Arrêtez-vous sur le roman de J. Courtney Sullivan, &#171;&#160;Les débutantes&#171;&#160;, paru ce printemps et en vue depuis dans toutes les bonnes librairies. L&#8217;histoire ? C&#8217;est celle de Bree, Celia, April et Sally, quatre étudiantes que la vie va lier à jamais. Quatre filles très différentes qui vont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Vous cherchez encore un livre pour l&rsquo;été ? Arrêtez-vous sur le roman de <strong>J. Courtney Sullivan</strong>, &laquo;&nbsp;<strong>Les débutantes</strong>&laquo;&nbsp;, paru ce printemps et en vue depuis dans toutes les bonnes librairies.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/les-débutantes.jpg" rel="lightbox[1159]" title="les débutantes"><img class="alignleft  wp-image-1161 colorbox-1159" style="margin: 10px;" title="les débutantes" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/les-débutantes-204x300.jpg" alt="" width="122" height="180" /></a>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de<strong> Bree</strong>, <strong>Celia</strong>, <strong>April</strong> et <strong>Sally</strong>, quatre étudiantes que la vie va lier à jamais. Quatre filles très différentes qui vont passer quatre années à l&rsquo;Université féminine de Smith. Une expérience unique.</p>
<p>Occupant des chambres voisines sur le campus ces quatre jeunes filles venues d’horizons très différents font connaissance.  Il y a<strong> Celia</strong>, écrivaine en devenir élevée dans la foi catholique ;  <strong>Bree</strong>, beauté du Sud de l&rsquo;Amérique, déjà fiancée mais aussi <strong>Sally</strong>, jeune fille bon chic bon genre dont la mère vient de décéder et <strong>April</strong>, féministe radicale et tête brûlée.</p>
<p>Dans cette université réputée qui a inspiré notamment <strong>l&rsquo;auteure Joyce Carol Oates</strong>, leurs destins se dessinent. Toutes les quatre apprennent à être femmes. <strong>Pas si simple dans l&rsquo;Amérique contemporaine. Entre choix et contraintes, on les suit.</strong> Jusqu&rsquo;au mariage, la maternité, les engagements politiques, la bisexualité, etc.</p>
<p><span id="more-1159"></span></p>
<p>Au fil des 517 pages, un roman d&rsquo;initiation qui fonctionne par flash-back et chapitre où chacun des quatre personnages raconte sa version, un pan de sa vie, sa vision des années passées ensemble puis séparément. Une histoire sur laquelle se greffe une autre, liée à la disparition subite et mystérieuse d&rsquo;<strong>April</strong>. L&rsquo;occasion pour les filles de se retrouver.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 295</strong> : &laquo;&nbsp;<em>D&rsquo;habitude, Sally allait courir pendant sa pause déjeuner, mais ces derniers temps, à chaque fois qu&rsquo;elle faisait un effort, elle se sentait vidée de toute énergie et elle avait mal à la tête. Du coup, à la place, elle avait pris le pli de rester à son bureau avec l&rsquo;exemplaire du </em>Boston Globe<em> de son patron qu&rsquo;elle lisait dans un état absolument horrible, et les pages du journal lui faisaient penser à April, à son combat pour que les choses changent, à son engagement sincère pour l&rsquo;amélioration des conditions de vie des femmes ; des femmes dont la plupart des gens se souciaient comme de leur première chemise, des femmes qu&rsquo;April elle-même ne connaissait pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 306</strong> : &laquo;&nbsp;<em>Et, tout à coup, elle se souvint pourquoi les Smithies étaient ses meilleures amies. Elle entrevoyait le fait que, dans les jours prochains, elle raconterait à des douzaines de personnes qu&rsquo;elle allait avoir un bébé ( la vache, un bébé), et qu&rsquo;aucun, sans exception, ne manquerait de s&rsquo;extasier, ni de roucouler parce qu&rsquo;elle était une femme mariée, et que les femmes mariées qui tombaient enceintes donnaient une occasion de s&rsquo;extasier et de roucouler. Mais seules les Smithies avaient suffisamment de tripes pour s&rsquo;inquiéter de savoir si elle était réellement heureuse. Les filles constituaient un refuge, là où elle pouvait toujours aller et se retrouver</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 348</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Cette mentalité lui était restée depuis. Elle avait une théorie là-dessus : d&rsquo;après elle, les étudiantes diplômées des universités pour femmes étaient semblables aux personnes qui avaient connu la crise – même si elles avaient à présent suffisamment à manger, elles récoltaient tout jusqu&rsquo;à la dernière miette. Lorsqu&rsquo;elle rencontrait un type, n&rsquo;importe quel type, elle était bien contente de le prendre avec ses défauts, parce que Dieu seul savait quand elle retomberait sur un morceau de chair fraîche ? C&rsquo;était une chose de sortir avec des minables, mais c&rsquo;en était une autre d&rsquo;en épouser un.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong> <span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Ce livre, je l&rsquo;ai acheté sur conseil d&rsquo;une jeune libraire tourangelle. J&rsquo;avoue quel sur le papier, ce n&rsquo;était pas trop ma tasse de thé mais je me suis laissée tenter. Et je ne le regrette pas. Ce roman d&rsquo;initiation féminine voire féministe vous happe malgré son style, très simple. Vous vous laissez prendre à ces quatre destins croisés en vous disant qu&rsquo;être une femme n&rsquo;est pas toujours facile même dans l&rsquo;un des pays les plus riches du monde. Entre conventions, héritage familial et quête d&rsquo;absolu, chacune essaye de s&rsquo;en tirer sans trop de dommage collatéral. Pas simple. Un roman d&rsquo;été pour jeunes femmes branchées&#8230; et pour les autres aussi !</span></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>&nbsp;&raquo; Les débutantes&nbsp;&raquo;, de J.Courtney Sullivan, Editions  Rue Fromentin, 22€.</strong></em></p>
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