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	<title>Quatrième de couv &#187; lutte des classes</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Hommes, femmes&#8230; mode d&#8217;emploi</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 10:02:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Je n’avais, sauf oubli de ma part, jamais ouvert un roman de Karine Tuil. Le onzième de ses écrits est arrivé sur mon bureau alors je l’ai ouvert. « Les choses humaines » nous parle de nous, de l’air du temps. C’est d’ailleurs ce que lui reproche plusieurs critiques lues ces dernières semaines. L’ère post «#metoo » pour être plus [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ffcc00">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p class="western"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/41Zm6vtAysL._SX195_.jpg" rel="lightbox[4878]"><img class="alignleft size-full wp-image-4885 colorbox-4878" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/41Zm6vtAysL._SX195_.jpg" alt="41Zm6vtAysL._SX195_" width="195" height="285" /></a>Je n’avais, sauf oubli de ma part, jamais ouvert un roman de <b>Karine Tuil</b>. Le onzième de ses écrits est arrivé sur mon bureau alors je l’ai ouvert. <b>« Les choses humaines » </b>nous parle de nous, de l’air du temps. C’est d’ailleurs ce que lui reproche plusieurs critiques lues ces dernières semaines. L’ère post «#metoo » pour être plus précise.</p>
<p class="western">Au fil des pages, on parle de sexe, de violence sexuelle, de rapports entre hommes et femmes. A l’aune de l’actualité qui ne laisse plus rien passer, et c’est heureux.</p>
<p class="western">L’histoire ? Elle se passe aujourd’hui. <strong>Jean Farel</strong>, 70 ans, fait de la résistance à la télévision et sur les ondes. L’homme, qui s’est fabriqué tout seul, est au faîte de sa carrière. Il est marié à <strong>Claire</strong>, essayiste reconnue, de 27 ans sa cadette. Ils ont un fils, <strong>Alexandre</strong>, brillant étudiant, mais cependant fragile, alors en chemin vers une prestigieuse université américaine, Stanford. Il tente de se remettre d’une douloureuse rupture amoureuse avec une femme plus âgée, et déjà dans les sphères du pouvoir.</p>
<p class="western"><span id="more-4878"></span></p>
<p class="western">Mais un jour, tout bascule. Le couple ne partage déjà plus grand-chose – <strong>Claire</strong> a quitté Jean pour<strong> Adam</strong>, professeur de français, juif, père de deux filles qui a laissé son ex-épouse rejoindre Brooklyn pour vivre son judaïsme de manière plus radicale. <strong>Jean</strong>, lui, passe désormais un plus de temps avec<strong> Françoise,</strong> cette femme de son âge avec laquelle il mène une double vie depuis plusieurs décennies déjà.</p>
<p class="western">Un soir, leur fils <strong>Alexandre</strong> aura une relation sexuelle avec <strong>Mila</strong>, la fille aînée d’<strong>Adam.</strong> Consentie ? Contrainte ? C’est tout l’enjeu du roman qui, dans sa deuxième partie ( la plus intéressante du reste) nous plonge dans les longues journées d’un procès pour viol, devant une cour d’assises, donc. Et pour suivre ce type de procès depuis plusieurs années maintenant, rien ne manque.<strong> Karine Tuil</strong> a d’ailleurs expliqué avoir passé beaucoup de temps à observer, à écouter durant ce type de procès.</p>
<p class="western">Son histoire, elle l’a d’ailleurs tirée d’un fait divers américain, dit l’affaire de Stanford. Une jeune fille accusait un brillant étudiant de l’avoir obligée à une relation sexuelle. Promis à un bel avenir, devait-on le condamner ?</p>
<p class="western">Les mêmes ressorts sont déroulent ici. Entre une mère qui culpabilise. Un père qui ne veut pas perdre la face ni l’antenne. Et un fils qui, à mon avis, in fine, n’a rien compris. De quoi arpenter en tous sens l’idée du consentement. La &nbsp;&raquo; zone grise &nbsp;&raquo;  qui certains mettent en avant pour justifier leurs actes ? Elle n’existe pas selon<strong> Karine Tuil</strong>. Elle cache seulement le déni. Trop répandu cependant. Dommage que dans le livre, tout cela ne soit pas redit avec force. Un flou subsiste, je trouve.</p>
<p class="western">Quid de la jeune victime, jeune femme au parcours chaotique ? Sa parole sera décortiquée, mise en doute, ignorée pour enfin être entendue. Reste que, comme dans la fable de La Fontaine, &laquo;&nbsp;selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir &laquo;&nbsp;…</p>
<p class="western" align="center"><b>Extraits</b></p>
<blockquote>
<p class="western" style="text-align: left" align="left"><b>Pages 78-79 : </b><i>« Pour la première fois de leur vie, ils avaient cessé d’exister pour leurs familles, il y avait une forme d’égoïsme dans ce repli amoureux qui contredisait leurs valeurs profondes, tout ce qu’ils avaient été jusqu’àlors, des époux fidèles, des parents attentifs, et en dépit de ce qu’ils interprétaient dans les moments où les remords étaient trop vifs comme une trahison intime, cela avait été la période la plus heureuse de leur vie. »</i></p>
<p class="western" style="text-align: left" align="left"><i></i><b>Page 250 : </b><i>« Pour Claire, le dilemme, c’était de vivre avec une telle promesse de réorganisation sociétale – les femmes racontaient enfin ce qu’elles avaient vécu, quelque chose d’important se jouait là dans cette réappropriation publique de leur valeur cette écoute attentive de leur parole – et, dans le même temps, d’analyser avec le plus d’objectivité possible ce qui était raconté au procès alors que, sous le prisme de l’émotion et de l’affectivité, tout lui paraissait vicié, excessif, à charge – son fils risquait jusqu’à quinze ans de prison et elle devait l’accabler ? Toute sa vie durant, elle n’avait fait qu’agir en contradiction avec les valeurs qu’elle prétendait publiquement défendre. C’était ça, la violence : le mensonge – une représentation falsifiée de son existence. Le déni : la voie qu’elle avait substituée au réel pour pouvoir le supporter. »</i></p>
<p class="western" style="text-align: left" align="left"><b>Page 281 : </b><i>« “Reconnaissez-le, on est dans la zone grise : il pensait qu’elle voulait avoir cette relation et elle n’a pas exprimé son refus catégorique. Lui a déjà grandement payé pour ce qui s’est passé : il n’a pas pu faire ses études à Stanford, sa carrière aux Etats-Unis est gâchée à tout jamais, il a abandonné ses entraînements, il est en prison, il a été tellement battu par les détenus qu’il ne sort plus de sa cellule, il ne dira rien mais il est détruit et je ne suis pas sûr qu’il s’en remette. Alexandre est une bonne personne, tous ses amis l’ont dit : il est sain d’esprit, loyal, courageux, combatif, c’est pourquoi je pense qu’il serait injuste de détruire la vie d’un garçon intelligent, droit, aimant, un garçon à qui jusqu’à présent tout a réussi, pour vingt minutes d’action” »</i></p>
</blockquote>
<p class="western" align="left"><i><b>« Les choses humaines », Karine Tuil, Gallimard, 21€</b></i></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Haïti, révolution en germe dans le &#171;&#160;tan lontan&#160;&#187;&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/08/03/haiti-revolution-en-germe-dans-le-tan-lontan/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2015 07:39:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Bienaimé]]></category>
		<category><![CDATA[années 40]]></category>
		<category><![CDATA[bourgeoisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Man Bo]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[roman d'apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[vaudou]]></category>
		<category><![CDATA[Yanick Lahens]]></category>

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		<description><![CDATA[Il vous manque encore une idée pour vous évader ? J&#8217;arrive avec dans mon sac de plage, deux propositions : un livre et un voyage. En juin, je me suis rendue en Haïti. Un voyage initiatique. Poussée à découvrir ce pays après avoir lu &#171;&#160;Danser les ombres&#160;&#187; de Laurent Gaudé, dont vous trouverez mon post [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Dans-la-maison-du-père.jpg" rel="lightbox[3164]"><img class="alignleft size-full wp-image-3166 colorbox-3164" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Dans-la-maison-du-père.jpg" alt="Dans la maison du père" width="235" height="307" /></a></p>
<p>Il vous manque encore une idée pour vous évader ? J&rsquo;arrive avec dans mon sac de plage, deux propositions : un livre et un voyage. En juin, je me suis rendue en Haïti. Un voyage initiatique.</p>
<p>Poussée à découvrir ce pays après avoir lu <strong>&laquo;&nbsp;Danser les ombres&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Laurent Gaudé</strong>, dont vous trouverez mon post<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/12/quand-la-terre-devient-bouche-qui-mange/"> ici, </a></strong>je me suis plongée, une fois sur place, dans les mots de <strong>Yanick Lahens</strong>, auteure haïtienne contemporaine qui, cette année, a remporté <strong>le prix Femina</strong> pour son troisième livre et deuxième roman, <strong>&laquo;&nbsp;Bain de lune&nbsp;&raquo;</strong>. Elle vit à Port-au-Prince et est engagée notamment dans la lutte contre l&rsquo;illettrisme.</p>
<p>Je suis entrée dans son univers avec <strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;</strong>, qui est sorti récemment en format poche chez <strong>Sabine Wespieser editeur</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3164"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman d&rsquo;apprentissage qui nous plonge dans la vie d&rsquo;<strong>Alice Bienaimé</strong>, fille unique d&rsquo;un médecin de Port-au-Prince. Une jeune fille prise en étau entre la culture inculquée par sa famille et celle, populaire et ancestrale que la vieille servante <strong>Man Bo</strong> qui donne aussi en héritage. Ajoutez à cela les idées révolutionnaires qui agitent l&rsquo;île dans les années 45-46, distillées par son jeune oncle Héraclès et vous obtenez une jeune fille qui grandit et avance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alice deviendra danseuse, pour faire vivre ses origines. Quitte à déplaire. En 1942, elle a 13 ans, et son père la gifle. Sa révolution peut commencer&#8230;</p>
<p>Un roman puissant et une formidable écriture qui mélange français et créole.</p>
<p><strong> Port-au-Prince, devant le marché en fer, juin 2015</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_1287.jpg" rel="lightbox[3164]"><img class="alignleft size-full wp-image-3169 colorbox-3164" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_1287.jpg" alt="IMG_1287" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ecoutez ici une interview de Yanick Lahens donnée à Laure Adler, sur France Culture, en avril 2015 :</strong></p>
<iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5021447" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>
<p>Dans cette émission, l&rsquo;auteure parle de son pays, du rapport qu&rsquo;elle entretient avec lui&#8230;</p>
<p><em>« A partir d’Haïti, je comprends le monde. C’est un microcosme. Il y a à la fois le quart-monde, le tiers-monde, un monde ouvert sur l’Occident. A partir d’Haïti, je peux regarder défiler les interrogations d’aujourd’hui, les enjeux, la vulnérabilité, Haïti est une matrice des rapports nord-sud. »</em></p>
<p>&#8230; et de celui qu&rsquo;Haïti a avec le mélange des langues. Son roman <strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;</strong> fait ainsi la part belle au créole.</p>
<p><em>« En Haïti, le français est une langue à laquelle nous sommes adossés depuis la fin du 18e siècle, il a donc un développement particulier. Aujourd’hui, le créole prend aussi de l’importance, avec certains jeunes qui ont un créole très pur car leurs parents ne sont pas francophones. D’un autre côté, avec notre diaspora, nous avons une littérature qui se développe en anglais et en espagnol. La langue c’est aussi l’ouverture, elle permet de comprendre le monde car toutes ces langues charrient des cultures, et je trouve cela très bien. »</em></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 111-112 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Réveillant les soifs et les faims endormies depuis toujours, des cohortes de danseurs hallucinés bravaient ainsi tous les soirs les édits des diocèses et les décrets du gouvernement, enjambant les frontières de la loi, passant de l&rsquo;autre côté du monde. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>De cette première cérémonie je garde le souvenir d&rsquo;avoir été habitée par des forces contradictoires, des appels opposés. Il y avait cette brutalité et cette beauté : la vie même, cette scansion ardente et populaire qui s&rsquo;imposait aux corps, que les âmes attendaient. Il y avait aussi toutes les histoires racontées par Man Bo à la tombée de nuit, les mises en garde de tante Félicia. Tout me revenait en même temps, et s</em>urtout je craignais le grand rire que Satan laisserait gicler de sa gorge en me voyant franchir les portes de l&rsquo;Enfer.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 145-146 :</strong><em> &laquo;&nbsp;De ces étroites rues et de ces corridors sinueux montait le remugle de flaques boueuses et des végétaux en décomposition. Cette odeur couvrait tout comme une chape. Un animal aurait peut-être reculé. En longeant la longue file de masures aux murs lambrissés, aux fenêtres comme de grands yeux béants, je fixe les visages édentés, les matelas troués exhibant leurs tripes au soleil, repaires de cafards et de punaises, posés contre les murs, avec leurs taches de pissat, de menstrues et de fornication. Et les portes de ces masures ! Fissurées, voracement rongées par la pluie et les ans. Sur-le-champ je ne comprends pas que la vie puisse s&rsquo;acharner comme ça, pour rien. Par habitude, par malice et par défi. Pour ces caresses vite faites, volées sur des grabats, à même le sol des corridors ou jambes levées debout contre un mur, gémissements avalés, hoquètements sourds, soupirs rentrés. Parce que le pain est dur et le désir des hommes avide.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 164-165 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Ce sol sur lequel était bâtie mon enfance m&rsquo;apparut soudain mouvant et poreux. Mais pas s&rsquo;y enfonçaient. Je n&rsquo;en voulus à personne. Contrairement à oncle Héraclès et à moi, mon père avant pris le monde tel qu&rsquo;il l&rsquo;avait trouvé et le comptait pas le changer. Je lui insinuai un jour qu&rsquo;Edgard ne m&rsquo;était pas indifférent. Il comprit qu&rsquo;il me fallait mesurer mes faims et mordre chaque fois à la vie comme quand on a sauté un repas. Alors il prit peur, fatigué de mes absences, de mes silences et de mes mensonges. Car il savait que je lui mentais. Je crois que c&rsquo;est ce qui le décida à me laisser partir. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La solidité rassurante de l&rsquo;enfance avant fait place à une attente d&rsquo;oiseau en cage. J&rsquo;en étais arrivée à détester les premières communions, les mariages et les baptêmes, tous ces rites opaques et de deuxième main de la petite bourgeoisie des tropiques qui fait toujours semblant sans en avoir jamais l&rsquo;air, les peurs séculaires de Man Bo, les peurs des pauvres et l&rsquo;arrogance des proches de Lise Martin Boural et des Musdorf. Je savais que mon horizon irait bien au-delà de cette ligne où le ciel s&rsquo;engouffre dans la baie de Port-au-Prince. Je voulais atteindre la rive que je n&rsquo;avais jamais vue. Je ne voulais pas seulement de ce lieu où le hasard  m&rsquo;avait jetée.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Quelle découverte ! J&rsquo;ai adoré ce roman et l&rsquo;écriture de Yanick Lahens, si sensible, si poétique. L&rsquo;occasion, outre le destin d&rsquo;Alice, de voir évoluer Haïti en filigrane. Pour le meilleur et pour le pire. A dévorer !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;, Yanick Lahens, Sabine Wespieser éditeur, 9€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Lutte des classes au bord de la piscine&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/03/06/lutte-des-classes-au-bord-de-la-piscine/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/03/06/lutte-des-classes-au-bord-de-la-piscine/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 14:20:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Caroline Lunoir]]></category>
		<category><![CDATA[La faute de goût]]></category>
		<category><![CDATA[lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[maison familiale]]></category>
		<category><![CDATA[piscine]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[rapports humains]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>

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		<description><![CDATA[Les vacances d&#8217;été, on peut déjà y penser tandis que s&#8217;étalent les derniers jours de l&#8217;hiver. Pour certains, le repos se prendra dans une maison familiale. Comme pour le personnage de Mathilde, l&#8217;héroïne du premier roman de Caroline Lunoir, &#171;&#160;La faute de goût&#171;&#160;, publié à la rentrée littéraire de l&#8217;été dernier, que je vous présente [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les vacances d&rsquo;été, on peut déjà y penser tandis que s&rsquo;étalent les derniers jours de l&rsquo;hiver. Pour certains, le repos se prendra dans une maison familiale. Comme pour le personnage de <strong>Mathilde</strong>, l&rsquo;héroïne du premier roman de <strong>Caroline Lunoir</strong>, &laquo;&nbsp;<strong>La faute de goût</strong>&laquo;&nbsp;, publié à la rentrée littéraire de l&rsquo;été dernier, que je vous présente aujourd&rsquo;hui.</p>
<div id="attachment_885" style="width: 96px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LUNOIR-PHOTO.jpg" rel="lightbox[875]" title="LUNOIR PHOTO"><img class=" wp-image-885  colorbox-875" style="margin: 10px;" title="LUNOIR PHOTO" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LUNOIR-PHOTO.jpg" alt="" width="86" height="98" /></a><p class="wp-caption-text">Caroline Lunoir</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>D&rsquo;emblée, autant vous dire que<strong> Caroline Lunoir</strong> est plutôt chanceuse. Son premier roman, elle l&rsquo;a envoyé, à l&rsquo;ancienne, par la Poste. Et la maison d&rsquo;édition <strong>Actes Sud</strong>, excusez du peu, a décidé de le publier. Avocate pénaliste à Paris, l&rsquo;auteure a écrit ce court roman de 113 pages à Boston, en 2009.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/lunoir.jpg" rel="lightbox[875]" title="lunoir"><img class="alignleft  wp-image-886 colorbox-875" style="margin: 10px;" title="lunoir" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/lunoir-157x300.jpg" alt="" width="94" height="180" /></a></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est simple. Trop, diront certains. <strong>Mathilde passe la semaine du 15 août dans la maison familiale.</strong> Là, il y a ses grands-parents, ses grands-oncles et tantes, plusieurs cousines et leurs enfants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La maison est cossue. Il y a une piscine. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs autour d&rsquo;elle que va se jouer l&rsquo;histoire du roman. A cause des gardiens, <strong>Antonio</strong> et <strong>Rosana</strong>, qui vivent là avec leur fils adolescent, <strong>Julien</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-875"></span></p>
<p>Dans cette famille, il y a des héros, des lâches. Comme dans toutes les familles, me direz-vous. Effectivement. Mais le style de <strong>Caroline Lunoir</strong> arrive à nous faire entrer dans cette famille et à y rester jusqu&rsquo;au moment de tourner la dernière page. Un peu voyeur peut-être. Une façon aussi pour chacun d&rsquo;entre nous de se rassurer. Oui, toutes les familles sont compliquées !</p>
<p><strong>Mathilde</strong> est venue seule. Sans son compagnon. Lucide et sans illusion sur notre société contemporaine, elle se raccroche à ce qui rassure, la famille en l&rsquo;occurrence, sans cependant s&rsquo;empêcher d&rsquo;en dénoncer les travers, les silences consentis par tous, les fausses vérités&#8230;</p>
<p>Critique et loyale à la fois, le personnage de cette trentenaire urbaine incarne ce <strong>sentiment d&rsquo;attraction-répulsion qui entre en action dès qu&rsquo;on parle de la famille.</strong> Qu&rsquo;elle soit grande ou petite. Pauvre ou riche.</p>
<p>La jeune auteure nous explique dans la vidéo<a href="http://www.dailymotion.com/video/xkwpz1_caroline-lunoir-la-faute-de-gout-c-est-l-histoire-d-un-retour-dans-la-famille_creation" target="_blank"> ici  </a>comment lui est venue l&rsquo;idée du sujet. Un article du <em>Canard Enchaîné</em> sur les problèmes d&rsquo;une copropriété de luxe dans le Sud de la France à propos de l&rsquo;utilisation d&rsquo;une piscine. Dès lors, elle transpose l&rsquo;histoire dans une famille bourgeoise.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #333333;">Extraits</span></strong></p>
<p><strong> Page 72</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Tiens, Thérèse a l&rsquo;air de craquer. Mais sachez que pour Astrid, le verbe pouvoir est ici un euphémisme. jamais elle ne laissera ses enfants seuls, loin de son omniscience. Je regarde notre table. Cécile, Solange, Jeanne, Elisabeth. Le compte est bon, les soeurs ont jugé. Fin de la partie. Thérèse n&rsquo;a pas voix au chapitre. C&rsquo;est la belle-soeur, et son mari est mort depuis longtemps. Ceux qui craignent son indépendance disent qu&rsquo;elle est un peu sotte.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong> Page 94</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Je reviendrai. Dans un mois ou dans un an, sans raison ou pour un mariage, suppliée par ma mère, contrite ou heureuse d&rsquo;être là, pour une réunion de famille ou pour un enterrement. Je reviendrai vérifier qui ils sont. Je débarquerai pour soigner un malaise, une solitude, et en récolter d&rsquo;autres. Je poserai mes valises, je ne reste pas longtemps, hein, juste quelques jours, pour les écouter, pour les regarder vivre. Et je prendrai mon train, attendrie, agacée ou sombre. Un jour, mon dernier jour ici, je serai confusément atterrée de n&rsquo;avoir pas su retenir des bribes de leurs vies pour ne pas qu&rsquo;elles passent, sans bruit. Cette maison deviendra mon paradis perdu, un peu nauséeux, celui que je tresse déjà. Beau, fantasmé et triste. Comme pour tous les vieux cons.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"> <span style="color: #000080;"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #000080;"><strong></strong><span style="color: #0000ff;">Un premier roman prometteur. Le sujet de la famille n&rsquo;est certes pas nouveau mais l&rsquo;intrigue est l&rsquo;occasion de revisiter la lutte des classes, aujourd&rsquo;hui. Entre ceux qui savent et qui possèdent. Et ceux qui essayent de se faire aussi une place au soleil. Le style est agréable. La lecture rapide. Bref, un chouette moment à passer avant de retrouver&#8230; sa propre famille. Ou pas.</span></span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #000080;"><em><strong><span style="color: #333333;">&laquo;&nbsp;La faute de goût&nbsp;&raquo;, Caroline Lunoir, Actes Sud, 16€. </span></strong></em><br />
</span></p>
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