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	<title>Quatrième de couv &#187; émigration</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Quand l&#8217;Eldorado se chante à l&#8217;italienne&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Dec 2014 18:01:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La Moldavie, vous connaissez ? Engoncée entre la Roumanie et l&#8217;Ukraine, cette ancienne république soviétique, devenue indépendante en 1991, est au coeur du premier roman de Vladimir Lortchenkov traduit en français &#171;&#160;Des mille et une façons de quitter la Moldavie&#160;&#187;, publié au printemps dernier chez Mirobole éditions ( le roman originel, écrit en russe, date [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MOLDAVIE.jpeg" rel="lightbox[2778]"><img class="alignleft  wp-image-2780 colorbox-2778" style="margin: 10px" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MOLDAVIE.jpeg" alt="MOLDAVIE" width="185" height="256" /></a>La Moldavie, vous connaissez ? Engoncée entre la Roumanie et l&rsquo;Ukraine, cette ancienne république soviétique, devenue indépendante en 1991, est au coeur du premier roman de <strong>Vladimir Lortchenkov</strong> traduit en français <strong>&laquo;&nbsp;Des mille et une façons de quitter la Moldavie&nbsp;&raquo;</strong>, publié au printemps dernier chez Mirobole éditions ( le roman originel, écrit en russe, date de 2006).</p>
<p>Un roman burlesque, loufoque qui parle cependant d&rsquo;hommes et de femmes en quête d&rsquo;un avenir meilleur&#8230; en Italie.</p>
<p>Principal fournisseur en vin, fruits et légumes des républiques de l&rsquo;URSS, la Moldavie est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des pays les plus pauvres d&rsquo;Europe. Ses relations diplomatiques entretenues avec la Russie d&rsquo;un côté et la Roumanie de l&rsquo;autre, sont fluctuantes et complexes. Entre l&rsquo;idée d&rsquo;une Europe ouverte et cette d&rsquo;une ancienne puissance russe, le pays se déchire et ses habitants rêvent d&rsquo;autre chose.</p>
<p><strong>Vladimir Lortchenkov</strong>, l&rsquo;auteur, est âgé de 35 ans. Fils d’un officier de l’armée soviétique, il a sillonné durant son enfance l’URSS et ses pays satellites. Également journaliste, il a remporté plusieurs prix littéraires russes. Il vit  à Chisinau, en Moldavie.</p>
<p><span id="more-2778"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est riche. Si, tout au long du roman, on suit le malheureux <strong>Séraphim</strong> qui tente par tous les moyens de rejoindre l&rsquo;Italie, on découvre également tout un tas d&rsquo;autres personnages, loufoques. Un chef d&rsquo;Etat retors, un pope qui envoie par deux fois ses ouailles en croisade, des joueurs de curling improvisés, un constructeur de tracteur volant puis de sous-marin à pédales&#8230;</p>
<p><strong>Entre petites mesquineries et situations drolatiques, les habitants de Larga ont un objectif : changer de vie et rejoindre au plus vite l&rsquo;Italie, même si certains persistent à dire que ce pays, cet Eldorado, n&rsquo;existe pas.</strong></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 145 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais moi, chroniqueur de la croisade, ayant pris sur mes épaules la responsabilité de consigner tout ce qui nous arriva, j&rsquo;affirme qu&rsquo;à partir de la fin du troisième mois, les populations locales se montrèrent de plus en plus hostiles à notre égard.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Car si au début, le peuple de Moldavie intégrait les rangs de notre armée avec ferveur, à la fin du troisième mois, on commença à vouloir entraver, voire stopper notre progression. On nous traitait de maraudeurs, de voleurs ou de délinquants. Et il y avait beaucoup de vrai dans ces qualificatifs. Car trop de malfrats s&rsquo;associèrent à la cause sacrée de la croisade vers la terre impie d&rsquo;Italie !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 171 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Vêtu de son magnifique uniforme noir et coiffé d&rsquo;une casquette à dorures et à passepoil rouge, Vassili se tenait au garde-à -vous. A côté de lui, Séraphim, légèrement voûté – à ce qu&rsquo;on disait, il n&rsquo;avait jamais fait l&rsquo;armée –, inclinait un peu la tête sur le côté. Tous deux mangeaient des yeux le douanier roumain qui avait failli perdre l&rsquo;usage de la parole en découvrant ces deux étranges Moldaves. D&rsquo;ordinaire, c&rsquo;était plutôt des gens en voiture qui leur arrivaient ici. Or ces deux-là étaient venus à pied, mais pas les mains vides. Et ils ne transportaient pas des cigarettes, du café soluble ou de la viande de porc, comme leurs compatriotes avaient coutume de le faire pour les revendre ensuite à Iassy. Non, ces deux-là traînaient une drôle de construction, ressemblant à s&rsquo;y méprendre à un cirage bon marché ou&#8230;&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 241 :</strong><em>&nbsp;&raquo; &#8211; Snegur, le premier président de la Moldavie, a ordonné de placer ce coffre-fort ici, commença le conseiller. Il y a laissé un message pour ses successeurs, me chargeant d&rsquo;en transmettre le contenu au président qui récupérerait la Moldavie quand le déclin du pays serait total.</em></p>
<p style="text-align: left"><em> &#8211; Hum, marmonna Lupu. D&rsquo;où pouvait-il tenir que le pays connaîtrait un déclin total ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>- Parce que le pays est en déclin depuis sa création, lui expliquer le conseiller. Sauf que dans les premiers temps, nous serions encore de quoi manger, boire et voler. Voici donc la mission qui vous est destinée, votre Excellence ! </em></p>
<p style="text-align: left"><em>D&rsquo;un geste de la main, Lupu ordonna au conseiller de s&rsquo;écarter et ouvrit le message. La feuille comportait quelques mots tracés de l&rsquo;écriture grossière de Snegur : “Quand le pays aura touché le fond, déclare la guerre à quelqu&rsquo;un”.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Voilà un drôle de roman ! De quoi aborder le sujet des différences entre les pays européens avec humour et ironie. Et de quoi rappeler que l&rsquo;Europe est une mosaïque hétéroclite où l&rsquo;argent manque en de nombreux endroits.</span> <span style="color: #0000ff">Un joyeux moment de lecture !</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Des mille et une façons de quitter la Moldavie&nbsp;&raquo;, de Vladimir Lortchenkov, Mirobole Editions, 20€</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Destins entravés de jeunes Japonaises&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/09/25/destins-entraves-de-jeunes-japonaises/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/09/25/destins-entraves-de-jeunes-japonaises/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Sep 2012 09:32:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On poursuit notre découverte de quelques-uns des livres de cette rentrée littéraire. Voyage de l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique cette fois avec le nouveau roman de l&#8217;américaine d&#8217;origine japonaise Julie Otsuka. Avec &#171;&#160;Certaines n&#8217;avaient jamais vu la mer&#160;&#187;, elle signe un deuxième roman étonnant et qui dévoile un pan méconnu de l&#8217;histoire des Etats-Unis. Julie Otsuka, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On poursuit notre découverte de quelques-uns des livres de cette rentrée littéraire. Voyage de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique cette fois avec le nouveau roman de l&rsquo;américaine d&rsquo;origine japonaise <strong>Julie Otsuka</strong>. Avec<strong> &laquo;&nbsp;Certaines n&rsquo;avaient jamais vu la mer&nbsp;&raquo;</strong>, elle signe un deuxième roman étonnant et qui dévoile un pan méconnu de l&rsquo;histoire des Etats-Unis.</p>
<div id="attachment_1231" style="width: 129px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Julie_Otsuka.jpg" rel="lightbox[1221]" title="Julie_Otsuka"><img class=" wp-image-1231  colorbox-1221" style="margin: 10px;" title="Julie_Otsuka" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Julie_Otsuka-199x300.jpg" alt="" width="119" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Photo Robert Bessoir</p></div>
<p><strong>Julie Otsuka</strong>, est née en 1962, sur la Côte ouest, où vivait une grosse communauté japonaise. Après avoir étudié les beaux-arts, elle devient peintre. La trentaine venue, elle décide de se consacrer à l&rsquo;écriture. Avec succès.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OTSUKA-OK.jpg" rel="lightbox[1221]" title="OTSUKA OK"><img class="alignleft  wp-image-1225 colorbox-1221" style="margin: 10px;" title="OTSUKA OK" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OTSUKA-OK-204x300.jpg" alt="" width="122" height="180" /></a></p>
<p>Remarquée dès son premier roman, <strong>&laquo;&nbsp;Quand l&rsquo;empereur était un dieu&nbsp;&raquo;, paru en 2002</strong> ( elle y raconte une histoire inspirée de celle de son grand-père, suspecté de trahison après l&rsquo;attaque de Pearl Harbor en 1941 et interné dans un camp de l&rsquo;Utah pendant trois ans). Elle a obtenu le PEN/Faulkner Award for Fiction pour <strong>&laquo;&nbsp;Certaines n&rsquo;avaient jamais vu la mer&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1221"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de ces femmes qui,<strong> dans les années 1900</strong>, ont quitté leur pays, le Japon, pour rejoindre un compatriote vivant aux Etats-Unis, l&rsquo;épouser et l&rsquo;aider au travail des champs en Californie, du côté de San Francisco. Des jeunes filles, parfois des adolescentes qui ont découvert<strong> leur futur mari par une lettre et à travers cliché jauni</strong>. Elles croient leur futur époux commerçant ou entrepreneur :<strong> ils sont travailleurs agricoles.<br />
</strong></p>
<p><strong>Une vie de labeur et de frustations, loin de leurs familles.</strong>  Ces femmes vont travailler, enfanter. Un fossé va progressivement se creuser avec leurs enfants, nés en Amérique.</p>
<p>Une vie bouleversée ensuite par<strong> l&rsquo;attaque de la base américaine de Pearl Harbor en décembre 1941</strong>. Dès lors, les migrants japonais et les Américains d&rsquo;origine nippone deviennent suspects. <strong>Cent vint mille d&rsquo;entre eux seront même internés</strong>, enfermés dans des camps pour travailler la terre de l&rsquo;Utah, du Nevada&#8230;</p>
<p>Pour raconter l&rsquo;histoire de ces femmes, l&rsquo;auteure a fait le choix de la première personne du pluriel.<strong> Un &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo; qui donne toute sa force au roman.</strong> Un &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;, à l&rsquo;image d&rsquo;un choeur antique, qu&rsquo;elle décline au fil des chapitres qui raconte le voyage, l&rsquo;arrivée, l&rsquo;installation, mais aussi la cohabitation avec  ces Américains – ces Blancs qui sont aussi les chefs –, la naissance des enfants et la façon de vivre si différente puis les arrestations&#8230;</p>
<p> <strong>L&rsquo;émission &laquo;&nbsp;L&rsquo;humeur vagabonde&nbsp;&raquo;, sur France-Inter, a invité l&rsquo;auteure. Ecoutez l&rsquo;émission ici. </strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong> <a href="http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-julie-otsuka">http://www.franceinter.fr/emission-l-humeur-vagabonde-julie-otsuka</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 15 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Sur le bateau, chaque nuit nous nous pressions dans le lit les unes des autres et passions des heures à discuter du continent inconnu où nous nous rendions. Les gens là-bas, disait-on, ne se nourrissaient que de viande et leur corps était couvert de poils ( nous étions bouddhistes pour la plupart donc nous ne mangions pas de viande et n&rsquo;avions des poils qu&rsquo;aux endroits appropriés). Les arbres étaient énormes. Les plaines, immenses. Les femmes, bruyantes et grandes – une bonne tête de plus, avions-nous appris, que les plus grands de nos hommes. Leur langue était dix fois plus compliquée que la nôtre et les coutumes incroyablement étranges. les livres se lisaient de la fin vers le début et on utilisait du savon au bain. On se mouchait dans des morceaux de tissu crasseux que l&rsquo;on repliait ensuite pour les ranger dans une poche, afin de les utiliser encore et encore. Le contraire du blanc n&rsquo;était pas le rouge mais le noir. Qu&rsquo;allions-nous devenir, nous demandions-nous, dans un pays aussi différent ?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 39</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Ils admiraient nos dos robustes et nos mains agiles. Notre endurance. Notre discipline. Nos dispositions dociles. Notre capacité peu commune à supporter la chaleur, qui l&rsquo;été dans les champs de melons de Brawley pouvait frôler les cinquante degrés. Ils disaient que notre petite taille était idéale pour les travaux nécessitant de se courber jusqu&rsquo;à terre. Où qu&rsquo;ils nous assignent, ils étaient contents. Nous possédions toutes les vertus des Chinois – travailleurs, patients, d&rsquo;une indéfectible politesse –, mais sans leurs vices – nous n&rsquo;étions ni joueurs, ni opiomanes, nous ne nous battions pas et nous ne crachions jamais. Nous étions plus rapides que les Philippins et moins arrogants que les hindous. Plus disciplinés que les Coréens. Moins tapageurs que les Mexicains. Nous revenions moins cher à nourrir que les migrants d&rsquo;Oklahoma et d&rsquo;Arkansas, qu&rsquo;ils soient ou non de couleur. </em>Un Japonais peut vivre avec une cuillerée de riz par jour.<em> Nous étions la meilleure race de travailleurs qu&rsquo;ils aient jamais employée au cours de leur vie. </em>Ces gens-là arrivent, et on n&rsquo;a pas du tout besoin de s&rsquo;en occuper<em>&laquo;&nbsp;.</em></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 85</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Nous les reconnaissions à peine. Ils étaient plus grands que nous, plus massifs. Bruyants au-delà de toute mesure. Je me sens comme une cane qui a couvé les oeufs d&rsquo;une oie. Ils préféraient leur propre compagnie à la nôtre et feignaient de ne pas comprendre un traître mot de ce que nous disions. Nos filles marchaient à grands pas, à l&rsquo;américaine, elles se déplaçaient avec une hâte dépourvue de dignité. Elles portaient leurs vêtements trop lâches. Roulaient des hanches comme des juments. Jacassaient comme des coolies dès qu&rsquo;elles rentraient de l&rsquo;école en disant tout ce qui leur passait par la tête.</em> Mrs Dempsey à l&rsquo;oreille pliée.<em> Nos fils devenaient énormes. Ils insistaient pour manger des oeufs au bacon tous les matins au petit-déjeuner à la place de la soupe à la pâte de haricot. Ils refusaient d&rsquo;utiliser des baguettes. Buvaient des litres et des litres de lait. Inondaient leur riz de ketchup. Ils parlaient un anglais parfait, comme à la radio, et chaque fois qu&rsquo;ils nous voyaient nous incliner devant le die</em>u<em> de la cuisine en frappant dans nos mains, ils roulaient des yeux et nous lançaient  : “ Maman, pitié ! ”&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Etonnant roman que celui de Julie Otsuka ! On y découvre un volet de l&rsquo;histoire américaine, tombé dans l&rsquo;oubli. On y rencontre des femmes flouées sur leur avenir, obligées de vivre dans l&rsquo;ombre de l&rsquo;ogre Amérique auprès d&rsquo;un homme qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas choisi. Le &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;, collectif et puissant, est une idée lumineuse. Un roman très émouvant, passionnant. A lire absolument !</span></p>
</blockquote>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Certaines n&rsquo;avaient jamais vue la mer&nbsp;&raquo;, de Julie Otsuka, Phébus, 143 pages, 15€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Système D et petits arrangements dans l&#8217;URSS des années 80&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/06/06/systeme-d-et-petits-arrangements-dans-lurss-des-annees-80/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Jun 2012 08:47:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Une histoire de famille, encore une ! Ou plutôt une histoire de femme qui fait tout ce qu&#8217;elle croit bon et bien pour sa famille. Tel est le sujet du deuxième roman écrit par Alina Bronsky. La jeune femme de 34 ans, née en Russie, vit depuis l&#8217;âge de 13 ans en Allemagne. Lauréate de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une histoire de famille, encore une</strong> ! Ou plutôt une histoire de femme qui fait tout ce qu&rsquo;elle croit bon et bien pour sa famille. Tel est le sujet du deuxième roman écrit par <strong>Alina Bronsky</strong>.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BRONSKI.jpg" rel="lightbox[1059]" title="BRONSKI"><img class="alignleft  wp-image-1061 colorbox-1059" style="margin: 10px;" title="BRONSKI" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/BRONSKI.jpg" alt="" width="119" height="151" /></a>La jeune femme de 34 ans, née en Russie, vit depuis l&rsquo;âge de 13 ans en Allemagne. Lauréate de plusieurs prix littéraires, <strong>Alina Bronsky</strong> a publié &laquo;&nbsp;<strong>Cuisine Tatare et descendance</strong>&nbsp;&raquo; chez Actes Sud. Comme son premier roman, celui-ci a été traduit en une dizaine de langues. <strong>Alina Bronsky</strong> est journaliste et vit à Francfort.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de <strong>Rosalinda</strong>. Une belle femme, qui travaille dans une école d&rsquo;éducatrices dans la Russie des années 80. Une femme, mariée à <strong>Kalganov</strong>, qui a des fonctions dans le Parti. Une mère, celle de <strong>Sulfia</strong>, tombée enceinte par inadvertance. <strong>Rosalinda</strong> fait tout pour se débarrasser de l&rsquo;enfant. Une bouche de plus à nourrir, ce n&rsquo;est pas possible. Elle échoue cependant.</p>
<p>Elle va alors tout faire  pour éduquer au mieux, et à sa façon, la petite <strong>Aminat</strong>, prénom que portait l&rsquo;aïeule tatare de <strong>Rosalinda</strong>. Rappelons que<strong> les Tatars constituent un ancien peuple turc</strong> qui, au XIe siècle nomadisait entre la partie orientale et l&rsquo;actuel Kazakhstan.</p>
<p><span id="more-1059"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUISINE-TATARE.jpg" rel="lightbox[1059]" title="CUISINE TATARE"><img class="alignleft  wp-image-1064 colorbox-1059" style="margin: 10px;" title="CUISINE TATARE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CUISINE-TATARE.jpg" alt="" width="50" height="95" /></a>Au fil des 331 pages, on suite donc<strong> Rosalinda, –</strong> c&rsquo;est elle la narratrice<strong> –,</strong> dans ses petits arrangements avec le système pour permettre à sa petite famille de s&rsquo;en sortir au mieux. L&rsquo;URSS des années 80, c&rsquo;est celle des privations, des pénuries, de l&rsquo;absence de soins adéquats et de la corruption. Partout. C&rsquo;est aussi le temps des appartements communs et des petits arrangements.</p>
<p>Alors <strong>Rosalinda</strong> use de ses charmes, de son intelligence et de la foi absolue qu&rsquo;elle a en elle pour faire face au quotidien. Quitte à phagocyter la vie privée de sa fille, à prendre les décisions à sa place en lui arrangeant des mariages qui se révèleront calamiteux, quitte à toujours croire faire au mieux pour sa petite-fille &#8230; et à, au final, faire partir tout son monde en Allemagne !</p>
<p>Mais<strong> Aminat</strong>, – le livre vit sur plusieurs décennies –,  finit par grandir et comprendre.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left;"><strong>Page 25</strong> : <em>&nbsp;&raquo; Ma petite-fille était une chanceuse. Elle n&rsquo;avait rien hérité de la mollesse et de la laideur de sa mère. Elle avait mes yeux en amande d&rsquo;un noir profond, de belles boucles brunes, un nez délicat et l&rsquo;air très intelligent. L&rsquo;intelligence, c&rsquo;est une chose qu&rsquo;on voit tout de suite, dès la naissance. Pour Sulfia, j&rsquo;avais aussi fait un pronostic sur-le-champ et je ne m&rsquo;étais pas trompée. Peut-être était-ce parce que Sulfia avait été conçue dans le lit conjugal, alors qu&rsquo;Aminat était le fruit d&rsquo;un rêve avec un inconnu. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p><strong> Page 75</strong> : <em>&nbsp;&raquo; Cinq jours plus tard, en rentrant à la maison, j&rsquo;ai trouvé sur le rebord de la fenêtre une lettre de mon mari. La lettre disait qu&rsquo;il aimait une autre femme et qu&rsquo;il partait vivre avec elle. Il me remerciait pour les années passées ensemble et de demandait de lui ficher la paix. </em></p>
<p><em>Rien d&rsquo;autre. </em></p>
<p><em>Il paraîtrait que certaines femmes, en apprenant ce genre de nouvelles, éclatent en sanglots. Leurs jambes se dérobent sous elles et elles s&rsquo;effondrent sur les carreaux noirs et blancs de la cuisine, obligeant les autres membres de la famille à les enjamber quand ils veulent accéder au réfrigérateur. Je n&rsquo;étais pas de celles-là&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p><strong>Page 157</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Plus d&rsquo;une fois, j&rsquo;avais constaté que ce que je désirais ardemment se réalisait, signe que Dieu était à mes côtés. Il lui arrivait parfois même d&rsquo;aller un peu trop loin, sans soute parce que je n&rsquo;avais pas été assez précise dans la formulation de mes souhaits.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Au premier abord, ce livre peut agacer. Cette Rosalinda est en effet insupportable à décider de tout pour son mari, sa fille et sa petite-fille. Elle ne doute de rien. Est imbue de sa personne et saccage tout. Au fil des pages cependant, on finit par l&rsquo;adopter. Obligée de trouver des stratagèmes pour survivre, elle finit par devenir attachante malgré son amoralité. Elle veut le bien des siens. A sa manière. On rit même des petits arrangements qu&rsquo;elle met au point, des idées saugrenues qu&rsquo;elle peut avoir et des comportements abjectes qu&rsquo;elle a.</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Imaginé en courts chapitres, ce roman est dynamique, drôle et grave à la fois, et nous donne une vision assez noire de la vie en URSS à cette époque-là. Rosalinda, elle, fait le choix de partir. Au final, était-ce vraiment le bon ? </span></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Cuisine tatare et descendance&nbsp;&raquo;, d&rsquo;Alina Bronsky, Actes Sud, 23€.<br />
</strong></em></p>
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