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	<title>Quatrième de couv &#187; Haïti</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>L&#8217;identité, sa quête inattendue</title>
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		<pubDate>Sun, 29 May 2022 07:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Laure Gouraige a publié un premier roman (La fille du père) en 2020, que j&#8217;avais beaucoup aimé. La voici de retour avec Les idées noires avec une idée de départ pas banale. Je vous raconte ? &#171;&#160;Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire&#160;&#187;. Voilà. Autour de cette idée, le roman qui est écrit à la deuxième personne du pluriel (histoire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires.jpg" rel="lightbox[6038]"><img class="alignleft wp-image-6040 size-medium colorbox-6038" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires-204x300.jpg" alt="idees-noires" width="204" height="300" /></a></p>
<p><strong>Laure Gouraige</strong> a publié un premier roman (<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2020/08/27/parce-quil-faut-toujours-tuer-le-pere/"><em>La fille du père</em></a></strong>) en 2020, que j&rsquo;avais beaucoup aimé. La voici de retour avec <strong><em>Les idées noires</em></strong> avec une idée de départ pas banale. Je vous raconte ? <em>&laquo;&nbsp;Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire&nbsp;&raquo;.</em> Voilà.</p>
<p>Autour de cette idée, le roman qui est écrit à la deuxième personne du pluriel (histoire que le lecteur se sente concerné), nous plonge dans la quête d&rsquo;identité subite d&rsquo;une traductrice de l&rsquo;allemand. Tout commence par un message téléphonique laissé par un journaliste pour une émission de radio. Le message lui demande de témoigner du racisme anti-Noirs dont elle est victime. Notre héroïne est donc noire. Un détail qui lui aurait échappé ? On dirait. Ce message devient une obsession. Littéralement.</p>
<p>Née d&rsquo;un père haïtien et d&rsquo;une mère française ( comme <strong>Laure Gouraige</strong>), notre traductrice remet tout en cause. De ses cheveux à ses plats préférés. Jusqu&rsquo;aux remarques de ses amis. L&rsquo;humour est corrosif, le ton parfois clivant.</p>
<p>Lui suffira-t-il de se rendre en Haïti via les Etats-Unis où vit une partie de sa famille pour avoir des certitudes sur son identité, sur son sentiment d&rsquo;appartenance ou pas ? Pas sûr.</p>
<p>Comme dans son premier roman,<strong> Laure Gouraige</strong> explore la question de l&rsquo;identité. Si dans <strong><em>La fille du père</em></strong>, elle tentait de se défaire de l&rsquo;influence paternelle, elle pose ici la question d&rsquo;un héritage. Inconscient.</p>
<p><strong> Laure Gouraige explique la genèse de son roman ici :</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/idees-noires.jpg" rel="lightbox[6038]">https://youtu.be/WtCrOMECU1s</a></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 15 :</strong><em>&laquo;&nbsp;A vingt-neuf ans vous étiez sérieusement déprimée, l&rsquo;approche de la trentaine ne promettait qu&rsquo;unes perspective morbide. A trente et un an vous avez définitivement renoncé à vous pulvériser hors du bocal. Vous avez été recrutée comme traductrice. Allemand-français, s&rsquo;il vous plaît. Vous avez un chat, il ne cohabite pas avec vous, au mieux, il vous tolère. L&rsquo;amour que vous lui portez, votre habitat en lin, votre crise</em><em>de la trentaine, votre monde prévisible, c&rsquo;était cela votre identité. Aujourd&rsquo;hui ce schéma vous presse mollement le ventre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64-65 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Le bricolage génétique qui vous a fait naître est un échec. Incapable de piocher dignement en Italie, vous auriez eu le teint plus jovial, les cheveux denses, le sourcil déterminé. Non, vous êtes pourvue des gènes blanc de blanc de votre mère. La cellulite, le cheveu cassant, vaguement gras, la jambe estampée de bleus, de pied plat. Aussi hasardeuse que soit la biologie, votre conception est un fiasco. Ce sont vos cheveux qui gagnent le trophée du ratage. Fins mais bouclés, plats sur le crâne, frisés dans la nuque, raides sur le devant, l&rsquo;ensemble sème la confusion. Petite, le dimanche c&rsquo;était le grand chambardement, votre mère s&rsquo;attaquait au démêlage, vous trimbaliez vos cheveux livres. Les autres jours, pressée par l&rsquo;école, vous les attachiez. Je les hais, vous répétez cela régulièrement que vous détestez vos cheveux. Je les déteste, je les déteste, je les déteste, je donnerais tout pour les changer. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 127 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Vous êtes bien laide ce matin. Il ne reste de votre supposé bronzage qu&rsquo;une pelure repoussante. La crème After Sun a étouffé les cloques, néanmoins vous vous désagrégez. Dur, dur de vous promener à l&rsquo;ombre, Miami vous sollicite au grand jour. Une ville gaie, verdoyante, vous êtes stupéfaite qu&rsquo;elle soit si verte, le seul adjectif à votre disposition. Vous avez ressassé l&rsquo;excursion au commissariat, le schnock paléontologue, le linoléum, les palmiers tout foutus, quand le détail le plus singulier vous a fait tressaillir. Lorsque le schnock vous a tendu son stylo, vous l&rsquo;avez naturellement saisi de la main droite. Ultérieurement, c&rsquo;est avec cette main que vous avez complété les premières lignes de son formulaire à la noix, puis coché la case </em>other<em>, entre deux protestations. [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em>Les idées noires, Laure Gouraige, POL, 17€</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Haïti, révolution en germe dans le &#171;&#160;tan lontan&#160;&#187;&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/08/03/haiti-revolution-en-germe-dans-le-tan-lontan/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2015 07:39:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Bienaimé]]></category>
		<category><![CDATA[années 40]]></category>
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		<category><![CDATA[Roman]]></category>
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		<category><![CDATA[vaudou]]></category>
		<category><![CDATA[Yanick Lahens]]></category>

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		<description><![CDATA[Il vous manque encore une idée pour vous évader ? J&#8217;arrive avec dans mon sac de plage, deux propositions : un livre et un voyage. En juin, je me suis rendue en Haïti. Un voyage initiatique. Poussée à découvrir ce pays après avoir lu &#171;&#160;Danser les ombres&#160;&#187; de Laurent Gaudé, dont vous trouverez mon post [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Dans-la-maison-du-père.jpg" rel="lightbox[3164]"><img class="alignleft size-full wp-image-3166 colorbox-3164" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Dans-la-maison-du-père.jpg" alt="Dans la maison du père" width="235" height="307" /></a></p>
<p>Il vous manque encore une idée pour vous évader ? J&rsquo;arrive avec dans mon sac de plage, deux propositions : un livre et un voyage. En juin, je me suis rendue en Haïti. Un voyage initiatique.</p>
<p>Poussée à découvrir ce pays après avoir lu <strong>&laquo;&nbsp;Danser les ombres&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Laurent Gaudé</strong>, dont vous trouverez mon post<strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/12/quand-la-terre-devient-bouche-qui-mange/"> ici, </a></strong>je me suis plongée, une fois sur place, dans les mots de <strong>Yanick Lahens</strong>, auteure haïtienne contemporaine qui, cette année, a remporté <strong>le prix Femina</strong> pour son troisième livre et deuxième roman, <strong>&laquo;&nbsp;Bain de lune&nbsp;&raquo;</strong>. Elle vit à Port-au-Prince et est engagée notamment dans la lutte contre l&rsquo;illettrisme.</p>
<p>Je suis entrée dans son univers avec <strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;</strong>, qui est sorti récemment en format poche chez <strong>Sabine Wespieser editeur</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3164"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman d&rsquo;apprentissage qui nous plonge dans la vie d&rsquo;<strong>Alice Bienaimé</strong>, fille unique d&rsquo;un médecin de Port-au-Prince. Une jeune fille prise en étau entre la culture inculquée par sa famille et celle, populaire et ancestrale que la vieille servante <strong>Man Bo</strong> qui donne aussi en héritage. Ajoutez à cela les idées révolutionnaires qui agitent l&rsquo;île dans les années 45-46, distillées par son jeune oncle Héraclès et vous obtenez une jeune fille qui grandit et avance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alice deviendra danseuse, pour faire vivre ses origines. Quitte à déplaire. En 1942, elle a 13 ans, et son père la gifle. Sa révolution peut commencer&#8230;</p>
<p>Un roman puissant et une formidable écriture qui mélange français et créole.</p>
<p><strong> Port-au-Prince, devant le marché en fer, juin 2015</strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_1287.jpg" rel="lightbox[3164]"><img class="alignleft size-full wp-image-3169 colorbox-3164" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/IMG_1287.jpg" alt="IMG_1287" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Ecoutez ici une interview de Yanick Lahens donnée à Laure Adler, sur France Culture, en avril 2015 :</strong></p>
<iframe src="http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5021447" width="481" frameborder="0" scrolling="no" height="137"></iframe>
<p>Dans cette émission, l&rsquo;auteure parle de son pays, du rapport qu&rsquo;elle entretient avec lui&#8230;</p>
<p><em>« A partir d’Haïti, je comprends le monde. C’est un microcosme. Il y a à la fois le quart-monde, le tiers-monde, un monde ouvert sur l’Occident. A partir d’Haïti, je peux regarder défiler les interrogations d’aujourd’hui, les enjeux, la vulnérabilité, Haïti est une matrice des rapports nord-sud. »</em></p>
<p>&#8230; et de celui qu&rsquo;Haïti a avec le mélange des langues. Son roman <strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;</strong> fait ainsi la part belle au créole.</p>
<p><em>« En Haïti, le français est une langue à laquelle nous sommes adossés depuis la fin du 18e siècle, il a donc un développement particulier. Aujourd’hui, le créole prend aussi de l’importance, avec certains jeunes qui ont un créole très pur car leurs parents ne sont pas francophones. D’un autre côté, avec notre diaspora, nous avons une littérature qui se développe en anglais et en espagnol. La langue c’est aussi l’ouverture, elle permet de comprendre le monde car toutes ces langues charrient des cultures, et je trouve cela très bien. »</em></p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 111-112 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Réveillant les soifs et les faims endormies depuis toujours, des cohortes de danseurs hallucinés bravaient ainsi tous les soirs les édits des diocèses et les décrets du gouvernement, enjambant les frontières de la loi, passant de l&rsquo;autre côté du monde. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>De cette première cérémonie je garde le souvenir d&rsquo;avoir été habitée par des forces contradictoires, des appels opposés. Il y avait cette brutalité et cette beauté : la vie même, cette scansion ardente et populaire qui s&rsquo;imposait aux corps, que les âmes attendaient. Il y avait aussi toutes les histoires racontées par Man Bo à la tombée de nuit, les mises en garde de tante Félicia. Tout me revenait en même temps, et s</em>urtout je craignais le grand rire que Satan laisserait gicler de sa gorge en me voyant franchir les portes de l&rsquo;Enfer.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 145-146 :</strong><em> &laquo;&nbsp;De ces étroites rues et de ces corridors sinueux montait le remugle de flaques boueuses et des végétaux en décomposition. Cette odeur couvrait tout comme une chape. Un animal aurait peut-être reculé. En longeant la longue file de masures aux murs lambrissés, aux fenêtres comme de grands yeux béants, je fixe les visages édentés, les matelas troués exhibant leurs tripes au soleil, repaires de cafards et de punaises, posés contre les murs, avec leurs taches de pissat, de menstrues et de fornication. Et les portes de ces masures ! Fissurées, voracement rongées par la pluie et les ans. Sur-le-champ je ne comprends pas que la vie puisse s&rsquo;acharner comme ça, pour rien. Par habitude, par malice et par défi. Pour ces caresses vite faites, volées sur des grabats, à même le sol des corridors ou jambes levées debout contre un mur, gémissements avalés, hoquètements sourds, soupirs rentrés. Parce que le pain est dur et le désir des hommes avide.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 164-165 :</strong><em> &nbsp;&raquo; Ce sol sur lequel était bâtie mon enfance m&rsquo;apparut soudain mouvant et poreux. Mais pas s&rsquo;y enfonçaient. Je n&rsquo;en voulus à personne. Contrairement à oncle Héraclès et à moi, mon père avant pris le monde tel qu&rsquo;il l&rsquo;avait trouvé et le comptait pas le changer. Je lui insinuai un jour qu&rsquo;Edgard ne m&rsquo;était pas indifférent. Il comprit qu&rsquo;il me fallait mesurer mes faims et mordre chaque fois à la vie comme quand on a sauté un repas. Alors il prit peur, fatigué de mes absences, de mes silences et de mes mensonges. Car il savait que je lui mentais. Je crois que c&rsquo;est ce qui le décida à me laisser partir. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La solidité rassurante de l&rsquo;enfance avant fait place à une attente d&rsquo;oiseau en cage. J&rsquo;en étais arrivée à détester les premières communions, les mariages et les baptêmes, tous ces rites opaques et de deuxième main de la petite bourgeoisie des tropiques qui fait toujours semblant sans en avoir jamais l&rsquo;air, les peurs séculaires de Man Bo, les peurs des pauvres et l&rsquo;arrogance des proches de Lise Martin Boural et des Musdorf. Je savais que mon horizon irait bien au-delà de cette ligne où le ciel s&rsquo;engouffre dans la baie de Port-au-Prince. Je voulais atteindre la rive que je n&rsquo;avais jamais vue. Je ne voulais pas seulement de ce lieu où le hasard  m&rsquo;avait jetée.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Quelle découverte ! J&rsquo;ai adoré ce roman et l&rsquo;écriture de Yanick Lahens, si sensible, si poétique. L&rsquo;occasion, outre le destin d&rsquo;Alice, de voir évoluer Haïti en filigrane. Pour le meilleur et pour le pire. A dévorer !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Dans la maison du père&nbsp;&raquo;, Yanick Lahens, Sabine Wespieser éditeur, 9€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quand la terre est devenue &#171;&#160;bouche qui mange&#160;&#187;&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/01/12/quand-la-terre-devient-bouche-qui-mange/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Jan 2015 15:33:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les événements, tragiques, de ces derniers jours, ont évidemment éclipsé toute autre actualité, même littéraire. Parce qu&#8217;il faut continuer à avancer, la tête froide et les poings serrés cependant, plongeons dans les trouvailles de cette rentrée. En ce froid mois de janvier, on compte 549 romans pour la rentrée littéraire. Un chiffre stable par rapport [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DANSER-LES-OMBRES.jpg" rel="lightbox[2839]"><img class="alignleft wp-image-2842 colorbox-2839" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DANSER-LES-OMBRES-158x300.jpg" alt="DANSER LES OMBRES" width="170" height="321" /></a></p>
<p>Les événements, tragiques, de ces derniers jours, ont évidemment éclipsé toute autre actualité, même littéraire. Parce qu&rsquo;il faut continuer à avancer, la tête froide et les poings serrés cependant, plongeons dans les trouvailles de cette rentrée.</p>
<p><strong>En ce froid mois de janvier, on compte 549 romans pour la rentrée littéraire. Un chiffre stable par rapport à la collection d&rsquo;hiver 2014. Parmi ces livres, 353 romans français et 196 écrits par des auteurs étrangers. </strong></p>
<p><strong>Quid des premiers romans ? On en compte 59 dont 35 écrits par des femmes !</strong></p>
<p>Parmi cette nouvelle fournée : <strong>&laquo;&nbsp;Danser les ombres&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Laurent Gaudé</strong>.</p>
<p>Un auteur que j&rsquo;ai suivi depuis ses débuts&#8230; mais dont je n&rsquo;avais pas lu les romans depuis <strong>&laquo;&nbsp;Eldorado&nbsp;&raquo;</strong>, en 2006. Cette fois encore, chez Actes sud, l&rsquo;auteur nous emmène en voyage. Loin. En Haïti. Juste avant, pendant et après le terrible séisme qui a ébranlé et meurtri cette terre déjà pauvre, causant 300.000 morts, blessant des milliers de personnes. Sans oublier les disparus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2839"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong>, âgé de 42 ans, a publié son premier roman en 2001,<strong> &laquo;&nbsp;Cris&nbsp;&raquo;</strong>. L&rsquo;année suivante, les lycéens le désignent comme lauréat de leur prix Goncourt pour <strong>&laquo;&nbsp;La mort du roi Tsongor&nbsp;&raquo;</strong>. En 2004, il remporte le prix Goncourt ( une première pour la maison d&rsquo;édition Actes sud au passage) puis le prix Jean-Giono  avec <strong>&laquo;&nbsp;Le soleil des Scorta&nbsp;&raquo;, qui sera un véritable succès de librairie. </strong></p>
<p><strong>Laurent Gaudé</strong> est également l&rsquo;auteur de <strong>&laquo;&nbsp;Eldorado&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;La porte des enfers&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Ouragan&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Pour seul cortège&nbsp;&raquo;</strong>. L&rsquo;auteur a également écrit nombre de pièces de théâtre ainsi que des récits.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce nouveau roman haletant, qu&rsquo;on lit d&rsquo;une traite ? C&rsquo;est, entre autres( c&rsquo;est un roman choral), celle de la jeune <strong>Lucine</strong> qui, à Jacmel en Haïti, a mis sa vie entre parenthèses pour élever les jeunes enfants de l&rsquo;une de ses soeurs, fragile et désoeuvrée.</p>
<p>Quand <strong>Nine</strong>, sa soeur, meurt, <strong>Lucine</strong> prend la route de Port-au-Prince pour annoncer la nouvelle à celui qui la mise enceinte. A la capitale, tout son passé d&rsquo;étudiante et de militante refait surface au gré des rencontres avec la bande de <strong>Fessou, qui a pris ses habitudes dans l&rsquo;ancienne maison close.</strong> Au hasard d&rsquo;une rencontre, elle tombe même amoureuse de <strong>Saul </strong>(né des amours ancillaires de son père, bourgeois avec une bonne)<strong> tandis que Matrak, devenu chauffeur de taxi sous le nom de Firmin, ne peut s&rsquo;empêcher de ressasser les (mauvais) souvenirs, quand il faisait partie de la milice des Tontons Macoute </strong>( cette milice paramilitaire des « Volontaires de la Sécurité Nationale », créée à la suite d&rsquo;un attentat contre le président François Duvalier en 1958. Elle sera ensuite employée par son fils et successeur Jean-Claude Duvalier)<strong>.Lily,</strong> jeune fille mourante, a, elle, quitté sa riche Amérique pour vivre ici ses derniers instants de vie sans savoir que le pire se préparait au coeur même de la terre.<strong><br />
</strong></p>
<p>Le tremblement de terre (le 12 janvier 2010) remet tout en cause. Mélange les morts et les vivants dans un pays où le vaudou est roi. Le passé et le présent se télescopent tandis que le futur n&rsquo;est plus d&rsquo;actualité. Il faut sauver ce qui peut encore l&rsquo;être. Mais comment ?</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 16-17 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Tout est clair maintenant. L&rsquo;esprit était venu pour sa soeur cadette, Antonine, la mère de Georges et Alcine. Ce ne pouvait être que cela. Nine, la soeur mangée par les ombres, celle qui déparle la nuit en roulant des yeux fous et lance aux hommes, dans les rues de Jacmel, des paroles obscènes, aguicheuses, s&rsquo;offrant au regard avec des poses lascives, Nine, la plus belle des trois, pour laquelle Lucine avait quitté Port-au-Prince cinq ans auparavant, renonçant à ses études, abandonnant la vie qu&rsquo;elle se construisait avec bonheur dans la capitale, revenant là, à Jacmel, dans la maison natale de la rue Amboise, parce qu&rsquo;il fallait bien que quelqu&rsquo;un s&rsquo;occupe d&rsquo;élever les enfants et que cela ne pouvait être qu&rsquo;elle et sa soeur, Thérèse – sans quoi Georges et Alcine vivraient d&rsquo;herbes sèches et de l&rsquo;air salé qu&rsquo;apporte le vent qui caresser la mer, comme des chiots à peine nés, mais déjà faméliques, Nine, c&rsquo;était évident.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 129 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Et puis la peur monte. Parce qu&rsquo;ils comprennent. Partout où ils sont, les hommes n&rsquo;ont pas encore nommé ce qui se produit mais ils comprennent le danger. La terre n&rsquo;est plus terre mais bouche qui mange. Elle n&rsquo;est plus sol mais gueule qui s&rsquo;ouvre. A 16h53, les rues se lézardent, les murs ondulent. Toute la ville s&rsquo;immobilise. Les hommes sont bouche bée, comme si la parole avait été chassée du monde. Trente-cinq secondes où les murs se gondolent, où les pierres font un bruit jamais entendu, jamais ressenti, de mâchoire qui grince.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 234-235 :</strong><em> &laquo;&nbsp;D&rsquo;abord, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un cortège d&rsquo;hommes et de femmes marchant droit dans la nuit, puis, au carrefour des rues Macouly et Dame-Marie, le vieux Tess impose une étrange danse à la colonne qui le suit. Il s&rsquo;engouffre dans la rue Dame-Marie puis, s&rsquo;arrête, revient en arrière, fait plusieurs pas chassés sur le côté et repart en courant vers la rue Macouly. Derrière lui, c&rsquo;est la confusion. Ceux qui suivaient ne comprennent pas ce qu&rsquo;il fait, les corps se bousculent, certains tombent, d&rsquo;autres hésitent, se relèvent. Saul et Lucine sont serrés l&rsquo;un contre l&rsquo;autre. Au carrefour de Macouly et Dame-Marie, le Vieux Tess commence à semer les morts et la première à s&rsquo;égarer est la petite Lily, tache blanche qui disparaît derrière eux. Elle est morte depuis longtemps Lily, là, au pied du manguier du jardin, comme elle l&rsquo;avait souhaité, au milieu de femmes et d&rsquo;hommes qui toussent, se lamentent, cherchent un peu de repos, sourient d&rsquo;un peu d&rsquo;eau offerte, ou d&rsquo;une caresse pour éponger le front.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Impossible de ne pas vouloir suivre, jusqu&rsquo;au bout, la jeune Lucine aux rêves brisés. Impossible de ne pas avoir envie de mieux connaître les vieux souvenirs qui lient les amis de Fessou. Impossible de ne pas entendre les bruits du tremblement de terre qui, le 12 janvier 2010, mettait un pays tout entier sur le flanc.  Avec ce roman, Laurent Gaudé rend hommage à l&rsquo;île des hommes libres. Son écriture, fluide et tendre nous rappelle qu&rsquo;il ne faut oublier ni les vivants ni les morts.</span> <span style="color: #0000ff">Et que l&rsquo;imaginaire doit être en marche. Un très beau roman.<br />
</span></p>
<p style="text-align: left"><strong><em>&laquo;&nbsp;Danser les ombres&nbsp;&raquo;, de Laurent Gaudé, Actes sud, 19,80€.</em></strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>A noter que l&rsquo;exposition &laquo;&nbsp;Haïti&nbsp;&raquo; est visible jusqu&rsquo;au 15 février au Grand Palais, à Paris.</strong></p>
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