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	<title>Quatrième de couv &#187; Mehdi</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>&#171;&#160;404&#160;&#187; ou l&#8217;art de la dystopie&#8230; réelle</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2020 13:22:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un monde où la vidéo nous manipulera, ça vous dit ? Certains diraient que nous y sommes déjà. Dans son nouveau roman Sabri Louatah nous montre à quoi nous pourrions être confrontés via un roman, un thriller politique et rural à la fois. Je vous raconte ? L&#8217;auteur des &#171;&#160;Sauvages&#160;&#187; ( un roman en quatre tomes qui a donné [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/404.jpg" rel="lightbox[5071]"><img class="alignleft size-full wp-image-5074 colorbox-5071" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/404.jpg" alt="404" width="300" height="456" /></a></p>
<p>Un monde où la vidéo nous manipulera, ça vous dit ? Certains diraient que nous y sommes déjà. Dans son nouveau roman <strong><b>Sabri Louatah</b></strong> nous montre à quoi nous pourrions être confrontés via un roman, un thriller politique et rural à la fois.</p>
<p>Je vous raconte ? L&rsquo;auteur des<strong> </strong><strong><b>&laquo;&nbsp;Sauvages&nbsp;&raquo;</b></strong> ( un roman en quatre tomes qui a donné lieu à une adaptation sur Canal +) a voulu &nbsp;&raquo; regarder la brèche, sans ciller, et raconter cette tragédie française de la partition et de la séparation ethnique à travers le destin d’une poignée de personnages réunis dans une petite commune de l’Allier. Pile au centre de la France et de toutes les tensions qui la traversent…&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><b>Sabri Louatah</b></strong> a imaginé une France de futur soumise à la manipulation technologique mais aussi à la guerre raciale. A 36 ans, cet ancien gamin de Saint-Etienne désormais installé aux Etats-Unis, nous plonge dans l&rsquo;univers des &laquo;&nbsp;deepfakes&nbsp;&raquo;,  ces &laquo;&nbsp;mirages&nbsp;&raquo;, des fausses vidéos hyperréalistes qui se transforment en armes redoutables.</p>
<p>Nous sommes en 2022, le pays est désormais dirigé par une femme populiste et autoritaire. Une femme dont la réputation a été très largement écornée par un &laquo;&nbsp;mirage&nbsp;&raquo; : la vidéo d&rsquo;un viol dont elle aurait été la victime par le chef d&rsquo;Etat algérien. De quoi déstabiliser le pays ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5071"></span></p>
<p><strong><b>Allia</b></strong> veut lutter contre ce phénomène. Polytechnicienne, la jeune femme qui est installée en Amérique, revient dans son département d&rsquo;origine, l&rsquo;Allier (en plein centre de la France), avec dans ses cartons une application de streaming, baptisée 404, qui interdit toute édition et tout enregistrement donc toute viralisation de ces vidéos. Un antidote en quelque sorte.</p>
<p>Reste à la promouvoir. Pas si simple dans une société devenue accro à l&rsquo;immédiateté. Et encore moins dans un pays qui se voit comme un pays homogène alors qu&rsquo;il est et reste multiculturel.</p>
<p>Son retour en France permet à <strong><b>Allia</b></strong> de revoir <strong><b>Ali</b></strong>. Le trentenaire, qui a abandonné leur formation commune en prépa, est devenu cuisinier à domicile. Amoureux d&rsquo;<strong><b>Allia</b></strong> depuis le début, il entre dans son cercle intime constitué de son mari, <strong><b>Mehdi</b></strong>, vertueux maire de la petite commune rurale ; son père, <strong><b>Rachid</b></strong>, homme sage et inquiet et enfin son financeur, <strong><b>Kader</b></strong>. Un homme sans beaucoup de scrupules mais aux poches pleines.</p>
<p>Au final, cela nous donne un roman dystopique (la dystopie est un récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre) qui nous parle d&rsquo;une France raciste et obsédée par l&rsquo;image. Quelle qu&rsquo;elle soit.</p>
<p align="center"><strong><b>Extraits</b></strong></p>
<blockquote><p><strong> </strong><strong><b>Pages 101-102 :</b></strong><em>&nbsp;&raquo; – Normalement, ce que l&rsquo;oeil humain peut voir, une caméra doit pouvoir le voir aussi, eh bien avec mon équipe on a réussi à rendre un flux vidéo inaccessible à tout autre appareil que notre oeil à nous. Pour l&rsquo;instant c&rsquo;est une version bêta, hein, sans aucune autre fonctionnalité que ce flux impossible à arrêter, à rembobiner ou à accélérer, impossible à enregistrer et surtout, donc, impossible à trafiquer et à contrefaire&#8230; Vous voyez où je veux en venir. La vérité brute, en tout cas le retour d&rsquo;une forme de réalité objective.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<blockquote><p><strong><b>Page 163 :</b></strong><em> &laquo;&nbsp;Depuis le QG de 404, Ali est bien placé pour sentir la tension qui monte autour du premier anniversaire de l&rsquo;élection la plus stupide de l&rsquo;histoire de la République. Sur la plateforme, on peut entendre ce que les gens en disent quand ils savent que leurs paroles s&rsquo;envoleront pour toujours, qu&rsquo;on ne leur tiendra pas rigueur d&rsquo;une saillie raciste ou misogyne comme sur les réseaux sociaux où tout finit toujours par remonter à la surface. Jusqu&rsquo;ici 404 n&rsquo;intéressait que les enfants, maintenant les adultes s&rsquo;y sont mis, migrant depuis leurs Facebook Live où ils se sentaient surveillés, épiés, policés, même quand leur nombre de vues par direct n&rsquo;atteignait jamais deux chiffres. &laquo;&nbsp;</em></p></blockquote>
<blockquote><p><strong><b>Page 228 :</b></strong><em>&laquo;&nbsp;Mehdi rappelle alors le concept de 404, il en parle comme d&rsquo;un havre de paix et d&rsquo;oubli. Internet n&rsquo;oublie rien, sauf sur 404. Après une rapide démonstration ludique avec plusieurs téléphones incapables d&rsquo;effectuer la moindre capture d&rsquo;écran, les digues sautent et le frein se change en propulseur. Etre filmé sans pouvoir être enregistré permet de ne pas se censurer tout en s&rsquo;adressant à une audience plus large que l&rsquo;enceinte du jardiner où grillent les merguez. De combien plus large, nul ne peut le dire, quoique l&rsquo;imagination des débatteurs tendant vers l&rsquo;optimisme, ils se persuadent toujours que des milliers de spectateurs les écoutent exposer leurs précieuses doléances.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p align="left"><strong><b>&laquo;&nbsp;404&nbsp;&raquo;, Sabri Louatah, Flammarion, 21€.</b></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
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		<title>Faber ou le portrait d&#8217;une génération sans utopie&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/16/faber-ou-le-portrait-dune-generation-sans-utopie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/16/faber-ou-le-portrait-dune-generation-sans-utopie/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2013 15:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Voilà assurément l&#8217;un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Avec &#171;&#160;Faber, le destructeur&#160;&#187;, Tristan Garcia signe un roman puissant, contemporain et terriblement bien mené, à la manière d&#8217;un roman noir. Tristan Garcia est un jeune homme de 32 ans, philosophe, essayiste et écrivain. En 2008, il publie son premier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline"><strong><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Rentrée littéraire</span></strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER.jpg" rel="lightbox[1999]"><img class="alignleft  wp-image-2042 colorbox-1999" style="margin: 10px" alt="FABER" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER.jpg" width="240" height="351" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà assurément l&rsquo;un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Avec <strong>&laquo;&nbsp;Faber, le destructeur&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Tristan Garcia</strong> signe un roman puissant, contemporain et terriblement bien mené, à la manière d&rsquo;un roman noir.</p>
<p><strong>Tristan Garcia</strong> est un jeune homme de 32 ans, philosophe, essayiste et écrivain. En 2008, il publie son premier roman,<strong> &laquo;&nbsp;La meilleure part des hommes&nbsp;&raquo;</strong> et se voit décerner le Prix de Flore. Il est également passionné de séries, télévisées, américaines notamment.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Medhi</strong>, que tous finiront par nommer par son patronyme,<strong> Faber</strong>.<strong> Faber</strong>, un gamin adopté dont les parents meurent tragiquement. <strong>Faber</strong>, un enfant à l&rsquo;intelligence vive et grande (<em>&laquo;&nbsp;elle n&rsquo;a ni sol ni plafond&nbsp;&raquo;</em>, comme l&rsquo;écrit <strong>Tristan Garcia</strong>) qui, à l&rsquo;école, au collège puis au lycée va vivre une amitié très forte avec <strong>Madeleine</strong> et<strong> Basile</strong>, dans cette petite ville de province fictive qu&rsquo;est <strong>Mornay. Les trois amis ont eu 20 ans dans les années 2000. Pas de quoi pavoiser semble-t-il&#8230;</strong></p>
<p><strong>Tristan Garcia </strong>écrit ainsi, en incipit puis à partir de la page 453 :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Nous étions des enfants de la classe moyenne d&rsquo;un pays moyen d&rsquo;Occident, deux générations après une guerre gagnée, une génération après une révolution ratée. Nous n&rsquo;étions ni pauvres, ni riches, nous ne regrettions pas l&rsquo;aristocratie, nous ne rêvions d&rsquo;aucune utopie et la démocratie nous était devenue égale. Nos parents avaient travaillé, mais jamais ailleurs que dans des bureaux, des écoles, des postes, des hôpitaux, des administrations. Nos pères ne portaient ni blouse ni cravate, nos mères ni tablier ni tailleur. Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chanson – par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d&rsquo;attendre une vie différente. Nous avons fait des études – un peu, suffisamment, trop –, nous avons appris à respecter l&rsquo;art et les artistes, à aimer entreprendre pour créer du neuf, mais aussi à rêver, à nous promener, à apprécier le temps libre, à croire que nous pourrions tous devenir des génies, méprisant la bêtise, détestant comme il se doit la dictature et l&rsquo;ordre établi. Mais pour gagner de quoi vivre comme tout le monde, une fois adultes, nous avons compris qu&rsquo;il ne serait jamais question que de prendre la file et de travailler. A ce moment-là, c&rsquo;était la crise économique et on ne trouvait plus d&rsquo;emploi., ou bien c&rsquo;était du travail au rabais. Nous avons souffert la société comme une promesse deux fois déçue.  Certains s&rsquo;y sont faits, d&rsquo;autres ne sont jamais parvenus à le supporter. Il y a eu en eux une guerre contre tout l&rsquo;univers qui leur avait laissé entr&rsquo;apercevoir la vraie vie, la possibilité d&rsquo;être quelqu&rsquo;un et qui avait sonné, après l&rsquo;adolescence, la fin de la récréation des classes moyennes. On demandait aux fils et aux filles de la génération des Trente Glorieuses et de Mai-68 de renoncer à l&rsquo;idée illusoire qu&rsquo;ils se faisaient de la liberté et de la réalisation de soi, pour endosser l&rsquo;uniforme invisible des</em> personnes<em> [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><span id="more-1999"></span></p>
<p>Des années durant, <strong>Madeleine</strong> et <strong>Basile</strong> vont vivre dans l&rsquo;ombre et l&rsquo;aura de <strong>Faber.</strong> Il fait le bien autour de lui. Mais au fil des années et des idéaux déçus, il se radicalise. Met la ville de sa jeunesse sans dessus-dessous. Va jusqu&rsquo;à tuer. Passe de l&rsquo;autre côté. S&rsquo;enferme dans ses idées, se désocialise jusqu&rsquo;à ce que <strong>Madeleine et Basile, dix ans après leur dernière rencontre, décident d&rsquo;aller le récupérer dans une ferme insalubre de l&rsquo;Ariège.</strong></p>
<p><strong>Faber n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-même. Les deux anciens amis le ramènent à la vie et en ville. A quel prix ? Celui de leurs désillusions ? L&rsquo;occasion de mettre des mots aussi sur le mystère de leur fascination et d&rsquo;échafauder un plan pour faire disparaître cet ami si particulier.<br />
</strong></p>
<p><strong>Madeleine</strong> est devenue pharmacienne comme sa mère qu&rsquo;elle détestait pourtant quand elle était adolescente. <strong>Basile</strong>, lui, enseigne la littérature et a écrit un roman sur <strong>Faber</strong>, un manuscrit qu&rsquo;il cache, comme pour mieux faire disparaître celui qu&rsquo;il a idolâtré.</p>
<p>Au fil des 462 pages, chacun des trois amis raconte par des flashbacks ces années d&rsquo;amitié, de lutte, de désordre et de dépit. Avant qu&rsquo;un certain<strong> Tristan</strong> (tiens, tiens, comme l&rsquo;auteur&#8230;) prenne à son tour la parole.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER-PHOTO.jpg" rel="lightbox[1999]"><img class="alignleft  wp-image-2051 colorbox-1999" style="margin: 10px" alt="FABER PHOTO" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER-PHOTO.jpg" width="117" height="158" /></a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Découvrez l&rsquo;auteur sur France Inter, dans l&rsquo;émission de Pascale Clark</strong></p>
<iframe src="http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=716396" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Voilà : des lunettes, cheveux blonds cendrés, courts, il est plutôt bien ce qu&rsquo;il est. Le visage de l&rsquo;angoisse, donc  ; il a la tête de son salon. Bordel, mais c&rsquo;est quoi cette maison ? Soudain, je réalise : l&rsquo;intérieur est le même que celui des Oslen rue de Logres, après le pont du Cochon, aux Basses-Filles-de-Dieu, quand on avait douze ans. Madeleine est devenue comme ses parents. Je ne peux pas le lui reprocher. Mais une table basse, tout de même. Des bibliothèques. Rideaux japonais. Il n&rsquo;y a pas la télé. Deux ordinateurs, des Mac.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192</strong> :<em> &laquo;&nbsp;En le faisant revenir à Mornay, Madeleine et moi savions quels étaient les risques encourus. Madeleine m&rsquo;avait dit : “Tu vas être attendri.” Je l&rsquo;étais déjà. Repenser au passé ne faisait que me rendre plus réceptif à l&rsquo;idée selon laquelle “il aurait pu redevenir comme avant”. Mais je ne voulais surtout pas qu&rsquo;il fouille dans mon casier et découvre le manuscrit. Toute l&rsquo;âme de Faber était là-dedans.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 405-406</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Je peux me rappeler ce qui est arrivé, mais pas pourquoi ni comment. Ni ce que j&rsquo;ai pensé ni ce que j&rsquo;ai senti. J&rsquo;en voulais évidemment au monde entier, Madeleine et Basile compris. J&rsquo;aurais bien aimé me débarrasser de ce qu&rsquo;il y avait de mauvais en moi. Mais si j&rsquo;en faisais abstraction, il ne me restait plus rien. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pour ne pas perdre Basile et Maddie, il fallait que s&rsquo;accomplisse quelque chose et j&rsquo;étais condamné à un acte de plus en plus grand, de plus en plus grave. Je tenais le cutter à la main et je n&rsquo;avais pas peur. Depuis toujours, j&rsquo;aimais saigner du dos ou du flanc dès que je devais me concentrer. Faute de quoi mon attention se perdait dans les détails. Je m&rsquo;étais légèrement entaillé l&rsquo;épiderme et la douleur me tenait éveillé, enfermé en moi et à l&rsquo;affût. Je crois que je me suis convaincu que si je ne battais pas quelqu&rsquo;un dans l&rsquo;heure qui venait, il faudrait m&rsquo;avouer battu. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>M&rsquo;habitait une irrépressible envie de tout détruire. Dans un état second, je sautillais au milieu du jardin de l&rsquo;Evêché. Au cours de telles crises, de démence ou de lucidité, je savais qui j&rsquo;étais. Je me connaissais. J&rsquo;avais vu Dieu, J&rsquo;avais été son fils préféré avant la naissance de son fils unique. J&rsquo;ai déclaré aux autres que je m&rsquo;apprêtais à faire du mal au maire de cette ville. Non pas seulement parce qu&rsquo;il était la cause de ma chute, de mon renvoi et du divorce des parents de Madeleine, mais parce qu&rsquo;il </em>était<em> la ville. Je ne sais plus vraiment si j&rsquo;avais l&rsquo;intention de le tuer, dans mon délire. Mais quelle autres solution ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Faut-il détruire Faber ou le sauver ? Cette double question tient le livre de bout en bout. Un roman ambitieux et fort que celui de Tristan Garcia que je découvre par la même occasion. Une jolie trouvaille. Et assurément l&rsquo;une des très bonnes surprises de cette rentrée. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Faber le destructeur&nbsp;&raquo;, de Tristan Garcia, Gallimard, 21,50€.</strong></em></p>
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