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	<title>Quatrième de couv &#187; cambriolage</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Au volant d&#8217;un bus, se libérer enfin&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 15 May 2023 06:37:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Le résumé de ce roman paraissait singulier. Et donnait envie de s&#8217;y plonger. Bonne pioche ! Le deuxième roman d&#8217;Arnaud Sagnard remplit toutes ses promesses ! L&#8217;auteur est journaliste,  rédacteur en chef au Nouvel Observateur depuis 2014. Précédemment, il avait participé à la création du magazine GQ et de 20 minutes. Son premier roman Bronson avait été publié en 2016.  La filature avait été [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILATURE.jpeg" rel="lightbox[6308]"><img class="alignleft wp-image-6315 size-full colorbox-6308" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/LA-FILATURE.jpeg" alt="LA FILATURE" width="600" height="959" /></a></div>
<div> Le résumé de ce roman paraissait singulier. Et donnait envie de s&rsquo;y plonger. Bonne pioche ! Le deuxième roman d&rsquo;<strong>Arnaud Sagnard</strong> remplit toutes ses promesses !</p>
<div>L&rsquo;auteur est journaliste,  rédacteur en chef au <em>Nouvel Observateur</em> depuis 2014. Précédemment, il avait participé à la création du magazine <em>GQ</em> et de <em>20 minutes</em>. Son premier roman <strong><em>Bronson</em></strong> avait été publié en 2016.</div>
<div> <strong><em>La filature</em> </strong>avait été commencé cette même année. Il faudra une vingtaine de versions à l&rsquo;auteur avant d&rsquo;arriver au résultat escompté. L&rsquo;histoire ? Elle n&rsquo;est pas banale. Elle nous emmène à Los Angeles.</div>
<div>Là, dans la mégalopole, un expert en assurances, <strong>Jonathan Harris</strong>, a une semaine pour suivre discrètement <strong>Daniel Stein</strong>, un conducteur de bus de 62 ans, qui vient d’être soudainement rétrogradé.</div>
<div>C’est que ce dernier passe, à son insu, un test pour éprouver la « flexibilité » de l’entreprise –  à la clé, un contrat d’assurance de plusieurs centaines de millions. Mais rien ne se passe comme prévu.</div>
<h3>Un roman noir et grinçant</h3>
<div> <strong>Daniel Stein,</strong> employé modèle et chauffeur sur la ligne 2, prisée parce qu&rsquo;elle arpente les beaux quartiers, acceptera-t-il de rejoindre les &laquo;&nbsp;Hiboux&nbsp;&raquo;, le service de nuit et son lot de clodos et de junkies ?</div>
<div>Au fil des jours et de sa filature, le malaise de l’assureur grandit. Le sexagénaire agit bizarrement, sans s&rsquo;effondrer cependant. Sans se mettre en colère non plus. Mais son comportement ne cadre pas avec ses états de service. Il prépare quelque chose. Mais quoi ? <strong>Daniel Stein</strong> parle en revanche. Dans sa tête, au poisson coincé dans sa gorge, à son enregistreur aussi. Pas à ses contemporains. A l&rsquo;exception notable de son ex-femme. Une réminiscence de l&rsquo;enfance. D&rsquo;un parcours chaotique aussi.</div>
<div> On suit le chauffeur à travers la ville quand il est au volant de son bus, mais aussi et surtout quand il conduit sa Chevrolet Impala.</div>
<div>On suit aussi l&rsquo;expert en assurances, de plus en plus dépité. Et les témoignages des personnages extérieurs s&rsquo;insèrent aussi au fil des chapitres de ce roman noir et grinçant. Qui bascule peu à peu dans l&rsquo;étrange.</div>
<div></div>
<div></div>
<h2 style="text-align: center"> Extraits</h2>
<blockquote>
<div style="text-align: left"><strong>Page 13 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Cette fois-ci, ma mission consiste à suivre non plus une entreprise mais un individu et à observer son comportement pendant une semaine car de lui, qui ignore tout cela, dépendent des dizaines de millions de dollars. Une semaine pour l&rsquo;étudier sous toutes les coutures, le jour, la nuit, peu importe. La mallette à mes pieds contient les documents, assez légers, qu&rsquo;ils m&rsquo;ont donnés sur lui. Selon toute vraisemblance, cet homme grand et maigre, âgé de soixante-deux ans, est un être de basse intensité. Il ne porte pas d&rsquo;alliance ni ne possède de téléphone portable, sans doute ne veut-il pas être joint ni lié à qui que ce soit. Chez nous, les assureurs, c&rsquo;est un signe d&rsquo;alerte, cela signifie que la personne est proche, si elle n&rsquo;y est pas déjà plongée, de la marginalité.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 88 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Autrement dit, Daniel Stein emportait l&rsquo;unique mémoire de la boîte. Sans, la LACMTA n&rsquo;aura pas les moyens de s&rsquo;opposer aux recours juridiques des salariés, c&rsquo;était là sa vengeance, son attentat silencieux. </em></div>
<div style="text-align: left"><em>A l&rsquo;extérieur, un sans-abri passa sans le voir. L&rsquo;abruti qui suivait Stein dans sa japonaise n&rsquo;était plus là, il ne saurait rien de son forfait. A cette heure-là, il devait dormir en famille, croyant sa cible rentrée à la maison après le match. Les commanditaires avaient surestimé leur séide, on ne confiait pas ce genre de tâche à quelqu&rsquo;un comptant ses heures de sommeil.&nbsp;&raquo;</em></div>
<div style="text-align: left"></div>
<div style="text-align: left"><strong>Page 149 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] J&rsquo;ai sous-estimé le chauffeur de la ligne 2. Il a la foi, quelle que soit sa congrégation, baptiste, pentecôtiste ou autre chose, il n&rsquo;y a pas de meilleur signe de stabilité. A tous les coups, il croit en Dieu pour emmerder son père communiste. L&rsquo;énergie, il l&rsquo;a déjà retrouvée, d&rsquo;où ses récents dérapages, mais maintenant, avec un socle spirituel et une direction à suivre, il peut aisément accepter de bosser la nuit. Et à moi, le million !&nbsp;&raquo;</em></div>
</blockquote>
<div style="text-align: left"><em><strong>La filature, Arnaud Sagnard, Stock, 19,50€</strong></em></div>
</div>
<div></div>
<div></div>
<div></div>
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		<title>Quand la sororité se joue du crabe&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Oct 2019 09:32:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Assia]]></category>
		<category><![CDATA[Brigitte]]></category>
		<category><![CDATA[cambriolage]]></category>
		<category><![CDATA[cancer]]></category>
		<category><![CDATA[effet de groupe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jeanne]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un sujet grave, douloureux, évoqué d&#8217;une manière peu banale. Dans son nouveau roman, Sorj Chalandon nous parle du cancer. Et de ce qu&#8217;il peut provoquer comme conséquences, parfois définitives, chez celles et ceux qu&#8217;il frappe. La preuve avec Jeanne. Jeanne ? C&#8217;est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne. Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #ffcc00"><b>Rentrée littéraire</b></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/UNE-JOIE-FEROCE.jpeg" rel="lightbox[4868]"><img class="alignleft size-full wp-image-4871 colorbox-4868" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/UNE-JOIE-FEROCE.jpeg" alt="UNE JOIE FEROCE" width="280" height="412" /></a>Un sujet grave, douloureux, évoqué d&rsquo;une manière peu banale. Dans son nouveau roman, <strong>Sorj Chalandon</strong> nous parle du cancer. Et de ce qu&rsquo;il peut provoquer comme conséquences, parfois définitives, chez celles et ceux qu&rsquo;il frappe. La preuve avec <strong>Jeanne</strong>. <strong>Jeanne</strong> ? C&rsquo;est une femme formidable. Tout le monde l’aime, <strong>Jeanne</strong>.</p>
<p>Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de <strong>Matt</strong>, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.<br />
<strong>Jeanne</strong> bien élevée, polie par l’épreuve ( son fils est mort à sept ans, malade), qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. <strong>Jeanne</strong>, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. <em>«  Il y a quelque chose  »</em>, lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant.</p>
<p><span id="more-4868"></span></p>
<p>En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. <strong>Jeanne</strong> ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.<br />
Avec<strong> Brigitte</strong> la flamboyante, <strong>Assia</strong> l’écorchée et l’étrange <strong>Mélody </strong>( qui leur raconte que sa fille Eva a été enlevée par son ex-compagnon) trois amies d’affliction, <strong>Jeanne</strong> la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.</p>
<p><strong>Sorj Chalandon</strong> explore ici ce qu&rsquo;est la sororité, la fraternité au féminin. Celle qui unit les femmes, jusqu&rsquo;au bout. Trop loin ? J&rsquo;ai eu un peu de mal à suivre l&rsquo;auteur – que je respecte énormément et dont plusieurs des romans ont été chroniqués sur ce blog – jusqu&rsquo;à la fin de son histoire. Au fil des pages, malgré la description des affres de la maladie, on assiste à une fuite en avant que je trouve assez peu crédible. Dommage.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 80 :</strong><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;avais compris. J&rsquo;avais peur. Je n&rsquo;avais pas demandé son avis à mon mari. Il existait peut-être un moyen d&rsquo;empêcher cela ? Brigitte m&rsquo;a parlé d&rsquo;elle. De son premier cancer. Ses cheveux qui l&rsquo;avaient quittée l&rsquo;un après l&rsquo;autre, et puis par poignées, enfin par plaques. Elle m&rsquo;a raconté le regard des autres. La contagieuse, la galeuse, la lépreuse, tous ces mots qu&rsquo;elle entendait dire. Alors, avant de ressembler à une damnée, Brigitte avait tout coupé. C&rsquo;est elle qui avait décidé, pas le venin. Son corps n&rsquo;appartenait ni au cancer ni à ceux qui voulaient l&rsquo;en guérir. Et voilà qu&rsquo;elle me proposait de faire de même. Maintenant. Prendre mes cheveux par surprise. Elle serait là. Et Assia, et la jeune Mélody. Elles m&rsquo;accompagneraient. Ni devoir ni obligation, amitié. Un peu comme si j&rsquo;allais essayer une robe. Les copines attendraient derrière le rideau d&rsquo;essayage. Rien de plus. Je ne savais pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 87 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Nous entrions dans l&rsquo;appartement. Elle avait les clefs à la main. Je parlais, je parlais. Plus la gêne m&rsquo;étrangle et plus les mots se pressent. Non, tout n&rsquo;était pas chic. Un mélange brouillon de trois vies. Celle de Brigitte, faite de meubles montés sur un coin de parquet, de tabourets hauts, d&rsquo;objets chinés, de souvenirs marins et cette fausse commode, empruntée à un ancien amant, accessoiriste de plateau. Celle d&rsquo;Assia, entourée de voiles colorés, de cuivres, d&rsquo;arabesques et de tapis d&rsquo;Orient. Celle aussi de Mélody, qui tenait dans quelques valises au-dessus de la penderie. Pas un écrin, une bulle. Un repaire de femmes qui n&rsquo;attendent plus rien du dehors.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 224 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;avais sorti la photo d&rsquo;Eva de mon sac. La plus belle petite fille du monde me souriait. Elle était ma force et nous serions la sienne. J&rsquo;ai regardé les vêtements sombres qui m&rsquo;accusaient. La tondue, l&rsquo;infanticide, la larguée par son mec, la trahie par son corps. J&rsquo;ai rêvé pour moi de couleurs. Après l&rsquo;hiver, je devais me changer en été.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Une joie féroce&nbsp;&raquo;, Sorj Chalandon, Grasset. </strong></em></p>
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