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	<title>Quatrième de couv &#187; années 50</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Genet ou l&#8217;art de faire naître Abdallah&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2022 07:57:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Redécouvrir un auteur et l&#8217;histoire d&#8217;un homme. Voilà ce que permet le premier roman de Rémi David, Mourir avant que d&#8217;apparaître, paru il y a quelques semaines chez Gallimard. L&#8217;idée ? Faire pénétrer le lecteur dans l&#8217;intimité de Jean Genet et d&#8217;Abdallah Bentaga. Nous sommes au mitan des années 50. Jean Genet, auteur, poète et dramaturge désormais célèbre, mène une vie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GENET-OKOK.jpg" rel="lightbox[6166]"><img class="alignleft size-full wp-image-6169 colorbox-6166" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/GENET-OKOK.jpg" alt="GENET OKOK" width="239" height="350" /></a></p>
<p>Redécouvrir un auteur et l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme. Voilà ce que permet le premier roman de <strong>Rémi David</strong>, <strong><em>Mourir avant que d&rsquo;apparaître</em></strong>, paru il y a quelques semaines chez Gallimard. L&rsquo;idée ? Faire pénétrer le lecteur dans l&rsquo;intimité de <strong>Jean Genet</strong> et d&rsquo;<strong>Abdallah Bentaga</strong>. Nous sommes au mitan des années 50.</p>
<p><strong>Jean Genet,</strong> auteur, poète et dramaturge désormais célèbre, mène une vie dissolue, poursuivant cette idée de constituer &laquo;&nbsp;un miroir à l&rsquo;envers de l&rsquo;ordre moral&nbsp;&raquo;. En 1956, le quadragénaire rencontre <strong>Abdallah</strong>, jeune garçon de piste et acrobate de 18 ans, qui travaille alors dans un cirque. La rencontre est explosive : <strong>Jean Genet</strong> veut faire de ce jeune homme amoureux d&rsquo;une fille, son amant et un fantastique funambule. Il sera aussi la figure centrale de son texte, publié en 1957, <em><strong>Le funambule.</strong></em></p>
<p>C&rsquo;est à partir de ce texte que <strong>Rémi David</strong> a trouvé le sujet de son premier roman. Il se documentait alors sur les funambules. Magicien, artiste et voyageur, <strong>Rémi David</strong> est l&rsquo;auteur de plusieurs textes. Le trentenaire a également travaillé avec Ernest Pignon-Ernest pour une présentation de son œuvre à destination des jeunes lecteurs.</p>
<p>Outre ses textes édités, il participe aussi à l’écriture de spectacles à la croisée de la marionnette, de la magie et du théâtre d’objets. Parallèlement à sa pratique de l’écriture, <strong>Rémi David</strong> a fondé en 2012 l’association M’Agis qui propose, en France et partout dans le monde, des spectacles et ateliers de magie à des populations en situation de très grande fragilité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-6166"></span></p>
<div id="attachment_6177" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JeanGenet-HansKoechler1983-cropped.jpg" rel="lightbox[6166]"><img class="wp-image-6177 size-medium colorbox-6166" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/JeanGenet-HansKoechler1983-cropped-300x273.jpg" alt="" width="300" height="273" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Genet en 1983, à Vienne, en Autriche. Crédit : International Progress Organization</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En rêvant de gloire pour celui dont il voulait faire un funambule accompli, <strong>Genet</strong> a conduit <strong>Abdallah</strong> à sa perte. Les deux hommes se sont séparés en 1962. <strong>Abdallah</strong> après une chute, sait qu&rsquo;il va perdre <strong>Genet</strong>. Ce dernier continue à l&rsquo;aider, mais vit désormais avec un autre jeune homme dont il veut faire un coureur automobile. En 1964, <strong>Abdallah</strong> se suicide, en se tranchant les veines et en ingurgitant le fameux Nembutal dont <strong>Genet</strong> s&rsquo;est gavé des années durant. Autour de lui, les livres de son amour Pygmalion annotés, griffonnés. Du temps de leur amour, jamais <strong>Abdallah</strong>, qui ne savait ni lire, ni écrire, ne semblait s&rsquo;être intéressé à l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;auteur. Au fil des pages, une histoire d&rsquo;amour et de fascination réciproque.</p>
<p><strong>Rémi David</strong> nous entraîne dans le Paris des années 50, à travers l&rsquo;Europe et le monde aussi.  Les excès de <strong>Genet</strong> saturent les pages, sa quête d&rsquo;absolu pour<strong> Abdallah</strong> aussi. Puis il y a la chute, la disgrâce, le désamour&#8230;</p>
<p>Une oeuvre de fiction cependant rappelle l&rsquo;auteur qui s&rsquo;est lancé dans une réécriture et ne s&rsquo;interdit <em>&laquo;&nbsp;ni de combler par la fiction les silences des biographies en inventant certaines scènes manquantes, ni de prendre des libertés avec les faits en faisant par exemple prononcer par Genet des paroles qu&rsquo;il a en réalité écrites.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un roman qui ne peut prétendre au mieux qu&rsquo;à la vérisimilitude. Et qui entraîne vraiment le lecteur, je trouve.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 63  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Genet avait fait sien le rêve du jeune garçon. A moins que ce ne fût l&rsquo;inverse. Mais après tout, cela importait peu : il avait un nouveau projet et se sentait revivre. Lui qui ne créait plus depuis plusieurs années, après sa rencontre avec Abdallah, se met à écrire non pas un, non pas deux, mais trois textes à la fois : </em>Le Balcon<em>, </em>Les Paravents<em> et </em>Les Nègres<em>. Après la poésie et après le roman, il reviendrait par le théâtre dans l&rsquo;arène. C&rsquo;était une façon, à quarante ans passés, connu et reconnu, de se réinventer. Abdallah en était une autre. Dans aucun des deux cas, Genet ne ferait les choses à moitié.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong> Page 92  :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Plus tard, il appela de Copenhague, avec une nouvelle à annoncer. Ils n&rsquo;avaient toujours pas trouvé de professeur, pas plus à Vienne qu&rsquo;à Paris. Cette affaire devenait le jour de la marmotte : un éternel retour du même au point que personne, nulle part, ne semblait capable ou désireux de former Abdallah à l&rsquo;art des funambules. Genet avait donc pris une décision : c&rsquo;était lui qui le formerait à marcher sur le fil, à six mètres de haut. C&rsquo;était la solution, peut-être pas la meilleure, mais désormais l&rsquo;unique. </em></p>
<p><em>Il n&rsquo;était jamais monté sur une corde, en eût été bien incapable, mai il avait une idée précise de ce qu&rsquo;il fallait faire pour y marcher, pour y danser. Ce serait un travail acharné, quotidien, exigeant, annonçait-il déjà au téléphone, mais le résultat serait là, il en était persuadé.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 123 :</strong><em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Quand il vint le rejoindre en Grèce, Abdallah pour Genet était devenu, déjà, un livre refermé. Elle est toujours cruelle, douloureuse et injuste, la perte des sentiments que l&rsquo;on éprouve pour quelqu&rsquo;un. Ils sont là, ils sont tout et soudain, sans qu&rsquo;on y puisse rien, ils s&rsquo;envolent, ne sont plus rien. </em></p>
<p><em>C&rsquo;était entre eux, depuis cinq ans, une aventure. Une belle aventure, une aventure totale et périlleuse, artistique et humaine, amoureuse. Une aventure faite à la fois de joie, d&rsquo;humour, de légèreté, de sérieux, de travail, de beauté. Tout comme écrire un livre, pour Genet, était une aventure&#8230; avant d&rsquo;en vivre une autre, d&rsquo;en écrire un nouveau.&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
<p><strong> Mourir avant que d&rsquo;apparaître, Rémi David, Gallimard, 18€.</strong></p>
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		</item>
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		<title>Au temps béni des colonies&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/06/22/au-temps-beni-des-colonies/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/06/22/au-temps-beni-des-colonies/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2013 08:52:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et si je vous parlais d&#8217;un livre drôle, corrosif et assez  jubilatoire ? Son titre &#171;&#160;C&#8217;est fort la France!&#160;&#187;, de Paule Constant. &#160; Paule Constant occupe, depuis janvier dernier, le 4e couvert de l&#8217;Académie Goncourt. En 1989, elle obtient le prix de l&#8217;Académie française pour &#171;&#160;White Spirit&#160;&#187;, en 1998, cette auteure prolixe se voyait remettre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Et si je vous parlais d&rsquo;un livre drôle, corrosif et assez  jubilatoire ? Son titre <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France!&nbsp;&raquo;</strong>, de <a title="Découvrez des élements biographiques de l'auteure ici" href="http://www.academie-goncourt.fr/?membre=1357738222"><strong>Paule Constant</strong>. </a></p>
<div id="attachment_1706" style="width: 285px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PAULE-CONSTANT-PHOTO.jpg" rel="lightbox[1691]"><img class="size-full wp-image-1706 colorbox-1691" alt="larepubliquedespyrenées.fr" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PAULE-CONSTANT-PHOTO.jpg" width="275" height="183" /></a><p class="wp-caption-text">larepubliquedespyrenées.fr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Paule Constant</strong> occupe, depuis janvier dernier, le 4e couvert de l&rsquo;Académie Goncourt. En 1989, elle obtient le prix de l&rsquo;Académie française pour <strong>&laquo;&nbsp;White Spirit&nbsp;&raquo;</strong>, en 1998, cette auteure prolixe se voyait remettre le prix Goncourt pour <strong>&laquo;&nbsp;Confidence pour confidence&nbsp;&raquo;</strong>.</p>
<p>Avec <strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France!&nbsp;&raquo;</strong>, elle nous plonge dans les années 50, au coeur de l&rsquo;Afrique, celle du Cameroun. Le pays vit sous colonisation française.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1691"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FORT-LA-FRANCE.jpg" rel="lightbox[1691]"><img class="alignleft  wp-image-1699 colorbox-1691" style="margin: 10px" alt="FORT LA FRANCE" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FORT-LA-FRANCE.jpg" width="240" height="350" /></a>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;une romancière qui reçoit une lettre lui reprochant de s&rsquo;être moquée, dans son dernier livre <strong>Ouregano</strong> des charmes de la vie coloniale et de ne pas avoir raconté les drames qui ont marqué <strong>Batouri, contrée située au nord du Cameroun, quelque trente ans plus tôt.</strong></p>
<p>Les deux femmes se rencontrent&#8230; et se reconnaissent. Quand la première était, âgée de six ans, la fille d&rsquo;un médecin expatrié au Cameroun, la seconde était la femme de l&rsquo;administrateur de la région en question.</p>
<p><strong>Construit comme un récit, ce roman alterne les souvenirs des deux personnages. Confronte leurs visions d&rsquo;une Afrique soumise. </strong></p>
<p><strong></strong>Madame Dubois, loin de ses bases normandes, s&rsquo;est accrochée des années durant à des rites surannés, loin d&rsquo;une métropole idéalisée.<strong> Ce qui fera dire à son maître d&rsquo;hôtel camerounais : &laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France !&nbsp;&raquo; en évoquant les vaches normandes&#8230;</strong></p>
<p>La narratrice, elle, a vécu une autre réalité, faite d&rsquo;épidémies, de manque de moyens et de difficultés à pouvoir véritablement lier contact avec la population locale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> Découvrez ici une vidéo dans laquelle Paule Constant nous parle de son roman  :</strong></p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/bi9jIeJn7hk?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong> Page 65 :</strong><em> &laquo;&nbsp;En faisant connaissance, elle avait répondu avec une pointe de mystère qu&rsquo;elle vivait en Afrique. Ils s&rsquo;étaient permis, par-dessus sa tête, quelques considérations sur l&rsquo;argent que la République dilapidait outre-mer pour le seul bénéfice de potentats et de quelques fonctionnaires inutiles qui se servaient au passage. Ils n&rsquo;étaient pas pour la colonisation qui vole les ressources des Africains et dilapide celle des Français, ils étaient pour le développement agricole et industriel de la Normandie. Elle ne savait que répondre, c&rsquo;était la première fois qu&rsquo;on portait le soupçon sur quelque chose qu&rsquo;elle croyait aussi certain que la virginité de Marie, la résurrection des morts et Dieu en trois personnes, à savoir la mission civilisatrice de territoires sauvages que la France conduisait vers le progrès par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;agents dévoués comme son mari.&nbsp;&raquo;<strong><br />
</strong></em></p>
<p><strong>Pages 82-83</strong> : <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Le temps d&rsquo;un cliché, j&rsquo;ai accepté de toucher, de tenir, d&rsquo;embrasser à peu près n&rsquo;importe quoi, comme si prise en photo j&rsquo;étais déjà sur la pellicule et que les écailles, les poils, le sang, les griffres ne m&rsquo;avaient ni touchée, ni éraflée, ni blessée. </em></p>
<p><em>Madame Dubois adoptait le même principe de surenchérissement, à ceci près que son objet était inversé. Mes parents apportaient à tous ceux qui étaient restés en France la preuve de leur aventureuse et splendide existence africaine, madame Dubois servait à ceux qui vivaient ici et n&rsquo;avaient jamais quitté Batouri la fantastique histoire de la France, entre utopie nationale et légende dorée.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 156</strong> : <em>&laquo;&nbsp;S&rsquo;il y avait un point sur lequel mon père était en accord avec Alexandrou, c&rsquo;était la médiocre qualité du personnel administratif, médical et éducatif de la colonie. Il s&rsquo;excluait bien sûr. Comme s&rsquo;excluaient à tour de rôle tous les protagonistes de cette histoire. Si bien que chacun avait l&rsquo;impression d&rsquo;être environné d&rsquo;incapables qui venaient purger à Batouri la conséquence d&rsquo;un vice de forme. J&rsquo;ai souvent entendu dire que l&rsquo;échec de la colonisation tenait surtout à la médiocrité des colonisateurs et que l&rsquo;on envoyait pour représenter la France des jean-foutre dont les familles voulaient se débarrasser et des propres-à-rien que l&rsquo;administration la plus rancie ne trouvait plus à employer. </em></p>
<p><em>Il visait Dubois, surtout Dubois, qu&rsquo;il tenait pour un toquard, ridicule, malhonnête et alcoolique. Je ne l&rsquo;ai jamais entendu évoquer la maladie du Dubois, qu&rsquo;il avait diagnostiquée mais qu&rsquo;il s&rsquo;est entêté à ignorer jusqu&rsquo;à ce que mort s&rsquo;ensuive. Seulement son incapacité à prendre des décisions, sa collusion dans l&rsquo;affaire de la viande des lépreux, qui se réglait entre Alexandrou et Bodin.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">En voilà un sujet de roman original : la colonisation et ses dommages collatéraux vus de l&rsquo;intérieur à travers les visions également déformées d&rsquo;une enfant devenue femme et d&rsquo;une femme devenue vieille dame. Trafics, petits arrangements avec la loi de la lointaine France&#8230; tout y passe. Le tout en faisant ( ou croyant faire) oeuvre de civilisation. </span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff"> L&rsquo;auteure a vécu  une grande partie de sa vie en Afrique, en Asie, en Amérique du sud. De quoi laisser des souvenirs mais si elle se défend ici d&rsquo;avoir raconté son enfance. Reste un roman drôle et piquant, corrosif et politiquement incorrect. Très agréable à lire.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est fort la France!&nbsp;&raquo;, de Paule Constant, Gallimard, 17,90€.</strong> </em></p>
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		<title>Toutes les violences chez Toni Morrison</title>
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		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2012/10/13/toutes-les-violences-chez-toni-morrison/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Oct 2012 14:43:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Toni Morrison]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;automne s&#8217;installe. Une bonne saison pour la lecture , non ? Et si vous vous laissiez tenter par &#171;&#160;Home&#160;&#187;, le dixième roman de Toni Morrison ? &#160; L&#8217;auteure de &#171;&#160;Beloved&#160;&#187;, &#171;&#160;Un don&#160;&#187; ou encore &#171;&#160;Paradis&#160;&#187; est de retour avec &#171;&#160;Home&#160;&#187;, court et puissant roman qui nous plonge dans l&#8217;Amérique des années 50. A 81 ans, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;automne s&rsquo;installe. Une bonne saison pour la lecture , non ? Et si vous vous laissiez tenter par <strong>&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;</strong>, le dixième roman de <strong><a title="Découvrez le parcours de l'auteure" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Morrison">Toni Morrison</a> ? </strong></p>
<div id="attachment_1261" style="width: 190px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Morrison-photo-2009-MB_0.jpg" rel="lightbox[1259]" title="Morrison-photo 2009 (MB)_0"><img class=" wp-image-1261  colorbox-1259" style="margin: 10px;" title="Morrison-photo 2009 (MB)_0" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/Morrison-photo-2009-MB_0-300x223.jpg" alt="" width="180" height="134" /></a><p class="wp-caption-text">photo rfi.fr</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;auteure de<strong> &laquo;&nbsp;Beloved&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>&laquo;&nbsp;Un don&nbsp;&raquo;</strong> ou encore<strong> &laquo;&nbsp;Paradis</strong>&nbsp;&raquo; est de retour avec <strong>&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;,</strong> court et puissant roman qui nous plonge dans l&rsquo;Amérique des années 50.</p>
<p>A 81 ans, l&rsquo;auteure aux dreadlocks et la première femme noire, auteure afro-américaine a avoir obtenu le prix Nobel de littérature, – c&rsquo;était en 1993 –, explore une fois encore les violences faites aux Noirs aux Etats-Unis, qu&rsquo;elles soient sociales, politiques et/ou familiales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1259"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOME.jpg" rel="lightbox[1259]" title="HOME"><img class="alignleft  wp-image-1263 colorbox-1259" style="margin: 10px;" title="HOME" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/HOME-177x300.jpg" alt="" width="106" height="180" /></a> &laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est l&rsquo;histoire de <strong>Frank</strong> et de <strong>Cee Money</strong>. Un frère et une soirée, devenus adultes dans les années 50 et qui doivent faire avec leurs fantômes, leurs ennuis, leurs peurs&#8230; et leur passé.</p>
<p>Frank rentre de la guerre en Corée. Il revient chez lui. Retrouve une Amérique férocement ségrégationniste. Sa soeur l&rsquo;appelle au secours. <strong>Cee</strong> a été laissée pour morte par un médecin blanc adepte de l&rsquo;eugénisme. L&rsquo;occasion d&rsquo;un voyage pour Frank. Au milieu des souvenirs.</p>
<p>L&rsquo;auteure nous plonge dans les souvenirs de <strong>Frank Money</strong>. Né dans une famille pauvre, il vit à Lotus en Géorgie. Là, il protège sa petite soeur des méchancetés de <strong>Lenore</strong>, la grand-mère tandis que les parents travaillent aux champs.</p>
<p>Les deux enfants grandissent dans la violence, doivent s&rsquo;adapter à cette Amérique qui ne les aime pas. Qui ne les regarde pas. La guerre et ses affres, la vie de couple devenue impossible avec Lily, les cauchemars et ce personnage de zazou au costume bleu électrique qui apparaît de temps à autre&#8230; voilà l&rsquo;histoire de Frank qui veut rentrer chez lui. Retrouver ce qu&rsquo;il lui reste de racines, pour rester en vie.</p>
<p>Au final, une exploration de la violence et du racisme dans les Etats-Unis des années 50. Quand les <strong>lois Jim Crow</strong> battaient leur plein.</p>
<h6 class="colorbox-link" style="padding-left: 30px;">→ Pour rappel : les lois Jim Crow est le surnom donné à toute une série d’arrêtés et de règlements promulgués généralement dans les municipalités ou les États du sud des États-Unis entre 1876 et 1964. Ces lois, qui constituaient l&rsquo;un des principaux éléments de la ségrégation raciale aux États-Unis, distinguaient les citoyens selon leur appartenance « raciale » et tout en admettant leur égalité de droit elles imposèrent une ségrégation dans tous les lieux et services publics. Les plus importantes introduisaient la ségrégation dans les écoles et dans la plupart des services publics, y compris les trains et les bus. La ségrégation scolaire a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Les autres Lois Jim Crow ont été abolies par le Civil Rights Act de 1964.</h6>
<p style="text-align: center;"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 59 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Même lorsque Frank était avec ses amis Mike et Stuff, il laissait Cee venir avec eux. Tous les quatre étaient très unis, comme devrait l&rsquo;être une famille. [&#8230;] Quant aux parents, ils étaient tellement épuisés à l&rsquo;heure où ils rentraient du travail que tout témoignage d&rsquo;affection était comme un rasoir : coupant, mince et bref. Lenore était la méchante sorcière. Frank et Cee, tels des Hansel et Gretel oubliés, se tenaient fermement par la main et naviguaient à travers ce silence en tentant de s&rsquo;imaginer un avenir.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 89</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Lotus, Géorgie, est le pire endroit du monde, pire que n&rsquo;importe quel champ de bataille. Au moins, sur le champ de bataille, il y a un but, de l&rsquo;excitation, de l&rsquo;audace et une chance de gagner en même temps que plusieurs chances de perdre. La mort est une chose sûre, mais la vie est toute aussi certaine. Le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut pas savoir à l&rsquo;avance. </em></p>
<p><em>A Lotus, vous saviez bel et bien à l&rsquo;avance puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;avenir, rien de que longues heures passées à tuer le temps. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autre but que de respirer, rien à gagner et, à part la mort silencieuse de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, rien à quoi survivre ni qui vaille la peine qu&rsquo;on y survive. Sans mes deux amis, j&rsquo;aurais étouffé vers l&rsquo;âge de douze ans. C&rsquo;étaient eux, en plus de ma petite soeur, qui maintenaient à l&rsquo;arrière-plan l&rsquo;indifférence des parents et la haine des grands-parents. Personne à Lotus ne savait rien et ne voulait rien apprendre. Pour sûr, Lotus ne ressemblait à aucun endroit où vous voudriez être.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 112-113</strong> :<em> &laquo;&nbsp;Il aimait bien Atlanta. Contrairement à Chicago, ici, le rythme de la vie quotidienne était humain. Apparemment, il y avait le temps dans cette ville. Le temps de se rouler une cigarette bien comme il faut, le temps d&rsquo;observer les légumes avec l&rsquo;oeil d&rsquo;un tailleur de diamants. Et le temps, pour les vieillards, de se rassembler devant la vitrine d&rsquo;un magasin sans rien faire, sinon regarder passer leurs rêves : les splendides voitures des criminels et le déhanchement des femmes. Le temps, aussi, de s&rsquo;informer les uns les autres, de prier les uns pour les autres et de châtier les enfants sur les bancs d&rsquo;une centaine d&rsquo;églises. Ce fut cette tendresse amusée qui conduisit Frank à baisser la garde. Il avait affronté beaucoup de mauvais souvenirs, mais pas de fantômes ni de cauchemars depuis deux jours et il mourait d&rsquo;envie de café noir le matin, non du coup de fouet que le whisky lui donnait jadis au réveil.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="color: #0000ff;">Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">Premier roman de Toni Morisson qui se</span> <span style="color: #0000ff;">retrouve entre mes mains ! Je sais, c&rsquo;est peut-être une lacune&#8230; mais il y a tellement de livres !</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo;</span> <span style="color: #0000ff;">est un roman construit comme un conte. Les deux personnages principaux se comparent à Hansel et Gretel qu&rsquo;on aurait oubliés là. De méchante sorcière en bonnes fées, ils essayent de s&rsquo;en tirer. Avec plus ou moins de bonheur. Quête, rédemption, pelèrinage, c&rsquo;est un peu tout cela à la fois dans un contexte politique et social des plus durs. Toni Morrison maîtrise son sujet et son style. A lire, donc.</span></p>
<p><em><strong>&laquo;&nbsp;Home&nbsp;&raquo; de Toni Morrison, Christian Bourgois éditeur, 17€.</strong></em></p></blockquote>
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