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	<title>Quatrième de couv &#187; jeune fille</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Moi, Annie D., au commencement de ma vie de femme&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 07:06:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sa vie, elle la raconte. La décortique. Et nous, lecteurs ( je devrais dire lectrices), en prenons des bouts. Tout nous parle dans la vie d&#8217;Annie Ernaux. Et pour cause. Elle parle de nous. Depuis des décennies, cette septuagénaire aux cheveux auburn sait trouver les mots pour parler de l&#8217;enfant qui meurt, de l&#8217;amour qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERNAUX.jpg" rel="lightbox[3601]"><img class="alignleft size-full wp-image-3602 colorbox-3601" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERNAUX.jpg" alt="ERNAUX" width="195" height="290" /></a> Sa vie, elle la raconte. La décortique. Et nous, lecteurs ( je devrais dire lectrices), en prenons des bouts. Tout nous parle dans la vie d&rsquo;<strong>Annie Ernaux</strong>. Et pour cause. Elle parle de nous.</p>
<p>Depuis des décennies, cette septuagénaire aux cheveux auburn sait trouver les mots pour parler de l&rsquo;enfant qui meurt, de l&rsquo;amour qui s&rsquo;éteint, de l&rsquo;avortement, de la maladie d&rsquo;un parent, de la jalousie qui s&rsquo;installe ou du temps qui passe et fait son oeuvre&#8230; Elle nous tend un miroir. Se sert de ce matériau autobiographique pour raconter nos vies.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;</strong>, elle pose la dernière pièce du puzzle de sa vie. La pièce manquante. La faille qui explique. Qui justifie. La <strong>&nbsp;&raquo; fille de 58 &laquo;&nbsp;</strong> se raconte. Enfin.</p>
<p><strong>Annie Ernaux</strong> l&rsquo;a souvent dit, écrit : ce sont les deux années passées entre ses dix-huit et ses vingt ans qui l&rsquo;ont rendue écrivain. Une période explorée, exploitée désormais. Grâce à ses souvenirs, ses impressions. Ses carnets intimes, eux, ont été brûlés par sa mère depuis longtemps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil des pages,<strong> &laquo;&nbsp;la fille de 58&Prime;</strong> se laisse donc approcher. Elle s&rsquo;appelle <strong>Annie Duchesne.</strong>  Nous sommes en 1958. Elle va avoir 18 ans pendant la colonie qu&rsquo;elle a rejoint à Sées, dans l&rsquo;Orne, comme monitrice.</p>
<p>La fille de l&rsquo;épicier d&rsquo;Yvetot, libre enfin, évolue dans un univers éloigné de son lycée tenu par les soeurs. Là, elle découvre autre chose. Elle est gauche, presque niaise.</p>
<p>Choisie puis rejetée par le beau H., le moniteur en chef, elle raconte, explique la meurtrissure de cette première expérience sexuelle ratée. La honte qui en suivra. Le mépris aussi dans lequel le reste de l&rsquo;équipe va la laisser alors qu&rsquo;elle se donne aux autres garçons comme pour laver l&rsquo;affront du rejet initial.</p>
<p>Après la colonie, elle mettra deux ans à errer, à se perdre. Pas guérie. Son corps le lui dira. Cinq ans plus tard, elle rencontrera celui qui deviendra son mari.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;,</strong> <strong>Annie Ernaux</strong> passe du &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;elle&nbsp;&raquo; pour évoquer la fille de 58. Une distanciation qui oblige à essayer de comprendre. Et de ne pas oublier. Cette fois encore, l&rsquo;auteure du &laquo;&nbsp;moi&nbsp;&raquo; frappe au coeur du lecteur. Sa conscience de classe fait mouche. Son approche sociologique aussi d&rsquo;ailleurs. Et son talent d&rsquo;écrivain fait le reste. Absolument indispensable, comme l&rsquo;ensemble de son oeuvre, d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 50 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me passe et repasse la scène dont l&rsquo;horreur ne s&rsquo;est pas atténuée, celle d&rsquo;avoir été aussi misérable, une chienne qui vient mendier des caresses et reçoit un coup de pied. Mais ce visionnement réitéré ne vient pas à bout de l&rsquo;opacité d&rsquo;un présent disparu depuis un demi-siècle, laisse intacte et incompréhensible cette aversion d&rsquo;une autre fille à mon égard. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ne reste que cette certitude : Annie D, la petite fille gâtée de ses parents, l&rsquo;élève brillante est, à ce moment précis, un objet de mépris et de dérision dans le regard de Monique C. et de Claude L., de tous ceux qu&rsquo;elle aurait voulu ses pairs. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 63-64 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La fille de 58 ne s&rsquo;offusque pas, il me semble même qu&rsquo;elle s&rsquo;en amuse, comme d&rsquo;une agressivité moqueuse usuelle à son égard. Peut-être y voit-elle une preuve supplémentaire de la fausseté de leur jugement. Il y a erreur. Elle n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;ils disent qu&rsquo;elle est. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cette certitude, à quoi l&rsquo;attribuer aujourd&rsquo;hui ? A sa virginité, qu&rsquo;elle conserve avec détermination, à son brillant parcours scolaire, sa lecture de Sartre ? Plus que tout  : à son amour fou pour H, l&rsquo;Archange comme elle continue de l&rsquo;appeler jusque devant Claudine D – qui, le doigt sur la tempe, la traite de </em>complètement siphonnée<em> – à cette espèce d&rsquo;incorporation de lui en elle qui la tient au-dessus de la honte. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ce n&rsquo;est pas elle, la honte, j&rsquo;en suis sûre, qui a fixé le souvenir des mots au dentifrice rouge, c&rsquo;est la fausseté de l&rsquo;insulte, de leur jugement à eux, de l&rsquo;inadéquation entre putain et elle. Je ne vois rien dans cette période qui puisse s&rsquo;appeler honte. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 149 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il me semble aussi que j&rsquo;avais voulu revenir à S et revoir la colonie parce que j&rsquo;espérais ainsi puiser la force d&rsquo;écrire le roman que je voulais entreprendre. Une sorte de préalable nécessaire, bénéfique à l&rsquo;écriture, de geste propitiatoire – le premier d&rsquo;une série qui me fera plus tard retourner dans divers endroits – ou de prière, comme si le lieu pouvait être un obscur intercesseur entre la réalité passée et l&rsquo;écriture. Le détour par S s&rsquo;apparentait, au fond, au baiser que, à la suite des pèlerins et au grand dégoût de M. qui s&rsquo;en était gardée, j&rsquo;ai déposée sur le pied de la Vierge noire de Montserrat en formulant le voeu d&rsquo;écrire un roman.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;, Annie Ernaux, Gallimard, 15€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Entre vides et manques, la petite barbare&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/09/15/entre-vides-et-manques-la-petite-barbare/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Sep 2015 08:52:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  Semaine après semaine, Quatrième de couv vous fait découvrir les nouveautés de la rentrée littéraire et surtout des coups de coeur. Parmi eux, impossible de passer à côté de &#171;&#160;La petite barbare&#160;&#187;, véritable pépite d&#8217;Astrid Manfredi, qui signe là un premier roman uppercut. Créatrice du blog de chroniques littéraires Laisse parler les filles, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BARBARE-OK.jpg" rel="lightbox[3284]"><img class="alignleft size-full wp-image-3286 colorbox-3284" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BARBARE-OK.jpg" alt="BARBARE OK" width="368" height="499" /></a><span style="color: #ff6600"> Rentrée littéraire</span></strong></p></blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #ff6600"> <span style="color: #000000">Semaine après semaine, Quatrième de couv vous fait découvrir les nouveautés de la rentrée littéraire et surtout des coups de coeur. Parmi eux, impossible de passer à côté de <strong>&laquo;&nbsp;La petite barbare&nbsp;&raquo;</strong>, véritable pépite d&rsquo;<strong>Astrid Manfredi</strong>, qui signe là un premier roman uppercut. </span></span></p>
<p style="text-align: left">Créatrice du blog de chroniques littéraires <em>Laisse parler les filles, </em><strong>Astrid Manfredi </strong> intervient ponctuellement pour le <em>Huffington Post,</em> toujours autour de la littérature.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une jeune femme de 23 ans  à la beauté incendiaire. Elle achève sa peine de prison. Elle a passé plusieurs années derrière les barreaux pour ne pas avoir dénoncer des actes de torture et un meurtre, pour avoir cautionné des actes barbares.</p>
<p style="text-align: left">Au fil des pages, c&rsquo;est elle-même qui nous raconte son histoire. Faite de riens et de manques. Alors elle compense. Mise sur son corps pour s&rsquo;offrir toujours mieux que le quotidien minable et tellement étriqué de ses parents. Quitte à aller trop loin. Quitte à ne plus rien respecter. Même pas elle.</p>
<p style="text-align: left">Avec <strong>Esba</strong>, elle monte des coups, dévalise de jeunes et moins jeunes bourgeois qui s&rsquo;encanaillent. Jusqu&rsquo;au drame. On y devine, en filigrane, l&rsquo;<strong>affaire Ilan Halimi</strong>. Et celle de l&rsquo;allumeuse. Jusqu&rsquo;en prison, la jeune femme usera de ses charmes vénéneux pour gagner un peu de liberté. Tragique.</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-3284"></span></p>
<p style="text-align: left">Seule les livres l&rsquo;apaise. Seuls les mots de <strong>Marguerite Duras</strong> et plus précisément ceux de <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;amant&nbsp;&raquo;</strong> lui font envisager autre chose. Loin de la noirceur de sa réalité.</p>
<p>Sur le site <a href="http://www.babelio.com/auteur/Astrid-Manfredi/354019"><strong>Babelio</strong>,</a> <strong>Astrid Manfredi </strong> explique quelles étaient ses inspirations.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il y a eu plusieurs points d’orgue. D’une part cette jeune fille, Emma, qui a servi d’appât dans le gang des barbares puis séduit le directeur de prison lors de son incarcération. D’autre part l’affaire Valérie Subra, dans les années 80, qui répondaient au même processus : obtenir ce qu’elle voulait coûte que coûte, et sous emprise. J’ai aussi pensé au cinéma de Larry Clark et à la crudité poétique de sa caméra lorsqu’il filme une jeunesse qui a perdu le cap, et qui pourtant n’est pas toujours issue de milieux défavorisés. Mais oui, le fait divers reste une excellente chair à fiction.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse "><strong>&laquo;&nbsp;La petite barbare&nbsp;&raquo;</strong>, c&rsquo;est le récit cru et cash d&rsquo;un chaos social et intérieur. De la banlieue aux Champs-Elysées, il n&rsquo;y a que trois stations de RER. Le rêve est à portée de main. Il va cependant virer au cauchemar.</p>
<p class=" itw_reponse "><strong>Ici, Astrid Manfredi explique la génèse de son premier roman</strong></p>
<p class=" itw_reponse "><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x339jni" allowfullscreen allow="autoplay"></iframe></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><strong>Page 67 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Je suis sortie de l&rsquo;isolement. Comprenez : ils vont me libérer sous peu, je suis trop jeune pour racornir en prison, il semblerait. Ce n&rsquo;est pas mon dirlo – celui de la prison –  qui me dira le contraire. En attendant, c&rsquo;est lui qui paye l&rsquo;addition. Bien fait. Il faut toujours payer pour ses faiblesses. La vie c&rsquo;est du bluff, mieux vaut garder les lunettes noires et ne rien laisser voir.</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em> Je suis revenue en cellule avec les filles pour les six derniers mois de taule qui me restent à faire. J&rsquo;ai appris ça l&rsquo;autre jour : la fin de mon incarcération, de mon lavage de cerveau pour mauvaise conduite. La famille de la victime est scandalisée. Pas moi. J&rsquo;ai juste vu. Et encore, vu, c&rsquo;est vite dit. Je m&rsquo;en allais faire du shopping, j&rsquo;achetais des valises entières de trucs vaporeux à faire triquer David Beckham puis je rentrais et je voyais l&rsquo;autre supplicié qui implorait la clémence sur sa chaise. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il pouvait chlinguer. Après son regard de poney fou j&rsquo;allais gerber. Peur de la peur.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><strong>Page 82</strong> : <em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai menti à la rue, à la vie, aux arbres et aux tours qui nous encerclaient. J&rsquo;ai laissé un mec crever tout seul dans l&rsquo;abattoir de béton au nom de rien. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>Esba, mon Esba à la peau de toujours, jamais je ne t&rsquo;en voudrai, je connais les sédiments de ta douleur et les belles couleurs qui s&rsquo;y sont déposées avant que tu te transformes en super-héros du néant. Je connais tes chansons, ta voix chaude et embrumée venue d&rsquo;ailleurs. Ta voix oubliée de tous. Je connais ta main dans la mienne et ta révérence de marabout devant ma beauté. Je t&rsquo;absous à tout jamais. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>Puis le bourge est mort. Plus rien, plus un souffle n&rsquo;est sorti de lui. Pantin désarticulé aux membres fracassés et soumis, un sourire de joker pour la récompense. Le festin était terminé. Il gisait là, devant nous, incroyablement humain, incroyablement seul. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai pleuré sur mes escarpins et les sirènes ont retenti. </em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em>Il faut toujours payer.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><strong>Page 113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;J moins quatre. Je l&rsquo;écris à la craie sur le mur en vrac de la cellule. Les filles applaudissent et me déboitent l&rsquo;épaule à force de paluches d&rsquo;encouragement. Encore un J moins qui viendra rejoindre une cohorte de J moins maladroits et fiévreux que d&rsquo;autres évadées avant moi ont espérés dans une tension qui te tord les boyaux. Ca chamboule grave, j&rsquo;ai presque peur. Peur de ne plus savoir marcher sur les trottoirs, de ne plus savoir lire l&rsquo;heure, de me tromper de direction dans le métro, d&rsquo;être gauche et ringarde parmi les minettes à la mode si minces. J&rsquo;ai eu mon heure de gloire, elle est passée et je ne la regrette pas. Je l&rsquo;ai dépensée jusqu&rsquo;à la lie, plus une seconde de disponible.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left">Un premier roman réussi. Une histoire forte dont on dévore chaque page.</p>
<p class=" itw_reponse " style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La petite barbare&nbsp;&raquo;, Astrid Manfredi, Belfond, 15€.</strong></em></p>
</blockquote>
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