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	<title>Quatrième de couv &#187; lettres</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>L&#8217;autofiction et sa magicienne&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 07:16:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Chloé Delaume agite le landerneau de la littérature depuis une vingtaine d&#8217;années. Une magicienne des mots que cette auteure que j&#8217;ai eu la chance d&#8217;interviewer il y a quelques années quand elle vivait encore à Tours (Indre-et-Loire). De quoi me souvenir d&#8217;une rencontre étonnante et enrichissante. Je n&#8217;ai pas lu toute son oeuvre. Le dernier roman pour [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/149772_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[6553]"><img class="alignleft size-full wp-image-6556 colorbox-6553" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/149772_couverture_Hres_0.jpg" alt="149772_couverture_Hres_0" width="409" height="600" /></a></p>
<p><strong>Chloé Delaume</strong> agite le landerneau de la littérature depuis une vingtaine d&rsquo;années. Une magicienne des mots que cette auteure que j&rsquo;ai eu la chance d&rsquo;interviewer il y a quelques années quand elle vivait encore à Tours (Indre-et-Loire). De quoi me souvenir d&rsquo;une <a href="https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/a-l-abri-des-vieilles-pierres-elle-fait-grandir-une-voix-bienveillante">rencontre étonnante et enrichissante</a>.</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas lu toute son oeuvre. Le dernier roman pour moi, c&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/11/02/quadra-sur-le-marche-de-lamour-et-des-desillusions/">Le coeur synthétique</a>.</strong></p>
<p>Je l&rsquo;ai retrouvée avec plaisir en cette rentrée littéraire. L&rsquo;histoire de <strong><em>Pauvre folle</em></strong> ? Pour comprendre la nature de sa relation avec <strong>Guillaume</strong>, <strong>Clotilde Mélisse</strong> observe les souvenirs qu’elle sort de sa tête, le temps d’un voyage en train direction Heidelberg.</p>
<h3 style="text-align: center">Comme une résonnance</h3>
<p>Tandis que par la fenêtre défilent des paysages de fin du monde,<strong> Clotilde</strong> revient sur les événements saillants de son existence. La découverte de la poésie dans la bibliothèque maternelle, le féminicide parental, l’adolescence et ses pulsions suicidaires, le diagnostic posé sur sa bipolarité. Sa rencontre, dix ans plus tôt, avec<strong> Guillaume</strong>, leur lien épistolaire qui tenait de l’addiction, l’implosion de leur idylle au contact du réel.</p>
<p>Car<strong> Guillaume</strong> est revenu, et depuis dix-sept mois<strong> Clotilde</strong> perd la raison. Elle qui s’épanouissait au creux de son célibat voit son cœur et son âme ravagés par la résurgence de cet amour impossible.</p>
<p>La décennie passée ne change en rien la donne : <strong>Guillaume</strong> est toujours gay, et qui plus est en couple. Aussi <strong>Clotilde</strong> espère, au gré des arrêts de gare, trouver une solution d’ici le terminus.</p>
<p><span id="more-6553"></span></p>
<p>Dans toutes les histoires d’amour se rejouent les blessures de l’enfance : on guérit ou on creuse ses plaies. <strong>Chloé Delaume</strong> explore cette réalité, à l&rsquo;aune de sa propre histoire, le tout en vers de huit à douze pieds.<em> &laquo;&nbsp;90% de ce qui arrive à <strong>Clotilde</strong> m&rsquo;est arrivé&nbsp;&raquo;</em>, assume <strong>Chloé Delaume</strong> dans une interview au Monde, en septembre.</p>
<p>Pour tenter de (se) comprendre sa relation à <strong>Guillaume</strong>,<strong> Clotilde</strong> extirpe ses souvenirs les uns après les autres de son propre cerveau, afin de reconstituer un puzzle tandis que le train avance dans la nuit. De quoi ausculter ce qui a construit cette histoire d&rsquo;amour et de mots. Mais avec le filtre féministe de l&rsquo;auteure, sans oublier celui de son humour ravageur. Au final, un roman enthousiasmant, détonnant et terriblement moderne.</p>
<p>Rappelons que <strong>Chloé Delaume</strong> a fait sien l&rsquo;univers de l&rsquo;autofiction. La quinquagénaire un peu rock se définit elle-même comme <em>&laquo;&nbsp;personnage de fiction&nbsp;&raquo;</em>. Née <strong>Nathalie Derain</strong>, elle s&rsquo;est choisie un prénom (issu de <strong><em>L&rsquo;écume des jours</em></strong>) et un nom (issu de <em>L&rsquo;Arve et l&rsquo;Aume</em>, d&rsquo;<strong>Antonin Artaud</strong>) pour réinventer son avenir après des épisodes extrêmement traumatiques (son père a tué sa mère devant ses yeux, avant de se suicider).</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La fin du monde n&rsquo;a pas du tout la forme prévue&nbsp;&raquo;</em>, débute et achève son livre. Tout un programme ! Un roman à savourer.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 11 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Clotilde ne veut pas crever avant d&rsquo;avoir vu les filles et les femmes se relever une à une en se tenant la main. Carmagnole sororale démantelant un système qui colonise corps et pensée ; renversant en riant les valeurs de la phallocratie ; détruisant en choeur de colère les bastions du souverain virilisme. Ensemble elles doivent dans sans le son des canons : on ne peut pas tuer les moeurs, juste les faire évoluer. Briser le plafond de verre ne se fait pas à la hache, trancher la jugulaire ou le sexe des mâles alpha saloperait la moquette et en faisant des martyrs. Ce ne sont pas des armes qui leur sont nécessaires, mais plutôt des outils.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 147 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Sur la tablette il y a des miettes, Clotilde prestement la nettoie. Il lui reste moins de deux heures avant de descendre au train et d&rsquo;effectuer le dernier changement. Le temps presse, il lui faut comprendre à quoi ressemble le puzzle, si possible avant d&rsquo;atteindre Heidelberg. Elle ressort de son crâne les souvenirs fermement cousus de fil blanc et de plastique, tente de lire dans la mosaïque, constate qu&rsquo;il manque des éléments. Alors elle plonge une main tout au fond de sa tête et saisit un petit bout de mémoire gélatineux. Elle le presse légèrement entre le pouce et l&rsquo;index, ça fait de la musique, un début de mélodie, clochettes électroniques, cordes synthétiques, une envolée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 188 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Où vont les souvenirs quand ils sont engloutis ? Combien perd-on de souvenirs tout au long de sa vie ? Que reste-il des corps quand on ne s&rsquo;en souvient plus ? Des souvenirs d&rsquo;elleetlui, des souvenirs récents, c&rsquo;était le plus précieux, le cube rose comme de la chair, l&rsquo;ouverture porte bleue. A quoi sert le puzzle si sa mémoire y meurt ? Clotilde a chaud maintenant, très chaud, elle est en sueur. Elle n&rsquo;a pas très envie de se rappeler la suite. Elle n&rsquo;a pas très envie mais il le faut. Ce qu&rsquo;elle arrache de la tête ressemble à une escalope, un morceau de dinde morte, de dinde élevée au grain, très fin, un peu gluant, aux reflets jaunis de gras. Il est si malléable que le coudre au puzzle s&rsquo;opère en un tournemain, Clotilde, de ses petits ciseaux, coupe le fil, le noeud fait. Elle a aussi de plus en plus envie de pleurer.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p><em><strong> Pauvre folle, Chloé Delaume, Seuil, 19,50€</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dans le pierrier, découvrir son coeur&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/21/dans-le-pierrier-decouvrir-son-coeur/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/21/dans-le-pierrier-decouvrir-son-coeur/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2020 06:42:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Quelle claque ! Le roman &#171;&#160;La Géante&#160;&#187; m&#8217;est arrivé via la boîte à lettres. Je l&#8217;ai dévoré. J&#8217;en garde des images, des sensations. Je n&#8217;avais jamais lu un roman de Laurence Vilaine. Avec &#171;&#160;La Géante&#160;&#187;, la quinquagénaire installée à Nantes, signe son troisième roman. Un conte qui nous parle d&#8217;amour et de vie. Sauf que Noële ne connait pas le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GEANTE.jpg" rel="lightbox[5287]"><img class="alignleft size-full wp-image-5296 colorbox-5287" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GEANTE.jpg" alt="GEANTE" width="170" height="256" /></a></p>
<p>Quelle claque ! Le roman <strong>&laquo;&nbsp;La Géante&nbsp;&raquo;</strong> m&rsquo;est arrivé via la boîte à lettres. Je l&rsquo;ai dévoré. J&rsquo;en garde des images, des sensations. Je n&rsquo;avais jamais lu un roman de <strong>Laurence Vilaine</strong>. Avec <strong>&laquo;&nbsp;La Géante&nbsp;&raquo;</strong>, la quinquagénaire installée à Nantes, signe son troisième roman. Un conte qui nous parle d&rsquo;amour et de vie. Sauf que Noële ne connait pas le premier et a réglé la seconde dans un lieu délimité par les montagnes</p>
<p>Noële, la narratrice, a toujours vécu au pied de la Géante, là, <strong>à Fontanalbe, dans les Alpes-Maritimes</strong>. C&rsquo;est là qu&rsquo;elle a grandi après avoir rejoint La Tante, un jour de drame. Avec son père, son frère. Leur mère vient de mourir&#8230;</p>
<p>Dans la montagne, <strong>Noële</strong> suit le rythme des saisons, a fait siennes les herbes et les plantes médicinales pour les tisanes et les onguents en suivant scrupuleusement au fil des années les consignes de sa tante. Au fil des ans, la vieille femme est devenue un peu sorcière. Chaque samedi, les villageois viennent chercher de quoi les soulager, les soigner.<strong> Noële</strong>, elle, a fini par oublier qui elle était. Ou aurait pu être.</p>
<p>A ses côtés, son frère, surnommé <strong>Rimbaud</strong> qui ne parle pas, mais qui chante avec le petit-duc.</p>
<p><span id="more-5287"></span></p>
<p>Parmi cet univers minéral, elle voit passer les saisons, et n&rsquo;attend plus rien du ciel ni du soleil d&rsquo;ailleurs. Et puis un jour, <strong>Maxim</strong> s&rsquo;installe dans une maison du hameau. Le reporter se met au vert, pour faire face à la maladie.  Il reçoit des lettres de <strong>Carmen</strong>, qui l&rsquo;aime. Qui parcourt le monde pour rapporter des histoires et des reportages. Et qui s&rsquo;inquiète pour cet homme qui distille ses secrets au compte-gouttes.</p>
<p><strong>Noële</strong> lui apporte ses missives. Finira par les garder et les lire. A travers les mots d&rsquo;une autre, elle découvre tout ce que la vie ne lui a pas offert, les sentiments qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas laissé entrer. A distance, via sa correspondance, le couple bouleverse ses répères.</p>
<p>Au cœur de la nature, les sentiments s&rsquo;affrontent. La vérité se cache pour finalement éclater. Violente. Implacable au pied de <strong>La Géante, </strong>véritable personnage à part entière de ce roman à l&rsquo;écriture sensible et poétique.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 40 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle avançait les yeux droits et le pied solide qui va abattre des kilomètres, et plus on avançait, plus c&rsquo;était le bourbier, dans ma gorge, dans ma poitrine, les dents serrées et les narines fermées, je sais respirer sans bruit, allumer le feu et me brûler sans geindre, la Tante m&rsquo;a appris, quand tu viens au monde, personne ne compte sur toit, aussi compte sur toi-même et ne dérange pas la montagne. </em></p>
<p><em>Je la connais par coeur la Géante, ses bêtes et ses caillasses, ses fougères à moustache et ses fausses gentianes qui donnent la chiasse. </em></p>
<p><em>Comme la poche de ma blouse, je la connais. </em></p>
<p><em>Comme l&rsquo;odeur des cendres froides et des matins sans amour. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 77 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai vu quelques lettres empilées sur sa table, des enveloppes encore cachetées et une sur le carrelage de l&rsquo;entrée qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas ramassée. Les mouches s&rsquo;attardaient, de deux jours elles passaient à trois, ce qui faisait de plus en plus lourde sa tête, elle demandait le silence aussi grand qu&rsquo;il lui serait possible de l&rsquo;entendre. La guerre battait son plein, il ne voulait voir personne dans les rangs. Il n&rsquo;y avait pas de rang. Lui seul et le silence, dont il a fait son arme. Il voulait tout éteindre, le volume en même temps que la lumière et le bruit du monde, jusqu&rsquo;aux mots sur le papier qui bruissaient trop fort. Plutôt se taire quand on n&rsquo;a rien à offrir et aucune promesse à faire &#8211; il m&rsquo;a remerciée, a baissé les yeux et refermé sa porte. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong>Page 112 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Dans son chagrin, cette femme puisait les mots qui ne cachaient rien, elle se mettait à nu comme elle allait prendre un bain et nageait dans des eaux profondes avec la peur de rien. A côté d&rsquo;elle, je marchais morte, morte de marcher à côté de l&rsquo;essentiel. Je ne savais pas ce que penser à quelqu&rsquo;un voulait dire, le soir avant le sommeil qu&rsquo;elle retardait pour ne pas être séparée de lui dès le réveil. Je ne sais pas les mains qui brûlent et ce qu&rsquo;aimer signifie, ni le sourire ni le désir grâce à des yeux de quelqu&rsquo;un quelque part, fussent-ils à six cents kilomètres. Ni la terreur d&rsquo;un mot de trop qui ferait mal, ni l&rsquo;insoutenable, la seule pensée que l&rsquo;amour s&rsquo;en aille à jamais &#8211; ce soir-là dans la nuit je me suis blottie.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;La Géante&nbsp;&raquo;, Laurence Vilaine, Zulma, 17,50€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au temps béni des colonies&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/06/22/au-temps-beni-des-colonies/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Jun 2013 08:52:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et si je vous parlais d&#8217;un livre drôle, corrosif et assez  jubilatoire ? Son titre &#171;&#160;C&#8217;est fort la France!&#160;&#187;, de Paule Constant. &#160; Paule Constant occupe, depuis janvier dernier, le 4e couvert de l&#8217;Académie Goncourt. En 1989, elle obtient le prix de l&#8217;Académie française pour &#171;&#160;White Spirit&#160;&#187;, en 1998, cette auteure prolixe se voyait remettre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Et si je vous parlais d&rsquo;un livre drôle, corrosif et assez  jubilatoire ? Son titre <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France!&nbsp;&raquo;</strong>, de <a title="Découvrez des élements biographiques de l'auteure ici" href="http://www.academie-goncourt.fr/?membre=1357738222"><strong>Paule Constant</strong>. </a></p>
<div id="attachment_1706" style="width: 285px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PAULE-CONSTANT-PHOTO.jpg" rel="lightbox[1691]"><img class="size-full wp-image-1706 colorbox-1691" alt="larepubliquedespyrenées.fr" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PAULE-CONSTANT-PHOTO.jpg" width="275" height="183" /></a><p class="wp-caption-text">larepubliquedespyrenées.fr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Paule Constant</strong> occupe, depuis janvier dernier, le 4e couvert de l&rsquo;Académie Goncourt. En 1989, elle obtient le prix de l&rsquo;Académie française pour <strong>&laquo;&nbsp;White Spirit&nbsp;&raquo;</strong>, en 1998, cette auteure prolixe se voyait remettre le prix Goncourt pour <strong>&laquo;&nbsp;Confidence pour confidence&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France!&nbsp;&raquo;</strong>, elle nous plonge dans les années 50, au coeur de l&rsquo;Afrique, celle du Cameroun. Le pays vit sous colonisation française.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1691"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FORT-LA-FRANCE.jpg" rel="lightbox[1691]"><img class="alignleft  wp-image-1699 colorbox-1691" style="margin: 10px" alt="FORT LA FRANCE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FORT-LA-FRANCE.jpg" width="240" height="350" /></a>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une romancière qui reçoit une lettre lui reprochant de s&rsquo;être moquée, dans son dernier livre <strong>Ouregano</strong> des charmes de la vie coloniale et de ne pas avoir raconté les drames qui ont marqué <strong>Batouri, contrée située au nord du Cameroun, quelque trente ans plus tôt.</strong></p>
<p>Les deux femmes se rencontrent&#8230; et se reconnaissent. Quand la première était, âgée de six ans, la fille d&rsquo;un médecin expatrié au Cameroun, la seconde était la femme de l&rsquo;administrateur de la région en question.</p>
<p><strong>Construit comme un récit, ce roman alterne les souvenirs des deux personnages. Confronte leurs visions d&rsquo;une Afrique soumise. </strong></p>
<p><strong></strong>Madame Dubois, loin de ses bases normandes, s&rsquo;est accrochée des années durant à des rites surannés, loin d&rsquo;une métropole idéalisée.<strong> Ce qui fera dire à son maître d&rsquo;hôtel camerounais : &laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France !&nbsp;&raquo; en évoquant les vaches normandes&#8230;</strong></p>
<p>La narratrice, elle, a vécu une autre réalité, faite d&rsquo;épidémies, de manque de moyens et de difficultés à pouvoir véritablement lier contact avec la population locale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> Découvrez ici une vidéo dans laquelle Paule Constant nous parle de son roman  :</strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 65 :</strong><em> &laquo;&nbsp;En faisant connaissance, elle avait répondu avec une pointe de mystère qu&rsquo;elle vivait en Afrique. Ils s&rsquo;étaient permis, par-dessus sa tête, quelques considérations sur l&rsquo;argent que la République dilapidait outre-mer pour le seul bénéfice de potentats et de quelques fonctionnaires inutiles qui se servaient au passage. Ils n&rsquo;étaient pas pour la colonisation qui vole les ressources des Africains et dilapide celle des Français, ils étaient pour le développement agricole et industriel de la Normandie. Elle ne savait que répondre, c&rsquo;était la première fois qu&rsquo;on portait le soupçon sur quelque chose qu&rsquo;elle croyait aussi certain que la virginité de Marie, la résurrection des morts et Dieu en trois personnes, à savoir la mission civilisatrice de territoires sauvages que la France conduisait vers le progrès par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;agents dévoués comme son mari.&nbsp;&raquo;<strong><br />
</strong></em></p>
<p><strong>Pages 82-83</strong> : <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Le temps d&rsquo;un cliché, j&rsquo;ai accepté de toucher, de tenir, d&rsquo;embrasser à peu près n&rsquo;importe quoi, comme si prise en photo j&rsquo;étais déjà sur la pellicule et que les écailles, les poils, le sang, les griffres ne m&rsquo;avaient ni touchée, ni éraflée, ni blessée. </em></p>
<p><em>Madame Dubois adoptait le même principe de surenchérissement, à ceci près que son objet était inversé. Mes parents apportaient à tous ceux qui étaient restés en France la preuve de leur aventureuse et splendide existence africaine, madame Dubois servait à ceux qui vivaient ici et n&rsquo;avaient jamais quitté Batouri la fantastique histoire de la France, entre utopie nationale et légende dorée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 156</strong> : <em>&laquo;&nbsp;S&rsquo;il y avait un point sur lequel mon père était en accord avec Alexandrou, c&rsquo;était la médiocre qualité du personnel administratif, médical et éducatif de la colonie. Il s&rsquo;excluait bien sûr. Comme s&rsquo;excluaient à tour de rôle tous les protagonistes de cette histoire. Si bien que chacun avait l&rsquo;impression d&rsquo;être environné d&rsquo;incapables qui venaient purger à Batouri la conséquence d&rsquo;un vice de forme. J&rsquo;ai souvent entendu dire que l&rsquo;échec de la colonisation tenait surtout à la médiocrité des colonisateurs et que l&rsquo;on envoyait pour représenter la France des jean-foutre dont les familles voulaient se débarrasser et des propres-à-rien que l&rsquo;administration la plus rancie ne trouvait plus à employer. </em></p>
<p><em>Il visait Dubois, surtout Dubois, qu&rsquo;il tenait pour un toquard, ridicule, malhonnête et alcoolique. Je ne l&rsquo;ai jamais entendu évoquer la maladie du Dubois, qu&rsquo;il avait diagnostiquée mais qu&rsquo;il s&rsquo;est entêté à ignorer jusqu&rsquo;à ce que mort s&rsquo;ensuive. Seulement son incapacité à prendre des décisions, sa collusion dans l&rsquo;affaire de la viande des lépreux, qui se réglait entre Alexandrou et Bodin.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">En voilà un sujet de roman original : la colonisation et ses dommages collatéraux vus de l&rsquo;intérieur à travers les visions également déformées d&rsquo;une enfant devenue femme et d&rsquo;une femme devenue vieille dame. Trafics, petits arrangements avec la loi de la lointaine France&#8230; tout y passe. Le tout en faisant ( ou croyant faire) oeuvre de civilisation. </span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff"> L&rsquo;auteure a vécu  une grande partie de sa vie en Afrique, en Asie, en Amérique du sud. De quoi laisser des souvenirs mais si elle se défend ici d&rsquo;avoir raconté son enfance. Reste un roman drôle et piquant, corrosif et politiquement incorrect. Très agréable à lire.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France!&nbsp;&raquo;, de Paule Constant, Gallimard, 17,90€.</strong> </em></p>
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