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	<title>Quatrième de couv &#187; pression</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Au bord de la mère&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Aug 2018 07:40:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Alors que vous avez étalé votre serviette de plage sur le sable, avez-vous pensé à apporter le livre qui pourrait s&#8217;accommoder de ce moment ? A la rentrée littéraire de la fin de l&#8217;été 2017 était sorti &#171;&#160;Souvenirs de la marée basse&#160;&#187;, de Chantal Thomas. Les critiques lues et entendues à l&#8217;époque donnaient envie. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/souvenirs-de-la-maree-basse-par-chantal-thomas_5934168.jpg" rel="lightbox[4327]"><img class="alignleft wp-image-4330 size-medium colorbox-4327" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/souvenirs-de-la-maree-basse-par-chantal-thomas_5934168-204x300.jpg" alt="souvenirs-de-la-maree-basse-par-chantal-thomas_5934168" width="204" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: left">Alors que vous avez étalé votre serviette de plage sur le sable, avez-vous pensé à apporter le livre qui pourrait s&rsquo;accommoder de ce moment ? A la rentrée littéraire de la fin de l&rsquo;été 2017 était sorti<strong> &laquo;&nbsp;Souvenirs de la marée basse&nbsp;&raquo;</strong>, de<strong> Chantal Thomas.</strong> Les critiques lues et entendues à l&rsquo;époque donnaient envie. Ce n&rsquo;est pourtant qu&rsquo;en ce mois de juillet que j&rsquo;ai pris le temps de plonger dedans. Plonger, justement.</p>
<p style="text-align: left">Au fil des pages, <strong>Chantal Thomas</strong>, dont je n&rsquo;avais jusque-là jamais rien lu, puise dans son histoire familiale et personnelle pour brosser le portrait d&rsquo;une femme, sa mère, <strong>Jackie</strong>. Une femme particulière. Libre de ses mouvements. Restée enfant. Une nageuse hors-pair, insatiable, mais une femme demeurée fragile.</p>
<p style="text-align: left">Adolescente, <strong>Jackie</strong> s&rsquo;est baignée dans le grand canal du château de Versailles. Acte fondateur d&rsquo;une légende aquatique. C&rsquo;est en installant  à Arcachon avec ses parents <strong>Eugénie</strong> et <strong>Félix</strong> que <strong>Jackie</strong> vivra sa passion au quotidien. Des heures durant.</p>
<p style="text-align: left">Une passion et une gourmandise pour la liberté qu&rsquo;elle ne transmettra pas immédiatement à sa fille, <strong>Chantal</strong>, née d&rsquo;une union avec un dessinateur industriel aussi sportif que silencieux, mort prématurément à l&rsquo;âge de 43 ans.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-4327"></span></p>
<p style="text-align: left"><strong>Chantal</strong> ne nage pas de manière académique. Elle le sait. Elle apprendra. A Arcachon, où elle grandit à côté d&rsquo;une mère absente à elle-même, elle fera partie des &laquo;&nbsp;enfants de la plage&nbsp;&raquo;, ceux qui, tout au long de l&rsquo;année, profitent de la mer et des jeux qui y sont associés. Avec<strong> Lucille</strong>, vacancière estivante, Chantal se souvient avoir fait de la ville aux quatre saisons un formidable terrain de jeu marin.</p>
<p style="text-align: left">Et raconte, au fil de petits chapitres vifs et à partir d&rsquo;un orage pendant un bain de mer à Nice, la relation compliquée qu&rsquo;elle a entretenue avec sa mère, <em>&laquo;&nbsp;femme oublieuse&nbsp;&raquo;</em> des histoires et des autres en général.</p>
<p style="text-align: left">De la région parisienne au bassin d&rsquo;Arcachon avant Menton puis Nice, la vie de <strong>Jackie</strong> se décline en longueurs et brasses. Loin des contingences matérielles assumées par ses parents, son mari et sa fille.</p>
<p style="text-align: left">Le roman d&rsquo;une relation mère-fille compliquée, les phases de distance et de fusion en alternance.</p>
<p style="text-align: left">Un roman qui s&rsquo;inscrit <em>&laquo;&nbsp;directement en continuité&nbsp;&raquo;</em> de précédents opus de l&rsquo;auteure, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de <strong>&laquo;&nbsp;La vie réelle des petites filles&nbsp;&raquo;</strong> ou encore <strong>&laquo;&nbsp;Cafés de la mémoire&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p style="text-align: left">Un roman sensible et très finement écrit. Un vrai plaisir de lecture. Sur la plage&#8230; et ailleurs <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-4327" /></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 34-35 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il fait chaud cet été à Charavines, tandis que la France depuis le 8 Mai célèbre la Libération, ou plus exactement panse ses plaies. Sur ce qui pouvait se passer dans le reste de la France, en Europe, dans le monde, elle n&rsquo;a jamais pu me dire un mot. Elle est aussi inarticulée sur le sujet et loin des événements que les poissons du lac. Elle est avec les tanches, les carpes et les truites dans leur avancée instinctive, leur sensation de profondeur et légèreté, leur vision aveugle, une algue frôlée, le clapotis d&rsquo;une barque, la tempête d&rsquo;un coup de rame. Elle nage avec les poissons; comme je nage avec elle. Jour après jour, elle s&rsquo;abandonne à l&rsquo;eau du lac et moi au liquide amniotique. J&rsquo;habite son rythme. Ensemble, nous flottons. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre dans cet épisode : elle est enceinte de moi, elle nage, elle rêve sur la couleur de mes yeux. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>A peine un épisode, plutôt une évocation. Et à la différence de ses séjours de vacances à Arcachon où il m&rsquo;est facile de l&rsquo;imaginer qui sort de l&rsquo;eau et court vers la serviette que lui tend sa mère, là, durant cet été où elle m&rsquo;attend, je n&rsquo;imagine personne sur la rive.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 120 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ce matin – est-ce d&rsquo;avoir écrit la veille “jubilation en mode nageur ” et d&rsquo;avoir cherché des mots pour approcher la pleine euphorie de nager, comme on dit “la pleine mer ” ?  – mon bain est d&rsquo;un parfait bonheur. Je le sais dès le premier contact avec l&rsquo;eau, quand après avoir descendu la petite échelle métallique fixée dans les rochers, je marque un arrêt.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 161 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Ses baisers, condensés d&rsquo;écrits dont elle économise ainsi la lente formulation, me semblent une forme de sténo. Ils me satisfont. Dans le jeu symétrique de nos envois, ils me permettent de rester, comme elle, à un niveau d&rsquo;échange facile, à perpétuer le registre d&rsquo;évitement grâce auquel l&rsquo;histoire bancale entre nous reste non dite, incertaine, susceptible de changements. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ma mère est l&rsquo;anti-marquise de Sévigné, et c&rsquo;est tant mieux, me dis-je en extrayant de l&rsquo;étroite boîte à lettres métallique de mon immeuble sa dernière carte postale.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Souvenirs de la marée basse&nbsp;&raquo;, de Chantal Thomas, Seuil, 18 euros.</strong></em></p>
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		</item>
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		<title>Entre réalité et fiction, Delphine de Vigan mène sa barque</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/08/26/entre-realite-et-fiction-delphine-de-vigan-mene-sa-barque/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Aug 2015 12:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["D'après une histoire vraie"]]></category>
		<category><![CDATA[amitié]]></category>
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		<category><![CDATA[L. écrivaine]]></category>
		<category><![CDATA[manipulation]]></category>
		<category><![CDATA[possession]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre découverte des nouveautés de cette rentrée littéraire, riche et féconde. Cette fois, nous retrouvons Delphine de Vigan dont le nouveau roman sort ce mercredi 26 août. Souvenez-vous. En 2001, elle signait le roman &#171;&#160;Rien ne s&#8217;oppose à la nuit&#160;&#187;, un formidable témoignage d&#8217;amour à sa mère, mais aussi un portrait sans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIGAN-OK.jpg" rel="lightbox[3210]"><img class="alignleft wp-image-3228 size-medium colorbox-3210" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/VIGAN-OK-190x300.jpg" alt="VIGAN OK" width="190" height="300" /></a>Poursuivons notre découverte des nouveautés de cette rentrée littéraire, riche et féconde. Cette fois, nous retrouvons <strong>Delphine de Vigan </strong>dont le nouveau roman sort ce mercredi 26 août. Souvenez-vous. En 2001, elle signait le roman <strong>&laquo;&nbsp;Rien ne s&rsquo;oppose à la nuit&nbsp;&raquo;</strong>, un formidable témoignage d&rsquo;amour à sa mère, mais aussi un portrait sans concession, qui avait choisi, plusieurs années auparavant, de mettre fin à ses jours. <strong>Quatrième de couv</strong> en avait parlé <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/09/18/famille-je-vous-hai-me/">ici.</a></strong></p>
<p style="text-align: left">Un véritable succès de librairie ( plus de 300.000 exemplaires, excusez du peu! ). Une expérience qui a visiblement servi de terreau à l&rsquo;écriture de ce nouveau opus qui oscille entre réalité et fiction.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;auteure a-t-elle, comme la narratrice été victime d&rsquo;une amie qui, au fil des jours et des mois a pris possession de sa vie, de ses envies ? En trois parties, elle mélange réalité et fiction pour faire naître un thriller efficace.</p>
<p style="text-align: left">A l&rsquo;heure où le Vrai est exposé en Graal, <strong>Delphine de Vigan</strong> nous livre une leçon de ce qu&rsquo;est l&rsquo;écriture.</p>
<p><span id="more-3210"></span></p>
<p><strong>Delphine de Vigan</strong> a 49 ans. Son premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Jours sans faim&nbsp;&raquo;</strong> est paru en 2001, sous un pseudo. En 2007, elle avait publié <strong>&laquo;&nbsp;No et moi&nbsp;&raquo;</strong>, un roman à succès, d&rsquo;ailleurs adapté au cinéma. En 2008, <strong>Delphine de Vigan</strong> a participé à la publication de <strong>&laquo;&nbsp;Sous le manteau&nbsp;&raquo;</strong>,  un recueil de cartes postales érotiques des années folles. L&rsquo;année d&rsquo;après, elle publie <strong>&laquo;&nbsp;Les heures souterraines&nbsp;&raquo;</strong>. Puis, en 2011, <strong>&laquo;&nbsp;Rien ne s&rsquo;oppose à la nuit&nbsp;&raquo;</strong>. Delphine de Vigan vit avec le critique littéraire et animateur, <strong>François Busnel</strong>.</p>
<p>Au fil des pages, on découvre une narratrice (dont la vie ressemble fortement à celle de l&rsquo;auteure) qui, dépassée par le succès et les dommages collatéraux provoqués par la publication de son précédent livre, personnel et basé sur la réalité, se laisse peu à peu happée par l&rsquo;influence d&rsquo;une de ses amies, qu&rsquo;elle rencontre lors d&rsquo;une soirée.</p>
<p>Entre la narratrice et L., une relation qui deviendra mortifère, va se mettre en place. L. phagocyte  l&rsquo;univers de l&rsquo;auteure, celui de la mère de la famille et de l&rsquo;amante aussi. Jusqu&rsquo;au point de non-retour ?</p>
<p style="text-align: left">Un roman envoûtant qui se lit très facilement. Et pour cause. On peut savoir, on veut comprendre comment cette situation a pu s&rsquo;installer. Insidieusement.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 16-17 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;avais écrit un livre dont je n&rsquo;avais pas imaginé la portée. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;avais écrit un livre dont l&rsquo;effet au sein de ma famille et autour de moi se diffuserait en plusieurs vagues, dont je n&rsquo;avais pas anticipé les dommages collatéraux, un livre qui ne tarderait pas à désigner mes appuis indéfectibles mais aussi mes faux alliés et dont les effets retard se prolongeraient longtemps. Je n&rsquo;avais pas imaginé la multiplication de l&rsquo;objet et ses conséquences, je n&rsquo;avais pas imaginé cette image de ma mère, reproduite par centaines puis par milliers, cette photo mise en jaquette qui avait largement contribué à la propagation du texte, cette photo qui très vite s&rsquo;était dissociée d&rsquo;elle et désormais n&rsquo;était plus ma mère mais le personnage du roman, trouble et diffracté.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 128-129 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Tes lecteurs n&rsquo;attendent pas qu&rsquo;on leur raconte des histoires pour qu&rsquo;ils s&rsquo;endorment en paix ou pour les consoler. Ils se moquent des personnages interchangeables, transposables d&rsquo;un livre à l&rsquo;autre, ils se moquent des situations plus ou moins plausibles tricotées avec agilité mais qu&rsquo;ils ont lues déjà vingt-cinq fois. Ils s&rsquo;en contrefoutent. Tu leur as prouvé que tu savais faire autre choses, que tu pouvais t&rsquo;emparer du réel, en découdre avec lui, ils ont compris que tu cherchais une autre vérité et que tu n&rsquo;avais plus peur. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Nous n&rsquo;étions plus dans la tension que j&rsquo;avais ressentie dans sa cuisine quelques semaines plus tôt. Nous étions deux amies parlant de mon travail, et de ses conséquences, et j&rsquo;étais touchée que L. se sente si concernée par le sujet. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>L. ne se demandait pas si j&rsquo;étais capable d&rsquo;écrire quelque chose après ça. L. était certaine que j&rsquo;en étais capable et avait une idée très précise de la tournure que cela devait prendre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 236 :</strong><em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;écriture était mon terrain le plus intime, le plus isolé, le plus protégé. Le moins partagé. Une zone franche, égoïstement défendue. Barricadée. Une zone que je n&rsquo;évoquais qu&rsquo;en surface, avec parcimonie. Le plus souvent, je parlais avec mon éditrice avant d&rsquo;entamer un livre, puis se passaient de longs mois avant que je lui envoie une première version du texte terminé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ainsi avais-je toujours avancé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà ce que L. avait très vite compris : l&rsquo;écriture était un territoire retranché, interdit aux visiteurs. Mais maintenant, ce territoire était miné, assailli par le doute et la peur, et cette solitude me devenait insupportable. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je voulais me battre seule mais j&rsquo;avais besoin d&rsquo;un aillé.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Assurément l&rsquo;un des romans forts de cette rentrée littéraire.  A découvrir.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;D&rsquo;après une histoire vraie&#8230;&nbsp;&raquo;, Delphine de Vigan, JC. Lattès.</strong></p></blockquote>
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