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	<title>Quatrième de couv &#187; doutes</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Entre les zones grises, prendre la bonne décision&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2022 08:03:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire hiver 2022 Karine Tuil s&#8217;empare au plus près de l&#8217;actualité dans son douzième roman, La décision. L&#8217;auteure de Les choses humaines, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&#8217;une société après un viol, elle nous emmène dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" rel="lightbox[5887]"><img class="alignleft size-full wp-image-5889 colorbox-5887" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_La-decision_5727.jpg" alt="CVT_La-decision_5727" width="185" height="272" /></a></span></strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire hiver 2022</span></strong></p>
<p><strong>Karine Tuil</strong> s&rsquo;empare au plus près de l&rsquo;actualité dans son douzième roman, <strong><em>La décision</em></strong>. L&rsquo;auteure de <em><strong>Les choses humaines</strong></em>, prix Goncourt des lycéens 2019 , est de retour avec un roman coup de poing. Et attendu. Après la descente aux enfers de deux familles et d&rsquo;une société après un viol, elle nous emmène dans le bureau de la coordinatrice du pôle d&rsquo;instruction antiterroriste. C&rsquo;est là qu&rsquo;<strong>Alma Revel</strong>, quinquagénaire empêtrée dans une vie conjugale qui ne la satisfait plus, traite des dossiers tout simplement inflammables.</p>
<p>Dans son bureau se succèdent des hommes et quelques femmes qui ont fait des choix. Radicaux. A elle et son équipe de se dépatouiller avec l&rsquo;horreur, d&rsquo;évaluer les responsabilités et les implications, de déjouer les stratégies autour de la <strong>taqiya</strong>, ce concept de la religion musulmane recommandant la prudence au fidèle en l&rsquo;invitant à dissimuler sa croyance en cas de danger. Rien n&rsquo;est épargné Alma, pas même les menaces de mort.</p>
<p>Tout compte pour étayer la prise de décision. Jusqu&rsquo;à l&rsquo;intuition.  Et si elle s&rsquo;avère finalement mauvaise ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5887"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Nous sommes en mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du palais de justice, la juge <strong>Alma Revel</strong> doit se prononcer sur le sort d&rsquo;<strong>Abdeljalil</strong>, un jeune homme suspecté d’avoir rejoint l’État islamique en Syrie. Est-il réellement repenti et risque-t-il de se radicaliser en prison si la justice décide de l&rsquo;y laisser ou cache-t-il son jihadisme ? Tandis que sa haine de la France transpire de tous ses mots ?</p>
<p>Au fil des pages, des extraits des interrogatoires donnent des pistes. Ou pas.</p>
<p>À ce dilemme professionnel s’en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, <strong>Alma</strong> entretient une liaison avec l’avocat <strong>Emmanuel Forest</strong> qui représente le mis en examen. Comment conjuguer le tout ? Auprès de ses collègues ? De sa famille ? De son conscience professionnelle tandis que tout se délite ?</p>
<p>Au fil des page, un roman intense, dense et très bien documenté. Pour l&rsquo;écrire au plus près de la réalité, <strong>Karine Tuil</strong> a rencontré des juges d&rsquo;instruction, des enquêteurs, un président de cour d&rsquo;assises et un avocat de jihadistes.</p>
<p>Dans <em><strong>La décision</strong> </em>aussi, tandis que se mélange le professionnel et le privé pour le pire et le meilleur, la notion d&rsquo;origine transparaît. Aucun des protagonistes n&rsquo;échappe à ses origines en regard de sa foi. Son mari s&rsquo;enfonce dans un judaïsme radical alors que leur fille aînée envisage d&rsquo;épouser un musulman. Dans le bureau du juge <strong>Revel</strong>, d&rsquo;autres sont prêts à tout au nom d&rsquo;Allah&#8230;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits </strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 74 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Pendant tout le voyage, je conservais mon téléphone dans la main. Je regardais le paysage se déployer à travers la vitre, les champs de tournesol qui se dressaient, tantôt pleins et ouverts, tantôt repliés sur eux-mêmes, brûlés, éteints – juste métaphore d&rsquo;une vie qui alternait les cycles avec une régularité tragique. Je rêvais de fuite et de grands espaces. Je me sentais asphyxiée par un quotidien sur lequel je n&rsquo;avais plus la moindre maîtrise. Mon couple me paraissait factice, je pensais de plus en plus à la séparation, mais divorcer, pour une femme qui n&rsquo;avait pu affronter la férocité de son univers professionnel qu&rsquo;on conservant une stabilité affective, c&rsquo;était une décision qui ébranlait tout un mécanisme de confiance interne. J&rsquo;avais peur de prendre la mauvaise décision.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 192 : &laquo;&nbsp;</strong><em>– Tu prends des risques insensés, a-t-elle continué. Nous sommes proches je me permets de te le dire, on a tous compris que tu avais une liaison avec Emmanuel Forest, c&rsquo;est ta vie privée, tu fais ce que tu veux, Alma, mais il passe trop de temps dans ton bureau, ça fait deux fois cette semaine que tu nous l&rsquo;imposes à déjeuner, ce n&rsquo;est pas sain, ce n&rsquo;est pas assez étanche, on ne doit pas avoir de liens trop étroits avec les avocats qui travaillent sur nos dossiers, fais attention, les gens commencent à parler, je ne veux pas que tu aies de problèmes et je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;en avoir non plus. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je l&rsquo;écoutais tout en sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait aucune influence sur moi, que rien ne me ferait plus renoncer à ma relation. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 204 :</strong><em> &laquo;&nbsp;La suite, en dépit des craintes, c&rsquo;est une logique de libération. La famille d&rsquo;Abdeljalil a été interrogée, elle est rassurante. La mère affirme qu&rsquo;elle peut accueillir son fils. Elle a une Freebox qui permet l&rsquo;installation du système de surveillance. Il y a donc des garanties éducatives, un socle. Le cadre familial est structurant. Abdeljalil a exprimé ses regrets à plusieurs reprises. L&rsquo;enquête de personnalité révèle des difficultés rencontrées au cours de l&rsquo;adolescence, des idées suicidaires, mais elle le décrit peu influençable et soucieux d&rsquo;engager des démarches de réinsertion. Un psychiatre et un psychologue l&rsquo;ont aussi examiné récemment : il est calme, cohérent, déterminé à mener une vie sans histoires.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>La décision, Karine Tuil, Gallimard, 20€.</strong></em></p>
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		</item>
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		<title>Un huis clos à ciel ouvert</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2021/11/04/un-huis-clos-a-ciel-ouvert/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Nov 2021 12:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman ? Comme c&#8217;est curieux Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&#8217;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Blizzard est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0.jpg" rel="lightbox[5811]"><img class="alignleft wp-image-5814 size-medium colorbox-5811" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/147289_couverture_Hres_0-204x300.jpg" alt="147289_couverture_Hres_0" width="204" height="300" /></a>Un premier roman ? Comme c&rsquo;est curieux <img src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif" alt=";-)" class="wp-smiley colorbox-5811" /></p>
<p>Oui, je sais, ils pullulent sur ce blog. Et celui dont je vais vous parler aujourd&rsquo;hui fait partie des très très bonnes surprises de cette rentrée littéraire.</p>
<p><em><strong>Blizzard</strong> </em>est un huis clos à ciel ouvert. Un roman choral qui nous mène dans le froid et les arcanes sombres de l&rsquo;âme humaine.</p>
<p><strong>Marie Vingtras</strong> (il ne s&rsquo;agit pas de son patronyme) signe là un roman dont chaque chapitre porte la voix d&rsquo;un personnage différent. On y trouve <strong>Bess</strong>, <strong>Benedict</strong>, <strong>Cole</strong>, mais aussi <strong>Freeman. </strong>L&rsquo;affreux <strong>Clifford </strong>s&rsquo;y ajoute, en filigrane.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Le roman, vif et totalement maîtrisé, s&rsquo;ouvre sur une scène qui s&rsquo;annonce tragique : <strong>Bess</strong> vient, pour refaire ses lacets, de lâcher la main de <strong>Thomas</strong>, l&rsquo;enfant dont elle s&rsquo;occupe avec<strong> Benedict</strong>, avec qui elle habite et qui a grandi là avec ses parents et son frère, parti depuis longtemps. <strong>Cole</strong>, l&rsquo;ami de la famille, vient à sa rescousse. <strong>Freeman</strong> aussi, ce drôle de type arrivé là pour on ne sait quoi&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5811"></span></p>
<p>Le blizzard fouette les visages et entrave déjà la marche. Pas de temps à perdre, il faut le retrouver. Vite.</p>
<p>On ne connait alors pas les liens qui les unissent. Le lecteur les découvre au fil des pages. De quoi faire monter la tension.</p>
<p>Oui, tous cherchent cet enfant. Mais tous disent aussi des choses bien plus profondes sur leur histoire et, in fine, ce qui les unit ou les éloigne. Et c&rsquo;est grandement mené. Là, au coeur de l&rsquo;Alaska. Un endroit isolé. Choisi pour certains des personnages, subi pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Le suspense est incroyable tandis que le blizzard fait rage et met chacun face à son histoire, ses manquements, ses doutes et ses tumultes. Les questions de l&rsquo;abandon, de la culpabilité et de la paternité sont notamment abordées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Marie Vingtras,</strong> quadragénaire née à Rennes, signe là un premier roman qui rend hommage à la littérature contemporaine américaine qu&rsquo;elle aime particulièrement.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 17 :</strong> Bess</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je ne vois rien. La neige s&rsquo;envole au sol en tourbillons et lorsqueje lève les yeux vers le ciel c&rsquo;est une vraie purée de pois. L&rsquo;air est incolore, comme si toutes les couleurs existantes avaient disparu, comme si le monde entier s&rsquo;était dilué dans un verre d&rsquo;eau. Je regrette de ne pas avoir fait plus attention quand Benedict essayait de décrire le fonctionnement des blizzards au petit. J&rsquo;aurais peut-être su ce qu&rsquo;il fallait faire, à part ne pas sortir, bien sûr, mais ça, il était trop tard pour le regretter. Je tourne le dos au vent, appuyée sur ce que je suppose être un rocher. A moins que ce ne soit un ours qui hiberne, ce qui réglerait mon problème. Je ne parviens pas à réfléchir à la conduite à tenir, mais je vais me transformer en bonhomme de neige si je ne bouge pas. Je ne suis pas complètement idiote, je sais dans quel pétrin je me suis fourrée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 63 :</strong> Benedict</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Il était parti depuis un an quand papa m&rsquo;a dit que cela ne pouvait plus durer. Il n&rsquo;était plus comme avant, je crois qu&rsquo;il avait peur de ne jamais revoir son fils. Quant à maman, elle n&rsquo;allait pas tellement mieux. Elle ne dormait plus, elle disait qu&rsquo;un jour elle finirait par oublier le visage de son propre enfant et cette idée la rendait folle. Je me rendais bien compte que tout était différent de notre enfance et de notre adolescence alors que je nous avais cru éternellement heureux. Tout était bancal, comme s&rsquo;il nous manquait une jambe. En partant comme un voleur, sans rien nous expliquer, il nous avait définitivement privés d&rsquo;équilibre. Je ne parvenais pas à comprendre comment il avait pu nous faire ça et encore aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;arrive pas à concevoir qu&rsquo;il ait pu prendre une telle décision. Fermer la porte de sa maison, monter dans sa voiture et disparaître.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 133 :</strong>  Bess</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; Je suis dans cette maison abandonnée, immobile dans cette partie du monde comme j&rsquo;ai rarement été immobile depuis que je suis partie de chez ma mère. Je m&rsquo;étais promis de ne pas rester trop longtemps au même endroit, pas assez longtemps pour nouer des amitiés ou rencontrer quelqu&rsquo;un que j&rsquo;aurais pu aimer. Etre de passage, telle une comète, puis disparaître, toujours repartir, toujours sur la route. On peut dire que j&rsquo;ai fait tous les petits boulots que ce pays peut offrir, le respectable et le sordide. Rien ne m&rsquo;a rebutée, tout était purement alimentaire. Rien qui puisse être plus humiliant que ce que j&rsquo;avais connu, rien de plus douloureux que le poids des souvenirs, rien de plus insoutenable que le poids de la honte.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><em><strong>Blizzard, Marie Vingtras, Editions de l&rsquo;Olivier, 17€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>A ce fils qui aurait pu être là&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/21/a-ce-fils-qui-aurait-pu-etre-la/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/06/21/a-ce-fils-qui-aurait-pu-etre-la/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 21 Jun 2019 07:15:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["Le tour de l'oie"]]></category>
		<category><![CDATA[auteur italien]]></category>
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		<description><![CDATA[Une très très jolie découverte ! Je n&#8217;avais, jusque là, jamais ouvert un roman d&#8217;Erri De Luca. J&#8217;aurais dû… Ce livre arrivé à la rédaction s&#8217;est retrouvé sur mon bureau, pour ne plus me quitter. Ses cent soixante pages ont traversé, rempli ma petite personne. Avec poésie. Avec force aussi. &#160; Erri De Luca, écrivain, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4691" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERI-DE-LUCA.jpg" rel="lightbox[4688]"><img class="wp-image-4691 size-medium colorbox-4688" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERI-DE-LUCA-300x112.jpg" alt="ERI DE LUCA" width="300" height="112" /></a><p class="wp-caption-text">Erri de Luca, photo Omar Bai pour Nurphoto/AFP</p></div>
<p>Une très très jolie découverte ! Je n&rsquo;avais, jusque là, jamais ouvert un roman d&rsquo;<strong>Erri De Luca</strong>. J&rsquo;aurais dû…</p>
<p>Ce livre arrivé à la rédaction s&rsquo;est retrouvé sur mon bureau, pour ne plus me quitter. Ses cent soixante pages ont traversé, rempli ma petite personne. Avec poésie. Avec force aussi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4688"></span><br />
<a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-Tour-de-lOie_5122.jpg" rel="lightbox[4688]"><img class="alignleft size-full wp-image-4690 colorbox-4688" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CVT_Le-Tour-de-lOie_5122.jpg" alt="CVT_Le-Tour-de-lOie_5122" width="195" height="306" /></a><strong>Erri De Luca</strong>, écrivain, poète et traducteur italien, est né à Naples en 1950. D&rsquo;origine bourgeoise, il est destiné à une carrière de diplomate. Une voie qu&rsquo;il ne suivra finalement pas, rompant au passage avec sa famille. En 1968, il rejoint la révolte ouvrière et intègre le mouvement d&rsquo;extrême gauche Lotta Continua, dont il deviendra même un des dirigeants. Puis deviendra anarchiste.</p>
<p><strong>Erri De Luca</strong> multipliera les métiers manuels, en Italie, en France, en Afrique. D&rsquo;ouvrier à conducteur de camion, maçon aussi. Pendant la guerre de Yougoslavie, il s&rsquo;engage comme conducteur auprès d&rsquo;une association humanitaire, et convoie des camions de ravitaillement en Bosnie.</p>
<p>L&rsquo;écriture et l&rsquo;amour des livres, qui lui vient de son père, l&rsquo;ont toujours accompagné. Son premier livre, <strong>&laquo;&nbsp;Une fois, un jour&nbsp;&raquo;</strong> paraît en 1989. Il obtient le prix Femina en 2002 pour <strong>&laquo;&nbsp;Montedidio&nbsp;&raquo;</strong> et le Prix européen de littérature en 2013.</p>
<p>Passionné d&rsquo;alpinisme et d&rsquo;escalade, il a lit également quotidiennement la Bible, bien qu&rsquo;il se dise athée. De quoi d&rsquo;ailleurs alimenter nombre de ses livres.</p>
<p>En 2015, il est poursuivi en justice pour avoir incité au sabotage du chantier de construction de la ligne TGV Lyon-Turin.  Condamné puis relaxé, Erri de Luca se servira à nouveau de cette matière pour écrire.</p>
<p>Au final, son œuvre, riche ( une cinquantaine de romans, pas tous traduits en français ) et protéiforme, a accompagné notre histoire contemporaine.</p>
<p>Avec<strong> &laquo;&nbsp;Le tour de l&rsquo;oie&nbsp;&raquo;</strong>, il signe son roman le plus intimiste et, le temps d&rsquo;une nuit orage, entretient une conversation intime avec le fils… qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais eu.</p>
<p>Le narrateur qui se définit comme<strong> &laquo;&nbsp;un rameau sans bourgeon&nbsp;&raquo; </strong>ou<strong> &laquo;&nbsp;un rocher qui ne fait pas de patelles&nbsp;&raquo;</strong>, à travers lequel on reconnait l&rsquo;auteur, va, à travers un dialogue évoquer sa vie, ses combats, sa famille, ses doutes, ses erreurs et son métier d&rsquo;écrivain.</p>
<p>Une paternité fantasmée qui se décline en partie sous forme de dialogue.</p>
<p>Le couvert est mis pour deux. Et le père putatif &laquo;&nbsp;se met à table&nbsp;&raquo; face à ce fils imaginaire âgé de 40 ans qui a aussi son histoire, ses échecs, ses rêves.</p>
<p><strong>Erri De Luca</strong> revisite sa vie d&rsquo;homme et de romancier. Entre introspection, confession et confrontation. Et c&rsquo;est divinement bien écrit ! Un vrai régal. De quoi me donner envie de plonger dans l&rsquo;œuvre de cet auteur italien.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 14 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[…] Je parle tout seul ? J&rsquo;invente ta compagnie ? </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je l&rsquo;invente si fort que la réalité ne peut l&rsquo;égaler. Ta présence suffit ici et ce soir pour créer ma paternité. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les femmes que j&rsquo;ai tenues dans mes bras ont voulu un enfant, mais pas de moi. Je ne leur reproche rien ni à elles ni à la vie, j&rsquo;ai eu plus qu&rsquo;il n&rsquo;est juste, ce qui est déjà beaucoup en soi, car le juste, comme le nécessaire, manque à la plupart.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;ai eu les montagnes touchées de la pointe des pieds et des mains, leur immensité effleurée en surface. J&rsquo;ai eu les mots. Sans eux, je me cogne contre les murs. Je me cogne aussi avec eux mais les murs je les vois bien et je me prépare au choc.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 98 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;écris en italien, langue privée de mon père, plus que langue officielle de l&rsquo;Etat. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Je lui dois l&rsquo;usage appris de sa voix, la scansion des syllabes différentes des syllabes locales, à prononcer sans cadence dialectale. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est lui qui a mis une barrière entre son italien paisible et le napolitain brûlant. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>On pouvait parler les deux mais sans les mélanger. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Elles n&rsquo;ont pas été deux langues, mais deux usages. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>J&rsquo;écris dans l&rsquo;une et je me parle à moi-même dans l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Avec le dialecte, je récite un poème, je dis un proverbe, je lance un mot d&rsquo;esprit. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Quand je suis en colère contre moi, je m&rsquo;insulte en napolitain. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En italien, je n&rsquo;ai pas envie de me disputer. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>En italien : j&rsquo;ajoute en, parce que je suis dedans, en locataire. C&rsquo;est ma résidence, j&rsquo;habite rue de la langue italienne, sans numéro.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 140 : </strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>&laquo;&nbsp;Lecteur, écrivain, la différence est-elle si importante pour toi ? </strong></p>
<p style="text-align: left">Oui, car je suis heureux lorsqu&rsquo;une lecture m&rsquo;enthousiasme, alors qu&rsquo;un de mes écrits arrive tout au plus à me satisfaire. &laquo;&nbsp;</p>
</blockquote>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Le tour de l&rsquo;oie&nbsp;&raquo;, Erri De Luca, Gallimard, 16€. Traduit de l&rsquo;italien par Danièle Valin.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique, prendre du champ&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/01/07/de-lautre-cote-de-latlantique-prendre-du-champ/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2019/01/07/de-lautre-cote-de-latlantique-prendre-du-champ/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Jan 2019 12:49:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA["La chance de leur vie"]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160;  Prendre du champ. Traverser un océan pour essayer de voir plus clair sur sa vie, sur ses proches&#8230; et sur son pays. Voilà ce que Sylvie Vickery décide de faire, en suivant Hector, son mari, poète et universitaire sexagénaire, qui vient de décrocher un poste en Caroline du Nord, là-bas, aux Etats-Unis. C&#8217;est de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DESARTHE-OK.jpg" rel="lightbox[4472]"><img class="alignleft wp-image-4475 size-medium colorbox-4472" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DESARTHE-OK-204x300.jpg" alt="DESARTHE OK" width="204" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: left"> Prendre du champ. Traverser un océan pour essayer de voir plus clair sur sa vie, sur ses proches&#8230; et sur son pays. Voilà ce que <strong>Sylvie Vickery</strong> décide de faire, en suivant <strong>Hector</strong>, son mari, poète et universitaire sexagénaire, qui vient de décrocher un poste en Caroline du Nord, là-bas, aux Etats-Unis. C&rsquo;est de là qu&rsquo;ils vivront, à distance donc, les attentats du 13 novembre. Dans une indifférence polie.</p>
<p style="text-align: left">C&rsquo;est également en Amérique que <strong>Sylvie</strong> va découvrir la vie adultérine de son mari, et le rôle que joue son fils unique –un adolescent si différent des autres – aux côtés de ses camarades. <strong>Lester</strong> se fait appeler <strong>Absalom Absalom</strong>, est une émule de Saint-Augustin et prend des airs de gourou.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Sylvie</strong>, elle, qui s&rsquo;est toujours évertuée depuis sa rencontre et son mariage avec <strong>Hector</strong>, à la non-action et &nbsp;&raquo; à n&rsquo;être rien &nbsp;&raquo; comme elle dit, poursuit, avec lucidité mais en silence, l&rsquo;introspection familiale. Loin de ses répères. Jusqu&rsquo;au scandale. Jusqu&rsquo;au retour.</p>
<p style="text-align: left">Elle ne maîtrise pas bien la langue, ni les codes. Trop cultivée, trop libre de tout aussi.</p>
<p style="text-align: left">Première fois que j&rsquo;ouvre un roman d&rsquo;<strong>Agnès Desarthe</strong>, lauréate en 1996 du prix du Livre Inter pour <strong>&laquo;&nbsp;Un secret sans importance&nbsp;&raquo;</strong> et auteure de nombreux romans remarqués (<strong>&laquo;&nbsp;Dans la nuit brune&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Une partie de chasse&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Ce coeur changeant&nbsp;&raquo;</strong>). J&rsquo;ai été un peu déçue par ce roman qui, je trouve, survole plusieurs sujets sans les approfondir cependant. Dommage. Beau portrait de femme cependant.</p>
<p style="text-align: center"><span id="more-4472"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 22 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Les auteurs s&rsquo;accordent à déclarer que les parents, et en particulier les mères, s&rsquo;y prennent mal. Elle a décidé de ne pas s&rsquo;y prendre. Elle a renoncé tôt et tient le cap. Le dogme du non-agir, encore lui. Elle a plus ou moins décidé d&rsquo;être la grand-mère de son fils. L&rsquo;idée n&rsquo;est pas venue d&rsquo;elle, mais d&rsquo;une femme dans le bus. Lester devait avoir trois ans. Ils se tenaient la main, Sylvie et lui, à bord du 75. &laquo;&nbsp;Dis donc, mon bonhomme, avait lancé la dame en se penchant vers Lester, tu en as de la chance d&rsquo;avoir une mamie aussi jeune.&nbsp;&raquo; Sylvie avait pesé le pour et le contre : une vieille mère, une jeune mamie. Lester n&rsquo;avait pas protesté. Il n&rsquo;avait pas tenté de rétablir la vérité. Toujours poli, si incroyablement poli. Sylvie avait pensé que lui aussi, peut-être, préférait qu&rsquo;il en soit ainsi. En vadrouille avec sa très jeune grand-mère.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 79 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Vieux ? Jamais Hector n&rsquo;a employé ce mot pour parler de lui, et encore moins pour parler de Sylvie. Il la taquine en l&rsquo;appelant &laquo;&nbsp;ma petite&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mon bébé&nbsp;&raquo;, parce qu&rsquo;elle lui arrive au milieu de la poitrine, et elle aime ça. Elle aime être sa petite, son bébé, cela lui permet de voyager à travers les âges, d&rsquo;échapper aux classifications. Elle peut être à la fois la grand-mère de son propre fils et le bébé de son mari. Elle ne s&rsquo;est jamais sentie femme mûre, femme-femme. Elle a toujours eu l&rsquo;impression d&rsquo;être soit beaucoup plus jeune, soit beaucoup plus âgée. Le compte réel des années n&rsquo;a aucune réalité pour elle.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 259 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Durant les premiers temps de sa double passion, Hector s&rsquo;était soupçonné d&rsquo;aménager le réel à sa guise, de se persuader lui-même que sa conduite sur le nouveau continent n&rsquo;avait pas d&rsquo;impact sur l&rsquo;existence qu&rsquo;il avait bâtie sur l&rsquo;ancien. Ses trahisons étaient sans conséquence et ne blessaient personne, se disait-il, constatant jour après jour que rien ne modifiait ses relations avec Sylvie. Il n&rsquo;était ni plus gentil avec elle, ni plus impatient qu&rsquo;avant. Il ne se montrait pas plus tendre, ni moins présent. Elle le faisait rire et l&rsquo;impressionnait comme toujours depuis qu&rsquo;il l&rsquo;avait rencontrée. Elle lui mettait les nerfs en vrille et le fatiguait comme elle l&rsquo;avait toujours fait.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La chance de leur vie&nbsp;&raquo;, Agnès Desarthe, Editions de l&rsquo;Olivier, 19€.</strong></em></p>
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		<item>
		<title>Un silence qui tue&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/09/21/un-silence-qui-tue/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/09/21/un-silence-qui-tue/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 21 Sep 2018 05:55:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire &#160; &#160; Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin. Inès Bayard a 26 ans seulement et signe avec &#171;&#160;Le malheur du bas&#160;&#187; un premier opus suffocant. Dérangeant. L&#8217;histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. Marie et Laurent forment [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #800080"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MALHEUR-DU-BAS.jpg" rel="lightbox[4389]"><img class="alignleft wp-image-4391 size-medium colorbox-4389" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/MALHEUR-DU-BAS-204x300.jpg" alt="MALHEUR DU BAS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elle fait partie des 94 auteur(e)s qui, pour cette rentrée littéraire, publient leur premier roman. Une aventure. Une chance. Un tremplin.</p>
<p><strong> Inès Bayard</strong> a 26 ans seulement et signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Le malheur du bas&nbsp;&raquo;</strong> un premier opus suffocant. Dérangeant.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle commence pourtant bien. Peut-être trop. <strong>Marie</strong> et <strong>Laurent</strong> forment un couple jeune, moderne, riche. Elle est cadre dans une banque, il est un avocat pénaliste dont le succès ne fait que grandir. Ils vivent à Paris. Débordés mais heureux.</p>
<p>Et puis, un soir, dans un parking, <strong>Marie</strong> est violée par son supérieur, dans la voiture de ce dernier. Elle n&rsquo;en parlera pas. Et quand elle tombe enceinte, elle est persuadée qu&rsquo;il ne peut s&rsquo;agir que du fruit de cette relation non consentie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4389"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Alors que l&rsquo;époque est à #balancetonporc et #metoo, Marie, elle, garde le silence. Mais son corps parle, crie. C&rsquo;est lui que la jeune auteure décrit de page en page. Tandis que le couple de <strong>Marie</strong> et <strong>Laurent</strong> prend l&rsquo;eau, le petit <strong>Thomas</strong> subit la violence, verbalisée ou non, de sa propre mère. Une négligence qui préoccupe Laurent sans que jamais il ne puisse comprendre&#8230; et pour cause. Le roman s&rsquo;ouvre sur un chapitre court. Terrible. Il relate, par le menu, les atroces souffrances dans lesquelles Laurent est décédé, dans sa cuisine. Attaché à sa chaise. Son petit garçon, lui, s&rsquo;est empoisonné en goûtant à sa compote&#8230; Au fil des mois, Marie va se perdre. Et perdre pied.</p>
<p>Au final, un roman dans lequel j&rsquo;ai eu un peu de mal à entrer ( à cause du style, je pense, plutôt moyen, il faut être honnête), mais que j&rsquo;ai finalement apprécié. Pour la manière dont <strong>Inès Bayard</strong> aborde le corps et la résistance qu&rsquo;il peut (ou pas) déployer face aux agressions extérieures. Pour la façon aussi dont elle évoque la sexualité au sein du couple. Difficile cependant pour moi de comprendre le silence assourdissant de <strong>Marie</strong>&#8230; A l&rsquo;exception d&rsquo;une lettre découverte heureusement par sa soeur. Mais trop tard.</p>
<p>Prometteur.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 57 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Laurent revient, balançant le bac à poissons à moitié rempli entre ses mains. Il est content. Marie le trouve de plus en plus laid. Avec sa canne à pêche, son air béat de bonheur permanent, sa petite vie toute parfaite, elle a envie de lui cracher dessus, de lui enfoncer quelque chose au fond de la gorge. Dans ce tableau sans défauts visibles, il faut s&rsquo;arrêter sur les détails. Personne n&rsquo;a l&rsquo;idée de le faire. Ils préfèrent la douce et rassurante surface des sentiments, lisse et souple, ne surtout pas discerner les taches noires, les dysfonctionnements, les tourments.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 143-144 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Son désir pour lui la dégoûte. Elle lutte pour maintenir la sécheresse entre ses cuisses. Elle se démène de toutes ses forces pour conserver le tragique de ces secondes où elle a envie de tuer son fils, pour refréner ses pulsions sexuelles malsaines qui envahissent vicieusement le bas de son ventre. Elle se tourne et l&rsquo;embrasse. Laurent est surpris. Du meurtre à l&rsquo;amour, du sperme au sang, du désir à la mort, c&rsquo;est bien la chair qui l&rsquo;emporte. Epuisée, pénétrée, le corps souffrant, courbaturé par les mouvements physiques du corps de Laurent sur le sien, Marie halète comme une gentille petite chienne. A quoi bon la paix quand celle-ci n&rsquo;alimente que la haine.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 241 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Marie se dit qu&rsquo;elle a pris la bonne décision en choisissant le silence après son viol. Sa soeur ne lui a même pas demandé l&rsquo;identité de son violeur. Pas une seule seconde, la question de l&rsquo;agression sexuelle n&rsquo;a été directement évoquée avec Roxane. Sa mère n&rsquo;aurait elle non plus posé aucune question. En découvrant sa propre fille nageant dans sa crasse, elle n&rsquo;a même pas été capable de lui demander une explication. Les faits étaient suffisants. Les conséquences visibles et irréparables. Tout le monde se meut dans le silence par précaution. Le viol disparaît dans l&rsquo;actualité. La violence sourde, altérée, remise en cause d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, s&rsquo;efface tout simplement à la surface du calvaire et de la mélancolie. Et chacun repart.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Le malheur du bas&nbsp;&raquo;, Inès Bayard, Albin Michel, 18,50 €</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>Entre Paris et Roissy, vouloir tout foutre en l&#8217;air</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/10/entre-paris-et-roissy-vouloir-tout-foutre-en-lair/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/10/10/entre-paris-et-roissy-vouloir-tout-foutre-en-lair/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Oct 2016 07:09:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre plongée dans les titres de la rentrée littéraire. Loin des choix prémâchés et des incontournables que l&#8217;on peut facilement contourner (pour peu qu&#8217;on décide de ne pas se laisser guider par les critiques et le mainstream), voici un roman profondément ancré dans notre époque, dans nos questionnements. Avec &#171;&#160;Police&#160;&#187;, Hugo Boris [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff00ff">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/POLICE-COUV.jpg" rel="lightbox[3724]"><img class="alignleft size-full wp-image-3728 colorbox-3724" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/POLICE-COUV.jpg" alt="POLICE COUV" width="195" height="308" /></a> Poursuivons notre plongée dans les titres de la rentrée littéraire. Loin des choix prémâchés et des incontournables que l&rsquo;on peut facilement contourner (pour peu qu&rsquo;on décide de ne pas se laisser guider par les critiques et le mainstream), voici un roman profondément ancré dans notre époque, dans nos questionnements.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Police&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Hugo Boris – </strong>un auteur que je ne connaissais<strong> –</strong> signe après <strong>&laquo;&nbsp;Le baiser sur la nuque&nbsp;&raquo;,</strong> <strong>&laquo;&nbsp;La délégation norvégienne&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Je n&rsquo;ai pas dansé depuis longtemps&nbsp;&raquo;</strong> et <strong>&laquo;&nbsp;Trois grands fauves&nbsp;&raquo;</strong>, un cinquième roman puissant, rythmé, haletant.</p>
<p>Une nuit d&rsquo;été, caniculaire, un équipage de police secours doit remplir une mission inhabituelle : conduire <strong>Asomidin Tohirov</strong>,  un jeune Tadjik, à l&rsquo;aéroport, afin condamné  à mort dans son pays.  <strong><em>&nbsp;&raquo; Ce dernier a dénoncé des enlèvements de travailleurs au Tadjikistan, des pratiques de travail forcé sur des chantiers de construction en Russie. Il en a d&rsquo;abord été victime. Il s&rsquo;est fait enlever, on l&rsquo;a envoyé travailler sur des chantiers, mais il a réussi à s&rsquo;évader, à rentrer&nbsp;&raquo;</em> </strong>(page 45).</p>
<p>Le temps du trajet, <strong>Virginie</strong>, <strong>Aristide</strong> et <strong>Erik</strong>, trois policiers en tenue habitués à toutes sortes de missions bien différentes de celle-ci, vont devoir faire un choix.</p>
<p>De quoi faire exploser leurs certitudes. Leur rapport à l&rsquo;autorité, à la liberté. A la mort. Dans l&rsquo;habitacle, dans ce huis clos, des destins se jouent.</p>
<p><span id="more-3724"></span></p>
<p><strong>Virginie</strong>, mariée et maman, vit une histoire adultérine avec <strong>Aristide</strong> dont elle enceinte, elle doit d&rsquo;ailleurs avorter le lendemain ; <strong>Aristide</strong>, grande gueule, se rend compte de l&rsquo;inanité de sa vie ; <strong>Erik,</strong> lui, le plus gradé, le plus âgé, comprend  qu&rsquo;il a beaucoup trop donné à son travail pour ne pas le regretter aujourd&rsquo;hui. Et lui aussi se met à douter du bien-fondé de cette mission.</p>
<p>Emprisonnés dans leurs propres questionnements, le temps d&rsquo;un trajet de Paris à Roissy dans une voiture de police qui fixe le huis-clos, ils se retrouvent face à un dilemme. Doivent-ils obéir ?</p>
<p>Loin des interrogations de la police judiciaire par exemple, voilà une tranche de vie trop peu décrite et écrite dans la littérature contemporaine. Les gardiens de la paix se décrivent souvent comme des &laquo;&nbsp;couteaux suisses&nbsp;&raquo;, confrontés à tout ce que la société peut avoir de moins ragoûtant.</p>
<p>Et nous, qu&rsquo;aurions-nous fait dans cette même voiture ?</p>
<p><strong>Hugo Boris parle ici de la manière dont il a construit son roman, dès 2010</strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 59-60 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Passe encore d&rsquo;être des tâcherons aux mille besognes qu&rsquo;on appelle au bout du bout quand l&rsquo;école n&rsquo;y arrive plus, que les assistantes sociales baissent les bras, que les gardiens d&rsquo;immeuble pètent les plombs. Passe d&rsquo;être les couteaux suisses de l&rsquo;ordre républicain, de supporter la hiérarchie et ses chefaillons en tous genres quand la tâche n&rsquo;est rien de moins que de labourer la mer. Passe de ne pas chanter en travaillant, de se prendre de plein fouet, sans filtre, tous les problèmes dans lesquels se débat ce pauvre monde, d&rsquo;essuyer des jets de petits pois congelés, d&rsquo;oeufs pourris, de piles électriques, de boules de pétanque. Passe les travaux de peinture d&rsquo;un commissariat à l&rsquo;autre, passe d&rsquo;avoir honte de son métier, passe de le cacher ) ses voisins et aux parents de la crèche. Mais ce soir, c&rsquo;est trop pour elle. Cette nuit, dans ce véhicule, à hauteur de Nogent-sur-Marne, la situation n&rsquo;est pas franche. La mort s&rsquo;est assise entre eux dans cette voiture. La mort avec fouet à chiens. La mort qui pue.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 112-113 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] En service, il n&rsquo;était déjà plus étanche d&rsquo;une intervention à l&rsquo;autre, désormais incapable de remettre les compteurs à zéro. Après trois heures d&rsquo;insultes, il ne savait plus écouter patiemment la vieille dame suivante sans lui faire payer les injures dont elle ignorait tout. Après l&rsquo;interpellation d&rsquo;un mari violent qui frappait sa femme devant ses gosses, recueillir sans trembler une plainte pour vol d&rsquo;enjoliveurs. Il avait quinze ans de fond. Quinze ans qu&rsquo;il enterrait ses désirs, que la vie lui passait à côté. Quinze ans qu&rsquo;il préparait vaguement sa mutation, son retour en Bretagne, épuisé comme une sentinelle qu&rsquo;on a oublié de relever. Il s&rsquo;était laissé mécaniser, abîmer par le métier, ne donnait plus aux gens que de la technique. Il commençait à tirer sur la bête. Au point que ses cheveux avaient blanchi précocement. Il n&rsquo;avait plus de couleur à la bouche. Quand il regardait maintenant son visage dans la glace, ses cicatrices d&rsquo;acné mal soignées, il voyait un homme triste.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 125 -126 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Virginie risque un oeil pour vérifier encore. Leur prisonnier est debout devant la portière, à l&rsquo;endroit exact où elle l&rsquo;a laissé, tétanisé devant le mur serré des arbres. Pourquoi laisse-t-il échapper une si belle occasion ? Ça n&rsquo;a pas de sens. Ce ne sont pas les troncs sombrement dressés, les taillis griffus qui l&rsquo;arrêtent. Elle admet à contrecoeur ce que son intelligence refuse de voir depuis tout à l&rsquo;heure. Son regard, cet effroi qu&rsquo;elle a senti au fond de sa poitrine quand elle lui a fait vider la voiture&#8230; La police qui te libère, après qu&nbsp;&raquo;on a décidé de te renvoyer dans ton pays, alors qu&rsquo;on n&rsquo;a pas cru à ton histoire, ça n&rsquo;existe pas dans son champ des possibles. Virginie lui a ouvert la porte pour mieux le perdre. Ils vont l&rsquo;abattre d&rsquo;une balle dans la nuque. Ils cherchent un prétexte, ont été mandatés pour une opération de basse police. Il suppure de peur, certain qu&rsquo;ils l&rsquo;ont conduit jusqu&rsquo;ici pour une corvée de bois.S&rsquo;il s&rsquo;élance entre les arbres, ils vont lui éclater le crâne à coups de crosse et l&rsquo;enterrer sur place. Voilà ce qu&rsquo;il se dit, enfermé dans son silence. Il ne se doute pas qu&rsquo;ils tentent de l&rsquo;aider. Il ne peut pas deviner que la police tadjike et la police française ne sont pas la même cantine&nbsp;&raquo;.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Police&nbsp;&raquo;, de Hugo Boris, Grasset, 17,50€.</strong></em></p>
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