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	<title>Quatrième de couv &#187; études</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Parce qu&#8217;il faut (toujours) tuer le père&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Aug 2020 07:31:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Rentrée littéraire  Un premier roman. L&#8217;un des soixante-cinq que nous offre cette rentrée littéraire post-Covid. Encore une fois, j&#8217;ai entamé une danse de la joie ! Avec &#171;&#160;La Fille du père&#160;&#187;, Laure Couraige signe un texte fort sur la relation père-fille écrasante, étouffante, aliénante. Bref, toxique. Pas si courant. Alors pour s&#8217;en libérer, la narratrice a pris [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #00ff00">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILLE-DU-PERE-OK.jpg" rel="lightbox[5291]"><img class="alignleft size-full wp-image-5294 colorbox-5291" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILLE-DU-PERE-OK.jpg" alt="LA FILLE DU PERE OK" width="195" height="286" /></a></p>
<p>Un premier roman. L&rsquo;un des soixante-cinq que nous offre cette rentrée littéraire post-Covid. Encore une fois, j&rsquo;ai entamé une danse de la joie ! Avec <strong>&laquo;&nbsp;La Fille du père&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Laure Couraige</strong> signe un texte fort sur la relation père-fille écrasante, étouffante, aliénante. Bref, toxique. Pas si courant.</p>
<p>Alors pour s&rsquo;en libérer, la narratrice a pris la plume. Elle la trempe dans l&rsquo;acide, l&rsquo;incruste dans les plaies pour mieux dénouer les liens qui l&rsquo;attachent à son père. Ce sont des intellectuels. Pas de tableau brossé de la misère sociale ici. La relation éclate, argument contre argument. Avec violence. Si la narratrice s&rsquo;est longtemps réfugiée dans le silence, elle a décidé enfin de s&rsquo;en affranchir. De dire. Et d&rsquo;écrire.</p>
<p>Trentenaire, <strong>Laure Gouraige</strong> est diplômée de philosophie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« J’avais donc dit, un jour mon père et moi nous nous fâcherons », écrit-elle. Elle vient d&rsquo;avoir trente ans. Le moment où jamais pour dire ce qu&rsquo;elle a sur le coeur à son géniteur, son guide pendant longtemps, celui qui la freine et l&rsquo;empêche désormais.</p>
<p><span id="more-5291"></span></p>
<p>Au fil des pages, le huis clos se dessine. Parviendra-t-elle à se libérer de ses liens si serrés depuis des décennies ? C&rsquo;est direct, c&rsquo;est cruel et violent. Drôle aussi. Et tellement libérateur. Elle règle ses comptes, elle témoigne aussi de son attachement évident. La narratrice veut du passé faire table rase. En finir enfin avec cette quête de la perfection imposée par son père qui lui empoisonne la vie.</p>
<p>L&rsquo;écriture, fine et incisive, l&rsquo;aide à trancher dans le vif. Pour avancer. A son rythme. Et à celui de ses envies. Salutaire. Un premier roman qui, comme d&rsquo;autres dans cette rentrée littéraire, se range dans la case des &laquo;&nbsp;pères singuliers&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 17 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Pour toi, il n&rsquo;existait de filiation que du beau. L&rsquo;horreur, le laid, c&rsquo;était ma production. C&rsquo;était de que moi seule j&rsquo;avais su retirer de mon rapport au monde. Donc j&rsquo;avais eu trente ans il y a plusieurs mois et tu n&rsquo;as pas empêché cette fatalité. Tu as laissé ce jour venir comme un jour ordinaire, comme s&rsquo;il ne disait rien de ce que j&rsquo;étais. Et s&rsquo;il ne disait rien de ce que j&rsquo;étais, il devait dire quelque chose de ce que toi tu es. Mon âge ne s&rsquo;éprouve qu&rsquo;en rapport avec le tien. Mon questionnement de ce que je suis à trente ans ne se construit que dans un lien étroit avec ton existence.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 31 :</strong><em> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Je ne désire pas seulement écrire, je désire écrire. Vois-tu l&rsquo;absolu de cette formulation ? L&rsquo;absolu, c&rsquo;est cette intransigeance ou alors ma manière de faire qui la veut telle. La philosophie, la mathématique ou les autres disciplines scientifiques mais pas vraiment scientifiques, celles qui ne nous transforment pas en concombres de mer, je ne les renie pas. Seulement elles ont occupé ma vie suffisamment, elles ont été ma vie entière pendant des années, pendant ces années où l&rsquo;écriture fut secondaire, une activité cachée, dérobée au peu d&rsquo;heures de liberté. J&rsquo;ordonne que cette organisation soit inversée. L&rsquo;écriture doit se faire entière. Le reste peut attendre. Tout peut attendre. Te rends-tu seulement compte du temps perdu ? Du temps où déjà l&rsquo;urgence de dire quelque chose était latente, cependant ignorée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 120 :</strong> <em>[&#8230;] Les choses que tu faisais pour moi étaient nombreuses, cependant elles impliquaient de ma part une soumission exemplaire. J&rsquo;avais le droit d&rsquo;apprendre de toi, si je me rendais à ta disposition. A plusieurs reprises j&rsquo;avais manqué tes appels, un jour tu as avoué, sache que lorsque tu ne me réponds pas, c&rsquo;est ta perte à toi. Cela ne m&rsquo;apporte rien, à moi, de partager mes connaissances. Je m&rsquo;agaçais de ta malhonnêteté, tu prétendais que je préférais aller au bal plutôt qu&rsquo;apprendre de toi. Je ne sortais pas danser, ni même à la boulangerie, au mieux j&rsquo;allais aux toilettes. Alors pourquoi ne prends-tu pas ton téléphone aux toilettes, as-tu demandé. De nouveau, j&rsquo;ai ignoré ta question, il était préférable de s&rsquo;en moquer tant elle suscitait de colère et de stupéfaction. Ta folie me semblait sans limite, et je ne réussissais pas à formuler une réponse assez folle pour te convaincre de la normalité de se rendre aux toilettes en chantonnant.&nbsp;&raquo; </em></p>
</blockquote>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;La Fille du père &laquo;&nbsp;, Laure Gouraige, POL, 17€. </em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;émancipation par l&#8217;école, coûte que coûte</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/07/26/lemancipation-par-lecole-coute-que-coute/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/07/26/lemancipation-par-lecole-coute-que-coute/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Jul 2018 06:56:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Ne jamais oublier. Ni les faits, ni celles et ceux qui en ont été les victimes. Scholastique Mukasonga en a pris le parti. A 60 ans, celle qui est désormais française, garde au coeur et dans la tête toute son histoire rwandaise. Dans &#171;&#160;Un si beau diplôme !&#160;&#187;, elle revient à nouveau sur son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072781599_195x320.jpg" rel="lightbox[4314]"><img class="alignleft size-full wp-image-4315 colorbox-4314" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072781599_195x320.jpg" alt="product_9782072781599_195x320" width="195" height="285" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ne jamais oublier. Ni les faits, ni celles et ceux qui en ont été les victimes. <strong>Scholastique Mukasonga</strong> en a pris le parti. A 60 ans, celle qui est désormais française, garde au coeur et dans la tête toute son histoire rwandaise.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Un si beau diplôme !&nbsp;&raquo;</strong>, elle revient à nouveau sur son histoire avec, cette fois, un récit. Sensible et fort à la fois.</p>
<p>Elle, la petite fille tutsie malmenée par l&rsquo;histoire des hommes de son pays, déportée au Burundi, s&rsquo;est accrochée aux rêves de son père pour décrocher un diplôme. <em>&laquo;&nbsp;Un beau diplôme, c&rsquo;est ce qui te sauvera de la mort qui nous ait promise &laquo;&nbsp;,</em> lui a-t-il dit. L&rsquo;émancipation de sa fille, il le sait, passera par l&rsquo;école. Elle sera assistante sociale. Coûte que coûte.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le français m&rsquo;a sauvée&nbsp;&raquo;</em>, explique d&rsquo;ailleurs l&rsquo;auteure dont l&rsquo;oeuvre a déjà croisé la route de Quatrième de couv. C&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/03/les-vieilles-racines-du-genocide-rwandais/">ici</a></strong>.</p>
<p><span id="more-4314"></span></p>
<p>De son enfance, aux longues années passées au Burundi en exil en poursuivant par son passage à Djibouti où elle a suivi  celui qui deviendra son mari, puis la France et plus précisément la Normandie où elle vit désormais, <strong>Scholastique Mukasonga</strong> explore à nouveau son passé. De la fierté de ses racines à sa &laquo;&nbsp;rage&nbsp;&raquo; de parvenir au but. Son obstination lui sauvera la vie.</p>
<p>Au fil des pages, les anecdotes se succèdent. Racontent un pan de l&rsquo;histoire africaine contemporaine.</p>
<p>Le génocide des Tutsis par les Hutus, elle l&rsquo;apprendra alors qu&rsquo;elle ne vit plus au Rwanda, qu&rsquo;elle (re)passe son diplôme dans une école normande (grâce à un appui ministériel, dont elle ne déflore rien, lui permettra d&rsquo;avoir sa chance). Une trentaine de membres de sa famille y a péri. Un drame dont elle garde les stigmates au plus profond d&rsquo;elle-même. Alors elle écrit. Pour eux. Pour elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/U9L2tX9DFHI?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 28 :</strong><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est avec une ardeur dont rien ni personne n&rsquo;aurait pu me distraire ni me décourager que j&rsquo;entamai cette nouvelle et dernière année à l&rsquo;école d&rsquo;assistantes sociales de Gitega. J&rsquo;avais hâte de décrocher ce diplôme qui me permettrait de trouver un emploi et d&rsquo;avoir un salaire grâce auquel je pourrais enfin aider mes parents et frères et soeurs restés dans la misère de Gitagata, où la terre s&rsquo;appauvrissait d&rsquo;année en année et où le spectre d&rsquo;un massacre annoncé hantait leurs jours et leurs nuits.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105-106 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mes enfants grandissaient, leurs petits copains étaient français, l&rsquo;aîné entrait à l&rsquo;école française. Je me refusais à leur parler en kinyarwanda. Ils me le reprochent amèrement aujourd&rsquo;hui : “Maman, pourquoi ne nous as-tu pas appris le kinyarwanda ? Ne sommes-nous pas nous aussi rwandais ? Nous avons honte quand nous allons au Rwanda voir nos cousins et nos cousines. Que pensent-ils de nous ? que nous méprisons leur langue ? ” A cette époque, j&rsquo;avais peur pour mes enfants. La langue est une identité, et cette identité, on me l&rsquo;avait niée. Elle était devenue une menace de mort. Je voulais leur épargner cette menace, qui semblait planer sur eux comme elle planait sur moi. Je voulais les éloigner de mes cauchemars. Je ne voulais pas qu&rsquo;ils soient tutsi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 245 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui encore, je déplie le carton jauni de mes diplômes d&rsquo;assistante sociale, le burundais, le français, qui n&rsquo;en font plus qu&rsquo;un dans ma mémoire, ce diplôme que j&rsquo;ai tant désiré et tant haï, ce diplômes que je croyais enfin posséder et qui m&rsquo;échappait toujours, qui disparaissait pour réapparaître telle une grossesse nerveuse. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et je n&rsquo;ose pas me poser la question : n&rsquo;y avait-il pas mieux à faire que de m&rsquo;entêter à courir après un bout de papier ?&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em> &laquo;&nbsp;Un si beau diplôme !&nbsp;&raquo;, Scholastique Mukasonga, Gallimard, 18 euros.</em></strong></p>
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		</item>
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		<title>&#171;&#160;Sauf les fleurs&#160;&#187;, roman d&#8217;une vengeance</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/29/sauf-les-fleurs-roman-dune-vengeance/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/29/sauf-les-fleurs-roman-dune-vengeance/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Apr 2014 07:45:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2014 Dernière minute : le prix Roblès 2014 a été attribué à Nicolas Clément ce vendredi 13 juin pour son premier roman &#171;&#160;Sauf les fleurs&#160;&#187;. Bravo ! Soixante-quinze pages. Pas une de plus. Nicolas Clément signe avec &#171;&#160;Sauf les fleurs&#160;&#187; un roman percutant et terriblement bien construit, dans lequel la langue, poétique, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #008000">Sélection prix Roblès 2014</span></strong></p>
<p><span style="color: #ff0000">Dernière minute : le prix Roblès 2014 a été attribué à Nicolas Clément ce vendredi 13 juin pour son premier roman &laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;. Bravo !</span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SAUF-LES-FLEURS.jpg" rel="lightbox[2453]"><img class="alignleft size-full wp-image-2454 colorbox-2453" style="margin: 10px" alt="SAUF LES FLEURS" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SAUF-LES-FLEURS.jpg" width="250" height="323" /></a>Soixante-quinze pages. Pas une de plus. <strong>Nicolas Clément</strong> signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;</strong> un roman percutant et terriblement bien construit, dans lequel la langue, poétique, met des mots sur des horreurs. Chaque mot compte. Et tous pèsent  lourd.</p>
<p>Ce roman fait partie de la sélection pour le<strong> prix Roblès 2104</strong>, qui sera décerné en juin, à Blois. Retrouvez la sélection<strong> <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/04/21/arden-ou-la-guerre-sur-un-air-doperette/">ici</a></strong>.</p>
<p>Un premier roman prometteur, écrit par cet agrégé de philosophie de 44 ans. L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Marthe</strong>, la narratrice. On suit la jeune fille puis la jeune femme de l&rsquo;âge de 12 ans à celui de 20 ans.</p>
<p>Dans une ferme isolée, il y a plusieurs décennies, elle vit avec son petit frère <strong>Léonce</strong>, sa mère <strong>Andrée</strong> et son père, violent et taiseux,<strong> Paul.</strong> <strong>Chez les Reynaud, on chérit les bêtes, mais on ne câline pas les êtres.</strong> Andrée meurt sous les coups de son mari bourreau. Marthe tente de s&rsquo;en sortir, fait des études, tombe amoureuse, s&rsquo;en va pour Baltimore, plonge dans les mots d&rsquo;Eschyle ( le plus ancien des trois tragiques grecs, auteur de 90 tragédies et de 20 drames satyriques) qu&rsquo;elle traduit&#8230; jusqu&rsquo;à la reconstitution. Jusqu&rsquo;à la violence qui remonte, l&rsquo;impossible pardon qui étouffe et la vengeance qui éclate. <strong>Alors Marthe raconte pour que Léonce puisse comprendre. Et avancer. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2453"></span></p>
<p><strong>Dans cette vidéo, Nicolas Clément raconte la construction de son roman</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/nHbqnaBqQVw?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;aide Maman à brosser les bêtes. Au village, ils croient que nous travaillons tristement, que l&rsquo;odeur nous punit ou que les sabots nous cabossent. Ils se trompent ; les bêtes nous sauvent. Notre famille a fondu depuis longtemps, mais elle existe encore en lettres, sur l&rsquo;étiquette du journal, le relevé des compteurs. Depuis des lustres, Papa ne prononce plus nos prénoms, se jette sur le verbe, phrases courtes sans adjectif, sans complément, seulement des ordres et des martinets. Dans mon dictionnaire, je cherche la langue de Papa, comment la déminer, où trouver la sonnette pour appeler. Mais la langue de Papa n&rsquo;existe qu&rsquo;à la ferme, hélas. Il nous conjugue et nous accorde comme il veut. Il est notre langue étrangère, un mot, un poing, puis retour à la ligne jusqu&rsquo;à la prochaine claque.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Pour me rendre à Baltimore, partir d&rsquo;ici me coûtera un baccalauréat, un coeur, une vie dans l&rsquo;herbe sous des bêtes en collier dont le lait fut la chaleur de mes os et le souffle, l&rsquo;heure de mes siestes. Je ne redoute ni d&rsquo;être heureuse loin de la ferme, ni de bâtir sur une ville étrangère le sort sacré que le temps me doit. Ne plus scruter le visage de Maman pour voir passer la pilule ne me fait pas peur non plus, car ces pétales en miettes portent, à leur façon, le grand monde déçu que je chercher. Mais laisser mon frère seul avec notre histoire me terrifie et je m&rsquo;en veux de ne songer qu&rsquo;aux larmes claires venues des choses. Je voudrais tant me tromper d&rsquo;épaules. Le gris serait comme avant : la craie pour espérer, la terre pour recouvrir la craie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m&rsquo;interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j&rsquo;étais. Je voulais un professeur pour me surprendre. Je voulais des livres pour construire une cabane à la cime des arbres. Je voulais être un homme pour sentir ce que ça fait d&rsquo;être une histoire. Je n&rsquo;ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d&rsquo;avant. Je tombe rond ; mon compte est bon.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;ai beaucoup aimé (vraiment beaucoup !) le style de Nicolas Clément. Cette langue simple mais qui fait mouche. Les images de Marthe, ses rêves aussi. Je reste admirative devant la concision et la force de ce roman court mais si puissant. Marthe avait les études, l&rsquo;amour et Eschyle pour s&rsquo;en sortir. Tous ses efforts sont anéantis en quelques minutes. Le destin de Marthe croise celui de la justice. Et les fleurs n&rsquo;y pourront rien. A lire absolument ! </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Sauf les fleurs&nbsp;&raquo;, de Nicolas Clément, collection Qui vive chez Buchet-Chastel, 9€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		<title>Le meilleur des jours</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 23 Mar 2013 16:24:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Venus d'ailleurs]]></category>
		<category><![CDATA[autofiction]]></category>
		<category><![CDATA[Behrouz]]></category>
		<category><![CDATA[cocasserie]]></category>
		<category><![CDATA[drôlerie]]></category>
		<category><![CDATA[études]]></category>
		<category><![CDATA[exil]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[honte]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Karl Marx]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[premier roman]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Téhéran]]></category>
		<category><![CDATA[Yassaman Montazami]]></category>

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		<description><![CDATA[Encore un premier roman ? Et pourquoi pas. Les derniers exemples étaient plutôt intéressants. Continuons ! Cette fois, nous suivons Yassaman Montazami,auteure de &#171;&#160;Le meilleur des jours&#160;&#187;, publié chez Sabine Wespieser éditeur, cette maison d&#8217;édition indépendante qui, depuis, dix ans, s&#8217;est construit un intéressant catalogue. Yassaman Montazami,  qui vit en France depuis 1974, est née [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un premier roman ? Et pourquoi pas. Les derniers exemples étaient plutôt intéressants. Continuons ! Cette fois, nous suivons <strong>Yassaman Montazami</strong>,auteure de <strong>&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;</strong>, publié chez <a title="Découvrez le site de la maison d'édition" href="http://www.swediteur.com/"><strong>Sabine Wespieser éditeur</strong></a>, cette maison d&rsquo;édition indépendante qui, depuis, dix ans, s&rsquo;est construit un intéressant catalogue.</p>
<p><strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/03/23/le-meilleur-des-jours/c_le-meilleur-des-jours_1346/" rel="attachment wp-att-1540"><img class="alignleft  wp-image-1540 colorbox-1533" style="margin: 10px" alt="C_Le-Meilleur-des-jours_1346" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/C_Le-Meilleur-des-jours_1346.jpeg" width="120" height="157" /></a>Yassaman Montazami, </strong> qui vit en France depuis 1974, est née à Téhéran en 1971. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et a enseigné à l’université Paris VII. Elle exerce actuellement en milieu hospitalier.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;</strong>, elle raconte la vie d&rsquo;un personnage de fiction fortement inspiré par son propre père, <strong>Behrouz,</strong> ce qui signifie &laquo;&nbsp;le meilleur des jours&nbsp;&raquo;, en persan. D&rsquo;où le titre de ce court roman.</p>
<p><strong>Behrouz</strong>, c&rsquo;est un enfant né prématurément dans une famille d&rsquo;Iran cossue. Behrouz, cet éternel étudiant, adulé par sa mère. Un intellectuel fantasque mais fragile assez éloigné des contingences du quotidien.</p>
<p>La preuve ? Il n&rsquo;a jamais travaillé, entretenu jusqu&rsquo;à la fin par l&rsquo;argent de sa mère. Un point commun qu&rsquo;il partageait avec le personnage de sa thèse jamais achevée, Karl Marx. <strong>&nbsp;&raquo; Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas&nbsp;&raquo;, affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique : on ne pouvait pas oeuvrer à l&rsquo;abolition du salariat et être salarié – c&rsquo;était incompatible&nbsp;&raquo;,</strong> écrit l&rsquo;auteure.</p>
<p><span id="more-1533"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Autre caractéristique de ce personnage atypique : il avait déjà quitté son pays avant la révolution de 1979. C&rsquo;est de Paris qu&rsquo;il a vécu le changement de régime et ses dommages collatéraux. Et il en a honte. Pour se racheter, il accueille des réfugiés qu&rsquo;ils soient militants communistes ou épouse de colonel&#8230;</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque le personnage inspiré par son père</strong></p>
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<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17</strong> :<em> &laquo;&nbsp;A compter de ce jour, convaincue que sa survie dépendrait uniquement des soins qu&rsquo;elle et elle seule pourrait lui prodiguer, Rosa exerça sur l&rsquo;enfant une attention de chaque instant, qui ne tarda pas à tourner à la persécution. Elle était littéralement obsédée par les repas du petit, leur confection, leur présentation et, en dernier, lieu, leur ingestion. [&#8230;] Faire manger son fils était devenu son unique préoccupation&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 51 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;A force d&rsquo;entendre toutes ces histoires, il m&rsquo;était apparu qu&rsquo;un vrai Iranien était nécessairement un fugitif. Aussi m&rsquo;arrivait-il quelquefois de regretter que nous nous soyons installés en France avant la révolution : nous n&rsquo;avions pas pu mettre à l&rsquo;épreuve notre endurance et notre courage – nous connaissions l&rsquo;exil, mais nous n&rsquo;avions pas connu l&rsquo;exode.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 97 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le relatif assouplissement politique du régime islamique par suite de l&rsquo;élection du président réformateur Mohammad Khatami en 1997 fut le première raison pour laquelle, quand il se sépara de ma mère, mon père choisit de retourner en Iran, où il n&rsquo;avait plus posé les pieds depuis près de vingt ans, plutôt que de rester à Paris, ville qui était en outre irrémédiablement associée à l&rsquo;échec de son mariage et à celui de sa thèse. Après plusieurs semaines d&rsquo;insouciance en compagnie de Bibi, dont les élans passionnés l&rsquo;enivrèrent commun un jeune homme vivant son premier grand amour, il partit à la recherche de ses vieux amis communistes, dont il n&rsquo;avait cessé, deux décennies durant, de recevoir de tragiques nouvelles : comme il l&rsquo;aurait été s&rsquo;il n&rsquo;avait pas quitté Téhéran six mois avant la Révolution, la plupart avait été arrêtés, emprisonnés et torturés sous l&rsquo;accusation de faits de subversion, de complot contre l&rsquo;Etat ou de collusion avec l&rsquo;étranger.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Pour tout vous dire, c&rsquo;est la quatrième de couverture ( on ne se refait pas !) qui m&rsquo;a donné envie de lire ce premier roman. Un court livre de 138 pages qui ne pas cependant pas laissé de souvenir impérissable. On a du mal à s&rsquo;attacher aux personnages. Ils manquent peut-être un peu de profondeur. Dommage ! Avec Persepolis, Marjane Satrapi nous avait plongés dans l&rsquo;Iran en révolution. Là, on l&rsquo;observe de loin. De Paris. Un bel hommage cependant à celui que l&rsquo;auteure a chéri tout au long de sa vie. Malgré des faiblesses et ses contradictions.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong><span style="color: #000000">&laquo;&nbsp;Le meilleur des jours&nbsp;&raquo;, de Yassaman Montazami, Sabine Wespieser éditeur, 15€.</span></strong></em></p>
</blockquote>
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