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	<title>Quatrième de couv &#187; Canada</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Une vérité avant de s&#8217;en aller&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2023 07:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; L&#8217;écrivain américain Russell Banks est décédé le 7 janvier à l&#8217;âge de 82 ans. L&#8217;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&#8217;a cessé de dépeindre l&#8217;Amérique des marges et de la middle-class désabusée. Russell Banks était lui-même issu d&#8217;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père. S&#8217;inspirant davantage de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" rel="lightbox[6229]"><img class="alignleft size-full wp-image-6232 colorbox-6229" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/OH-CANADA.jpg" alt="OH CANADA" width="617" height="1021" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;écrivain américain <strong>Russell Banks</strong> est décédé le 7 janvier à l&rsquo;âge de 82 ans.</p>
<p>L&rsquo;auteur laisse une œuvre majeure dans laquelle il n&rsquo;a cessé de dépeindre l&rsquo;Amérique des marges et de la middle-class désabusée.</p>
<p><strong>Russell Banks</strong> était lui-même issu d&rsquo;un milieu modeste, marqué par la violence de son enfance et la figure absente du père.</p>
<p>S&rsquo;inspirant davantage de la langue parlée que de la langue écrite, il s&rsquo;est approché au plus près des marginaux. Et raconter les dysfonctionnements de la société américaine.</p>
<p>En quelque 50 ans, <strong>Russell Banks</strong> a écrit une vingtaine de livres. Certains d&rsquo;entre eux m&rsquo;ont accompagnée (<em>Affliction, De beaux lendemains, Histoire de réussir,  Sous le règne de Bone, Trailerpark, American darling, La réserve, <a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/03/29/la-middle-class-americaine-a-la-loupe/">Un membre permanent de la famille</a></em>&#8230;)</p>
<p>Son dernier roman, <strong><em>Oh, Canada</em></strong> a été publié à la rentrée littéraire de septembre 2022. Un livre testamentaire à y regarder de plus près.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Au seuil de la mort, <strong>Leonard Fife</strong>, célèbre documentariste, accepte une interview filmée que veut réaliser l’un de ses disciples, <strong>Malcolm</strong>. <strong>Fife</strong> a exigé le noir complet sur le plateau ainsi que la présence constante de sa femme, <strong>Emma</strong>, pour écouter ce qu’il a à dire, loin des attentes de <strong>Malcolm</strong>.</p>
<p>Après une vie de mensonges, <strong>Fife</strong> entend lever le voile sur ses secrets mais, sous l’effet de l’aggravation rapide de son état, sa confession ne ressemble pas à ce que lui-même avait prévu.</p>
<p>Puissant, écorché, bouleversant, ce roman testamentaire sur les formes mouvantes de la mémoire pose la question de ce qui subsiste – de soi, des autres – lorsqu’on a passé sa vie à se dérober.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman de plus de 300 pages qui retrace des décennies d&rsquo;un parcours personnel, plongé notamment dans le contexte de la guerre du Vietnam.</p>
<p><span id="more-6229"></span></p>
<p style="text-align: left">Un roman dense et puissant. Un regard sans complaisance sur la vie d&rsquo;un homme qui oscille entre souvenirs et vérité arrangée. Jusqu&rsquo;où peut-on dire la vérité ? Et à qui ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 21 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Pendant quelques secondes, tout le monde se tait, dans l&rsquo;attente de la première question de Malcolm. Mais brusquement Fife déclare qu&rsquo;il va répondre à une question que personne ne sait poser aujourd&rsquo;hui. Ou que personne n&rsquo;est assez grossier pour poser. On la lui a souvent posée autrefois, au fil des ans, aussi bien en privé qu&rsquo;en public, et on suppose qu&rsquo;il y a répondu complètement et sincèrement maintes fois, et que, par conséquent, y revenir serait soit stupide, soit insultant. Et la lui poser en cette occasion particulière paraîtrait également stupide ou insultant, voire les deux, alors qu&rsquo;en fait elle n&rsquo;est ni l&rsquo;une, ni l&rsquo;autre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>La question, dit-il, est tout simplement : pourquoi, au printemps 1968, as-tu décidé de quitter les Etats-Unis et d&rsquo;émigrer au Canada ? &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Il dit : Ca vous paraîtra de la fiction, comme si j&rsquo;inventais presque tout, mais ça ne me dérange pas. Je me fous de ce que vous ferez avec mon histoire une fois que j&rsquo;aurai fini de la raconter. Je serai mort. Vous pouvez la couper et la raccorder comme ça vous chante, lui donner la forme qui vous plaira et plaira à ceux qui vous payent pour faire ce film. Mais quoi que vous fassiez de mon histoire une fois que je l&rsquo;aurai racontée, vous m&rsquo;aurez vu et entendu dire à ma femme avec quel genre d&rsquo;homme elle s&rsquo;est mariée, avec qui elle a vécu et travaillé toutes ces années. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 275 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Elle baisse la voix d&rsquo;un cran, car elle suppose qu&rsquo;à cause de son audition affaiblie Fife ne pourra pas tout à fait l&rsquo;entendre. En grande majorité, c&rsquo;est quand même de la confabulation, dit-elle à Diana et à Malcolm. Son psychiatre lui a conseillé de ne pas confondre Fife avec ce qu&rsquo;on appelle la réalité. Acceptez ce qu&rsquo;il appelle réalité parce que c&rsquo;est ce qui est réel pour lui, et il pourrait être terrifié et furieux si elle remettait ça en question. Par exemple, cette petite fille qu&rsquo;il aurait abandonnée à Boston ? C&rsquo;était son bébé à elle, dit-elle. Le bébé d&rsquo;Emma, pas de Fife. Et ça s&rsquo;est passé à Montréal. La fausse couche tardive, c&rsquo;était aussi celle d&rsquo;Emma. Pas celle d&rsquo;on ne sait quelle autre épouse. En plus, il y avait deux gosses, pas un. C&rsquo;est Emma qui les a abandonnés. Et elle n&rsquo;en a jamais fait un secret. Tous ceux qui connaissent Emma et Fife sont au courant de cette histoire depuis des années.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Oh, Canada, Russell Banks, Actes sud, 23€ (traduction de Pierre Furlan)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Au bord des lacs, la rudesse des sentiments</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/12/au-bord-des-lacs-la-rudesse-des-sentiments/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/11/12/au-bord-des-lacs-la-rudesse-des-sentiments/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Nov 2018 07:58:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire  &#160; On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&#8217;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs. Là, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #800080">Rentrée littéraire </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="alignleft wp-image-4438 size-medium colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/SOUPLESSE-OS-204x300.jpg" alt="SOUPLESSE OS" width="204" height="300" /></a></p>
<p>On poursuit notre découverte des livres de la rentrée ? Cette fois, on prend le large et on traverse le Canada jusqu&rsquo;en Colombie-Britannique. Pas à Victoria ou à Vancouver, non. Aux confins des plus petites villes du côté de Kootenay Valley. Dans la campagne, dans la forêt. Au bord des lacs.</p>
<p>Là, on suit <strong>D.W. Wilson</strong>, un auteur trentenaire qui, après un premier roman, signe là un recueil de nouvelles passionnant,<strong> &laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;. </strong></p>
<p>C&rsquo;est là que nous croisons une dizaine de personnages qui, au fil de ce recueil de douze nouvelles, se croisent. Se quittent. Se battent. S&rsquo;expliquent. Ou, au contraire, ne trouveront jamais les mots&#8230;</p>
<p>Des pères et leurs fils, des amis, des frères&#8230; Un monde où les hommes sont rudes, taiseux, virils&#8230; et pas toujours fins. Vulnérables aussi. Mais également dignes, obstinés.</p>
<p>Les bonnes intentions se transforment parfois en échecs cuisants, les non-dits gâchent des vies&#8230;</p>
<p>Au final, des histoires qui, mises bout à bout, peuvent se lire comme un roman ou, au choix, comme une succession de bouts de vie rondement menée. Bien écrites.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4442" style="width: 588px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" rel="lightbox[4436]"><img class="wp-image-4442 size-full colorbox-4436" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/QUEBEC.jpg" alt="QUEBEC" width="578" height="1024" /></a><p class="wp-caption-text">Dans un parc, au Québec, que j&rsquo;ai arpenté en septembre 2017.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4436"></span></p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 64 (&laquo;&nbsp;Sédiments&nbsp;&raquo;) :</strong> [&#8230;] <em>&laquo;&nbsp;Mais c&rsquo;est l&rsquo;été, que voulez-vous. L&rsquo;été comme moi, je le vis. Ces nuits-là sont courtes et certains soirs, je m&rsquo;endors, je me réveille et je rêve, sous mon porche, en attendant que l&rsquo;aube taquine la cime des montagnes. Bellows est le seul à avoir jamais pris ma défense. Même mon père, paix à son âme, n&rsquo;a jamais eu ce cran-là. Lorsque la nuit bat en retraite et que l&rsquo;aube se pare de cobalt, je regagne ma maison d&rsquo;un pas traînant et je mets de la musique pour chasser la solitude. Je me sers un verre. Il reste certainement des choses que Bellows et moi, on a enfouies en nous, mais ce bateau-là, si je reprends une expression paternelle, est rentré au port. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Voilà comment j&rsquo;imagine nos adieux : la veille de son départ on monte dans la Camaro et on fonce comme des dingues à travers la carrière tous phares éteints, et on braille, on se marre, on s&rsquo;embrasse et on multiplie les dérapages contrôlés et à la fin on a soulevé tellement de gravillons qu&rsquo;on croirait qu&rsquo;une tornade est passée derrière nous.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 110 (&laquo;&nbsp;C&rsquo;te crevure de vache&nbsp;&raquo;) :</strong><em>[&#8230;] Le plan de Biff : localiser le gamin en passant le lac gelé au peigne fin, quitte à retourner toute la Colombie-Britannique, même les étendues glacées du Grand Nord s&rsquo;il le fallait, et lui mettre une petite tape sur le genou. C&rsquo;était le minimum : personne d&rsquo;autre n&rsquo;avait jamais levé le petit doigt pour lui sauver la vie. Car le gamin lui avait sauvé la vie, oui, sur une exploitation agricole dans les Prairies, et il n&rsquo;avait pas plus de treize ans à l&rsquo;époque. Biff avait déjà frôlé la mort, plus d&rsquo;une fois – il avait failli se noyer dans la rivière Kicking Horse et chopé une pneumonie gravissime à onze ans –, mais seul le gamin s&rsquo;était jeté sous les sabots d&rsquo;un taureau déchaîné, pour reprendre le proverbe, à deux trois détails près.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 180 (&laquo;&nbsp;L&rsquo;écho au fond de la vallée&nbsp;&raquo;) :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Winch atteignit un point de non-retour. Une énorme pression le propulsa vers l&rsquo;avant. Son père portait un T-shirt gris au tissu élimé et au col troué, un jean aussi crasseux que celui d&rsquo;un poivrot. Il avait les yeux rougis, fous, exorbités. Winch avança à grandes enjambées, chassa du pied une pile de livres et, prenant son élan, il se rua sur son père, le saisit par le cou et le plaqua contre le mur en Placoplâtre. Il banda ses muscles et son bras nu, perlé de gouttes, se raidit. Son père agrippa l&rsquo;étau de ses doigts, tira dessus. La scène de bagarre entre ses parents à laquelle il avait assisté se rejouait, les pupilles de son père qui s&rsquo;étrécissaient, ses gestes qui devenaient frénétiques. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Winch gifla son père du revers de la main, si fort qu&rsquo;il s&rsquo;ouvrit les jointures des doigts.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;La souplesse des os&nbsp;&raquo;, D.W. Wilson, Editions de l&rsquo;Olivier, 23 euros. </strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Face à face hypnotique sous la neige</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/06/25/face-a-face-hypnotique-sous-la-neige/</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Jun 2018 07:13:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; Voilà encore un roman devant lequel j&#8217;aurais pu passer sans le voir. Grave erreur ! Heureusement, mes deux libraires préférées ( à Tours et à Quimperlé, en Bretagne) m&#8217; ont, chacune à leur tour, vanté les talents de Christian Guay-Poliquin, qui signe avec &#171;&#160;Le poids de la neige&#160;&#187;, son deuxième roman, largement primé de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà encore un roman devant lequel j&rsquo;aurais pu passer sans le voir. Grave erreur ! Heureusement, mes deux libraires préférées ( à Tours et à Quimperlé, en Bretagne) m&rsquo; ont, chacune à leur tour, vanté les talents de <strong>Christian Guay-Poliquin</strong>, qui signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Le poids de la neige&nbsp;&raquo;</strong>, son deuxième roman, largement primé de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique ( dont le prix France-Québec).</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-le-poids-de-la-neige.jpg" rel="lightbox[4264]"><img class="alignleft size-full wp-image-4267 colorbox-4264" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/zoom-le-poids-de-la-neige.jpg" alt="zoom-le-poids-de-la-neige" width="380" height="542" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans son premier roman déjà, une panne d&rsquo;électricité faisait partie du décor, de l&rsquo;histoire. On la retrouve ici, en plein hiver, dans une petite bourgade déjà isolée qui, pendant les longs mois de l&rsquo;hiver canadien, va se retrouver totalement coupée du monde.</p>
<p>De quoi exacerber les tensions, de faire naître aussi des solidarités, parfois de façade seulement.</p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle est simple. Et tragique. Un homme, qui a quitté le village depuis dix ans, visiblement en mauvais termes avec son père, revient. Il sait que ce dernier est en train de mourir. Il reviendra trop tard cependant et est victime d&rsquo;un accident, grave. Les jambes écrasées, il ne peut être évacué ni réellement pris en charge à cause de la neige, de la panne d&rsquo;électricité.</p>
<p>C&rsquo;est <strong>Matthias</strong>, lui aussi échoué là depuis déjà plusieurs semaines, qui va devoir prendre en charge le blessé. Il le soigne, le nourrit et pourra ainsi espérer regagner la ville et sa femme qui l&rsquo;attend ( c&rsquo;est en tout cas ce qu&rsquo;il dit) dès le premier convoi organisé, au printemps. A l&rsquo;écart du village, les deux hommes vont devoir cohabiter.  C&rsquo;est l&rsquo;homme blessé qui raconte.  Il n&rsquo;a pas encore recouvré l&rsquo;usage de la parole ni celui de ses jambes. <strong>Matthias,</strong> sexagénaire ou septuagénaire, veille sur lui. Il y a aussi des visites, celles de <strong>Maria</strong> la vétérinaire, de <strong>José,</strong> de <strong>Joseph</strong>, d&rsquo;autres encore qui voient dans le jeune homme secouru, mécanicien de métier, l&rsquo;occasion de pouvoir enfin fuir&#8230;</p>
<p>D&rsquo;une cohabitation non choisie qui n&rsquo;est pas simple va naître une complicité laborieuse. Mais il y a la neige, le silence, le temps qui passe et cet hiver qui n&rsquo;en finit pas. Il y a les rancoeurs, les petites trahisons, les larcins et ce quotidien colmaté qui les tue à petit feu&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-4264"></span></p>
<p>Dans une ambiance devenue menaçante, le fascinant décor devient mortifère au fil des pages. La tension narrative est palpable. Chaque geste est pensé, pesé. Tout compte. Un roman fascinant. Vraiment.</p>
<p><strong>Ici, une vidéo dans laquelle l&rsquo;auteur explique son intention d&rsquo;écriture : </strong></p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"> <strong>Page 18 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Je connais pourtant ce décor par coeur. Je l&rsquo;observe depuis longtemps. Je ne me souviens plus vraiment de l&rsquo;été, à cause de la fièvre et des médicaments, mais j&rsquo;ai vu le lent mouvement du paysage, le ciel gris de l&rsquo;automne, la lumière rougeoyante des arbres. J&rsquo;ai vu les fougères se faire mâcher par le givre, les hautes herbes casser à la moindre brise, les premiers flocons se poser sur le gel gelé. J&rsquo;ai vu les traces laissées par les bêtes qui inspectaient les alentours après la première neige. Depuis, le ciel n&rsquo;en finit plus d&rsquo;ensevelir le décor. L&rsquo;attente domine le paysage. Et tout a été remis au printemps. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 52 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Avant la neige, tu ne voulais rien avaler et voilà que tu manges comme un goinfre. Comme un porc. Souvent, j&rsquo;ai eu peur que la fièvre t&rsquo;emporte. Mais tu t&rsquo;en es sorti à chaque fois. Tu es mon obstacle, mon contretemps. Et mon billet de retour. Tu as beau rester de glace, je sais que tu t&rsquo;accroches désespérément à mes phrases. Tu supportes peut-être bien la douleur, mais tu crains la suite. Alors je te raconte des choses. N&rsquo;importe quoi. Quelques éclats de souvenirs, de fantômes, de mensonges. Chaque fois ton visage s&rsquo;éclaircit. Pas beaucoup, mais un peu. Le soir, je te parle aussi de mes lectures. Longuement parfois, jusqu&rsquo;à ce que l&rsquo;aube chasse la nuit. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 169 :</strong> <em>&nbsp;&raquo; Tu devrais peut-être t&rsquo;étendre sur le divan, lui dis-je doucement. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ses yeux s&rsquo;ouvrent alors comme les tisons d&rsquo;une forge sous les coups d&rsquo;un soufflet. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>C&rsquo;est toi qui me dis quoi faire maintenant ? C&rsquo;est toi qui me maternes ? C&rsquo;est toi qui décides désormais, qui commandes ? Tu boites peut-être, mais tes plaies se sont bien refermées. Tu n&rsquo;as plus besoin de moi, c&rsquo;est ça ? Ma présence t&rsquo;encombre, te dérange, et tu cherches à me le faire comprendre. Tu vas mieux, certes, mais qu&rsquo;est-ce que tu comptes faire maintenant ? Tu as quelque part où aller ? Tu veux rester ici ? La neige s&rsquo;accumule, la nourriture manque et les gens désertent le village. Je ne peux pas croire que je suis encore ici, vocifère-t-il entre ses dents, je ne sais même plus comment tout cela est arrivé. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Ses pupilles convergent dans ma direction</em>, comme un viseur qui me garde en joue.</p>
<p style="text-align: left">C&rsquo;est de la faute, tout est de la faute !&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<p><em> </em></p>
<p><em><strong> &laquo;&nbsp;Le poids de la neige&nbsp;&raquo;, Christian Guay-Poliquin, Les éditions de l&rsquo;Observatoire, 19 €.</strong></em></p>
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		<title>Quand la guerre force le destin&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2016/05/23/quand-la-guerre-force-le-destin/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2016 07:35:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2016 On poursuit notre promenade parmi les premiers romans sélectionnés cette année pour le prix Roblès. En attendant la proclamation du nom du lauréat 2016, le 3 juin, voici une nouvelle découverte avec &#171;&#160;Today we live&#160;&#187; écrit par Emmanuelle Pirotte, scénariste de métier. Avec  ce roman ramassé, elle nous entraine en Belgique, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Sélection prix Roblès 2016</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TODAY.jpg" rel="lightbox[3569]"><img class="alignleft size-full wp-image-3577 colorbox-3569" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TODAY.jpg" alt="TODAY" width="195" height="307" /></a>On poursuit notre promenade parmi les premiers romans sélectionnés cette année pour<strong> le prix Roblès.</strong> En attendant la proclamation du nom du lauréat 2016, le 3 juin, voici une nouvelle découverte avec <strong>&laquo;&nbsp;Today we live&nbsp;&raquo;</strong> écrit par <strong>Emmanuelle Pirotte</strong>, scénariste de métier.</p>
<p>Avec  ce roman ramassé, elle nous entraine en Belgique, au coeur de la Deuxième Guerre mondiale. Nous sommes en décembre 1944, en pleine contre-offensive allemande dans les Ardennes belges.</p>
<p>Une petite fille juive, que tous appellent <strong>Renée</strong> est confiée à deux soldats qui se disent américains. Il n&rsquo;en est rien. Les deux hommes sont Allemands, infiltrés. <strong>Mathias</strong> abat son camarade et s&rsquo;enfuit avec la fillette de sept ans. Pour faire quoi ? Pour aller où ? La guerre les rattrape et la forêt, un temps un abri, ne l&rsquo;est plus.</p>
<p>De cette rencontre improbable, de cette cavale épique et de cette amitié étrange, <strong>Mathias</strong> et <strong>Renée</strong> font faire le socle de leur histoire. Un roman bien mené. Qui tient en haleine. Personne n&rsquo;y est tout à fait bon ou méchant. Les circonstances sont exceptionnelles, les hommes et les femmes s&rsquo;adaptent. Et s&rsquo;arrangent pour survivre.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Today we live<em>&laquo;&nbsp;</em> </strong>a reçu le Prix Edmée de La Rochefoucauld 2016.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 24 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Mathias était un maillon de cette machine de destruction. Il était un des membres de l&rsquo;ogre affamé. Mais cela ne l&rsquo;empêchait pas de dormir. Il avait pris ce que le système avait de meilleur à lui offrir, en sachant exactement dans quelle merde il mettait les pieds. Et personne ne l&rsquo;avait obligé à participer à la danse, il s&rsquo;était invité tout seul.</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Depuis quelques mois, la grande fête macabre virait au pathétique. La guerre était perdue et on faisait semblant que c&rsquo;était tout le contraire. Cette opération Greif était du plus parfait ridicule : quelques pauvres types à peine sortis du ventre de leur mère, braillant l&rsquo;anglais comme une fermière de Souabe, aussi convaincants en fils de l&rsquo;Oncle Sam que Goebbels en danseur de claquettes. Même les déguisements étaient lamentables  : pleins d&rsquo;à-peu-près et d&rsquo;inexactitudes, comme des costumes de fête d&rsquo;école pour pauvres. Mais enfin, Mathias avait accepté, ainsi que trois ou quatre des meilleurs de la bande au Balafré.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 60 :</strong><em> &laquo;&nbsp;Trappeur dans les forêts du nord de la baie James au milieu des années 1930, Mathias avait vécu seul, côtoyant les Indiens de loin, pour les besoins de la traite. Et puis un jour, son canoë s&rsquo;était retourné dans les rapides d&rsquo;Avoine de la rivière Rupert. Chihchuchimâsh l&rsquo;avait trouvé, agonisant sur une plaque de pierre en bordure de la rivière. C&rsquo;était le chien de Mathias qui avait attiré la vieille femme jusqu&rsquo;à lui. Mathias avait le crâne fracassé, mais il s&rsquo;en était remis, après une forte fièvre qui avait duré une semaine. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mathias marcha ainsi longtemps, visité par de brèves et puissantes fulgurances, venues du Canada. Malgré son état de confusion, de profonde incertitude, il savait une chose : la forêt lui avait terriblement manqué. Une vraie forêt. C&rsquo;était la première fois depuis cinq ans qu&rsquo;il y vivait plus de quelques heures d&rsquo;affilée. Ses entraînements chez les Brandebourgeois comportaient des parcours dans les bois, et ses missions d&rsquo;infiltration parmi les résistants du Vercors l&rsquo;avaient amené à vivre dans la nature, mais il s&rsquo;apercevait à présent à quel point ces moments avaient été trop rares.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 180-181 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;“La plupart de tes copains préfèrent se faire buter plutôt que donner des infos. Qu&rsquo;est-ce que tu veux ? ”</em></p>
<p style="text-align: left"><em>Mathias se figea à la question de Pike. Que voulait-il ? Il se sentait épuisé comme jamais il ne l&rsquo;avait été. Il en avait par-dessus le képi. Cette guerre avait cessé de l&rsquo;amuser depuis sa dernière infiltration dans la Résistance française, quand il avait dû abattre trois adolescents, deux garçons de dis-sept ans et une fille de dix-huit, sur la place d&rsquo;un village. Il leur avait tiré dans le dos alors qu&rsquo;ils s&rsquo;enfuyaient, sous les yeux de la mère des garçons, une femme d&rsquo;un courage exceptionnel qui l&rsquo;avait hébergé, nourri pendant des semaines. Ce jour-là, il s&rsquo;était dit qu&rsquo;il lui était à peu près égal de vivre ou de mourir. Seulement on ne meurt pas si facilement quand on est une bête de guerre surentrainée. C&rsquo;est plus fort que soi. Renée était venue tout chambouler. De nouveau, il avait en envie de vivre, pour elle, et pour lui. Pour lui avec elle. Il voulait vivre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il dit à Pike. Celui-ci eut un sourire désolé, parce que ce n&rsquo;était pas ce qui était prévu. &laquo;&nbsp;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong> &laquo;&nbsp;Today we live&nbsp;&raquo;, Emmanuelle Pirotte, au Cherche Midi, 16,50€. </strong> </em></p>
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		<title>Canada ou quatre vies brisées</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Dec 2013 10:30:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA[Richard Ford]]></category>
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		<description><![CDATA[Il vient de remporter le prix Fémina étranger 2013. Lauréat de plusieurs prix littéraires prestigieux, Richard Ford était l&#8217;un des romanciers attendus de la rentrée littéraire. Avec &#171;&#160;Canada&#160;&#187;, il signe un (long) roman entre Etats-Unis et Canada. &#160; &#160; Déjà couvert de lauriers littéraires, Richard Ford est né à Jackson (Mississippi) en 1944. Il est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il vient de remporter le <strong>prix Fémina étranger 2013</strong>. Lauréat de plusieurs prix littéraires prestigieux, <strong>Richard Ford</strong> était l&rsquo;un des romanciers attendus de la rentrée littéraire. Avec <strong>&laquo;&nbsp;Canada&nbsp;&raquo;</strong>, il signe un (long) roman entre Etats-Unis et Canada.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CANADA.jpg" rel="lightbox[2214]"><img class="alignleft size-full wp-image-2218 colorbox-2214" style="margin: 10px" alt="CANADA" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/CANADA.jpg" width="200" height="304" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Déjà couvert de lauriers littéraires,<strong> Richard Ford</strong> est né à Jackson (Mississippi) en 1944. Il e<strong>st l&rsquo;auteur de &laquo;&nbsp;Une saison ardente&nbsp;&raquo; (1991),</strong> &laquo;&nbsp;Un week-end dans le Michigan&nbsp;&raquo; (1999) et de <strong>&laquo;&nbsp;L&rsquo;Etat des lieux&nbsp;&raquo;</strong> (2008). En 1996, il a reçu le PEN/Faulkner Award et le prix Pulitzer en 1996 pour<strong> &laquo;&nbsp;Indépendance&nbsp;&raquo;</strong>. Autant de livres que je n&rsquo;ai pas lus&#8230;</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;Canada&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Richard Ford</strong> signe un roman que le narrateur, alors pagée de 63 ans nous raconte. Lui, c&rsquo;est <strong>Dell Parsons</strong>. Quand l&rsquo;histoire commence, il a quinze ans et une soeur jumelle, <strong>Berner</strong>. Avec ses parents, <strong>Bev et Neeva Parsons</strong>, il vit dans le Montana à<strong> Great Falls</strong>. Nous sommes dans les années 60.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2214"></span></p>
<p>Son père, <strong>Bev</strong>, est un ancien d&rsquo;Air Force qui essaye de trouver sa voie et de quoi faire vivre sa famille. Sans grand succès. Sa femme, <strong>Neeva</strong>, minuscule femme myope enseigne.</p>
<p>Un couple assez improbable qui va se lancer dans une histoire stupide et dérisoire : un braquage minable dans l&rsquo;Etat voisin du Dakota du nord. Rapidement, le couple est démasqué, écroué. Leurs jumeaux sont alors livrés à eux-mêmes, abandonnés.</p>
<p>Si <strong>Berner</strong> s&rsquo;en va de son côté, <strong>Dell, passionné d&rsquo;apiculture et qui veut retourner au lycée,</strong> rejoint le Canada selon le plan échafaudé par sa mère ( qui finira par se suicider), condamné à l&rsquo;exil par la faute de ses parents. Dans le <strong>Saskatchewan, au Canada, Dell va travailler pour le mystérieux Arthur Remlinger dans des conditions assez misérables. Et, à nouveau, sa vie va être bouleversée. A cause de meurtres et du passé de son hôte.<br />
</strong></p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Canada&nbsp;&raquo;</strong> nous parle de l&rsquo;enchaînement des destinées, de la fin de l&rsquo;innocence et de la jeunesse perdue, bien trop tôt. Et à jamais.  Le roman pose aussi la question de savoir ce qu&rsquo;est une vie normale. Et une vie heureuse.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 17 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Malgré tout, leur bizarre disparité m&rsquo;apparait encore aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;une des raisons pour lesquelles ils ont mal fini : ils n&rsquo;allaient pas ensemble, c&rsquo;était un fait, ils n&rsquo;auraient jamais dû se marier ni rien, leurs chemins, auraient dû se séparer après leur première rencontre enflammée, au mépris des conséquences. Plus ils restaient ensemble, mieux ils se connaissaient, et mieux elle – en tout cas, réalisait leur erreur, alors avec le temps temps leur vie déviait de sa trajectoire, telle la démonstration laborieuse d&rsquo;un problème de mathématiques qui, entachée d&rsquo;une erreur de calcul au départ, vous éloigne ensuite inexorablement des données initiales cohérentes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 234</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Personne n&rsquo;est venu voir ce qui nous devenions ni nous chercher pour nous mettre en lieu sûr : voilà bien la mesure de notre insignifiance, et de la ville qu&rsquo;était Great Falls. Pas de Protection des mineurs, pas de police, pas de tuteurs pour nous prendre en charge. Personne n&rsquo;est venu fouiller la maison pendant que je m&rsquo;y trouvais. Et quand ça se passe de cette façon, que personne ne vous remarque, les gens et les choses s&rsquo;oublient vite, on se détache. Et c&rsquo;est ce qui est arrivé. Mon père se trompait souvent, mais pas sur Great Falls. Les gens ne voulaient rien savoir de nous. Ils étaient tout disposés à nous laisser disparaître si on en avait envie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 451 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Je leur dis que je suis un “conscrit canadien” et que le Canada m&rsquo;a sauvé d&rsquo;un sort pire que la mort – ils croient que je parle de l&rsquo;Amérique. Parfois ils me demandent par boutade si j&rsquo;ai changé de nom. Je leur assure qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. L&rsquo;usurpation d&rsquo;identité et les masques sont de grands thèmes de la littérature américaine. C&rsquo;est beaucoup moins vrai au Canada. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Au bout d&rsquo;un moment, je cesse d&rsquo;aller dans leur sens. Le Canada ne m&rsquo;a pas sauvé ; je le leur dis seulement parce qu&rsquo;ils ont envie de le croire. Si mes parents n&rsquo;avaient pas fait ce qu&rsquo;ils ont fait, s&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas morts en tant que parents, ma soeur et moi aurions mené des vies américaines sans déviance et nous nous en serions très bien portés. Mais de leur écart est survenu le nôtre&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">475 pages ! Dont 200 consacrées à l&rsquo;histoire de Bev et de Neeva, deux personnages dont rien ne laissait présager qu&rsquo;ils deviendraient des braqueurs du dimanche ! Si long avant d&rsquo;entrer dans la vie de Dell, bouleversée, anéantie. Lui et sa soeur sont les héros d&rsquo;une histoire singulière, stupide. Des adolescents livrés à eux-mêmes. Confrontés à une vie qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas choisie. Bien écrit&#8230; mais si long ! Peut-être à cause des répétitions ? </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Canada&nbsp;&raquo;, de Richard Ford, Editions de l&rsquo;Olivier, 22,50€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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