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	<title>Quatrième de couv &#187; Madeleine</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>L&#8217;énigmatique disparition de Tanguy et de sa colère&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jul 2018 06:38:06 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; &#171;&#160;Tanguy Colère a disparu&#160;&#187; Nous voilà prévenus !  Au fil des pages, reste à savoir pourquoi. Et où peut désormais se trouver cet ancien militant antifasciste, leader charismatique. Raphaëlle Riol signe là un quatrième roman à plusieurs voix qui nous dresse le portrait aiguisé d&#8217;un homme plein de failles, de secrets et de contradictions derrière [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-COLERE-A-DISPARU.jpg" rel="lightbox[4300]"><img class="alignleft size-full wp-image-4302 colorbox-4300" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TANGUY-COLERE-A-DISPARU.jpg" alt="TANGUY COLERE A DISPARU" width="370" height="542" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Tanguy Colère a disparu&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Nous voilà prévenus !  Au fil des pages, reste à savoir pourquoi. Et où peut désormais se trouver cet ancien militant antifasciste, leader charismatique.</p>
<p><strong>Raphaëlle Riol</strong> signe là un quatrième roman à plusieurs voix qui nous dresse le portrait aiguisé d&rsquo;un homme plein de failles, de secrets et de contradictions derrière ses discours longtemps jusque-boutistes.</p>
<p><strong>Tanguy</strong> s&rsquo;est vu attribuer le surnom devenu patronyme de <strong>&laquo;&nbsp;Colère&nbsp;&raquo;</strong>. Il est de tous les combats, quitte à user de la violence. Celle qui tuera d&rsquo;ailleurs son frère <strong>Tony.</strong></p>
<p>De quoi donner le ton. Mais, cela, c&rsquo;était avant.</p>
<p>Un soir d&rsquo;août 2016, <strong>Tanguy</strong> disparaît. Juste après l&rsquo;incendie volontaire qui ravage la fameuse <strong>&laquo;&nbsp;Villa Dollar&nbsp;&raquo;</strong> dans l&rsquo;enceinte de laquelle le quadragénaire s&rsquo;est installée depuis plusieurs mois, tombé en amour pour cette propriété baroque au jardin somptueusement sauvage, appartenant à une héritière américaine,<strong> Poppy Philipps</strong>, dite &laquo;&nbsp;Poppy Peau Rouge&nbsp;&raquo;. Là, l&rsquo;ancien militant devenu paysagiste a beaucoup changé. C&rsquo;est en tout cas ce que se dit <strong>Xavier</strong>, devenu enseignant, et vieil ami, perdu de vue plusieurs années.</p>
<p>Deux mois après la disparition de l&rsquo;imprévisible <strong>Tanguy</strong>, <strong>Xavier</strong> raconte. Idem pour <strong>Mia</strong>, jeune femme serveuse au service d&rsquo;un patron véreux, ex-conquête éphémère de <strong>Xavier</strong> et qui se vivra une aventure avec <strong>Tanguy</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4300"></span></p>
<p><strong>Madeleine</strong> débarquera également dans le Sud. La cousine de <strong>Tanguy</strong> veut régler des comptes, comprendre pourquoi <strong>Maurice</strong>, leur oncle inventeur célibataire, a légué à <strong>Tanguy</strong> sa fortune de plusieurs millions d&rsquo;euros. <strong>Djibril,</strong> le SDF qui squatte le jardin en échange d&rsquo;en assurer la surveillance, explique aussi sa relation avec l&rsquo;ancien leader d&rsquo;un groupe autonome<strong>. </strong>Tout comme<strong> Julien</strong>, toujours militant, descendu de Paris, qui a besoin de réponses.</p>
<p>Page après page, les uns après les autres, ils dressent le portrait de l&rsquo;absent. Et racontent aussi notre époque. Mais à quarante ans passés, comment survit-on à ses révoltes ?</p>
<p>Un roman vraiment bien mené.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 33  (Xavier)  :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est l&rsquo;automne dans ma tête, dans mon corps et jusque dans mes amitiés, ça sent le moisi. J&rsquo;ai l&rsquo;impression de dégager de vieux relents de pourriture à chacun de mes déplacements. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà dix semaines que nous sommes sans nouvelles de lui. Ça lui est déjà arrivé de se volatiliser, parfois même plusieurs fois. Cette fois-ci, je ne sais pas comment dire&#8230; je n&rsquo;ai pas de mauvais pressentiment, je ne suis pas du genre angoissé&#8230; Le chercher ne sert à rien, c&rsquo;est vain. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Tanguy, c&rsquo;est l&rsquo;histoire célèbre de ce truc indispensable et familier que tu perds et que tu passes des heures à chercher. Tu t&rsquo;agaces pour rien, tu retournes tout, tu t&rsquo;excites et tu jures comme un demeuré. Et c&rsquo;est justement quand tu ne le cherches plus qu&rsquo;il réapparaît. Comme un pied de nez du sort à ton acharnement et à la possessivité maladive. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 93 ( Mia) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&nbsp;&raquo; Les murènes de mes nuits me ramènent à Tanguy. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Il dormait mal lui aussi. Il m&rsquo;a raconté que les heures où il ne dormait pas, il lisait. Et quand il ne parvenait pas à lire ou que le livre ne faisait pas effet, il sortait marcher. (Paris n&rsquo;avait plus de secrets pour lui tant il avait sillonné ses rues tard dans la nuit ou au petit matin. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il prétendait.) On avait les mêmes symptômes, Tanguy et moi : les jambes brûlantes et les nerfs impatients, l&rsquo;impossibilité de trouver un coin frais sous les draps et puis cette sensation insupportable d&rsquo;engourdissement progressif, les fourmis dans les membres, une armée soudaine de fourmis acides déterminées à te ronger. C&rsquo;est comme si le corps exigeait sa verticalité sans délai. Comme si ton corps te hurlait  : “Lève-toi eu crève ! Maintenant ou jamais !” &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Page 232 (Madeleine) :</strong></p>
<p style="text-align: left"><em>&laquo;&nbsp;Comme une grosse bête que la colère aurait enflée, il a fini par éclater. Je suis devenue faible à ses yeux. Je tremblais. Je flanchais. A l&rsquo;image de ses frères, j&rsquo;étais faillible, alors que lui s&rsquo;était endurci. Un roc. Il donnait l&rsquo;impression de ne plus avoir peur de rien. Même pas de lui. Et ma peur et mes réticences, et celles de Xavier, l&rsquo;ont écoeuré. Entre lui et nous, un épais mur de plantes puissantes, de racines, a poussé. Le suc amer a coulé. Haro sur nos présences timorées si décevantes. Trop de pleutrerie, pensait-il. Il a laissé les autres rongés par le questionnement, l&rsquo;acidité perforatrice de la stupeur et de l&rsquo;incompréhension. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis, la mort de Tony. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Le soir de l&rsquo;anniversaire de Xavier, on aurait dit qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus rien, qu&rsquo;il était vide. L&rsquo;apaisement lui seyait mal. Tout cela sentait la lâcheté Rien que ça  : la lâcheté. La lâcheté et l&rsquo;abandon [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Tanguy Colère a disparu&nbsp;&raquo;, Raphaëlle Riol, la brune au rouergue, 20,80€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Faber ou le portrait d&#8217;une génération sans utopie&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/16/faber-ou-le-portrait-dune-generation-sans-utopie/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/09/16/faber-ou-le-portrait-dune-generation-sans-utopie/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 Sep 2013 15:22:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; Voilà assurément l&#8217;un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Avec &#171;&#160;Faber, le destructeur&#160;&#187;, Tristan Garcia signe un roman puissant, contemporain et terriblement bien mené, à la manière d&#8217;un roman noir. Tristan Garcia est un jeune homme de 32 ans, philosophe, essayiste et écrivain. En 2008, il publie son premier [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline"><strong><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Rentrée littéraire</span></strong></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER.jpg" rel="lightbox[1999]"><img class="alignleft  wp-image-2042 colorbox-1999" style="margin: 10px" alt="FABER" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER.jpg" width="240" height="351" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà assurément l&rsquo;un de mes coups de coeur de cette rentrée ! Avec <strong>&laquo;&nbsp;Faber, le destructeur&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Tristan Garcia</strong> signe un roman puissant, contemporain et terriblement bien mené, à la manière d&rsquo;un roman noir.</p>
<p><strong>Tristan Garcia</strong> est un jeune homme de 32 ans, philosophe, essayiste et écrivain. En 2008, il publie son premier roman,<strong> &laquo;&nbsp;La meilleure part des hommes&nbsp;&raquo;</strong> et se voit décerner le Prix de Flore. Il est également passionné de séries, télévisées, américaines notamment.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Medhi</strong>, que tous finiront par nommer par son patronyme,<strong> Faber</strong>.<strong> Faber</strong>, un gamin adopté dont les parents meurent tragiquement. <strong>Faber</strong>, un enfant à l&rsquo;intelligence vive et grande (<em>&laquo;&nbsp;elle n&rsquo;a ni sol ni plafond&nbsp;&raquo;</em>, comme l&rsquo;écrit <strong>Tristan Garcia</strong>) qui, à l&rsquo;école, au collège puis au lycée va vivre une amitié très forte avec <strong>Madeleine</strong> et<strong> Basile</strong>, dans cette petite ville de province fictive qu&rsquo;est <strong>Mornay. Les trois amis ont eu 20 ans dans les années 2000. Pas de quoi pavoiser semble-t-il&#8230;</strong></p>
<p><strong>Tristan Garcia </strong>écrit ainsi, en incipit puis à partir de la page 453 :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Nous étions des enfants de la classe moyenne d&rsquo;un pays moyen d&rsquo;Occident, deux générations après une guerre gagnée, une génération après une révolution ratée. Nous n&rsquo;étions ni pauvres, ni riches, nous ne regrettions pas l&rsquo;aristocratie, nous ne rêvions d&rsquo;aucune utopie et la démocratie nous était devenue égale. Nos parents avaient travaillé, mais jamais ailleurs que dans des bureaux, des écoles, des postes, des hôpitaux, des administrations. Nos pères ne portaient ni blouse ni cravate, nos mères ni tablier ni tailleur. Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chanson – par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d&rsquo;attendre une vie différente. Nous avons fait des études – un peu, suffisamment, trop –, nous avons appris à respecter l&rsquo;art et les artistes, à aimer entreprendre pour créer du neuf, mais aussi à rêver, à nous promener, à apprécier le temps libre, à croire que nous pourrions tous devenir des génies, méprisant la bêtise, détestant comme il se doit la dictature et l&rsquo;ordre établi. Mais pour gagner de quoi vivre comme tout le monde, une fois adultes, nous avons compris qu&rsquo;il ne serait jamais question que de prendre la file et de travailler. A ce moment-là, c&rsquo;était la crise économique et on ne trouvait plus d&rsquo;emploi., ou bien c&rsquo;était du travail au rabais. Nous avons souffert la société comme une promesse deux fois déçue.  Certains s&rsquo;y sont faits, d&rsquo;autres ne sont jamais parvenus à le supporter. Il y a eu en eux une guerre contre tout l&rsquo;univers qui leur avait laissé entr&rsquo;apercevoir la vraie vie, la possibilité d&rsquo;être quelqu&rsquo;un et qui avait sonné, après l&rsquo;adolescence, la fin de la récréation des classes moyennes. On demandait aux fils et aux filles de la génération des Trente Glorieuses et de Mai-68 de renoncer à l&rsquo;idée illusoire qu&rsquo;ils se faisaient de la liberté et de la réalisation de soi, pour endosser l&rsquo;uniforme invisible des</em> personnes<em> [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><span id="more-1999"></span></p>
<p>Des années durant, <strong>Madeleine</strong> et <strong>Basile</strong> vont vivre dans l&rsquo;ombre et l&rsquo;aura de <strong>Faber.</strong> Il fait le bien autour de lui. Mais au fil des années et des idéaux déçus, il se radicalise. Met la ville de sa jeunesse sans dessus-dessous. Va jusqu&rsquo;à tuer. Passe de l&rsquo;autre côté. S&rsquo;enferme dans ses idées, se désocialise jusqu&rsquo;à ce que <strong>Madeleine et Basile, dix ans après leur dernière rencontre, décident d&rsquo;aller le récupérer dans une ferme insalubre de l&rsquo;Ariège.</strong></p>
<p><strong>Faber n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-même. Les deux anciens amis le ramènent à la vie et en ville. A quel prix ? Celui de leurs désillusions ? L&rsquo;occasion de mettre des mots aussi sur le mystère de leur fascination et d&rsquo;échafauder un plan pour faire disparaître cet ami si particulier.<br />
</strong></p>
<p><strong>Madeleine</strong> est devenue pharmacienne comme sa mère qu&rsquo;elle détestait pourtant quand elle était adolescente. <strong>Basile</strong>, lui, enseigne la littérature et a écrit un roman sur <strong>Faber</strong>, un manuscrit qu&rsquo;il cache, comme pour mieux faire disparaître celui qu&rsquo;il a idolâtré.</p>
<p>Au fil des 462 pages, chacun des trois amis raconte par des flashbacks ces années d&rsquo;amitié, de lutte, de désordre et de dépit. Avant qu&rsquo;un certain<strong> Tristan</strong> (tiens, tiens, comme l&rsquo;auteur&#8230;) prenne à son tour la parole.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER-PHOTO.jpg" rel="lightbox[1999]"><img class="alignleft  wp-image-2051 colorbox-1999" style="margin: 10px" alt="FABER PHOTO" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FABER-PHOTO.jpg" width="117" height="158" /></a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Découvrez l&rsquo;auteur sur France Inter, dans l&rsquo;émission de Pascale Clark</strong></p>
<iframe src="http://www.franceinter.fr/player/export-reecouter?content=716396" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="139"></iframe>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Voilà : des lunettes, cheveux blonds cendrés, courts, il est plutôt bien ce qu&rsquo;il est. Le visage de l&rsquo;angoisse, donc  ; il a la tête de son salon. Bordel, mais c&rsquo;est quoi cette maison ? Soudain, je réalise : l&rsquo;intérieur est le même que celui des Oslen rue de Logres, après le pont du Cochon, aux Basses-Filles-de-Dieu, quand on avait douze ans. Madeleine est devenue comme ses parents. Je ne peux pas le lui reprocher. Mais une table basse, tout de même. Des bibliothèques. Rideaux japonais. Il n&rsquo;y a pas la télé. Deux ordinateurs, des Mac.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192</strong> :<em> &laquo;&nbsp;En le faisant revenir à Mornay, Madeleine et moi savions quels étaient les risques encourus. Madeleine m&rsquo;avait dit : “Tu vas être attendri.” Je l&rsquo;étais déjà. Repenser au passé ne faisait que me rendre plus réceptif à l&rsquo;idée selon laquelle “il aurait pu redevenir comme avant”. Mais je ne voulais surtout pas qu&rsquo;il fouille dans mon casier et découvre le manuscrit. Toute l&rsquo;âme de Faber était là-dedans.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 405-406</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Je peux me rappeler ce qui est arrivé, mais pas pourquoi ni comment. Ni ce que j&rsquo;ai pensé ni ce que j&rsquo;ai senti. J&rsquo;en voulais évidemment au monde entier, Madeleine et Basile compris. J&rsquo;aurais bien aimé me débarrasser de ce qu&rsquo;il y avait de mauvais en moi. Mais si j&rsquo;en faisais abstraction, il ne me restait plus rien. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Pour ne pas perdre Basile et Maddie, il fallait que s&rsquo;accomplisse quelque chose et j&rsquo;étais condamné à un acte de plus en plus grand, de plus en plus grave. Je tenais le cutter à la main et je n&rsquo;avais pas peur. Depuis toujours, j&rsquo;aimais saigner du dos ou du flanc dès que je devais me concentrer. Faute de quoi mon attention se perdait dans les détails. Je m&rsquo;étais légèrement entaillé l&rsquo;épiderme et la douleur me tenait éveillé, enfermé en moi et à l&rsquo;affût. Je crois que je me suis convaincu que si je ne battais pas quelqu&rsquo;un dans l&rsquo;heure qui venait, il faudrait m&rsquo;avouer battu. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>M&rsquo;habitait une irrépressible envie de tout détruire. Dans un état second, je sautillais au milieu du jardin de l&rsquo;Evêché. Au cours de telles crises, de démence ou de lucidité, je savais qui j&rsquo;étais. Je me connaissais. J&rsquo;avais vu Dieu, J&rsquo;avais été son fils préféré avant la naissance de son fils unique. J&rsquo;ai déclaré aux autres que je m&rsquo;apprêtais à faire du mal au maire de cette ville. Non pas seulement parce qu&rsquo;il était la cause de ma chute, de mon renvoi et du divorce des parents de Madeleine, mais parce qu&rsquo;il </em>était<em> la ville. Je ne sais plus vraiment si j&rsquo;avais l&rsquo;intention de le tuer, dans mon délire. Mais quelle autres solution ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Faut-il détruire Faber ou le sauver ? Cette double question tient le livre de bout en bout. Un roman ambitieux et fort que celui de Tristan Garcia que je découvre par la même occasion. Une jolie trouvaille. Et assurément l&rsquo;une des très bonnes surprises de cette rentrée. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Faber le destructeur&nbsp;&raquo;, de Tristan Garcia, Gallimard, 21,50€.</strong></em></p>
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		<title>L&#8217;intrigue conjugale sous Reagan par Jeffrey Eugenides</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/07/lintrigue-conjugale-sous-reagan-par-jeffrey-eugenides/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Feb 2013 06:39:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Le roman du mariage&#160;&#187; est assurément l&#8217;un des livres de cette rentrée littéraire 2013. Et ce, à plus d&#8217;un titre. Tout d&#8217;abord parce que son auteur Jeffrey Eugenides se fait rare. Très rare. Son premier roman, il le publie en 1993. Il s&#8217;agit de &#171;&#160;Virgin suicides&#160;&#187;, tiré d&#8217;un fait-divers dramatique. Dans une banlieue chic américaine, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>&laquo;&nbsp;Le roman du mariage&nbsp;&raquo;</strong> est assurément l&rsquo;un des livres de cette rentrée littéraire 2013. Et ce, à plus d&rsquo;un titre. Tout d&rsquo;abord parce que son auteur <strong>Jeffrey Eugenides</strong> se fait rare. Très rare. Son premier roman, il le publie en 1993. Il s&rsquo;agit de <strong>&laquo;&nbsp;Virgin suicides&nbsp;&raquo;</strong>, tiré d&rsquo;un fait-divers dramatique. Dans une banlieue chic américaine, cinq soeurs mettent fin à leur jour. Le livre est remarqué. Et le sera plus encore après le film réalisé par <strong>Sofia Coppola. </strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/07/lintrigue-conjugale-sous-reagan-par-jeffrey-eugenides/mariage/" rel="attachment wp-att-1462"><img class="alignleft  wp-image-1462 colorbox-1454" style="margin: 10px" alt="MARIAGE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MARIAGE.jpg" width="180" height="180" /></a></p>
<div id="attachment_1461" style="width: 166px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/02/07/lintrigue-conjugale-sous-reagan-par-jeffrey-eugenides/eugenides/" rel="attachment wp-att-1461"><img class=" wp-image-1461  colorbox-1454" style="margin: 10px" alt="(photo RFI)" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/eugenides.jpg" width="156" height="116" /></a><p class="wp-caption-text">(photo RFI)</p></div>
<p>En 2002, l&rsquo;auteur américain d&rsquo;origine grecque, professeur d&rsquo;université, revient sur les tables des librairies avec <strong>&laquo;&nbsp;Middlesex&nbsp;&raquo;.</strong> Le livre, qui raconte l&rsquo;itinéraire d&rsquo;un hermaphrodite dans le San Francisco des années 80 notamment, lui vaut le prix <a title="A quoi ressemble ce prix ? " href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Pulitzer"><strong>Pulitzer</strong>.</a></p>
<p>En 2011, cet auteur peu prolixe publie<strong> &laquo;&nbsp;The marriage plot&nbsp;&raquo;</strong> que les éditions de l&rsquo;Olivier ont traduit et édité en ce début d&rsquo;année 2013.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1454"></span></p>
<p>Voilà pour l&rsquo;auteur, dont chaque roman publié constitue un événement.<strong> &laquo;&nbsp;Le roman du mariage&nbsp;&raquo;</strong> est aussi intéressant par le sujet qu&rsquo;il traite : celui du mariage.</p>
<p>Alors que l&rsquo;actualité nous montre le combat idéologique et politique entre les anti et les pro mariage pour tous, <strong>Jeffrey Eugenides</strong> lui, plonge le mariage tel que les romans du XIXe siècle le considérait&#8230; tout en essayant de le faire revivre au coeur des années 80, sous la présidence de Reagan.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un triangle amoureux. D&rsquo;un dilemme.  Il y a <strong>Madeleine</strong>, <strong>Leonard</strong> et <strong>Mitchell</strong>. La première, 22 ans, est étudiante en littérature à l&rsquo;université de Brown, dans Rhode Island.</p>
<p>Issue d&rsquo;une famille aisée, elle se réfugie dans l&rsquo;univers des romans matrimoniaux du XIXe siècle, ceux de Jane Austen, Henry James ou encore George Eliot. Tout en affichant pourtant une certaine autonomie.</p>
<p>Elle rencontre <strong>Mitchell</strong>. D&rsquo;origine grecque, ce dernier s&rsquo;est tourné vers des études de théologie. Il aime Madeleine. La jeune femme a aussi des sentiments pour lui. Et puis il y a <strong>Leonard</strong>.</p>
<p>Doctorant en biologie, fils d&rsquo;une mère et d&rsquo;un père alcoolique, <strong>Leonard</strong> est fragile, atteint d&rsquo;une psychose maniaco-dépressive soignée alors, nous sommes dans les années 80, uniquement à coup d&rsquo;absorption de lithium. <strong>Madeleine</strong> en est éperdument amoureuse. Elle l&rsquo;épousera d&rsquo;ailleurs. Mais à quel prix&#8230; Loin des romans de l&rsquo;Angleterre victorienne, l&rsquo;amour n&rsquo;a plus le même sens après les chocs pétroliers.</p>
<p>Pendant un an et au fil de 550 pages,<strong> Jeffrey Eugenides</strong> nous fait suivre les trois personnages dans leur quête. Elle est spirituelle pour l&rsquo;un et le mènera jusqu&rsquo; en Inde, amoureuse pour l&rsquo;autre à côtoyer la maladie et ses dommages collatéraux de très près. <strong>Leonard</strong>, lui, cherche à rester en vie. A ne pas devenir fou.</p>
<p>Cette fois encore, l&rsquo;auteur dépeint avec justesse le passage vers l&rsquo;âge adulte de ses personnages. Leur idéalisme confronté à la réalité. Eugenides est également l&rsquo;observateur fidèle et attentif de la vie intellectuelle d&rsquo;alors au coeur de l&rsquo;université. <strong>Barthes et Derrida au secours des déboires amoureux ? Madeleine sert contre elle &laquo;&nbsp;Fragments d&rsquo;un discours amoureux&nbsp;&raquo; quand elle croit avoir perdu Leonard&#8230;</strong></p>
<p>Dans cette vidéo publiée sur le site des Inrocks.com, <strong>Jeffrey Eugenides</strong> explique sa vision du mariage. Retrouvez aussi des images de l&rsquo;univers de l&rsquo;auteur à travers notamment des extraits du film <strong>&laquo;&nbsp;Virgin suicides&nbsp;&raquo;</strong>, réalisé par <strong>Sofia Coppola</strong>.</p>
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<blockquote>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 38</strong> :<em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Selon Saunders, le roman avait connu son apogée avec le roman matrimonial et ne s&rsquo;était jamais remis de sa disparition. A l&rsquo;époque où la réussite sociale reposait sur le mariage, et où le mariage reposait sur l&rsquo;argent, les romanciers tenaient un vrai sujet d&rsquo;écriture. Les grandes épopées étaient consacrées à la guerre, le roman au mariage. L&rsquo;égalité des sexes, une bonne chose pour les femmes, s&rsquo;était révélée désastreuse pour le roman. Et le divorce lui avait donné le coup de grâce.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 117 :</strong><em> &laquo;&nbsp;</em>Fragments d&rsquo;un discours amoureux<em> était le remède parfait contre les peines d&rsquo;amour. C&rsquo;était un manuel de réparation pour le coeur, avec le cerveau pour seul outil. Si on utilisait sa tête, si on prenait conscience de la dimension culturelle dans la construction de l&rsquo;amour et du fait que ses symptômes étaient purement intellectuels, si on comprenait que l&rsquo;état amoureux n&rsquo;était qu&rsquo;une idée, alors on pouvait se libérer de sa tyrannie. Madeleine savait tout cela. Le problème, c&rsquo;était que ça ne marchait pas. Elle pouvait lire Barthes déconstruisant l&rsquo;amour à longueur de journée sans sentir la moindre atténuation de celui qu&rsquo;elle portait à Leonard.</em> &laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 259</strong> : &laquo;&nbsp;<em>On était censé regretter de ne pas avoir vécu les années 60, mais ce n&rsquo;était pas le cas de Madeleine. Elle avait l&rsquo;impression qu&rsquo;on lui avait épargné beaucoup d&rsquo;absurdités et que les jeunes gens de sa génération, tout en héritant d&rsquo;une bonne partie de ce qu&rsquo;elle avait de positif, gardaient une distance saine par rapport à cette décennie, ce qui les dispensait du choc brutal qu&rsquo;on éprouvait en étant maoïste un jour et mère au foyer à Beverly, Massachusetts, le lendemain.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">La fin de l&rsquo;innocence. Jeffrey Eugenides a l&rsquo;art et la manière de plonger ses lecteurs dans le processus. J&rsquo;avais beaucoup aimé ses deux précédents livres. Impossible dès lors de ne pas aimer celui-ci. On y retrouve les thèmes chers à l&rsquo;auteur. On y retrouve aussi un peu de lui. Ses personnages sont fouillés, travaillés dans les moindres détails. Et la description de la maladie de Leonard, décrite de manière clinique, enrichit encore les pages de ce roman d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et d&rsquo;hier. A lire absolument !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le roman du mariage&nbsp;&raquo;, de Jeffrey Eugenides aux éditions de l&rsquo;Olivier ( traduit de l&rsquo;anglais par Olivier Deparis), 552 pages, 24€.</strong> </em></p>
</blockquote>
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