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	<title>Comme en 14 &#187; Reherrey</title>
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	<description>Une plongée dans le quotidien de la Grande Guerre</description>
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		<title>25 septembre 1914. Il a gelé blanc cette nuit.</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Sep 2014 07:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
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		<description><![CDATA[25 septembre 1914.
 Il a gelé blanc cette nuit. Voici le petit jour. Pas de fusillade, pas de canonnade. Que se passe-t-il ? Dans la rue du village j’avise le colonel (le l[ieutenan]t-colonel Pichoud qui commande notre régiment).- « Eh ! bien, mon colonel ? &#8211; Eh ! bien l’ennemi a fichu le camp à dix kilomètres en arrière pendant [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">25 septembre 1914.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Il a gelé blanc cette nuit. Voici le petit jour. Pas de fusillade, pas de canonnade. Que se passe-t-il ? Dans la rue du village j’avise le colonel (le l[ieutenan]t-colonel Pichoud qui commande notre régiment).- « Eh ! bien, mon colonel ? &#8211; Eh ! bien l’ennemi a fichu le camp à dix kilomètres en arrière pendant la nuit. &#8211; Nous ne le poursuivons pas ? &#8211; Non, vous comprenez, deux bataillons contre une brigade… » Comment nous avions une brigade devant nous ? Mâtin ! nos hommes ont bien travaillé. Mais, aïe, résultat : 30 tués, dont 24 pour la 5</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> c[ompagn]ie, et 60 blessés. Proportion énorme de tués due à l’héroïsme d’une section de la 5</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> cie qui a mieux aimé se faire tuer que de se rendre. C’est le lieutenant Henry qui la commandait : il est là, il n’a pas une égratignure !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> J’ai parcouru à cheval le champ de bataille. Comme c’est calme ! La gelée blanche fond sous le soleil qui se lève… Ici c’était hier un champ où il pleuvait une pluie de mort ; aujourd’hui c’est une jolie prairie fleurie de colchiques et marquée ici et là de bouquets d’osier. Hélas, couchés sur les fleurs, perdus sous les osiers, il y a aussi des hommes. Ils sont immobiles, les poings serrés, les bras levés vers le ciel, le sac sur le dos… L’un d’eux tient à la main son paquet de pansement : comme l’Allemand des bois de Ste-Barbe, il s’apprêtait à se soigner une première blessure quand une balle l’a frappé au crâne. J’aperçois Forwenkler, un charmant garçon, industriel alsacien, venu en France le jour de la mobilisation se mettre au service de sa vraie patrie : il est tombé, une balle au front. Plus loin c’est le sergent Deschazeaux : il a les deux bras repliés sur le visage… Pauvre homme, il croyait se faire un bouclier contre la grêle de balles qui l’assaillait. Deux ou trois, qui s’étaient un peu trop avancés, ont été tués par des obus français. Un autre par des balles françaises… Ah ! ces guerres où l’on se tue sans se voir. Des milliers de coups de fusil ont été tirés hier, des centaines de coups de canon ont été échangés : pas un homme du bataillon n’a vu l’ennemi ! Les coups de fusil ont été tirés sur des pointes de casque, aperçues dépassant le bord d’une tranchée. De tranchée française à tranchée allemande le moindre geste est épié. C’est ainsi qu’une de nos tranchées s’est attirée pendant une demi-heure le tir de l’artillerie parce qu’un homme allongeant le bras derrière lui a secoué un prunier planté là, tout près. Dans ces combats l’on tire sur des pointes de casques, des manchons de képis, des gamelles attachées au sac… On ne tire pas sur un homme. Après les cadavres des Français, je rencontre les cadavres des Allemands. Eux aussi ont été tués alors qu’ils rampaient, leur sac devant eux, la pelle à la main, vers nos positions.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> A midi, contraste piquant, je vais rejoindre le capitaine Gresser à Reherrey, à Reherrey qu’hier les shrapnells arrosaient chaque fois que je voulais m’en approcher. Nous déjeunons là avec les l[ieutenan]ts Cordonnier et Hartmann. Hartmann a eu son sac (un sac de fantassin) labouré par un éclat d’obus. Boulanger, le lieutenant des mitrailleurs, vient nous rejoindre : il a amené, à cause de ses pièces, le feu de l’artillerie toute la journée sur lui et… sur nous qui étions derrière lui. Et il n’a pas un blessé ! Nous mangeons une omelette et une crème fouettée de premier ordre.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Oui, le contraste entre hier et aujourd’hui est piquant. Me voici galopant sur la route de Merviller à Reherrey, où l’homme le mieux dissimulé eût été tué hier infailliblement. Ah ! comme on jouit de la vie au lendemain d’une pareille journée. Vous voyez, je bavarde, je bavarde : hier, je me suis tu si longtemps !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Avais-je remarqué combien la Verdurette, cette rivière au nom si léger, était jolie avec ses bords fleuris de colchiques ? Peuh ! la Verdurette c’était hier un obstacle insupportable à la recherche de mes blessés. Et ce bois de bouleaux qu’arrosaient les shrapnells quand je voulus m’y réfugier, avais-je admiré l’or de son feuillage ? On n’a plus ses cinq sens pendant le combat : on n’a que ses oreilles pour entendre siffler les balles et écouter arriver les obus. Le reste est engourdi. On ne sait plus l’heure qu’il est, on ne se le demande même pas. Cependant j’ai eu pendant cette interminable journée un appétit d’ogre : j’aurais payé cher un morceau de pain quand derrière le fumier du Moulin-Neuf je me défendais contre l’assaut des mouches.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Le capitaine Gresser me cite des mots de ses hommes pendant le combat. J’en retiens un : « Ah ! si mon grand-père était là c’qu’il demanderait à prendre le métro !&#8230; » A ce moment une grêle de balles « épaisse à couper au couteau » assaillait le capitaine et le troupier bavard.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Nous cantonnons ce soir à Merviller. Je me fais préparer un lit de paille dans un coin. Les Lts. Boulanger, Hartmann, Gassier (revenu hier d’Epinal juste pour le combat), Cordonnier le partageront avec moi.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> 9h –Soir- Non, nous ne coucherons pas à cinq sur une botte de paille. Ordre de regagner cette nuit nos cantonnements à Deneuvre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span class="smarterwiki-popup-bubble smarterwiki-popup-bubble-active smarterwiki-popup-bubble-flipped" style="margin-left: -54px"><span class="smarterwiki-popup-bubble-body"><span class="smarterwiki-popup-bubble-links-container"><span class="smarterwiki-popup-bubble-links"><span class="smarterwiki-popup-bubble-links-row"><a class="smarterwiki-popup-bubble-link" title="Search DuckDuckGo" href="http://duckduckgo.com/?q=Dans%20ces%20combats%20l%E2%80%99on%20tire%20sur%20des%20pointes%20de%20casques%2C%20des%20manchons%20de%20k%C3%A9pis%2C%20des%20gamelles%20attach%C3%A9es%20au%20sac%E2%80%A6&amp;t=ff" target="_blank"><img class="smarterwiki-popup-bubble-link-favicon colorbox-621" alt="" src="https://ff.duckduckgo.com/favicon.ico" /></a><a class="smarterwiki-popup-bubble-link" title="Search Wikipedia" 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		<title>24 septembre 1914. Le bataillon est en pleine bataille depuis le lever du jour.</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Sep 2014 07:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Laurent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Un Goncourt dans la Grande Guerre]]></category>
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		<description><![CDATA[24 septembre 1914. Merviller (Meurthe et Moselle)
 Du talus de la route à la sortie de Merviller.
 C’est le cas ou jamais d’écrire mes impressions. Cristi ! Elles sont fortes ! Il est 7h. Le bataillon est en pleine bataille depuis le lever du jour. L’ennemi occupe Sainte-Pôle et Montigny ; il s’agit de l’en déloger. Je vois [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<table border="0" align="left" style="border:0px;"><tr><td style="vertical-align:middle;border-top:0px;padding:0px 0px;" width="50">
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</td></tr></table><br /><br /><p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium">24 septembre 1914. Merviller (Meurthe et Moselle)</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Du talus de la route à la sortie de Merviller.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> C’est le cas ou jamais d’écrire mes impressions. Cristi ! Elles sont fortes ! Il est 7h. Le bataillon est en pleine bataille depuis le lever du jour. L’ennemi occupe Sainte-Pôle et Montigny ; il s’agit de l’en déloger. Je vois nos hommes qui grimpent, un à un, à quatre pattes ou en rampant, une pente nue qui conduit à une crête également nue. A peine les premiers troupiers arrivent-ils au sommet de la crête qu’une fusillade enragée commence. Que de coups de feu pour si peu d’hommes ! Ils répondent. Bientôt les compagnies sont toutes arrivées aux tranchées à occuper. L’artillerie ennemie commence à donner. C’est le colonel, le médecin-chef et moi qui « écopons ». Nous sommes au bas de la crête dans un petit bois de pins, appuyés aux arbres. Nos chevaux sont derrière nous dans une clairière. Soudain…Tiii iu iu iu iu iu iu iu … Pagnnnne ! Un shrapnell</span><sup><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></sup><span style="font-size: medium"> éclate au-dessus de nous. Nous nous regardons à cette musique nouvelle. Un second obus éclate à terre auprès de nos chevaux. Nous donnons l’ordre à nos ordonnances de les emmener au plus vite, et par le fossé du bord de la route, accompagnés par les shrapnells qui nous escortent en éclatant constamment à une trentaine de mètres à notre gauche, nous gagnons le pont sur la Verdurette, où nous attendons…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Mais quel vacarme ! […] J’écris sous les shrapnells…Ca vous courbe le dos bêtement. On ferait mieux de rester droit : on offrirait moins de surface… Mais, voilà, c’est la moelle épinière qui raisonne… Brrroum, brrroum, brrroum, broroum !!!! (Ce sont les batteries allemandes qui tirent. Quatre coups consécutifs, toujours). Eh ! bien, et notre artillerie que fait-elle ? Son silence est insupportable. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Ah ! je n’aime pas les shrapnells…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Je vois arriver, soudain, le l[ieutenan]t Boby, le visage inondé de sang. Quelle douloureuse impression ! Qu’a-t-il ? C’est peut-être abominablement grave… Non, une balle lui a sectionné le cuir chevelu sur la nuque. Un millimètre de plus et… Aussitôt après arrive un homme sanglant : il a les lèvres et une partie du nez emportés… Horrible !&#8230; Et d’autres… et d’autres. Tous, je les connais. Ce sont les troupiers du bataillon, les braves types qui blaguaient encore hier.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Mais je cherche une ruse pour m’approcher de la ligne de feu. J’avise, tout là-bas, au bord de la Verdurette, une ferme, la ferme du Moulin-Neuf. Et, sans prévenir le médecin-chef, j’emmène avec moi six brancardiers et deux infirmiers. Nous parcourons quinze cents mètres sans être guère inquiétés que par les balles perdues… Nous arrivons à la ferme, occupée par quelques chasseurs en réserve. Deux blessés s’y sont traînés. Je suis occupé à appliquer le pansement sur la cuisse de l’un d’eux quand…Tiii iu iu iu iu iu… un obus tombe auprès du mur… Allons, ça va pleuvoir ici ! Me voilà bloqué !</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Pendant deux heures les obus tombent sur le Moulin-Neuf et tout alentour, éclatant tantôt en l’air, tantôt à terre. Supplice insupportable : je suis pris entre la menace de voir la maison s’écrouler sur mes blessés et sur moi, et celle de me placer dans la prairie voisine en pleine pluie de feu. Que faire ? Une idée : j’amène les blessés sur les brancards dans la cour de la ferme, et avec l’aide des infirmiers j’élève un rempart de fumier entre eux et les éclats d’obus. D’un côté, ils se trouvent protégés par la maison, de l’autre par ma barricade. Et je m’étends auprès d’eux en attendant que cela finisse. Je ne sais ce qui m’agace le plus de ma position dangereuse ou des milliers de mouches qui nous assaillent…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> A 4h, le tir de l’artillerie ennemie se raccourcit. Je risque un pas au-delà de la ferme : en effet, les obus tombent plus en arrière, du côté de la section de Hartmann, le petit St Cyrien. Filons !&#8230; Nous gagnons Merviller sans dégâts ! Ouf !&#8230; je n’ai pas encore mangé depuis ce matin : vite, un bout de pain rassis et une tablette de chocolat. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> On me signale de nombreux blessés à Reherrey où la 5</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> compagnie est, paraît-il, très éprouvée. Allons-y ! Mais comment ? Par le Moulin-Neuf, c’est impossible ; je viens d’en faire l’expérience ! Le médecin de l’ambulance de Baccarat m’offre son auto-car pour faire le tour… J’y monte avec brancardiers et infirmiers (toujours les mêmes, que j’ai choisis parmi les braves), et nous faisons le tour par Baccarat, Gélacourt, Brouville. Entre Gélacourt et Brouville se trouvent nos batteries de 75. Elles tirent maintenant un feu incessant. Elles sont si bien dissimulées parmi les vergers et les taillis qu’il est impossible de les repérer, même au bruit. Et l’avion allemand qui tourne là-haut à 2.000m ne peut évidemment pas les découvrir. Entre Brouville et Reherrey, pluie de shrapnells… je commence à m’y habituer. Je ne baisse plus la tête à leur sifflement, mais je n’aime pas ça. Ce sifflement de plus en plus grave qui s’approche, qui s’approche comme si l’obus arrivait droit sur votre nez… Cette attente anxieuse et terriblement longue de l’éclatement… et puis cet éclatement… Et puis cet étonnement de n’être point atteint ! Jusqu’au suivant…Tiu iu iu iu iu iu iu … pagnnne ! Impossible d’atteindre Reherrey dont la route est méthodiquement et impitoyablement arrosée. Heureusement un médecin du 217</span><sup><span style="font-size: medium">ème</span></sup><span style="font-size: medium"> s’y trouve et soigne mes hommes…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> A la nuit tombante la fusillade et les mitrailleuses font rage. Je guette nos tranchées. Nos hommes ne les quittent ni pour avancer ni pour reculer. Quel sera le résultat de cette interminable journée ? Déjà j’ai pansé une cinquantaine de blessés, la plupart blessés par des balles et le plus souvent aux cuisses. Quelques-uns ont reçu des éclats d’obus, des balles de shrapnells : ils ont d’énormes plaies, qui saignent abondamment. L’un d’eux m’est amené avec la cuisse gauche sectionnée, la jambe droite brisée en plusieurs endroits. Il ne survivra pas. Ceux qui ont des blessures légères sourient tout seuls quand on ne les regarde pas : ils se disent : « C’est fini de la guerre pour toi, mon ami ! » Et ils sont bigrement heureux. Et on le comprend : ils viennent de passer une terrible journée.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"> Jusqu’à deux heures du matin, des blessés m’arrivent dans la grange où je me suis installé, à Merviller. Et puis, plus rien. Le canon s’est tu. Dans le foin, auprès de moi, l’un des blessés gémit : il a un pied tout froid par suite de sa blessure. Comme je n’ai rien pour le réchauffer, je lui prends son pied dans mes mains et c’est ainsi que j’arrive patiemment à le réchauffer. Et à tous les autres qui se plaignent, qui m’appellent, je dis, comme les mamans à leurs enfants : « Ce n’est rien, ce n’est rien…» Ils me croient, et ils attendent le lever du jour.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a></p>
<p> Obus chargé de balles.</p>
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