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	<title>Quatrième de couv &#187; Afrique</title>
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	<description>Des livres, un peu, beaucoup, passionnément... et autres petits trésors</description>
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		<title>Entre ses deux Mamas, retrouver ses racines&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2022 07:01:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire Un premier roman qui nous emmène en Afrique ? Voilà au moins deux vraies bonnes raisons d&#8217;y plonger. J&#8217;ai un faible pour les premiers romans et j&#8217;ai arpenté le continent africain des années durant, alors&#8230; Avec Le duel des grands-mères, nous partons au Mali. A Bamako d&#8217;abord, puis au village. Nous suivons Hamet, qui pré-adolescent, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FR-NR-24-4a-d3-13847076-1507-1-tsp20220120061201-Le-duel-des-grands-meres.jpg" rel="lightbox[5937]"><img class="alignleft size-full wp-image-5939 colorbox-5937" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/FR-NR-24-4a-d3-13847076-1507-1-tsp20220120061201-Le-duel-des-grands-meres.jpg" alt="FR-NR-24-4a-d3-13847076-1507-1-tsp20220120061201-Le-duel-des-grands-meres" width="274" height="369" /></a></p>
<p>Un premier roman qui nous emmène en Afrique ? Voilà au moins deux vraies bonnes raisons d&rsquo;y plonger. J&rsquo;ai un faible pour les premiers romans et j&rsquo;ai arpenté le continent africain des années durant, alors&#8230;</p>
<p>Avec <strong><em>Le duel des grands-mères</em></strong>, nous partons au Mali. A Bamako d&rsquo;abord, puis au village. Nous suivons <strong>Hamet</strong>, qui pré-adolescent, donne du fil à retordre à ses parents et plus précisément à sa mère, puisque son père travaille en France.</p>
<p><strong>Hamet</strong> est partagé, pour ne pas dire déchiré, entre deux visions. Sa mère, qui ne parle pas français, souhaite qu&rsquo;il suive un enseignement à la medersa, et reçoive ainsi un enseignement musulman. Son père, lui, ne croit qu&rsquo;en l&rsquo;école française laïque. C&rsquo;est là que <strong>Hamet</strong> étudie. Le jeune garçon, balloté entre trois langues (français, bambara et soninké) et autant de cultures, peine à trouver sa place. Les enfants de son âge pensent qu&rsquo;il se sent supérieur.</p>
<p>Chahuteur, turbulent, le voilà emmené au village, chez l&rsquo;une de ses grands-mères, <strong>Mama Hata. </strong>Il y découvre d&rsquo;autres moeurs, d&rsquo;autres traditions. Des secrets de famille&#8230; et finalement son autre grand-mère, <strong>Mama Cissé</strong>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-5937"></span></p>
<p>Autant de souvenirs que <strong>Diadié Dembélé</strong> (alias Tambamera) a puisé dans son enfance malienne. En 2008, il a accompagné sa mère au village où il est né, à Kodié, sur la frontière avec la Mauritanie.  Diplômé du Master de création littéraire de Paris VIII, <strong>Diadié Dembélé</strong> travaille en tant qu’interprète médico-social au sein d’une association d’aide aux migrants à Paris.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au fil de ce roman, <strong>Hamet</strong> mélange les langues emmenant le lecteur dans un voyage totalement dépaysant. Une triple culture à laquelle <strong>Hamet</strong> tente de s&rsquo;adapter, tout en refusant de se laisser enfermer dans des traditions qui protègent sûrement, mais sclérosent assurément.</p>
<p>L&rsquo;écriture romanesque, doublée d&rsquo;une gymnastique linguistique, de ce roman en font un joli moment de lecture et rappelle que le brassage, le métissage sont une richesse. Ici comme ailleurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 42 :</strong> &laquo;&nbsp;<em>[&#8230;] Ce n&rsquo;était pas juste? Pourquoi a-t-elle fait ça ? </em>Walaye bilaye !<em> Si ça se trouve, M&rsquo;ma appartient à un groupe d&rsquo;auto-défense des mères &laquo;&nbsp;ne sachant ni lire, ni écrire&nbsp;&raquo;. Comme les sorcières, elles se réunissent toutes les fins d&rsquo;année pour décider de leur assaut. Les vendeuses de beignets sont les cerveaux des opérations. M&rsquo;ma appartient au corps d&rsquo;élite des mamans fouineuses. Elle traque le moindre papier qui traîne dans la maison : journaux, maquettes, cartons, livres, cahiers pour allumer leur feu de bois. Si ça se trouve, elle e un bunker quelque part sous la maison, où elle cache les cahiers avant de les exfiltrer.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 123 :</strong> &laquo;&nbsp;[&#8230;] Tout le monde est admis. Les hommes sans titres forment le premier rang du cercle des affairés. Certains sont assis à même le sol, d&rsquo;autres sont debout et bras croisés. Les femmes les suivent. Nous nous faufilons entre les deux pour entendre et voir la palabre. L&rsquo;affaire est sérieuse. Très sérieuse ! L&rsquo;accusée est soupçonnée d&rsquo;avoir mis la chose dans la bouillie de son mari et de son beau-fils. Les raconteuses professionnelles, qui ont assisté aux premières heures de l&rsquo;histoire, se donnent des détails afin d&rsquo;être au point avant le début de la palabre. Des enfants pleurent, cherchant leurs mamans, ayant abandonné la maison, pressées par l&rsquo;urgence du colportage. Seydou et moi sommes noyés dans la masse. Quelques phrases s&rsquo;échappent du brouhaha et viennent à mes oreilles.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 182-183 :</strong><em> &laquo;&nbsp;J&rsquo;aime beaucoup Mama, très-très fort d&rsquo;ailleurs. Mais elle n&rsquo;est pas vraiment au clair avec moi. Alors là, sans compter les étoiles pour connaître leur nombre exact je peux déclarer universellement qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a même jamais été. Elle avait peut-être à m&rsquo;éviter le pensionnat coranique de Touba. Mais elle avait contribué à mon expédition au village. Le genre de personne qui est à la fois avec les enterreurs du cadavre et avec les déterreurs du cadavre. Je me rappelle très bien la discussion qu&rsquo;elle eut au téléphone avec M&rsquo;ma. J&rsquo;étias là. J&rsquo;ai tout entendu. Enfin, j&rsquo;ai entendu ce que disait M&rsquo;ma, tenaillée entre son mari N&rsquo;pa et sa belle-mère Mama. Elle me défendit. Elle expliqua que ce qu&rsquo;on racontait à mon sujet n&rsquo;était pas vrai. Je n&rsquo;étais devenu ni un petit délinquant, ni un mécréant, ni même un Taboussi déraciné qui ne comprenait plus un mot de la langue de ses parents. J&rsquo;étais simplement un garçon zélé qui aimait montrer qu&rsquo;il parlait d&rsquo;autres langues et apprenait les sorcelleries (sciences) des Blancs.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><em><strong>Le duel des grands-mères, Diadié Dembélé, JCLattès, 19€</strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;émancipation par l&#8217;école, coûte que coûte</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/07/26/lemancipation-par-lecole-coute-que-coute/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2018/07/26/lemancipation-par-lecole-coute-que-coute/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Jul 2018 06:56:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
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		<category><![CDATA["Un si beau diplôme!"]]></category>
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		<category><![CDATA[Rwanda]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Ne jamais oublier. Ni les faits, ni celles et ceux qui en ont été les victimes. Scholastique Mukasonga en a pris le parti. A 60 ans, celle qui est désormais française, garde au coeur et dans la tête toute son histoire rwandaise. Dans &#171;&#160;Un si beau diplôme !&#160;&#187;, elle revient à nouveau sur son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072781599_195x320.jpg" rel="lightbox[4314]"><img class="alignleft size-full wp-image-4315 colorbox-4314" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/product_9782072781599_195x320.jpg" alt="product_9782072781599_195x320" width="195" height="285" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ne jamais oublier. Ni les faits, ni celles et ceux qui en ont été les victimes. <strong>Scholastique Mukasonga</strong> en a pris le parti. A 60 ans, celle qui est désormais française, garde au coeur et dans la tête toute son histoire rwandaise.</p>
<p>Dans <strong>&laquo;&nbsp;Un si beau diplôme !&nbsp;&raquo;</strong>, elle revient à nouveau sur son histoire avec, cette fois, un récit. Sensible et fort à la fois.</p>
<p>Elle, la petite fille tutsie malmenée par l&rsquo;histoire des hommes de son pays, déportée au Burundi, s&rsquo;est accrochée aux rêves de son père pour décrocher un diplôme. <em>&laquo;&nbsp;Un beau diplôme, c&rsquo;est ce qui te sauvera de la mort qui nous ait promise &laquo;&nbsp;,</em> lui a-t-il dit. L&rsquo;émancipation de sa fille, il le sait, passera par l&rsquo;école. Elle sera assistante sociale. Coûte que coûte.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le français m&rsquo;a sauvée&nbsp;&raquo;</em>, explique d&rsquo;ailleurs l&rsquo;auteure dont l&rsquo;oeuvre a déjà croisé la route de Quatrième de couv. C&rsquo;était <strong><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/01/03/les-vieilles-racines-du-genocide-rwandais/">ici</a></strong>.</p>
<p><span id="more-4314"></span></p>
<p>De son enfance, aux longues années passées au Burundi en exil en poursuivant par son passage à Djibouti où elle a suivi  celui qui deviendra son mari, puis la France et plus précisément la Normandie où elle vit désormais, <strong>Scholastique Mukasonga</strong> explore à nouveau son passé. De la fierté de ses racines à sa &laquo;&nbsp;rage&nbsp;&raquo; de parvenir au but. Son obstination lui sauvera la vie.</p>
<p>Au fil des pages, les anecdotes se succèdent. Racontent un pan de l&rsquo;histoire africaine contemporaine.</p>
<p>Le génocide des Tutsis par les Hutus, elle l&rsquo;apprendra alors qu&rsquo;elle ne vit plus au Rwanda, qu&rsquo;elle (re)passe son diplôme dans une école normande (grâce à un appui ministériel, dont elle ne déflore rien, lui permettra d&rsquo;avoir sa chance). Une trentaine de membres de sa famille y a péri. Un drame dont elle garde les stigmates au plus profond d&rsquo;elle-même. Alors elle écrit. Pour eux. Pour elle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<iframe width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/U9L2tX9DFHI?feature=oembed" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 28 :</strong><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est avec une ardeur dont rien ni personne n&rsquo;aurait pu me distraire ni me décourager que j&rsquo;entamai cette nouvelle et dernière année à l&rsquo;école d&rsquo;assistantes sociales de Gitega. J&rsquo;avais hâte de décrocher ce diplôme qui me permettrait de trouver un emploi et d&rsquo;avoir un salaire grâce auquel je pourrais enfin aider mes parents et frères et soeurs restés dans la misère de Gitagata, où la terre s&rsquo;appauvrissait d&rsquo;année en année et où le spectre d&rsquo;un massacre annoncé hantait leurs jours et leurs nuits.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 105-106 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Mes enfants grandissaient, leurs petits copains étaient français, l&rsquo;aîné entrait à l&rsquo;école française. Je me refusais à leur parler en kinyarwanda. Ils me le reprochent amèrement aujourd&rsquo;hui : “Maman, pourquoi ne nous as-tu pas appris le kinyarwanda ? Ne sommes-nous pas nous aussi rwandais ? Nous avons honte quand nous allons au Rwanda voir nos cousins et nos cousines. Que pensent-ils de nous ? que nous méprisons leur langue ? ” A cette époque, j&rsquo;avais peur pour mes enfants. La langue est une identité, et cette identité, on me l&rsquo;avait niée. Elle était devenue une menace de mort. Je voulais leur épargner cette menace, qui semblait planer sur eux comme elle planait sur moi. Je voulais les éloigner de mes cauchemars. Je ne voulais pas qu&rsquo;ils soient tutsi.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 245 :</strong><em>&laquo;&nbsp;Aujourd&rsquo;hui encore, je déplie le carton jauni de mes diplômes d&rsquo;assistante sociale, le burundais, le français, qui n&rsquo;en font plus qu&rsquo;un dans ma mémoire, ce diplôme que j&rsquo;ai tant désiré et tant haï, ce diplômes que je croyais enfin posséder et qui m&rsquo;échappait toujours, qui disparaissait pour réapparaître telle une grossesse nerveuse. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Et je n&rsquo;ose pas me poser la question : n&rsquo;y avait-il pas mieux à faire que de m&rsquo;entêter à courir après un bout de papier ?&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><strong><em> &laquo;&nbsp;Un si beau diplôme !&nbsp;&raquo;, Scholastique Mukasonga, Gallimard, 18 euros.</em></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Petit Piment ou le destin empêché de Moïse&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/12/18/petit-piment-ou-le-destin-empeche-de-moise/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Dec 2015 08:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dix ans que je connais l&#8217;univers d&#8217;Alain Mabanckou, découvert avec &#171;&#160;Verre cassé&#160;&#187;. Nous étions en 2005. Depuis, l&#8217;auteur né à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, déjà poète, est devenu écrivain et essayiste. Mêlant souvenirs de son enfance et oeuvres fictionnelles, l&#8217;homme aux trois cultures ( il est né en Afrique où il a grandi, il a rejoint [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PIMENT-OK.jpg" rel="lightbox[3374]"><img class="alignleft size-full wp-image-3378 colorbox-3374" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/PIMENT-OK.jpg" alt="PIMENT OK" width="240" height="332" /></a>Dix ans que je connais l&rsquo;univers d&rsquo;<strong>Alain Mabanckou</strong>, découvert avec <strong>&laquo;&nbsp;Verre cassé&nbsp;&raquo;</strong>. Nous étions en 2005.</p>
<p style="text-align: left">Depuis, l&rsquo;auteur né à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, déjà poète, est devenu écrivain et essayiste.</p>
<p style="text-align: left">Mêlant souvenirs de son enfance et oeuvres fictionnelles, l&rsquo;homme aux trois cultures ( il est né en Afrique où il a grandi, il a rejoint la France à 22 ans où il a achevé ses études, il vit aujourd&rsquo;hui en Californie et enseigne la littérature francophone) est l&rsquo;auteur d&rsquo;une douzaine de romans dont le dernier <strong>&laquo;&nbsp;Petit Piment&nbsp;&raquo;</strong> faisait partie de la sélection du prix Goncourt.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Alain Mabanckou</strong>, c&rsquo;est une parole gouailleuse et pétillante, c&rsquo;est une Afrique débrouillarde et solidaire. Drôle aussi. Un peu étrange souvent.</p>
<p style="text-align: left">L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle d&rsquo;un jeune orphelin de Pointe-Noire.  Nous sommes dans les années 70. L&rsquo;indépendance est actée. La révolution socialiste est en marche.</p>
<p style="text-align: center"><span id="more-3374"></span></p>
<p style="text-align: left">Depuis sa plus tendre enfance, <strong>Moïse</strong> vit un quotidien de privations et d&rsquo;injustice, placé sous l&rsquo;autorité de l&rsquo;impitoyable et corrompu <strong>Dieudonné Ngoulmoumako</strong>, toujours entouré de ses sbires, ses frères et autres cousins.  Seuls le prêtre <strong>Papa Moupelo</strong> et <strong>Sabine Niangui</strong>, la femme de ménage,  savent le réconforter. Et puis il y a son ami Bonaventure Kokolo. Moïse le protège, le défend. Mais partira sans lui&#8230;</p>
<p style="text-align: left">Placé dans une institution religieuse à <strong>Loango</strong>, l&rsquo;adolescent de 13 ans voit la révolution socialiste arriver et tous ses repères changer. Loin de la violence gratuite, des affrontements entre ethnies, il prend la fuite. Rejoint des petits bandits puis <strong>Maman Fiat 500</strong> et ses dix &laquo;&nbsp;filles&nbsp;&raquo; zaïroises. <strong>Moïse</strong> s&rsquo;appelle désormais<strong> Petit Piment</strong>. Mais la folie le gagne, la désespérance aussi&#8230;</p>
<p style="text-align: left">Si dans <strong>&laquo;&nbsp;Lumières de Pointe-Noire&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Alain Mabanckou</strong> avait exploré l&rsquo;intérieur familial, il signe avec <strong>&laquo;&nbsp;Petit Piment&nbsp;&raquo;</strong>, un roman &nbsp;&raquo; de l&rsquo;extérieur&nbsp;&raquo; comme il le dit. Une grande partie du livre se déroule en effet dans la rue.</p>
<p style="text-align: left">La langue de <strong>Mabanckou</strong> s&rsquo;affranchit des règles et son récit devient fable&#8230; Un roman initiatique dont je n&rsquo;ai cependant pas aimé la fin.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 60 : </strong><em>&laquo;&nbsp;Nous nous alignions devant le drapeau rouge et écoutions ces discours si apprêtés et boursouflés que certains d&rsquo;entre nous souffraient le lendemain de céphalées. Comme à l&rsquo;époque de Papa Moupelo, nous employions dans notre sommeil les mêmes mots alambiqués que ces membres du Parti. Sauf que pour la première fois, même dans les songes où pourtant le rêveur pourrait soulever des montagnes, enjamber l&rsquo;Amazonie ou le fleuve Congo ou boire toute l&rsquo;eau de l&rsquo;océan Atlantique en quelques minutes chrono, il lui était impossible de prononcer d&rsquo;une seule traite le mot </em>apopathodiaphulatophobie<em>.&nbsp;&raquo;</em><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 153 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Après une année et demie à vivre sous la protection des jumeaux et à exécuter toutes sortes de besognes – voler des mobylettes ou des pneus de voitures, détrousser les Blancs du centre-ville, tendre des embuscades aux amoureux vers le pont des Martyrs pour leur piquer leur portefeuille, je me sentais de plus en plus comme leur adjoint. J&rsquo;étais fier de mon surnom de Petit Piment, car cela voulait dire qu&rsquo;ils reconnaissaient que je n&rsquo;étais pas un poltron. Beaucoup de notre bande croyaient à tort que je devais mon sobriquet au fait que je fourrais mon nez partout – on disait, pour me charrier, que j&rsquo;avais un groin – et que j&nbsp;&raquo;étais aussi excité qu&rsquo;un moustique d&rsquo;étang. En effet rien ne m&rsquo;échappait, j&rsquo;étais derrière chaque coup fourré des jumeaux, j&rsquo;en étais parfois l&rsquo;instigateur bénévole parce qu&rsquo;à la fin lorsqu&rsquo;ils se partageaient les dividendes je me retrouvais comme un chien qui s&rsquo;était débattu pour chasser et que les maîtres ne gratifiaient même pas d&rsquo;un petit os.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 209 : </strong> <em>&laquo;&nbsp;Je ne vis nulle part Maman Fiat 500 et ses filles. Je pris le bus du retour vers ma cabane que je considérais désormais comme le seul lien qui me restait avec cette petite famille qui était certainement en route vers le Zaïre. Je tournais en rond dans cette petite parcelle. Je ne savais plus que faire et ignorais jusqu&rsquo;à la notion du temps, et c&rsquo;est sans doute à partir de ce moment que j&rsquo;ai commencé à sentir des trous béants dans ma tête, à entendre comme des groupes de personnes qui couraient à l&rsquo;intérieur, les échos des voix qui parvenaient de maisons vides, des voix proches de celles de Bonaventure, de Papa Moupelo, de Sabine Niangui, des jumeaux, mais surtout celles de Maman Fiat 500 et ses dix filles. Puis, plus rien. Je ne me souvenais plus de rien, ni même de qui j&rsquo;étais.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<div class="txt_fiche">
<div class="rtejustify"><em><strong>&laquo;&nbsp;Petit Piment&nbsp;&raquo;, Alain Mabanckou, Seuil, 18,50€.</strong> </em></div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Aux confins du désert, une nuit djiboutienne</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/19/aux-confins-du-desert-une-nuit-djiboutienne/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2015/10/19/aux-confins-du-desert-une-nuit-djiboutienne/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2015 09:59:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[alcool]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
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		<category><![CDATA[Markus]]></category>
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		<category><![CDATA[Pierre Deram]]></category>
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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire   Vous avez compris, je pense, que j&#8217;appréciais particulièrement les premiers romans. L&#8217;auteur (e) y donne beaucoup. De lui, de son énergie, de son envie d&#8217;être lu(e) à travers une histoire unique. Les rentrées littéraires permettent d&#8217;extirper des pépites des piles de nouveaux romans. La preuve encore avec &#171;&#160;Djibouti&#160;&#187; de Pierre Deram, publié [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff6600">Rentrée littéraire</span></strong></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DJIBOUTI.jpg" rel="lightbox[3333]"><img class="alignleft size-full wp-image-3334 colorbox-3333" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/DJIBOUTI.jpg" alt="DJIBOUTI" width="250" height="322" /></a>  Vous avez compris, je pense, que j&rsquo;appréciais particulièrement les premiers romans. L&rsquo;auteur (e) y donne beaucoup. De lui, de son énergie, de son envie d&rsquo;être lu(e) à travers une histoire unique.</p>
<p>Les rentrées littéraires permettent d&rsquo;extirper des pépites des piles de nouveaux romans. La preuve encore avec <strong>&laquo;&nbsp;Djibouti&nbsp;&raquo;</strong> de <strong>Pierre Deram</strong>, publié chez <strong>Buchet Chastel</strong>, dans la collection Qui vive.</p>
<p>De <strong>Pierre Deram</strong>, je sais qu&rsquo;il a 26 ans et qu&rsquo;il est polytechnicien. Je sais également qu&rsquo;il a passé plusieurs mois à Djibouti il y a plusieurs années.</p>
<p>Djibouti, justement. C&rsquo;est le titre de ce court roman, c&rsquo;est aussi le pays qui lui sert de décor. Une république située aux confins de l&rsquo;Ethiopie, de l&rsquo;Erythrée et de la Somalie qui accueille depuis des décennies des militaires français répartis dans une base aérienne, un régiment, des centres d&rsquo;entraînement, etc. On compte plusieurs milliers de soldats sur place actuellement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-3333"></span></p>
<p>L&rsquo;histoire ? Elle se déroule en une nuit. Une seule. <strong>Markus</strong> est lieutenant dans l&rsquo;armée. Il passe sa dernière nuit à Djibouti. Un nuit violente, sur fond d&rsquo;alcool. <strong>Markus</strong> va s&rsquo;en aller. Il se souvient de son arrivée, des mois auparavant. De sa rencontre avec le désert, avec la chaleur écrasante&#8230; et les prostituées.</p>
<p>Parmi elles, <strong>Araksan</strong> qui, cette fois encore, partagera sa nuit. Une nuit pendant laquelle il rencontrera aussi la femme d&rsquo;un colonel, inconsolable depuis la mort de son chien.</p>
<p>Une nuit donc. Une seule au cours de laquelle la violence, la crudité et la férocité des rapports humains éclate dans la solitude de ce bout de terre africaine écrasé de chaleur. Un premier roman percutant. Haletant. Singulier.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 28-29 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Vers dix-huit heures, le soleil disparaît enfin sur la ligne de l&rsquo;horizon, laissant derrière lui une terre en poussière et des hommes privés de tout. Alors, dans les derniers feux rougeoyants du jour, négligeant l&rsquo;eau et les vivres, les Djiboutiens, dévorés par la fatigue et la soif, se ruent près des étals où s&rsquo;entassent en bouquets verts la drogue magique, les feuilles et les tiges merveilleuses du khat. A la première mastication, les corps que l&rsquo;addiction tourmente se détendent, la sève brune se répand à travers les organismes asséchés et les imprègne jusqu&rsquo;aux os. Toute la ville bascule dans l&rsquo;euphorie tandis que l&rsquo;obscurité gagne l&rsquo;air fin. On dirait que, sans la drogue, elle ne serait jamais venue. Mais la voilà maintenant qui s&rsquo;étale en coulées d&rsquo;encre noire et que s&rsquo;allument tous azimuts, comme des lucioles ondulant dans l&rsquo;herbe folle, les lumières qui diffusent en bougeant les phares des voitures et les lanternes branlant sous les marquises. Qu&rsquo;elles sont faibles ces lueurs, perdues dans les ténèbres ! Mais il faut tellement d&rsquo;obscurité pour tellement de rêves! &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 52 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] De l&rsquo;autre côté du comptoir, trois serveuses qui avaient tout écouté baissèrent la tête. Markus pouvait voir le blanc de leurs yeux. Ils savaient qu&rsquo;elles étaient du même camp que le soleil, du même camp que le désert et que toutes ses bêtes sauvages, qu&rsquo;elles appartenaient à ce pays comme le vent, le soleil, le désert et toutes ses bêtes sauvages. Et comme eux, elles rendaient fous et solitaires. Thérèse – c&rsquo;était son nom – continuait de pleurer. Markus la regardait en silence.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 105-106 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;[&#8230;] Mais le matelas collait et grattait parce que c&rsquo;était un vieux matelas usé. Ils n&rsquo;en tinrent pas compte. Et Markus, la serrant contre lui, ne pensait plus à rien qu&rsquo;à cette envie d&rsquo;en finir pour toujours, de s&rsquo;anéantir au fond d&rsquo;elle-même, ne pensait qu&rsquo;à l&rsquo;inonder, à l&rsquo;envahir de son amour par tous les pores, qu&rsquo;elle le sente longtemps courir dans ses veines, dans son sang, roulant glacé sous sa peau, qu&rsquo;il l&rsquo;enrobe, son amour, qu&rsquo;il lui infuse toute sa vie, qu&rsquo;elle le garde à jamais au fond de son ventre, qu&rsquo;à chaque instant il tambourine à ses tympans, qu&rsquo;il lui susurre à chaque seconde “Je t&rsquo;aime&#8230; Je t&rsquo;aime&#8230; Je t&rsquo;aime ” – et maintenant, non, ce n&rsquo;était plus ça, il voulait presque en mourir, s&rsquo;y jeter en entier, et elle sentit monter dans ses bras comme une vague déferlante et elle savait qu&rsquo;il pouvait la briser dans ces moments-là, alors elle se lova contre son torse tandis qu&rsquo;il venait en elle. Soudain ils ne furent plus rien, pas même un soldat et une putain, mais deux enfants perdus au milieu du monde, serrés l&rsquo;un contre l&rsquo;autre sur ce matelas sale, roulant à moitié inconscients, le sang rapide, les yeux brillants, roulant si loin de tout, roulant à n&rsquo;en plus finir au fond de l&rsquo;indicible comme deux bagnards sautant d&rsquo;un train en marche.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Djibouti&nbsp;&raquo;, de Pierre Deram, Buchet Chastel, 11€.</strong></em></p>
</blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>Là où la terre est rouge, la morale saigne&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/06/06/la-ou-la-terre-est-rouge-la-morale-saigne/</link>
		<comments>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/06/06/la-ou-la-terre-est-rouge-la-morale-saigne/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2014 08:26:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[ambition]]></category>
		<category><![CDATA[Anténor]]></category>
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		<category><![CDATA[Là où la terre est rouge]]></category>
		<category><![CDATA[Maréchal Hélios]]></category>
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		<category><![CDATA[sélection prix Roblès 2014]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Dietrich]]></category>
		<category><![CDATA[Tshipopo]]></category>

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		<description><![CDATA[Sélection prix Roblès 2014 On touche au but ! D&#8217;ici quelques jours, nous connaîtrons le lauréat 2014 du prix Emmanuel-Roblès. Les six premiers romans avalés, il nous reste à voter. Sans rien dévoiler de mon choix ( réponse le 13 juin ! ) voilà le dernier roman lu. Il s&#8217;agit de &#171;&#160;Là où ma terre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #008000">Sélection prix Roblès 2014</span></strong></p>
<p>On touche au but ! D&rsquo;ici quelques jours, nous connaîtrons le lauréat 2014 du <strong><a title="Découvrez les six romans présentés dans les pages du journal La Nouvelle République" href="http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Loisirs/Livres-cd-dvd/n/Contenus/Articles/2014/05/29/Six-romans-pour-un-seul-laureat-1927030">prix Emmanuel-Roblès</a></strong>. Les six premiers romans avalés, il nous reste à voter. Sans rien dévoiler de mon choix ( réponse le 13 juin ! ) voilà le dernier roman lu. Il s&rsquo;agit de<strong> &laquo;&nbsp;Là où ma terre est rouge&nbsp;&raquo;</strong>, de <strong>Thomas Dietrich</strong>.</p>
<p>Etudiant à Sciences Po, ce jeune homme de 23 ans a passé toute son enfance au Togo ( un pays que j&rsquo;affectionne particulièrement pour y avoir séjourné à deux reprises il y a quelques années. Chouette, ça commence bien on dirait ! ).</p>
<p>Après avoir passé son bac à Mulhouse,<strong> Thomas Dietrich</strong> est reparti vers l&rsquo;Afrique ( il a ainsi vécu au Tchad, en Centrafrique et au Soudan ) dont il parle langues et dialectes et où il a travaillé.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROBLES.jpg" rel="lightbox[2520]"><img class="alignleft  wp-image-2525 colorbox-2520" style="margin: 10px" alt="ROBLES" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/ROBLES.jpg" width="419" height="614" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Son roman de 269 pages nous emmène loin, dans un pays imaginaire, le <strong>Tshipopo</strong>. Une république visiblement instable.</p>
<p><strong> Icare</strong> (il s&rsquo;agit du prénom de notre héros sans morale ni grandes valeurs) l&rsquo;a découvert par le truchement des actualités sans savoir qu&rsquo;un jour, par le plus grand des hasards, il deviendrait conseiller d&rsquo;un des ministres, <strong>Anténor</strong>, au service du président, le <strong>maréchal Hélios</strong>.</p>
<p>L&rsquo;histoire de ce roman, constitué en trois parties (&laquo;&nbsp;Envol&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Elevation&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Chute&nbsp;&raquo;), c&rsquo;est donc celle d&rsquo;un jeune homme falot qui connait une ascension assez épatante avant une descente aux enfers des plus spectaculaires dans <strong>Pendéré</strong>, capitale d&rsquo;un pays au fonctionnement exotique.</p>
<p>Le tout sur fond d&rsquo;amours contrariés ( avec <strong>Alceste,</strong> fille d&rsquo;un diplomate), de petits arrangements avec la morale, de coup d&rsquo;Etat, d&rsquo;élections truquées. Le rythme est soutenu. Reste à ce que le roman, construit comme un journal de bord, suive la dynamique imposée. Il peine à le faire. Et finit en farce. Dommage.</p>
<p><span id="more-2520"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La première partie se déroule à Paris, dans une Afrique reconstituée, fantasmée bien qu&rsquo;installée dans un triangle constitué entre Château-Rouge, Clignancourt et Château-d&rsquo;eau. Là, Icare découvre un monde interlope, celui de la débrouille, des Sapeurs et les beautés africaines venues chercher un quotidien serein. De mensonge en non-dit, il s&rsquo;invente une vie d&rsquo;étudiant à l&rsquo;avenir prometteur. Sa rencontre avec <strong>Anténor</strong> bouleverse son existence. Celle avec Circé, femme aux courbes sensuelles, tout autant.</p>
<p>Un nouveau président s&rsquo;installe à la tête du  <strong>Tshipopo</strong> et l&rsquo;aventure s&rsquo;emballe. Icare devient conseiller d<strong>u général Anténor,</strong> devenu ministre. Homme de réseaux et de promesses, il propulse ce &laquo;&nbsp;Teint-Clair&nbsp;&raquo; dans une autre vie, loin de chez lui. Et devinez ce qui arriva, <strong>Icare</strong> s&rsquo;est brûlé les ailes au contact de cette terre rouge, à cause de la latérite mais également du sang.</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong> Page 40 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Et puis, vers seize ou dix-sept heures, réglé comme une horloge, il se rendait chez Bijou. Il était souvent le premier client. Que le général Anténor soit là ou non, cela n&rsquo;avait plus beaucoup d&rsquo;importance, il connaissait à présent à peu près tous les habitués et s&rsquo;attablait volontiers avec eux. Pour tous, il était devenu “le teint-clair du maquis”. Une sorte de mascotte un peu ridicule que l&rsquo;on exhibait à l&rsquo;occasion pour piquer une conversation d&rsquo;insolite. Quant à la gérante, elle se montrait toujours plus désirable&#8230; &laquo;&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 111 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Ce ne fut qu&rsquo;après deux minutes de balbutiements qu&rsquo;il se lança, se souvenant des instructions d&rsquo;Anténor : il devait juste apprendre aux engagés à orthographier correctement les éléments qu&rsquo;il leur dirait d&rsquo;inscrire sur les listes électorales truquées ou sur les cartes électorales falsifiées. Il demande donc à chacun de ses élèves d&rsquo;écrire sur leur cahier leurs nom, prénom et ville de naissance.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Pages 139-140 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;En somme, la mission d&rsquo;Icare n&rsquo;avait été qu&rsquo;un fiasco. Et la tournure qu&rsquo;avaient prise les événements aurait pu gravement le compromettre auprès du maréchal Hélios, s&rsquo;il n&rsquo;avait eu plus d&rsquo;un tour dans son sac. Car, dans les rapports intermédiaires qu&rsquo;il expédiait par courrier diplomatique cacheté à Pendéré, Icare avait fait preuve d&rsquo;une imagination sans bornes. Puisqu&rsquo;il n&rsquo;avait eu accès à aucune donnée sensible, il lui avait fallu en inventer de toutes pièces. Sur la base de simples rumeurs et de suppositions logiques, il s&rsquo;était mis à produire une littérature délirante, qui exagérait le danger que pouvait représenter tel ou tel opposant au régime exilé en France.&nbsp;&raquo;</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff"> Mon avis</span></strong></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">J&rsquo;aime beaucoup l&rsquo;Afrique et ses pays pour en avoir parcouru plusieurs avec mon sac sur le dos. Trop sûrement pour apprécier complètement ce premier roman, assez inégal entre ses trois parties et qui, à force de poncifs sur une Afrique corrompue, sans foi ni loi, et aux moeurs légères, finit par lasser. Dommage. J&rsquo;étais partie en voyage&#8230; et je suis finalement restée en rade.<br />
</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Là où la terre est rouge&nbsp;&raquo;, de Thomas Dietrich, Albin Michel, 19€.</strong></em></p>
<p style="text-align: left">
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		</item>
		<item>
		<title>S&#8217;abandonner à vivre en 19 leçons</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2014/03/19/sabandonner-a-vivre-en-19-lecons/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2014 07:28:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ah !Des nouvelles ! En France, le genre n&#8217;occupe pas les têtes de gondoles. Un genre mineur ? Pourtant non. Il requiert une imagination folle et un sens de la construction maitrisé. Aux Etats-Unis par exemple, les auteurs de nouvelles sont particulièrement salués alors que de ce côté de l&#8217;Atlantique, cet art tombe en désuétude. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ah !Des nouvelles ! En France, le genre n&rsquo;occupe pas les têtes de gondoles. Un genre mineur ? Pourtant non. Il requiert une imagination folle et un sens de la construction maitrisé. Aux Etats-Unis par exemple, les auteurs de nouvelles sont particulièrement salués alors que de ce côté de l&rsquo;Atlantique, cet art tombe en désuétude. Dommage.</p>
<p>Histoire de vous donner goût à ces histoires courtes, je vous invite à plonger dans le recueil de nouvelles de <strong>Sylvain Tesson</strong>, le voyageur écrivain. Il signe avec <strong>&laquo;&nbsp;S&rsquo;abandonner à vivre&nbsp;&raquo;</strong> dix-neuf nouvelles d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs qui nous parlent de la vie, du destin qu&rsquo;on ne contrôle pas.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TESSON-Sylvain-COUV-Sabandonner-à-vivre.jpg" rel="lightbox[2397]"><img class="alignleft  wp-image-2400 colorbox-2397" style="margin: 10px" alt="TESSON Sylvain COUV S'abandonner à vivre" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/TESSON-Sylvain-COUV-Sabandonner-à-vivre.jpg" width="419" height="614" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sylvain Tesson</strong> ? Un aventurier qui découvre l’aventure en Islande puis à Bornéo au début des années 90. Ensuite, étudiant, il boucle un tour du monde à vélo avec Alexandre Poussin. D&rsquo;autres voyages, d&rsquo;autres découvertes suivront. Auteur d&rsquo;articles, présentateur d&rsquo;émission, Sylvain Tesson a donné également de très nombreuses conférences.  En 2010, il  choisit de passer six mois au bord du Lac Baïkal en Russie pour vivre au plus près de la nature et dans la solitude, il en écrira, <strong>&laquo;&nbsp;Dans les forêts de Sibérie&nbsp;&raquo;, </strong>qui obtiendra d&rsquo;ailleurs le prix Médicis Essai en 2011.</p>
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<p>Au fil de ces dix-neuf histoires ? La vie. Et l&rsquo;auteur d&rsquo;expliquer, dans sa quatrième de couverture : <strong><em>&nbsp;&raquo; Devant les coups du sort il n&rsquo;y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l&rsquo;ont fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s&rsquo;abandonne à vivre. C&rsquo;est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.&nbsp;&raquo;</em></strong></p>
<p><span id="more-2397"></span></p>
<p>Pas question donc de vous raconter chacune de ces nouvelles par le menu. Vous y plongerez plus volontiers.</p>
<p style="text-align: center"><strong> Extraits</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align: left"><strong>Page 38 (La gouttière)</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Ce trimestre-là, le sort nous avait souri. Le docteur suivait une formation pour décrocher un diplôme de médecine tropicale. Toutes les deux semaines, il s&rsquo;absentait trois jours pour des séminaires dans un Novotel périphérique où l&rsquo;on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres et où ses professeurs l&rsquo;initiaient aux mystères de la bilharziose et des cycles de reproduction de la mouche filaire. Il partait le jeudi, j&rsquo;arrivais sur ses pas, il rentrait le dimanche, juste après mon départ. Rien de sordide dans cette valse, j&rsquo;étais organisé comme un amant suisse et Marianne avait le coeur compartimenté, les cloisons de la conscience parfaitement étanches. L&rsquo;essentiel dans une double vie, c&rsquo;est qu&rsquo;on ne soit jamais trois à la vivre.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 141 (L&rsquo;ermite)</strong> :<em> &laquo;&nbsp;S&rsquo;accouder au bastingage d&rsquo;un bateau est aussi agréable que se tenir au comptoir d&rsquo;un bistro, les yeux sur les taches rondes laissées par les verres. La Lena coupait la taïga. Il restait deux mille kilomètres jusqu&rsquo; à la mer des Laptev. Le navire, un bateau à vapeur de l&rsquo;époque brejnévienne, marchait à huit noeuds. Les Russes le mettaient en service pendant la saison d&rsquo;été. Ces hommes avaient supporté le communisme pendant soixante-dix ans et continuaient à entretenir des machines hors d&rsquo;âge. Les Russes n&rsquo;ont aucun respect pour leur propre existence mais un sens pathologique de la conservation des objets.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left"><strong>Page 201-202 ( Le train)</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Tout ce qui bouleverse la vie advient fortuitement. Le destin ressemble à ces seaux d&rsquo;eau posés en équilibre sur la tranche des portes. On entre dans la pièce, on est trempé. Ainsi va l&rsquo;existence. J&rsquo;ai été initié à la vérité du “pofigisme” le soir où je m&rsquo;y attendais le moins. </em></p>
<p style="text-align: left">Pofigisme<em> n&rsquo;a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l&rsquo;absurdité du monde et l&rsquo;imprévisibilité des événements. Le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qu&rsquo;il advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l&rsquo;inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu&rsquo;on s&rsquo;agite dans l&rsquo;existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d&rsquo;argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l&rsquo;élan. Ils s&rsquo;abandonnent à vivre. </em></p>
<p style="text-align: left"><em>Les Russes sont tous atteints à des degrés divers par cette torpeur métaphysique. Les Européens de l&rsquo;Ouest, eux, ont oublié ce qu&rsquo;ils doivent au stoïcisme, à Marc Aurèle, à Epictète. Ils méprisent ce penchant à l&rsquo;inertie. Ils lui donnent le nom de fatalisme, font la moue devant la passivité slave et repartent vaquer à leurs occupations, les manches retroussées et les sourcils froncés. L&rsquo;Europe de Schengen est peuplée de hamsters affairés qui, dans leur cage de plastique tournant sur elle-même, ont oublié les vertus de l&rsquo;acceptation du sort.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center"><strong><span style="color: #0000ff">Mon avis</span></strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Voilà un réjouissant recueil de nouvelles ! Je ne connaissais pas Sylvain Tesson. Je découvre une très jolie plume, je voyage sans lâcher mon livre et découvre qu&rsquo;il ne sert à rien de lutter contre le sort. Une jolie découverte en somme. </span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;S&rsquo;abandonner à vivre&nbsp;&raquo; (nouvelles), Sylvain Tesson, Gallimard, 17,90€.</strong> </em></p>
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		<title>Il faut beaucoup aimer les hommes, nous dit-elle&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2013/08/27/il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes-nous-dit-elle/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Aug 2013 08:42:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[acteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire d'amour]]></category>
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		<category><![CDATA[Kouhouesso]]></category>
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		<category><![CDATA[Marie Darrieussecq]]></category>
		<category><![CDATA[P.O.L.]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Solange]]></category>

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		<description><![CDATA[Rentrée littéraire C&#8217;est la rentrée ! Et pas seulement celle des écoliers. Du côté des librairies aussi, on a défait les cartons pour mettre en valeur les quelques 550 nouveaux romans parmi lesquels il va falloir choisir. L&#8217;un d&#8217;entre eux, &#171;&#160;Il faut beaucoup aimer les hommes&#160;&#187;, de Marie Darrieussecq m&#8217;a beaucoup plu. Je vous raconte [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="text-decoration: underline"><span style="color: #0000ff;text-decoration: underline">Rentrée littéraire</span></span></strong></p>
<p>C&rsquo;est la rentrée ! Et pas seulement celle des écoliers. Du côté des librairies aussi, on a défait les cartons pour mettre en valeur les quelques 550 nouveaux romans parmi lesquels il va falloir choisir. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, <strong>&laquo;&nbsp;Il faut beaucoup aimer les hommes&nbsp;&raquo;</strong>, de <strong>Marie Darrieussecq</strong> m&rsquo;a beaucoup plu. Je vous raconte ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Marie Darrieussecq,</strong> tout d&rsquo;abord. L&rsquo;auteure d&rsquo;origine basque, quadragénaire, a publié son premier roman en 1996, après de brillantes études de lettres. Il s&rsquo;agit de<strong> &laquo;&nbsp;Truismes&nbsp;&raquo;</strong> qui, à l&rsquo;époque, avait fait beaucoup parler de lui. Depuis, d&rsquo;autres ont suivi. Et <strong>Marie Darrieussecq</strong> est devenue psychanalyste.</p>
<div id="attachment_1891" style="width: 130px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/aut-darrieussecq-marie-2.jpg" rel="lightbox[1889]"><img class="size-full wp-image-1891 colorbox-1889" alt="Editions P.O.L." src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/aut-darrieussecq-marie-2.jpg" width="120" height="171" /></a><p class="wp-caption-text">Editions P.O.L.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le nom de <strong>Marie Darrieussecq</strong> est associé à celui de l&rsquo;auteure <strong>Marie NDiaye</strong> et à celui de <strong>Camille Laurens</strong> dans des péripéties littéraires en 1998 et en 2007 pour la seconde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1889"></span></p>
<p>Au fil de sa bibliographie, des thèmes sont récurrents : la disparition, l&rsquo;absence mais aussi l&rsquo;identité et l&rsquo;appartenance. L&rsquo;auteure se plait également à écrire sur les transformations traumatiques, le dépassement des limites physiques et psychologiques.</p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-il-faut-beaucoup-aimer.jpg" rel="lightbox[1889]"><img class="alignleft size-full wp-image-1895 colorbox-1889" style="margin: 10px" alt="livre-il-faut-beaucoup-aimer" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/livre-il-faut-beaucoup-aimer.jpg" width="120" height="176" /></a>Dans<strong> &laquo;&nbsp;Il faut beaucoup aimer les hommes&nbsp;&raquo;</strong>, <strong>Solange</strong>, qui était déjà le prénom de son héroïne dans<strong> &laquo;&nbsp;Clèves&nbsp;&raquo;</strong>, son roman précédent, rencontre un homme. Il est Noir. C&rsquo;est le coup de foudre.  Tous les deux sont acteurs, vivent aux Etats-Unis. Et lui veut réaliser un film. En Afrique. Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;être Noir ? Et l&rsquo;Afrique, c&rsquo;est comment ?</p>
<p>Solange s&rsquo;interroge, tente de s&rsquo;intéresser tandis que<strong> Kouhouesso</strong> travaille d&rsquo;arrache-pied pour tourner un film adapté d<strong>’&nbsp;&raquo;Au cœur des ténèbres&nbsp;&raquo;</strong> de Conrad, sur place, au Congo. Solange va le suivre dans cette aventure, jusqu’au bout du monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée Équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte de « je ntem moi non plus ».</p>
<p>Le couple mixte est confronté aux clichés, à une vision fausse qui se porte sur eux. Lui, se doit de jouer l&rsquo;homme noir. Elle doit se comporter comme une femme. Mais plus. Mais les histoires d&rsquo;amour finissent mal, en général, non ?</p>
<p style="text-align: center"><strong>Extraits</strong></p>
<blockquote><p><strong>Page 95</strong> : <em>&laquo;&nbsp;Elle était née où elle était née, dans la peau qui était la sienne, entourée des mots qui l&rsquo;entouraient. Elle découvrait ça, que sur les Noirs, ce n&rsquo;est pas exactement que les Blancs n&rsquo;ont rien à dire (ils n&rsquo;arrêtent pas, ils n&rsquo;arrêtaient depuis qu&rsquo;elle était petite) ; non, c&rsquo;est que les Noirs, les Blancs, n&rsquo;ont rien à dire aux Noirs. Même répéter, ils ne peuvent pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Page 172 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Elle reprit pourtant : “Brice lui-même ne parlait jamais de sa couleur.” Il coupa : “Ce que tu réclames, c&rsquo;est un certificat. Un certificat de non-racisme. Aussi bien tu ne couches avec moi que pour l&rsquo;obtenir.”</em></p>
<p><em>Elle secoua la tête avec une énergie de cheval, de cheval blessé. Elle murmura le mot</em> paranoïa.</p>
<p><em>Il pressa ses paumes contre ses yeux, puis les ouvrit en signe d&rsquo;apaisement. “Toutes ces employées charmantes, elle me font penser à ces Américaines qui se précipitent pour me dire bonjour et au revoir et faire croire qu&rsquo;elles sont </em>color blind<em>, aveugles à la couleur. Elles tiennent à leur certificat. Ecoute. Tu n&rsquo;es pas ce genre de petit modèle. Mais si tu n&rsquo;as pas vu la couleur de Brice, ça ne prouve rien d&rsquo;autre que ton refoulement. </em></p>
<p><em>Le salaud avait fait lui aussi une psychanalyse. Jungienne, lui avait-il dit. A Palo Alto, aller et retour deux fois par semaine en coupé Mercedes.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>Pages 223-224 :</strong> <em>&laquo;&nbsp;Dans la pirogue, elle avait très chaud. La pagaie plongeait dans le fleuve comme dans de l&rsquo;huile, les oiseaux mêmes se taisaient. Cette chaleur, c&rsquo;était stupide ; elle ne pouvait s&rsquo;empêcher d&rsquo;ouvrir la bouche, mais l&rsquo;air du dehors était beaucoup plus chaud que l&rsquo;intérieur du corps. Kouhouesso fermait les yeux façon persiennes et et le piroguier, torse nu, ne cessait de s&rsquo;asperger. Il pagayait la chaleur, il touillait le fleuve et le ciel, il se diluait dans les mirages. Le plat de l&rsquo;eau était parcouru d&rsquo;ondes qui portaient des voix, des chocs, d&rsquo;étranges bruits sans source. Les vibrations entraient dans le corps de Solange. Elle avait des visions de la maison de Malibu, l&rsquo;ombre méditerranéenne, la salle de bains aux carreaux blancs, la mer qui brassait la chaleur. C&rsquo;était hier, c&rsquo;était avant. Elle aurait aimé contempler la forêt, avoir la sagesse des peintres et des écologistes ; mais cette Afrique verte et orange qui tremblotait n&rsquo;était qu&rsquo;un problème de plus. Aucun de ces arbres n&rsquo;expliquait Kouhouesso. Ils ne lui opposaient qu&rsquo;une autre énigme, impénétrable, dangereuse, un règne non humain, l&rsquo;affirmation d&rsquo;une puissance ailleurs réduite à la sciure.&nbsp;&raquo; </em></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff"><strong>Mon avis</strong></span></p>
<p style="text-align: left"><span style="color: #0000ff">Une histoire d&rsquo;amour comme au cinéma&#8230; et dans le milieu du cinéma. Marie Darrieusecq veut ici tordre le coup aux clichés sur les femmes et les Noirs en les poussant à l&rsquo;outrance. Une manière de mieux dénoncer ? Peut-être. Le livre, agréable à lire, nous plonge dans le monde artificiel du cinéma et de ses ego surdimensionnés. Tout est apparence. Sauf la couleur de la peau.</span></p>
<p style="text-align: left"><em><strong>&laquo;&nbsp;Il faut beaucoup aimer les hommes&nbsp;&raquo;, de Marie Darrieussecq, P.O.L, 18€.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
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		<title>Sur les pas de la légende des hauts plateaux&#8230;</title>
		<link>http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/2011/10/21/sur-les-pas-de-la-legende-des-hauts-plateaux/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 Oct 2011 20:28:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[vanina]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Kesketuli ?]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Hatzfeld]]></category>
		<category><![CDATA[légende vivante]]></category>
		<category><![CDATA[oubli]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean Hatzfeld, je le connaissais surtout pour ces livres coups de poing sur le génocide rwandais ( &#171;&#160;Dans le nu de la vie&#160;&#187;, &#160;&#187; Une saison de machettes&#160;&#187; et &#160;&#187; La stratégie des antilopes &#171;&#160;). Pas pour ses romans. En lisant &#160;&#187; Où en est la nuit&#160;&#187;, je me suis aventurée dans l&#8217;univers de ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/couv-hatzfeld.jpg" rel="lightbox[358]" title="couv-hatzfeld"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-361 colorbox-358" style="margin: 10px;" title="couv-hatzfeld" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/couv-hatzfeld-150x150.jpg" alt="" width="90" height="90" /></a>Jean Hatzfeld, je le connaissais surtout pour ces livres coups de poing sur le génocide rwandais ( &laquo;&nbsp;Dans le nu de la vie&nbsp;&raquo;, &nbsp;&raquo; Une saison de machettes&nbsp;&raquo; et &nbsp;&raquo; La stratégie des antilopes &laquo;&nbsp;). Pas pour ses romans. En lisant &nbsp;&raquo; Où en est la nuit&nbsp;&raquo;, je me suis aventurée dans l&rsquo;univers de ce journaliste et grand reporter. Avec délice.<span id="more-358"></span></p>
<p><a href="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/xin_8dddceeccfaf49a29fc1515c872cdbf5.gif" rel="lightbox[358]" title="xin_8dddceeccfaf49a29fc1515c872cdbf5"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-364 colorbox-358" style="margin: 10px;" title="xin_8dddceeccfaf49a29fc1515c872cdbf5" src="http://www.nrblog.fr/quatrieme-de-couv/files/xin_8dddceeccfaf49a29fc1515c872cdbf5-150x150.gif" alt="" width="90" height="90" /></a>L&rsquo;histoire ? C&rsquo;est celle de Frédéric, journaliste qui, à la frontière de l&rsquo;Ethiopie et de la Somalie &nbsp;&raquo; couvre&nbsp;&raquo; une guerre aux confins du désert. Là, ce féru de sport rencontre une ancienne gloire des pistes, Ayanleh Makeda. Un ange déchu plutôt. Après avoir collectionné les titres, l&rsquo;homme a été coupé dans son élan pour cause de dopage. Sans pourtant avoir pu ( ou voulu?) se défendre.</p>
<p>La légende des hauts plateaux n&rsquo;est plus qu&rsquo;on soldat. Comme les autres. Mais ses muscles lui font mal par manque d&rsquo;entraînement, lui qui courait des heures durant. Terminée la vie à Paris dans les beaux quartiers, finie la vie au sein d&rsquo;une &laquo;&nbsp;écurie&nbsp;&raquo; de champions financée par un magnat &#8230;</p>
<p>Au fil des pages, c&rsquo;est donc l&rsquo;histoire de cet homme, de sa femme, la belle et troublante Tirunesh que Frédéric raconte. Entre deux reportages, ce dernier mène une enquête journalistique qui  va le plonger dans les heures glorieuses de l&rsquo;athlétisme africain. Pour comprendre le destin singulier de ce coureur aux médailles d&rsquo;or mais un brin mystique.</p>
<p>Depuis son plus jeune âge Ayanleh Makeda a couru. Page 53 : &laquo;&nbsp;<em> Chez nous, beaucoup de gamins courent pour quitter le champ de la maison de torchis, avec parfois la rage de vaincre, comme vous dites, ou plutôt l&rsquo;énergie du désespoir [&#8230;] Ayanleh n&rsquo;est pas de ceux-là, il court pour le plaisir de traverser l&rsquo;espace. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>On suit le coureur. On le laisse nous entraîner dans les entrailles de l&rsquo;Afrique. Celle de la transmission et du respect des aînés. Dans l&rsquo;ombre de Gebrelassie. Avant de pouvoir le dépasser. Enfin.</p>
<p>Et puis c&rsquo;est le départ pour les marathons, l&rsquo;Europe, les Etats-Unis&#8230; la vie autrement. En retrouvant les personnages-clés de cette ascension et de cette déchéance, Frédéric nous dresse une galerie de portraits attachants. La masseuse Hannah, le prêtre-entraîneur, le magnat de l&rsquo;Ishim club, etc. Et enfin la vérité éclate sur la raison véritable de son contrôle positif au dopage. Triste. Cinglante. Ayanleh aurait pu se battre.</p>
<p>Blessé sur le front, c&rsquo;est encore Frédéric qui le retrouve ensuite à faire des petits boulots. Si loin du rêve qu&rsquo;il avait vécu éveillé pourtant&#8230;</p>
<p>Sans la moindre amertume ?</p>
<p>Page 204 (dialogue entre Frédéric et Tirunesh) :<em> &nbsp;&raquo; – J&rsquo;ose vous poser cette question. Vous en voulez aux Blancs, pour ce qui est arrivé à Ayanleh ? </em></p>
<p><em>– En vouloir n&rsquo;est pas le mot approprié. Les Blancs imposent leurs visions et leurs règles en toute chose, ils manoeuvrent le monde pour leur bon plaisir, ils abiment et ils soulagent, ou l&rsquo;inverse, c&rsquo;est leur nature. Mais ils n&rsquo;obligent personne à participer, en tout cas pas aux courses. </em></p>
<p><em>– Pour ces médailles, ce n&rsquo;est pas dommage ? </em></p>
<p><em>– Ses médailles, le comité olympique ne va pas lui reprendre parce qu&rsquo;il les a déjà vendues sur Facebook, avant de supprimer sa page, dit en riant Tirunesh. C&rsquo;est même ainsi qu&rsquo;il a acheté ses deux derniers chameaux.</em></p>
<p>– <em>La fierté, l&rsquo;Histoire&#8230; Plus tard, les enfants&#8230;</em></p>
<p><em>– La fierté, c&rsquo;était de courir comme avant lui des générations d&rsquo;ancêtres, de perpétuer une tradition d&rsquo;importance, de se frayer un passage d&rsquo;une allure très remarquable dans l&rsquo;Histoire des marathons. Oui, de courir. &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au final, Jean Hatzfeld livre là un texte fort, vivant. Deux mondes s&rsquo;y opposent. Deux visions d&rsquo;une même vie. Un roman qui plaira aux férus de course à pied ( qu&rsquo;ils se contentent de la regarder à travers la boîte à images ou qu&rsquo;ils la pratiquent vraiment ! ), aux amoureux de l&rsquo;Afrique dans toutes ses différences et aux lecteurs sensibles à la petite musique des mots.</p>
<p><strong><em>&nbsp;&raquo; Où en est la nuit&nbsp;&raquo;, de Jean Hatzfeld, Gallimard, 16,90€.</em></strong></p>
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