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	<title>Quatrième de couv &#187; cheminement</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>La maternité, mystérieuse aventure&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Aug 2018 06:57:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un livre court au rythme haletant pour une histoire lourde. Avec &#171;&#160;Tombée des nues&#160;&#187;, Violaine Bérot, quinquagénaire installée dans les Pyrénées, propose un nouveau roman qui ne laisse pas indifférent. Impossible. A cause de son sujet, grave et mystérieux à la fois : le déni de grossesse. L&#8217;histoire, c&#8217;est donc celle de Baptiste et Marion [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TOMBEE-DES-NUES.jpg" rel="lightbox[4351]"><img class="alignleft size-full wp-image-4353 colorbox-4351" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TOMBEE-DES-NUES.jpg" alt="TOMBEE DES NUES" width="250" height="414" /></a></p>
<p style="text-align: left">Un livre court au rythme haletant pour une histoire lourde. Avec<strong> &laquo;&nbsp;Tombée des nues&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Violaine Bérot,</strong> quinquagénaire installée dans les Pyrénées, propose un nouveau roman qui ne laisse pas indifférent. Impossible. A cause de son sujet, grave et mystérieux à la fois : le déni de grossesse.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;histoire, c&rsquo;est donc celle de <strong>Baptiste</strong> et <strong>Marion</strong> qui ont décidé de reprendre une ferme, dans la montagne, à la lisière d&rsquo;un village un peu paumé. Là, elle se charge d&rsquo;élever des chèvres quand lui fait pousser des légumes et bâtit leur foyer. Un vie simple.</p>
<p style="text-align: left">Jusqu&rsquo;à cette nuit du 29 février. Froide et enneigée. Là, dans la baignoire de la maisonnée, <strong>Marion</strong> met au monde une petite fille. Elle ne savait cependant pas qu&rsquo;elle était enceinte, qu&rsquo;un petit être se lovait dans son ventre. Un choc. Un traumatisme que le couple va devoir encaisser. Avec pour chacun d&rsquo;entre eux, une réaction différente. Quand <strong>Baptiste</strong>, qui n&rsquo;avait jamais voulu d&rsquo;enfant, savoure l&rsquo;arrivée inopinée de cette petite, <strong>Marion</strong> se calfeutre dans le silence, se terre dans son lit. Elle n&rsquo;avait rien demandé, rien vu. Rien ressenti. L&rsquo;acceptation va prendre du temps. Plusieurs jours.</p>
<p style="text-align: left">Sitôt la nouvelle sue au village – c&rsquo;est <strong>Dédé</strong>, le voisin qui les a conduits tous les trois à l&rsquo;hôpital – la communauté s&rsquo;organise. Il faut aménager la maison, tricoter de la layette, trouver un prénom à bébé&#8230; et s&rsquo;occuper du cheptel !</p>
<p style="text-align: left"><span id="more-4351"></span></p>
<p style="text-align: left">Au fil des pages, des chapitres très courts, sans majuscule ni ponctuation, qui donnent la parole à <strong>Marion</strong>, à <strong>Baptiste,</strong> à <strong>Tony</strong> son meilleur ami, à <strong>Dédé</strong> qui va prendre en charge les chèvres, à la mère de <strong>Marion</strong>, aux deux tenancières du café, à la femme du maire et institutrice retraitée qui suit toute cette agitation de sa fenêtre et à la sage-femme qui a accouché <strong>Marion</strong>. Elle sait ce qu&rsquo;endure la quadragénaire déboussolée. Et va l&nbsp;&raquo;accompagner.</p>
<p style="text-align: left">Un roman sensible, tout en nuances qui peut se lire de plusieurs manières. En suivant la chronologie du roman, page après page, en se concentrant sur les jours ( du mardi au vendredi) ou encore en suivant le déroulement de l&rsquo;histoire via le ressenti des sept personnages narrateurs, en suivant le numéro du chapitre suivant indiqué entre parenthèses. Une lecture balisée qui permet d&rsquo;aborder cette acceptation de diverses manières. Sans jugement.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong></p>
<p style="text-align: left">24<em>. &laquo;&nbsp;Cette mère avait donc accouché seule à son domicile, et ayant accouché n&rsquo;avait pas pris conscience de ce qui venait de se passer, elle est arrivée à l&rsquo;hôpital absolument mutique, le père l&rsquo;accompagnait, mais affolé, perdu, lui non plus n&rsquo;ayant pas compris, ils avaient été conduits jusqu&rsquo;aux urgences par une autre personne, et quand j&rsquo;ai accouru vers leur groupe ce deuxième homme m&rsquo;a attrapée par le poignet, il m&rsquo;a dit j&rsquo;ai le petit, je me souviens qu&rsquo;il a employé ce terme, le petit, il a ouvert sa veste et j&rsquo;ai vu la serviette, le bébé était emmailloté à l&rsquo;intérieur, tout le temps du trajet il était resté bien au chaud contre le torse de l&rsquo;homme, il faut que vous sachiez qu&rsquo;un enfant né dans de telles conditions est condamné si sa mère ne parvient pas à sortir rapidement de son apathie, ne perdez pas de vue que pour elle l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas un enfant [&#8230;]&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 52-53 : </strong></p>
<p style="text-align: left">33.<em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;aurais voulu sauter dans le vide mais chaque fois qu&rsquo;il le prononçait le mot m&rsquo;enfonçait plus profondément dans la terre bourbeuse, je voulais voler et je m&rsquo;engluais, la vase cherchait à me recouvrir, à m&rsquo;ensevelir, à se refermer sur moi, je luttais mais Baptiste parlait encore et plus il parlait plus je m&rsquo;affaiblissais, il répétait ce mot qui me noyait, je perdais pied, j&rsquo;étais une plaie béante qui n&rsquo;en finissait plus de se déchirer, j&rsquo;aurais voulu hurler, j&rsquo;aurais dû hurler, mais ma bouche était remplie de boue, Baptiste me tenait toujours dans ses bras et j&rsquo;aurais voulu ne plus l&rsquo;entendre, ne plus rien entendre, il répétait ce mot dans mes oreilles, il répétait toujours ce même mot, et je suppliais mes oreilles de s&rsquo;emplir elles aussi de boue plutôt que de l&rsquo;écouter, parce que ce mot non, je ne pouvais pas&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 142-143 : </strong></p>
<p style="text-align: left">115. <em>&laquo;&nbsp;Marion ne sortait de sa torpeur que pour s&rsquo;inquiéter de ses bêtes., j&rsquo;observais cette femme avec laquelle j&rsquo;avais choisi de vivre, je ne comprenais pas, je me disais mais quelle mère peut réagir ainsi, délaisser aussi radicalement son enfant, qu&rsquo;a-t-elle Marion de cassé, de brisé, de détruit, pourquoi refuse-t-elle d&rsquo;accepter ce bébé qui nous tombe du ciel, pourquoi ne réagit-elle pas comme moi, pourquoi ne l&rsquo;aime-t-elle pas passionnément, pourquoi n&rsquo;a-t-elle pas envie de se battre pour rattraper le retard, à moi elle n&rsquo;adressait plus la parole, seulement ce sourire permanent sur son visage, et jamais un geste pour le bébé, elle laissait tout se dérouler sans montrer aucun intérêt à rien, elle ne semblait absolument pas concernée par le quotidien de l&rsquo;enfant, elle nous regardait avec ce même air absent, ce même sourire immuable, et quand je m&rsquo;approchais du lit cela provoquait toujours chez elle cet instant de frayeur qui la poussait à s&rsquo;éloigner au maximum, je m&rsquo;allongeais et lui tournais immédiatement le dos, et son corps que je savais pourtant couché à quelques centimètres du mien me paraissait à des kilomètres&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Tombée des nues&nbsp;&raquo;, Violaine Bérot, Buchet Chastel, 13 euros. </strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Moi, Annie D., au commencement de ma vie de femme&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/07/28/moi-annie-d-au-commencement-de-ma-vie-de-femme/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2016 07:06:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sa vie, elle la raconte. La décortique. Et nous, lecteurs ( je devrais dire lectrices), en prenons des bouts. Tout nous parle dans la vie d&#8217;Annie Ernaux. Et pour cause. Elle parle de nous. Depuis des décennies, cette septuagénaire aux cheveux auburn sait trouver les mots pour parler de l&#8217;enfant qui meurt, de l&#8217;amour qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERNAUX.jpg" rel="lightbox[3601]"><img class="alignleft size-full wp-image-3602 colorbox-3601" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ERNAUX.jpg" alt="ERNAUX" width="195" height="290" /></a> Sa vie, elle la raconte. La décortique. Et nous, lecteurs ( je devrais dire lectrices), en prenons des bouts. Tout nous parle dans la vie d&rsquo;<strong>Annie Ernaux</strong>. Et pour cause. Elle parle de nous.</p>
<p>Depuis des décennies, cette septuagénaire aux cheveux auburn sait trouver les mots pour parler de l&rsquo;enfant qui meurt, de l&rsquo;amour qui s&rsquo;éteint, de l&rsquo;avortement, de la maladie d&rsquo;un parent, de la jalousie qui s&rsquo;installe ou du temps qui passe et fait son oeuvre&#8230; Elle nous tend un miroir. Se sert de ce matériau autobiographique pour raconter nos vies.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;</strong>, elle pose la dernière pièce du puzzle de sa vie. La pièce manquante. La faille qui explique. Qui justifie. La <strong>&nbsp;&raquo; fille de 58 &laquo;&nbsp;</strong> se raconte. Enfin.</p>
<p><strong>Annie Ernaux</strong> l&rsquo;a souvent dit, écrit : ce sont les deux années passées entre ses dix-huit et ses vingt ans qui l&rsquo;ont rendue écrivain. Une période explorée, exploitée désormais. Grâce à ses souvenirs, ses impressions. Ses carnets intimes, eux, ont été brûlés par sa mère depuis longtemps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil des pages,<strong> &laquo;&nbsp;la fille de 58&Prime;</strong> se laisse donc approcher. Elle s&rsquo;appelle <strong>Annie Duchesne.</strong>  Nous sommes en 1958. Elle va avoir 18 ans pendant la colonie qu&rsquo;elle a rejoint à Sées, dans l&rsquo;Orne, comme monitrice.</p>
<p>La fille de l&rsquo;épicier d&rsquo;Yvetot, libre enfin, évolue dans un univers éloigné de son lycée tenu par les soeurs. Là, elle découvre autre chose. Elle est gauche, presque niaise.</p>
<p>Choisie puis rejetée par le beau H., le moniteur en chef, elle raconte, explique la meurtrissure de cette première expérience sexuelle ratée. La honte qui en suivra. Le mépris aussi dans lequel le reste de l&rsquo;équipe va la laisser alors qu&rsquo;elle se donne aux autres garçons comme pour laver l&rsquo;affront du rejet initial.</p>
<p>Après la colonie, elle mettra deux ans à errer, à se perdre. Pas guérie. Son corps le lui dira. Cinq ans plus tard, elle rencontrera celui qui deviendra son mari.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;,</strong> <strong>Annie Ernaux</strong> passe du &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; au &laquo;&nbsp;elle&nbsp;&raquo; pour évoquer la fille de 58. Une distanciation qui oblige à essayer de comprendre. Et de ne pas oublier. Cette fois encore, l&rsquo;auteure du &laquo;&nbsp;moi&nbsp;&raquo; frappe au coeur du lecteur. Sa conscience de classe fait mouche. Son approche sociologique aussi d&rsquo;ailleurs. Et son talent d&rsquo;écrivain fait le reste. Absolument indispensable, comme l&rsquo;ensemble de son oeuvre, d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 50 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je me passe et repasse la scène dont l&rsquo;horreur ne s&rsquo;est pas atténuée, celle d&rsquo;avoir été aussi misérable, une chienne qui vient mendier des caresses et reçoit un coup de pied. Mais ce visionnement réitéré ne vient pas à bout de l&rsquo;opacité d&rsquo;un présent disparu depuis un demi-siècle, laisse intacte et incompréhensible cette aversion d&rsquo;une autre fille à mon égard. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ne reste que cette certitude : Annie D, la petite fille gâtée de ses parents, l&rsquo;élève brillante est, à ce moment précis, un objet de mépris et de dérision dans le regard de Monique C. et de Claude L., de tous ceux qu&rsquo;elle aurait voulu ses pairs. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong> Pages 63-64 :</strong><em>&laquo;&nbsp;La fille de 58 ne s&rsquo;offusque pas, il me semble même qu&rsquo;elle s&rsquo;en amuse, comme d&rsquo;une agressivité moqueuse usuelle à son égard. Peut-être y voit-elle une preuve supplémentaire de la fausseté de leur jugement. Il y a erreur. Elle n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;ils disent qu&rsquo;elle est. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Cette certitude, à quoi l&rsquo;attribuer aujourd&rsquo;hui ? A sa virginité, qu&rsquo;elle conserve avec détermination, à son brillant parcours scolaire, sa lecture de Sartre ? Plus que tout  : à son amour fou pour H, l&rsquo;Archange comme elle continue de l&rsquo;appeler jusque devant Claudine D – qui, le doigt sur la tempe, la traite de </em>complètement siphonnée<em> – à cette espèce d&rsquo;incorporation de lui en elle qui la tient au-dessus de la honte. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ce n&rsquo;est pas elle, la honte, j&rsquo;en suis sûre, qui a fixé le souvenir des mots au dentifrice rouge, c&rsquo;est la fausseté de l&rsquo;insulte, de leur jugement à eux, de l&rsquo;inadéquation entre putain et elle. Je ne vois rien dans cette période qui puisse s&rsquo;appeler honte. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 149 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Il me semble aussi que j&rsquo;avais voulu revenir à S et revoir la colonie parce que j&rsquo;espérais ainsi puiser la force d&rsquo;écrire le roman que je voulais entreprendre. Une sorte de préalable nécessaire, bénéfique à l&rsquo;écriture, de geste propitiatoire – le premier d&rsquo;une série qui me fera plus tard retourner dans divers endroits – ou de prière, comme si le lieu pouvait être un obscur intercesseur entre la réalité passée et l&rsquo;écriture. Le détour par S s&rsquo;apparentait, au fond, au baiser que, à la suite des pèlerins et au grand dégoût de M. qui s&rsquo;en était gardée, j&rsquo;ai déposée sur le pied de la Vierge noire de Montserrat en formulant le voeu d&rsquo;écrire un roman.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Mémoire de fille&nbsp;&raquo;, Annie Ernaux, Gallimard, 15€.</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Dépasser le silence, enfin</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/04/11/depasser-le-silence-enfin/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2016 07:53:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Poursuivons notre découverte des petites pépites et autres trouvailles de cette rentrée littéraire. Un premier roman, ça vous dit ? Entrons dans &#171;&#160;De ce pas&#160;&#187;, écrit par Caroline Broué. Productrice depuis 2010 de l’émission &#171;&#160;La Grande Table&#160;&#187; sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DE-CE-PAS-OK.jpg" rel="lightbox[3499]"><img class="alignleft wp-image-3502 size-medium colorbox-3499" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DE-CE-PAS-OK-229x300.jpg" alt="DE CE PAS OK" width="229" height="300" /></a> Poursuivons notre découverte des petites pépites et autres trouvailles de cette rentrée littéraire. Un premier roman, ça vous dit ? Entrons dans <strong>&laquo;&nbsp;De ce pas&nbsp;&raquo;</strong>, écrit par <strong>Caroline Broué</strong>.</p>
<p>Productrice depuis 2010 de l’émission &laquo;&nbsp;La Grande Table&nbsp;&raquo; sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées, <strong>Caroline Broué</strong> est diplômée de Sciences politiques et de Lettres modernes.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce premier roman ? C&rsquo;est celle de <strong>Tin</strong>-<strong>Marjorie</strong>. Tin est bébé quand elle rejoint la France en 1975 avec sa mère. Elles ont fui le Cambodge, désormais aux mains des Khmers Rouges. Le père de la fillette, lui, est resté. Probablement mort.</p>
<p><strong>Tin</strong> deviendra danseuse comme sa mère. Puis danseuse étoile à l&rsquo;Opéra de Paris. Jusqu&rsquo;au jour où son corps lui dit stop. A quarante ans, <strong>Tin</strong> devenue <strong>Marjorie</strong>, doit réinventer sa vie. Et mettre des mots sur ce qui lui manque.</p>
<p>Son compagnon, <strong>Paul,</strong> est photographe. Sa manière à lui de parler. A la différence de <strong>Marjorie</strong>, lui a grandi dans les mots. Les paroles que l&rsquo;on prononce. Souvent trop violentes. Sa soeur a-t-elle été, comme elle le clamait il y a des années victime de leur propre père ? Alors il s&rsquo;est éloigné de sa famille protestante, installée en Ardèche. A rompu les liens. Mais comment faire pour avancer ?</p>
<p><strong>Marjorie</strong> et <strong>Paul</strong> doivent, pour se pas se perdre et ne pas mettre en danger leur couple, réinventer une grammaire à eux pour continuer à faire vivre leur passé. La quarantaine venue, il est temps d&rsquo;être en accord avec soi-même. Pas simple.</p>
<p><strong>Caroline Broué</strong> signe là un premier roman maitrisé et très bien écrit. Un vrai plaisir de lecture !</p>
<p><strong>L&rsquo;auteure évoque ici la genèse et l&rsquo;histoire de son premier roman</strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 83 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Paul avait beau être photographe, quand ils étaient ensemble, la main du peintre rejoignait le bras du danseur. Ce qui réunissait Paul et Tin, fondamentalement, c&rsquo;était le silence. Le silence de l&rsquo;art. Ils se trouvaient précisément à la jonction de deux axes complémentaires : celui du peintre dansant sur sa toile et celui du danseur composant les couleurs de sa chorégraphie. Leurs vies s&rsquo;entremêlaient, et ce mariage impromptu transcendait leurs différences. Ils n&rsquo;avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. L&rsquo;entente entre eux était tacite. Ils s&rsquo;accordaient d&rsquo;un regard furtif. D&rsquo;un geste de la main. Loin de tout bavardage, de tout mot superflu, leur mode d&rsquo;être et de relation relevait de l&rsquo;implicite, de l&rsquo;entendu avant même d&rsquo;être dit. Ils s&rsquo;étaient trouvés dans le silence. Ils se retrouvaient sur l&rsquo;essentiel.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 122-123 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Paul et Marjorie n&rsquo;arrivent plus à se parler. Les mots restent bloqués dans leur gorge. Marjorie est aussi impuissante que Paul est désarmé. Ils sont deux êtres seuls, isolés, retranchés dans leur tour. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et puis, un soir, sans crier gare, Paul se met à hoqueter. “J&rsquo;étouffe. Je me noie. Marjorie, je me noie. Ils ne me quittent pas, ils m&rsquo;assaillent. Ils m&rsquo;emmènent vers le tourbillon. Je ne parviens plus à fuir. Ils envahissent tout, me demandent des comptes, obstruent ma vue, mon ouïe, ma bouche, accablent mes sens. Je ne peux leur échapper. Ils m&rsquo;enserrent de leur point de vue, de leur monde étriqué, enfermé sur eux-mêmes, sur leur égocentrisme. Ils m&rsquo;empêchent. J&rsquo;ai peur de reproduire la même chose avec toi. Je ne peux plus avancer. J&rsquo;ai marché en crabe toute ma vie, j&rsquo;ai contourné les obstacles pour m&rsquo;en sortir, pour échapper à leur emprise, mais la marée est plus forte, et la vague est sur le point d&rsquo;engloutir mes efforts. J&rsquo;ai fait de mon mieux pour accomplir ma mission. Mais, quand j&rsquo;ai fui, j&rsquo;ai failli à ma charge. Je les ai laissés se débrouiller seuls. Je n&rsquo;ai pas été à la hauteur des attentes de ma famille. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 146 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Le père de Paul est mort. Les funérailles ont lieu à Aubenas. Paul s&rsquo;y rend seul, selon sa volonté. Il n&rsquo;a aucune envie de mêler Marjorie et Elena à tout ça. Ce n&rsquo;est pas le moment pour elles de faire connaissance avec sa famille. Il n&rsquo;est pas retourné là-bas depuis son départ fracassant, il sait que les souvenirs vont s&rsquo;entrechoquer et que toute sa douleur va remonter. Il sait aussi que Suzie ne peut se tenir en compagnie de sa mère. Il se souvient de toutes ces scènes auxquelles il a assisté avant de décider de ne plus se rendre à aucun endroit où elles seraient toutes les deux. Des drames, des cris, des pleurs. Non, merci.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;De ce pas&nbsp;&raquo;, Caroline Broué, Sabine Wespieser éditeur, 17€.</strong></em></p>
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