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	<title>Quatrième de couv &#187; Jan Karski</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Jan Karski, un messager parmi les sourds</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Oct 2011 20:51:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[ghetto de Varsovie]]></category>
		<category><![CDATA[homme d'exception]]></category>
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		<category><![CDATA[Yannick Haenel]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Rendez-vous de l&#8217;Histoire se sont achevés à Blois. De quoi me pousser à me plonger dans un témoignage essentiel, primordial, celui de Jan Karski, mis en mots par Yannick Haenel ( Prix Interallié 2009). Résistant polonais, catholique, Jan Karski ( 1914-2000) aura été le témoin d&#8217;une grande tragédie : celle de l&#8217;extermination des juifs [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les <a title="Découvrez le dossier consacré aux Rendez-vous de l'Histoire sur le site de la NR" href="http://www.lanouvellerepublique.fr/ACTUALITE/Dossiers/Les-Rendez-vous-de-l-Histoire">Rendez-vous de l&rsquo;Histoire</a> se sont achevés à Blois. De quoi me pousser à me plonger dans un témoignage essentiel, primordial, celui de Jan Karski, mis en mots par Yannick Haenel ( Prix Interallié 2009).</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/010655268511.gif" rel="lightbox[374]" title="01065526851"><img class="alignleft size-medium wp-image-389 colorbox-374" style="margin: 10px;" title="01065526851" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/010655268511-181x300.gif" alt="" width="109" height="180" /></a>Résistant polonais, catholique, Jan Karski ( 1914-2000) aura été le témoin d&rsquo;une grande tragédie : celle de l&rsquo;extermination des juifs du ghetto de Varsovie. Sa mission aura été d&rsquo;alerter les Alliés et le président Roosevelt en personne. En vain. Personne ne l&rsquo;a écouté. Et lui a vécu avec le poids de la culpabilité. En 1944, il écrit un livre &nbsp;&raquo; Mon témoignage devant le monde &nbsp;&raquo; mais personne n&rsquo;est encore prêt à l&rsquo;entendre. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec le tournage de Claude Lanzmann pour &laquo;&nbsp;Shoah&nbsp;&raquo;, diffusé en 1985,   que Jan Karski sort de l&rsquo;oubli.</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-374"></span></p>
<p>De quoi donner de la matière brute à Yannick Haenel pour en faire une oeuvre romanesque qui s&rsquo;appuie sur des documents, construite en trois parties. La première évoque justement le tournage du témoignage de Jan Karski devant la caméra de Lanzmann. L&rsquo;homme est<em> &laquo;&nbsp;pétrifié&nbsp;&raquo;</em>. Page 32 :<em> &nbsp;&raquo; Ce que redoutait Jan Karski au début de l&rsquo;entretien, c&rsquo;était ça : cette immobilité dans la terreur qu&rsquo;il a connue ce jour d&rsquo;automne 1942, dans le ghetto de Varsovie, au contact de la mort. Il ne voulait pas revivre ça, et il le revit une fois de plus. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>La deuxième partie, elle, est un résumé du propre livre de Jan Karski, publié en 1944 ( traduit en français en 1948, il a réédité en 2004). Là, on le suit dans la guerre. Dans les réseaux de la Résistance polonaise. Dans les séances de torture qu&rsquo;il subit quand il se fait prendre&#8230; Un témoignage bouleversant. Brut. Le jeune Karski doit rejoindre sa caserne et son armée. Un périple que la chance accompagne. Avant de l&rsquo;abandonner dans un camp tenu par les Allemands. Les Polonais, eux, sont en déroute.</p>
<p>Page 49 : <em>&nbsp;&raquo; Ce qu&rsquo;il voit au camp de Radom lui semble “ hors de proportion ” avec tout ce qu&rsquo;il a pu vivre jusqu&rsquo;ici. Sa conception du monde s&rsquo;en trouve bouleversée. [&#8230;] Jan Karski découvre que la mort n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>Au fil des pages, le jeune homme entre pas à pas dans les méandres de la résistance. On lui confie des missions. Et des messages. Il entre dans la clandestinité, change d&rsquo;identité et de vie. En mai 1940, Karski est devenu  le courrier de l&rsquo;Etat secret polonais. Quelques temps plus tard, c&rsquo;est entre les mains des hommes de la Gestapo qu&rsquo;il tombe. Mais, trompe-la-mort, celui qui se définissait comme un<em> &nbsp;&raquo; catholique juif &laquo;&nbsp;</em> trouve assez de ressources en lui pour survivre. Et rejoindre les Alliés. En 1942, il doit se rendre en Angleterre, pour raconter ce qu&rsquo;il a vu, alerter de ce qui se passe et ainsi sauver ses compatriotes polonais. Dans le ghetto de Varsovie, ses dernières certitudes s&rsquo;effondrent.</p>
<p>Page 101 :<em> &nbsp;&raquo; Les hommes et les femmes que Jan Karski croise à l&rsquo;intérieur du ghetto sont encore vivants, mais, dit-il “ il n&rsquo;y a plus rien d&rsquo;humain dans ces formes palpitantes”. Est-il possible, pour un homme, d&rsquo;être vivant sans plus rien avoir d&rsquo;humain ? C&rsquo;est la limite que rencontre Jan Karski durant cette traversée – limite qui va l&rsquo;obséder. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>Une seconde visite du ghetto aura lieu. Puis celle d&rsquo;un camp d&rsquo;extermination des juifs. Un point sensible du livre puisqu&rsquo;il est dit par certains qu&rsquo;il est impossible que Karski ait vraiment vu ce qu&rsquo;il décrit. Page 106 : <em>&nbsp;&raquo; Rien ne peut dépeindre l&rsquo;horreur su spectacle que j&rsquo;avais sous les yeux. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>Arrivé en Europe, ayant rejoint le gouvernement polonais en exil, l&rsquo;homme ne va avoir de cesse de raconter, de dire. Mais les phrases qu&rsquo;il porte l&rsquo;empoisonnent, nuit après nuit.</p>
<p>Page 127 :<em> &laquo;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, pour ne plus entendre les cris des Juifs qu&rsquo;on amène à la mort, pour ne plus entendre le nom des ghettos et celui des camps qui s&rsquo;impriment dans ma tête, pour faire cesser ce fracas qui chaque nuit brise mes nerfs, il m&rsquo;arrive de réciter les paroles que les deux hommes du ghetto de Varsovie m&rsquo;ont confiées. [&#8230;] Il m&rsquo;arrive d&rsquo;entendre aussi la voix de Roosevelt, un grognement un peu bougon, le genre de voix qui se veut chaleureuse. Encore aujourd&rsquo;hui, je l&rsquo;entends étouffer un bâillement tandis que je parle du sort des Polonais qui résistent aux nazis et de celui des Juifs qu&rsquo;on déporte dans les camps pour les exterminer. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>La troisième partie, enfin, est une fiction. Elle s&rsquo;appuie sur des éléments factuels certes mais a été imaginée par l&rsquo;auteur. On suit Karski dans les méandres de son âme. Pourquoi n&rsquo;a -t-il pas été entendu ? Comment l&rsquo;Homme a-t-il pu atteindre un tel degré d&rsquo;inhumanité ?</p>
<p>Le livre construit par Haenel pose des questions. Mais bouscule aussi les codes en mêlant vérité historique et fiction.  Au point d&rsquo;intéresser Arthur Nauzyciel. Lors du dernier festival d&rsquo;Avignon, le metteur en scène s&rsquo;est inspiré du livre du romancier pour créer &nbsp;&raquo; Jan Karski (mon nom est une fiction).</p>
<p>A découvrir absolument. Juste pour ne pas oublier la marche de l&rsquo;Histoire. Et ceux qui la font.</p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Jan Karski&nbsp;&raquo; de  Yannick Haenel, aux éditions Folio.</em></strong></p>
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